Etape 1 de Sarlat à Domme


Envie d’explorer le Périgord pendant plusieurs jours ? Suivez Dorie dans les pas de Harrison Barker, voyageur anglais du XIXe siècle qui a écrit la chronique de ses aventures en Dordogne dans son livre « Two Summers in Guyenne, chronicle of the wayside and waterside ».
Dorie vous propose une immersion de 5 jours le long de la Vallée Dordogne.
Pour cette étape entre Sarlat et Domme, plus besoin de prendre le bac comme le fit Barker! en partant de la gare de Sarlat, vous rejoindrez Groléjac et ses maisons en pierres blondes, en passant sur l'ancien pont de chemin de fer qui reliait la capitale du Périgord noir à Gourdon jusqu'en 1938. Vous passerez près du moulin à eau de la Mouline qui produit encore l’huile de noix, avant d’arriver par les coteaux à la bastide de Domme qui domine la Dordogne.

Point de départ : Gare de Sarlat, pensez à consulter la rubrique "Accès" pour voir les possibilités de venir en transports en commun
Villages traversés : Carsac et Groléjac
Arrivée : Domme
Distance totale : 20 km
Difficulté : aucune
Conseils de Dorie : Dorie vous conseille de laisser votre voiture à la gare du Buisson-de-Cadouin et de venir en train jusqu’à Sarlat. Ainsi, votre voiture vous attendra à votre retour. Depuis la gare de Sarlat, prenez le temps de visiter la cité médiévale à 1km à pied (A/R) avant de rejoindre la voie verte et descendre vers la vallée de la Dordogne.
A noter : Tout au long de votre balade, en vous servant de la carte, vous pourrez voir où se situent les services de proximité comme les offices de tourisme, les restaurants ou les hébergements ainsi que les informations pratiques, comme les toilettes ou les lieux de pique-nique. Vous pouvez également retrouver toutes ces informations dans les onglets « info » et « écotourisme », nous vous conseillons fortement d’y jeter un œil pour faire vos réservations avant de partir.
Aperçu du parcours
Départ à la gare de Sarlat
Vous êtes maintenant sur le parking de la gare de Sarlat, prêts à prendre le chemin. Harrison Barker a visité Sarlat, mais il ne dit pas comment il est venu ici. Il est donc possible qu’il soit venu en train, puisqu’il ne décrit pas son voyage à pied ou en canoë comme il l’a fait pour les autres villages visités. La gare devant laquelle vous êtes a été ouverte en 1882, lors d’un banquet de 200 personnes en présence du ministre des transports publics. Donc elle a juste 10 ans lors du passage de Harrison Barker. Il faut imaginer la gare avec les locomotives à vapeur, les personnes qui sont dans la salle d’attente et qui accèdent aux quais seulement à l’arrivée du train…
Pour arriver dans la cité médiévale, des bus assurent aujourd’hui des navettes. Vous pouvez également vous y rendre à pied (voir dans les accès pour être guidé) et découvrir son fabuleux patrimoine, que H. Barker n’apprécie pas tout de suite.
« La ville semble n’être composée que d’une seule longue rue, sans grand intérêt. Pourtant, le vieux Sarlat se trouve un peu à l’écart de l’artère principale. Un visiteur paresseux qui ne prendrait pas la peine de se poser des questions, passerait facilement à côté. Il y a peu d’endroits en France qui soient aussi originaux et pittoresques que la vieille église en ruine, à moitié ouverte à tous les vents, les maisons anciennes qui lui servent de cadre. Sous ses hautes voutes gothiques se trouvent des boutiques en bois et des baraques ; en levant les yeux, on peut voir les nervures des grandes arches noircies par la fumée du four du boulanger. »
Il faut dire que la cité de Sarlat est restée longtemps assez insalubre. C’est afin de l’assainir et de la préserver des inondations de la Cuze qu’est ouverte la Traverse, officiellement nommée rue de la République, la « longue rue sans intérêt » décrite par le voyageur anglais quand il arrive à la fin du XIXème siècle. Quand Harrison Barker passe à Sarlat, la cité est la modeste sous-Préfecture d’un département rural enclavé, pas encore prisé des touristes qui le fréquentent aujourd’hui. Il faudra attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale, pour que des personnalités sarladaises œuvrent à la protection des trésors architecturaux de la ville. Ainsi, en 1952, sous l’impulsion de Jacques Boissarie, le Festival des Jeux du Théâtre de Sarlat est créé pour faire revivre les pierres de la vieille ville en les utilisant comme décor des pièces. L’impulsion d’hommes de culture permet à Sarlat de bénéficier de la loi Malraux de 1962. En 1964, la ville est le premier des secteurs sauvegardés de France, précédant le quartier du Marais à Paris ou le Vieux Lyon, par exemple. Cette loi permet la restauration des 11ha du centre historique et a rendu à la cité médiévale tous ses charmes d’antan qui séduisent, chaque année, près de deux millions de visiteurs.
