En boucle: le chemin d'Avitus
Le chemin d'Avitus vous permet de découvrir sur un week-end la légende d'Avitus et des serpents dragons, tout en parcourant les coteaux de la vallée Dordogne et une petite partie du "chemin d'Amadour". Cet itinéraire est conseillé à VTT, une portion de ce dernier étant situé sur une vélo route le long du canal, mais il peut aussi bien être parcouru à pied. Les étapes peuvent être organisées selon vos capacités, vos envies et votre moyen de déplacement.
Ce parcours proposé par Dorie vous mène sur les coteaux jusqu'à Saint-Avit-Senieur, dont l'église abbatiale est inscrite sur la liste du Patrimoine Mondial de l'Humanité au titre du bien en série "chemins de Compostelle", en empruntant un bout du "chemin d'Amadour", grand itinéraire de 500 km qui relie Soulac-sur-Mer en Gironde à Rocamadour dans le Lot, avant de redescendre vers la vallée en longeant la Couze, rivière qui alimente des moulins papetiers.
Le chemin vous permet de découvrir les villages de la vallée qui renferment des légendes qui façonnent encore l'imaginaire collectif, et le patrimoine rural, religieux ou médiéval comme la bastide de Beaumont et ses fortifications, ou l'imposant château de Bannes.
Conseils de Dorie: Il est possible de rejoindre le départ du parcours à Varennes depuis la gare de Lalinde. Pour être guidé par Dorie, rendez-vous dans la rubrique "les accès"
Sur le retour, il est également possible pour les personnes désirant rejoindre Varennes plus rapidement, de couper le parcours à Couze pour gagner des kilomètres et du temps (voir dans "les accès" retour direct Couze - Varennes pour être guidé).
N'oubliez pas de vous référer à a trace GPS et au pas à pas en bas du bloc texte pour vous guider, à regarder où se trouvent les espaces pique nique et les points d'eau sur la carte.
Varennes - Monsac: 8,5km // Monsac - Naussanes: 4,5km// Naussanes - Beaumont : 4,5km // Beaumont - Saint Avit: 4,5 km // Saint Avit - Bayac: 11 km // Bayac - Couze: 4 km // Couze - Lalinde: 6 km // Lalinde - Varennes: 6 km.
Possibilité liaison directe (raccourci) Couze - Varennes : 3,5km

Musique d'illustration Track: Just a Thought Music by https://www.fiftysounds.com
Aperçu du parcours
Départ de Varennes
Bonjour et bienvenue sur le chemin d'Avitus. Vous êtes maintenant au départ de cette grande boucle qui va vous amener à travers les paysages et les villages périgourdins à la découverte du personnage d'Avitus, fondateur de l'abbaye de Saint Avit Senieur, de l'histoire et des légendes qui l'entourent, dont les serpents dragons, créatures fantastiques qui fréquentaient autrefois le pays.
Pendant votre randonnée, vous pourrez aller à la rencontre de personnages du territoire qui peuvent vous faire découvrir leurs activités. Pour cela n'hésitez pas à vous rendre dans la rubrique "services" où ces propositions sont localisées ainsi que les hébergements, le tout sera reporté sur la carte embarquée par Dorie.
Selon le nombre de kilomètres que vous souhaitez marcher, vous pouvez faire la halte du soir à Beaumontois-en-Périgord où se trouvent des chambres d'hôtes, ou à Saint-Avit-Senieur où se trouve un gîte d'étape et des chambres d'hôtes.
Sur le parcours, Dorie vous accompagne, vous raconte l'histoire des lieux traversés, laisse la parole aux habitants qui vous font découvrir leur territoire. N'oubliez pas pour les écouter de déclencher l'audio quand votre téléphone vibrera, vous signalant ainsi un point d'intérêt.
Jean François qui travaille à l'Agence Culturelle de la Dordogne et qui s'intéresse aux légendes périgourdines vous racontera au long de l'itinéraire des moments d'histoire ou des légendes qui vous permettront de comprendre qui était Avitus et dans quel contexte il vécut.