Avec le bouton « explorer mon environnement » vous pourrez voir quelques-uns des monuments sarladais les plus emblématiques. Sarlat se targue également d’être un des pôles gastronomiques du Périgord, avec de nombreuses animations autour des produits locaux, l’oie, la truffe etc. En appuyant sur le bouton vidéo vous aurez un rapide aperçu de ce que propose Sarlat aujourd’hui.
Si vous souhaitez prendre un peu de temps pour visiter la ville, n’hésitez pas à pousser la porte de l’Office de Tourisme pour avoir des renseignements sur les lieux à visiter : site web Sarlat tourisme Tous les liens sont présents et accessibles directement via le bloc texte de l’application.
Mais il est temps maintenant de débuter la randonnée sur le chemin de Harrison Barker en vallée Dordogne. Pour connaitre le chemin à emprunter, rendez-vous en bas du bloc texte de votre application : découvrir la prochaine étape. Je vous retrouve à l’entrée de la voie verte.
Contenus additionels


Départ à la gare de Sarlat
Vous êtes maintenant sur le parking de la gare de Sarlat, prêts à prendre le chemin. Harrison Barker a visité Sarlat, mais il ne dit pas comment il est venu ici. Il est donc possible qu’il soit venu en train, puisqu’il ne décrit pas son voyage à pied ou en canoë comme il l’a fait pour les autres villages visités. La gare devant laquelle vous êtes a été ouverte en 1882, lors d’un banquet de 200 personnes en présence du ministre des transports publics. Donc elle a juste 10 ans lors du passage de Harrison Barker. Il faut imaginer la gare avec les locomotives à vapeur, les personnes qui sont dans la salle d’attente et qui accèdent aux quais seulement à l’arrivée du train…
Pour arriver dans la cité médiévale, des bus assurent aujourd’hui des navettes. Vous pouvez également vous y rendre à pied (voir dans les accès pour être guidé) et découvrir son fabuleux patrimoine, que H. Barker n’apprécie pas tout de suite.
« La ville semble n’être composée que d’une seule longue rue, sans grand intérêt. Pourtant, le vieux Sarlat se trouve un peu à l’écart de l’artère principale. Un visiteur paresseux qui ne prendrait pas la peine de se poser des questions, passerait facilement à côté. Il y a peu d’endroits en France qui soient aussi originaux et pittoresques que la vieille église en ruine, à moitié ouverte à tous les vents, les maisons anciennes qui lui servent de cadre. Sous ses hautes voutes gothiques se trouvent des boutiques en bois et des baraques ; en levant les yeux, on peut voir les nervures des grandes arches noircies par la fumée du four du boulanger. »
Il faut dire que la cité de Sarlat est restée longtemps assez insalubre. C’est afin de l’assainir et de la préserver des inondations de la Cuze qu’est ouverte la Traverse, officiellement nommée rue de la République, la « longue rue sans intérêt » décrite par le voyageur anglais quand il arrive à la fin du XIXème siècle. Quand Harrison Barker passe à Sarlat, la cité est la modeste sous-Préfecture d’un département rural enclavé, pas encore prisé des touristes qui le fréquentent aujourd’hui. Il faudra attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale, pour que des personnalités sarladaises œuvrent à la protection des trésors architecturaux de la ville. Ainsi, en 1952, sous l’impulsion de Jacques Boissarie, le Festival des Jeux du Théâtre de Sarlat est créé pour faire revivre les pierres de la vieille ville en les utilisant comme décor des pièces. L’impulsion d’hommes de culture permet à Sarlat de bénéficier de la loi Malraux de 1962. En 1964, la ville est le premier des secteurs sauvegardés de France, précédant le quartier du Marais à Paris ou le Vieux Lyon, par exemple. Cette loi permet la restauration des 11ha du centre historique et a rendu à la cité médiévale tous ses charmes d’antan qui séduisent, chaque année, près de deux millions de visiteurs.