Aujourd'hui, il vous parle d'Avitus l'Aquitain.
Vous êtes prêts? vous avez de bonnes chaussures, un sac à dos avec de l'eau, votre téléphone et votre chargeur? Alors on peut partir vers les coteaux de la vallée Dordogne. Mais avant de prendre les chemins, suivez moi jusqu'à l'église. Vous allez faire connaissance avec le village de Varennes et avec son église, qui abrite une partie de l'histoire d'Avitus...
Départ de Varennes
Bonjour et bienvenue sur le chemin d'Avitus. Vous êtes maintenant au départ de cette grande boucle qui va vous amener à travers les paysages et les villages périgourdins à la découverte du personnage d'Avitus, fondateur de l'abbaye de Saint Avit Senieur, de l'histoire et des légendes qui l'entourent, dont les serpents dragons, créatures fantastiques qui fréquentaient autrefois le pays.
Pendant votre randonnée, vous pourrez aller à la rencontre de personnages du territoire qui peuvent vous faire découvrir leurs activités. Pour cela n'hésitez pas à vous rendre dans la rubrique "services" où ces propositions sont localisées ainsi que les hébergements, le tout sera reporté sur la carte embarquée par Dorie.
Selon le nombre de kilomètres que vous souhaitez marcher, vous pouvez faire la halte du soir à Beaumontois-en-Périgord où se trouvent des chambres d'hôtes, ou à Saint-Avit-Senieur où se trouve un gîte d'étape et des chambres d'hôtes.
Sur le parcours, Dorie vous accompagne, vous raconte l'histoire des lieux traversés, laisse la parole aux habitants qui vous font découvrir leur territoire. N'oubliez pas pour les écouter de déclencher l'audio quand votre téléphone vibrera, vous signalant ainsi un point d'intérêt.
Jean François qui travaille à l'Agence Culturelle de la Dordogne et qui s'intéresse aux légendes périgourdines vous racontera au long de l'itinéraire des moments d'histoire ou des légendes qui vous permettront de comprendre qui était Avitus et dans quel contexte il vécut.
Aujourd'hui, il vous parle d'Avitus l'Aquitain.
Vous êtes prêts? vous avez de bonnes chaussures, un sac à dos avec de l'eau, votre téléphone et votre chargeur? Alors on peut partir vers les coteaux de la vallée Dordogne. Mais avant de prendre les chemins, suivez moi jusqu'à l'église. Vous allez faire connaissance avec le village de Varennes et avec son église, qui abrite une partie de l'histoire d'Avitus...
Faisons connaissance avec Varennes et Avitus
Le nom de Varennes est issu de l’occitan « varenas » qui signifie "terrains sablonneux" ou "terres gagnées sur l’eau". Le territoire de Varennes fut occupé dès l’époque gallo-romaine. Le village est traversé par le ruisseau du Couzeau qui se jette en cascade dans la Dordogne au lieu-dit « le Port », ce qui tend à témoigner de la présence d’un endroit d’embarquement et débarquement pour les gabarres, ces bateaux à fond plat qui assuraient le transport de marchandises jusqu’à la Gironde à une époque où les routes étaient peu carrossables.
Mais Varennes a une importance particulière pour notre histoire d’Avitus. En effet, l’église Sainte Avit construite à l’époque romane, abrite des traces du passage probable d’Avitus dans le village. L’histoire d’Avitus est étroitement liée à celle des Wisigoths. Mme Feuille habitante de Varennes a écrit un livre sur ce peuple. Retrouvons là dans l’église pour savoir qui étaient ces wisigoths.
Les wisigoths cétait une peuplade qui venait de scandinavie. Pour quelle raison ils sont partis en masse on ne sait pas, j’imagine à titre personnel que des volcans s’étaient mis en éruption et qu’ils ont du partir car ils ne pouvaient plus vivre ou survivre. Donc ils ont fait le tour de la Germanie et ils se sont retrouvés dans ce qu’on appelle la Panonie, les grandes plaines d’Europe centrale. Là ils ont trouvé des chevaux qu’ils n’avaient pas dans leur lointaine contrée du nord. Ils en ont mangé, puis dressé et ont constitué une cavalerie très efficace qui leur a permis de se défendre et à l’occasion d’attaquer pour pouvoir survivre, et ils se sont mis au service de l’armée romaine comme auxiliaires, et l’armée romaine faisait appel à eux quand ils en avait besoin car elle était très efficace. Ecouter l'histoire des Wisigoths et d'Avitus par Mme Feuille.
C’est dans ce contexte qu’apparait la lignée des Avitus, dont Saint Avit, que nous allons suivre sur ce chemin. Saint Avit serait né à Varennes vers 480. Citons le livre de mme Feuille: "il aurait reçu une bonne éducation ainsi qu'une solide instruction. On remarque sa piété et la douceur de son caractère dès son plus jeune âge", avant de remarquer que saint Avit a été vénéré par les nombreux croyants et pèlerins en route vers Saint Jacques de Compostelle qui venaient se recueillir devant sa sépulture.
Avant de quitter l’église, retrouvons madame Feuille, car Avitus se trouve ici, dans le chœur de l’église, représenté sur le retable.
Il est représenté dans l’église en soldat, en officier de l’armée romaine mis au service des wisigoths. Donc il a l’aste, cette grande perche avec un pic au bout, qui est l’arme des wisigoths et une hache, arme plutôt franque qu’il a peut être volée ? et Secondin qui hors de son travail de "cursus publicus" où il gouvernait tout ce qui avait trait au courrier de l’empereur, ce qui lui rapportait de l’argent, était poète. On retrouve dans une église à vienne, qui a été longtemps la capitale des Gaules, l’église des macchabées , des plaques de marbre gravées sur lesquels ils étaient cités : il y avait Secondin, Sidoine Appolinaire, et Constance. Ils étaient reconnus comme les poètes officiels de la ville de Vienne ce qui veut dire qu’ils étaient riches et reconnus. On nous le montre avec une robe marron. Quel scandale… le marron voulait dire que l’on renonçait à la vie, alors que lui devait avoir des robes somptueuses. Il tenait une lyre, le symbôle des poètes qui s’accompagnaient de musique en lisant leurs textes. La Guerre de Cent ans n’a pas fait bcp de mal aux églises car ils étaient tous chrétiens.
Maintenant que nous avons fait connaissance avec Varennes, les wisigoths et Avitus, prenons le chemin qui va nous amener dans les terres. Pour les amateurs de toponymie, vous pouvez comprendre la signification du nom des hameaux traversés sur cette étape en cliquant sur le lien dans la version texte.
Lanquais et le "Louvre inachevé"
Sur votre droite en arrivant, la vue sur le village de Lanquais peut donner une idée de sa physionomie avant que la route ne le traverse, avec ses maisons serrées autour de l'église romane. Une légende veut que le célèbre Saint Front, contemporain d'Avitus, soit né ici à Lanquais. Il semble que le secteur était propice à la sainteté!
Saint Front va avoir un rôle important dans le dénouement de notre histoire, mais vous le découvrirez plus tard. Pour l'instant, profitez de la beauté des lieux.
En faisant un rapide aller retour sur l'allée cavalière face à vous, vous pouvez apercevoir la vaste grange dîmière du XVème siècle qui témoigne par ses dimensions de l'abondance des récoltes à l'époque, le moulin du château situé un peu plus loin au bord du ruisseau, et la silhouette massive du château de Lanquais.
Repère noble, le château de Lanquais (en occitan Lencais) fut depuis au moins le XIVème siècle le siège d’une châtellenie composée de 4 paroisses. L’une d’entre elles était Varennes, mais celle-ci, jusqu’à la Révolution est plus connue sous le nom de Lencaisset, c’est-à-dire, le petit Lanquais, preuve que les deux localités étaient étroitement liées.