Avec le bouton « explorer mon environnement » vous pourrez voir quelques-uns des monuments sarladais les plus emblématiques. Sarlat se targue également d’être un des pôles gastronomiques du Périgord, avec de nombreuses animations autour des produits locaux, l’oie, la truffe etc. En appuyant sur le bouton vidéo vous aurez un rapide aperçu de ce que propose Sarlat aujourd’hui.
Si vous souhaitez prendre un peu de temps pour visiter la ville, n’hésitez pas à pousser la porte de l’Office de Tourisme pour avoir des renseignements sur les lieux à visiter : site web Sarlat tourisme Tous les liens sont présents et accessibles directement via le bloc texte de l’application.
Mais il est temps maintenant de débuter la randonnée sur le chemin de Harrison Barker en vallée Dordogne. Pour connaitre le chemin à emprunter, rendez-vous en bas du bloc texte de votre application : découvrir la prochaine étape. Je vous retrouve à l’entrée de la voie verte.
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La voie verte, de Sarlat à Carsac
Vous avez quitté le train et la gare à Sarlat, pour marcher sur une ancienne voie de chemin de fer ! La ligne entre Sarlat et Souillac dans le Lot est ouverte en 1884, elle existait donc déjà quand Harrison Barker vient en Dordogne. Mais ce dernier n’évoque jamais ce moyen de transport lui préférant la marche ou le canoë.
Le trafic des voyageurs a duré jusqu’en 1938 et le trafic marchand entre Groléjac et Gourdon jusqu’en 1940. La voie a ensuite été déferrée, le matériel récupéré et expédié en Algérie. Cependant, les trains de marchandises circuleront encore quelques années jusqu’à Groléjac, principalement pour le commerce du bois de noyer. Pour les amoureux du rail et des locomotives à vapeur, un film réalisé par la SNCF dans les années 60 reconstitue un voyage en train à vapeur au début de l’aventure du rail (durée 13 minutes). Ce film est disponible en appuyant sur le bouton vidéo.
Aujourd’hui, cette ancienne voie de chemin de fer tantôt talutée, tantôt en surplomb, est devenue une voie verte qui permet un accès facile à la rivière Dordogne depuis Sarlat. Vous pourrez admirer les ouvrages ferroviaires mis en place à l’époque de Harrison Barker pour ouvrir cette ligne, mais également quelques « marmites de géant », phénomènes géologiques représentant des trous creusés dans la roche par des tourbillons d’eau, à l’approche de Carsac.
Dans le village de Carsac-Aillac situé en contrebas de la voie verte situé à environ 5 km, des commerces vous accueillent pour un café, un sandwich, pensez à regarder la carte pour localiser les commerces!
Ombragée et bénéficiant de larges accotements, la ligne de chemin de fer et voie verte vous accompagne quelques kilomètres après Carsac.
ATTENTION : il faut quitter la voie verte avant la bifurcation Groléjac/Cazoulès et prendre la direction du hameau de Saint- Rome. Le chemin traverse le hameau et se dirige vers la rivière où une pêcherie permettait de piéger les poissons dans un bras mort de la Dordogne pendant la période des hautes eaux.
Je vous retrouve de l’autre côté du pont enjambant la Dordogne pour vous présenter les villages de la vallée.
Les villages de la vallée
Vous avez maintenant traversé la Dordogne par un ancien pont ferroviaire. Quand Harrison Barker veut traverser la Dordogne, le moyen le plus facile était d’emprunter un bac. Voici comment cela se passait :
- « Un vieux bateau à fond plat construit pour transporter d’une rive à l’autre les hommes, les ânes et autres animaux était amarré au bord de la rivière, et deux fillettes chargées de garder un troupeau d’oies et en même temps de faire le service du bac, s’empressèrent de me conduire sur l’autre rive. Pendant que la plus âgée s’occupait à faire avancer la barque, la plus jeune m’examinait avec soin en tapinois, et apparemment avec beaucoup d’intérêt. Tout d’un coup elle me demanda si je vendais du papier à lettres (…) Lorsque l’eau était suffisamment profonde, on ramait au moyen d’une simple pelle ; lorsqu’elle était basse, on allait plus vite en se servant d’une perche. Telles sont les deux méthodes invariablement employées par les pécheurs et les passeurs de la Dordogne, et il est étonnant de voir avec quel succès ils peuvent traverser les rapides sans avoir recours au halage. » *
Au XIXe et XXe siècles les ponts reliant les deux berges sont construits à la place du bac.
A Groléjac, les agriculteurs demandèrent des parapets masquant la rivière pour éviter que les bêtes ne prennent peur en traversant !
Arrivé en rive gauche de la Dordogne, le voyageur anglais écrit : « Groléjac, tel est le nom curieux d’un village que je finis par trouver bâti en partie sur une colline et en partie dans la vallée Dordogne… » Donc après avoir traversé Carsac, nous voici à Groléjac.
Avez-vous remarqué qu’en Périgord, **de nombreux noms de village se terminent en ‘ac’**? Ce suffixe dérivé de « acum », terminaison qui marque l’appartenance en latin, garde le souvenir du propriétaire de la ‘villae’ grande ferme gallo-romaine. Ainsi Carsac signifierait « domaine de Carsius », Groléjac « domaine de Gavileus ». Ces établissements ruraux maillaient le territoire et avaient colonisé les terres fertiles des fonds de vallée avant le Moyen Age, délaissant les sols maigres des plateaux.
Au Moyen Age, les grandes fermes et hameaux épars sont rattachés à un lieu de culte commun, fondant ainsi la paroisse, prélude des futures communes. Les habitations se groupent parfois au plus près de l’eau pour mieux exploiter sa présence, quitte à en subir les caprices, avant que les berges ne soient aménagées. Des châteaux s’installent au-dessus des gués et des hauts fonds, pour contrôler le passage des bateaux. Les bourgs profitent du passage et de l’arrêt des embarcations en ces points pour développer du commerce. Dans certains villages traversés par la Dordogne, des charpentes ou façades en bois de bateaux sont encore visibles, témoins de la relation privilégiée de ces bourgs avec la rivière.
Le village de Groléjac est étendu, mais depuis le pont, il est possible de rejoindre le bourg en longeant la rivière dans le sens inverse du courant (700 m aller-retour). Sinon, le chemin grimpe vers les hauteurs puis redescend vers le lieu-dit La Mouline où un ancien moulin du XVIIème siècle est toujours en activité et fabrique de l’huile de noix. Près de La Mouline se trouve un lac et une zone humide appelée localement « le marais » qui est visitable grâce à un parcours surélevé.
Harrison Barker, lui, décide de faire une halte à Groléjac. Il dort généralement dans les nombreuses auberges présentes dans chaque village, et il en décrit généralement le repas servi et la qualité des chambres. Voyons comment se passe sa soirée à Groléjac :
« J’observe toute une vie qui se déplace en direction du village, des hommes qui portent leur pioche sur leurs épaules, ou qui marchent devant leur bœuf ayant terminé sa longue journée de labour, des femmes, des enfants, des oies, des dindes et des moutons.
Suivant les traces de la dernière oie, je pars moi aussi m’abriter de la nuit dans le village qui s’est maintenant animé. Je suis assis seul, à une grande table dans une pièce assez grande pour une fête de mariage, mal éclairée par une lampe à huile, dont les flammes semblent affligées de la danse de Saint Guy. Le diner fut aussi bon que j’étais en droit de l’attendre. Le plat pour lequel la maitresse de maison avait surement usé de son meilleur art, était une poêlée d’oronges dans une sauce au verjus. Le plat de résistance était une volaille rôtie, un oiseau malchanceux qui aurait dû rester tranquillement perché, mais mon arrivée avait bouleversé les dispositions de l’auberge et du poulailler. En France, une mauvaise habitude veut qu’on tue les volailles juste avant de les embrocher.