Le château est parfois surnommé le « Louvre inachevé du Périgord », car on raconte qu’une équipe fut détachée du chantier du Louvre par Henri II pour transformer la demeure et en faire un palais à l’italienne, ce qu’ils n’auraient pas eu le temps de faire entièrement. Le château mélange le style médiéval d’un château fort, avec des parties de style Renaissance et d’autres du XIXème, époque où le château avait une vocation agricole.
La forêt vous fait-elle peur?
La place de la forêt reste très réduite dans le Bergeracois qui est une région viticole. Cependant, elle est présente sous forme de petits bois, régulièrement répartis sur le territoire. Les feuillus sont prépondérants et sont dominés par les chênes. Quelques plantations de pins sont également à noter.
Sur le chemin d'Avitus et sur les coteaux de Lalinde où vous vous trouvez, les boisements deviennent plus présents au contact du Périgord Noir tout proche. Certains lieux-dits gardent dans leur nom une trace de l'histoire de cette forêt, comme le hameau de La Fage traversé avant de rentrer dans la forêt. Ce nom nous renvoie à l'époque où le Périgord abritait de nombreuses forêts de hêtres (en occitan "faja"), essence devenue beaucoup plus rare même si on la rencontre encore sur certains versants de collines exposés au nord.
Un autre hameau derrière vous porte l'étrange nom de "Loïs Delbos" que vous avez traversé. Ce nom rappelle l'identité à peine francisée d'un ancien occupant des lieux, "Lois Del Bosc". Ce nom de famille très courant en sud-Périgord est l'équivalent du français Dubois, ce qui convient tout à fait a fait au cas présent.
Une maison se trouve sur le chemin à environ 500m devant vous aux "Fumades". Ce nom est représentatif de l'époque où les défrichements par le feu constituaient l'un des moyens habituels pour gagner des terres agricoles sur les forêts.
Les forêts à l'époque d'Avitus servaient de refuge aux reclus, aux fuyards et inspiraient de la crainte, renvoyant les hommes à un monde sauvage et non domestiqué, avec des créatures de légende qui y circulaient. Pendant longtemps, les périgourdins pensaient que le lébérou hantait ces forêts. Vous n'avez jamais entendu parler du lébérou? Cette créature fantastique est très populaire en Dordogne et en Limousin. Personne maudite ou ayant fauté, elle devient mi-homme mi-bête en revêtant une peau de lapin ou de loup. Elle doit pour se libérer de son sort passer devant 7 fontaines ou 7 chapelles avant que le jour ne se lève. Souvent très fatiguée par ses courses nocturnes, la bête saute sur le dos des passants qui doivent la porter jusqu'au matin. Si les fontaines n'ont pas été visitées au matin, le lébérou reste lébérou et la personne qui le porte le devient à son tour. S'il redevient un humain dans la journée, le lébérou est quand même reconnaissable à son air fatigué, et parcequ'il sert la main la paume tournée vers le bas. Personne ne sait pas s'ils ont réellement disparu des forêts périgourdines. Certains pensent que quelques lébérous errent encore dans nos forêts à la recherche d'un dos accueillant!

Monsac et les souvenirs de M. Gauthier
Le village de Monsac a une tradition de bataille, il se dit que l'église de Monsac a été détruite pendant la guerre de Cent ans, et le village a vu passer des combats, depuis très très longtemps peut être depuis l'époque d'Avitus. Ce dernier été enrôlé dans une armée pour partir à la bataille. Le roi d'Aquitaine, Alaric, est menacé sur sa frontière nord par de dangereux barbares brutaux, les Francs. En 507 Avitus rejoint donc l'armée du roi d'Aquitaine et il participe à la bataille de Vouillé. Le roi des Francs Clovis arrive à mettre son épée dans le crane du roi des Aquitains. C'est un désastre complet pour l'armée des Aquitains qui est détruite, et Avitus est capturé et emprisonné, terrible épreuve pour lui.