Puisqu’en cette soirée je ressentais le besoin de parler, j’allais chercher l’aubergiste fermier et le persuadai de partager son cognac maison. Ce qu’il fit sans rechigner. Mais il me retourna bientôt le compliment en sortant d’une armoire une bouteille d’une liqueur verdâtres et claire qu’il dit être de l’eau de vie de figues. Cet alcool avait gardé le goût prononcé de son origine, et aurait pu être comparé à de la gnôle, car c’était presque de l’alcool pur. La nuit était lumineuse, ni à cause de la lune, ni des étoiles, mais par les éclairs qui se succédaient avec une telle rapidité qu’il n’y avait pas de place pour l’obscurité. »
Au départ de Groléjac, il va falloir parcourir, comme Harrison Barker en son temps « quelques miles de forêts et des terres en pente » pour apercevoir Domme, bastide à l’entrée de laquelle nous nous retrouvons.
Arrivée à Domme
« Quelques ‘miles’ de forêts, ensuite des terres en pente, et enfin de nouveau la Dordogne. J’étais las de chercher la ville médiévale de Domme. Je la reconnus à ses vieux remparts sur le sommet d’une haute colline nue, dont les escarpements arides semblaient flotter inaccessibles comme un nuage dans l’air bleu au-dessus de la vallée. » *« Comme je gravissais la colline en plein soleil de midi, je pensais que si les soldats, cinq ou six siècles auparavant, accablés sous la charge de leur pesante armure, avaient lancé des jurons dans leur grossier langage, ils étaient bien excusables. » « J’étais bien près de me repentir de ma résolution de gagner Domme, lorsqu’ à un tournant de la route, je me trouvai à quelques mètres d’une porte fortifiée du XIVème siècle, avec une tour de chaque côté, reliée par une courtine aux remparts. » *
C’est ainsi que Harrison Barker décrit son arrivée à Domme par la Porte des Tours, la même porte par laquelle vous arrivez aujourd’hui. Domme est une bastide élevée en 1281, sur une falaise, 150m au-dessus de la rivière par le roi de France Philippe III le Hardi.
Dans le sud-ouest, le terme « bastide » désigne un nouveau type de cité qui va être impulsé du XIIIème au XIVème siècle. Les bastides marquent une rupture avec l’idée du village médiéval regroupé autour du château ou de l’église. Elles sont des villes neuves dans le sens où elles sont créées de toute pièce.
Les bastides ont des caractéristiques communes: Le plan régulier est inspiré des cités romaines, en rupture avec les villages médiévaux aux ruelles tortueuses, la place en est le centre administratif et commercial (marchés les jours définis par la charte). Les rues principales, larges, sont appelées « charretières » pour le passage des charrettes, les rues secondaires « les traversières » coupaient les rues charretières, et les venelles servaient à se rendre à l’arrière des parcelles. Enfin, les « andrones » sont des espaces de quelques centimètres réglementaires entre les maisons afin d’éviter une éventuelle propagation du feu. La charte de coutume accordée par le fondateur de la bastide en règle le fonctionnement et précise les devoirs et les droits de chacun. La construction de Domme a pris des décennies car les premiers colons eurent du mal à vaincre l'obstacle du terrain. Domme fut enfin achevée et établie avec des privilèges considérables, dont le droit de battre monnaie. Sa juridiction s'étendait sur le territoire environnant.
La bastide de Domme dispose d’un système défensif qui a été préservé, dont la Porte des Tours, modèle de porte fortifiée. Alors qu’elle est à peine terminée, elle va servir de prison aux templiers. Ce sont ces derniers qui auraient laissé les nombreux graffitis gravés dans la pierre que l’on peut contempler aujourd’hui. Les graffitis templiers n’avaient pas été étudiés quand Barker pénétra dans la Porte des Tours.
« Avec l’aide d’un boucher de l’endroit qui apporta la clé, il me fut possible d’entrer dans l’intérieur des tours de la porte. Dans chacune d’elle était une salle dégarnie très vaste… » Il remarque des représentations religieuses « *ressemblant à des sculptures d’églises », et noms en caractères gothique « signes de la vanité de l’homme qui se révélait autrefois comme elle le fait aujourd’hui *». Il attribue ces gravures à l’ennui de quelques gardes, qui, trouvant le temps long, gravaient la pierre de leurs dagues. « L’antiquaire (parce qu’il a ses propres préjugés) perçoit un abîme entre l’acte du touriste badaud, qui incruste son nom sur une vieille tour ou sur un menhir, et celui d’un homme, qui, cinq siècle auparavant, pour une raison qui n’est pas meilleure que l’autre, a laissé dans une salle de garde un pareil souvenir de son passage. »
Vous allez maintenant passer sous la Porte des Tours, et suivre Dorie qui va vous conduire par les deux places principales de la bastide vers la promenade de la Barre qui domine la vallée Dordogne.
La bastide de Domme
Vous êtes ici devant la « promenade de la Barre », un point de vue imprenable sur la vallée Dordogne. La situation de Domme dominant la vallée Dordogne contribuait à sa réputation de village imprenable.
Cependant, pendant la guerre de Cent ans, des habitants de Domme vont permettre aux anglais de rentrer, faisant passer la bastide sous influence anglaise. Dans les chroniques de Jean Tarde, chroniqueur local au XVIème siècle que nous retrouverons à Cadouin, ces habitants sont qualifiés de « traistres ». La bastide sera finalement définitivement rattachée à la couronne de France en 1438. Lors des guerres de religion, le huguenot Geoffroy de Vivans prend Domme en escaladant avec ses hommes la falaise, non fortifiée, car jugée (par Barker également) infranchissable. « À l’endroit où la ville n’était pas défendue par les rocs nus et abrupts formant un effroyable précipice qu’aucun assiégeant n’aurait essayé d’escalader, une grande partie de la muraille a été bien conservée ».
La bastide est organisée autour de deux places: la place de la Halle, en haut du village où habitaient les notables et où s'élève la remarquable ’maison des Consuls’ aux fenêtres gothiques. Plus bas, se trouve la deuxième place du village, la place de la Rode, où se tenait la roue, instrument de justice, mais également les foires de la cité et la maison du batteur de monnaie.
Aujourd’hui la bastide de Domme est inscrite sur la liste des plus beaux villages de France, et il est possible de visiter la Porte des Tours, la bastide, mais également une grotte à concrétions se trouvant sous le village.
Si vous souhaitez visiter Domme, n’hésitez pas à pousser la porte de l’Office de Tourisme ou à visiter leur site web dont vous pouvez trouver le lien dans le bloc texte Site Domme tourisme.
Profitez de votre présence à Domme pour prendre quelques instants, et rêver devant l’incroyable point de vue de la barre qui domine la vallée de la Dordogne ! « Debout sur un bastion de ce rempart, ayant sous lui la profonde et lointaine vallée et le ciel au-dessus de sa tête, le voyageur peut s’il le souhaite se convaincre qu’il est réellement sur le faîte d’un château aérien. »
Le célèbre écrivain américain Henri Miller rêva également quelques décennies plus tard à ce même endroit: rien que le coup d'oeil sur la rivière noire et mystérieuse du haut de la magnifique falaise à l' orée de Domme, suffit pour vous emplir d'un sentiment de gratitude impensable. Pour moi cette rivière ...c'est la terre d'enchantement jalousement marquée par les poètes et qu'eux seuls ont le droit de revendiquer comme leur.
Et vous, vous sentirez vous une âme de poète devant ce paysage?
Contenus additionels


Activités annexes
Accéder au parcours
Train
Ligne Bordeaux Sarlat
Direct pour les gares situées sur l'axe Bordeaux Sarlat. Accès possible depuis Périgueux ou les gares situées sur l'axe Périgueux Agen avec correspondance au Buisson de Cadouin