Monsac est un village de caractère qui présente de nombreuses maisons traditionnelles préservées. Le château situé sur un promontoire en fond de vallée, relevait de la seigneurie de Beaumont. Bâti par les Anglais au début du XIVème siècle pour défendre la frontière de Guyenne contre le royaume de France, il a survécu à toutes les guerres, même s’il eut à subir des affres de la guerre de 100ans. Mâchicoulis, fossé, meurtrières et arbalétrières témoignent de son passé de château fort.
M.Gauthier était agriculteur à Monsac, et il a habité le château dont sa famille était propriétaire. "Le château a été vendu comme bien public à la Révolution et a été acheté par deux agriculteurs. Un charroyait les pierres jusqu'à Bayac avec ses boeufs et son tombereau, et notre famille avait repris l'autre moitié du château qui était un bien agricole, on y faisait sécher le tabac dans les greniers et on montait les escaliers avec le tabac sur le dos. Chaque exploitation avait sa plantation de tabac, parfois même plusieurs, ça permettait d'avoir un salaire pour chacun. Le château était entouré de larges fossés mais il n'y avait pas d'eau. Son entrée fait face aux bois et au chemin qui va à Beaumont."
L’église mentionnée dès 1286, incendiée pendant la guerre de 100 ans a été reconstruite au XIXème siècle pour être nommée « église Saint-Martial ». Saint-Martial était l’évêque de Limoges durant la seconde moitié du IIIème siècle, et c’est lui qui aurait évangélisé le sud-ouest, ce qui lui a valu le surnom d’apôtre d’Aquitaine. L’église offre un clocher-mur à une arcade, abritant la cloche et surmonté d’une croix. Sa chaire est une œuvre d’art réalisée par un menuisier local en 1873. Aujourd’hui, la vie du village tourne autour de l’école et de son milieu associatif dynamique. Vous n’aurez pas manqué l’ancienne forge qui a été réhabilitée grâce à des passionnés et dans laquelle ont lieu des démonstrations du travail du fer. M Gauthier: autrefois nous avions une équipe de foot, et après des équipes de basket masculines et féminines. Le club des jeunes était renommé. L'amicale laïque organise lotos, brocantes, réveillons…
A la sortie du village (direction le château), vous ne manquerez pas la statue de Saint-Martial dans une niche surplombée d’une croix.
La Dame blanche de Naussannes
Oratoire de Naussannes de Notre Dame de Lourdes, des dames blanches à la Sainte Vierge… Avitus est libéré, il est devenu un bon chrétien, ce qui prouve qu’il ne l’était pas avant.
La commune porte le nom de « Nauçanas » en occitan, et garde probablement la mémoire d’une personne nommée Navicius, propriétaire fortuné de l’époque gallo-romaine. L’église de Nausannes a été édifiée au XIIème siècle. C’était la chapelle d’une ancienne commanderie hospitalière qui était présente ici. Un château féodal postérieur à l’installation des hospitaliers se trouvait au sud du bourg dans le hameau de Montgueyral. Il n’en reste que des ruines.
Un acte daté du 7 mars 1273 témoigne du don de terrain à Edouard 1er par deux frères, Pierre et Amanieu-de-Machinon, afin qu’il y construise une bastide sur la colline appelée « Puoch de Pico ». Situé au lieu-dit « le Pic », à 2 km au sud-ouest de Naussannes. Cette bastide, devait, avec Beaumont, Monpazier et Molières assurer la défense des terres appartenant au roi d'Angleterre. Cette bastide n'a pas dû être construite car il n’y en a aucune trace. Le Pic a été une paroisse mais l'église et le cimetière ont aujourd'hui disparu.
Vous retrouvez dans le village de Naussannes le « chemin d’Amadour » qui arrive de Soulac-Sur-Mer en Gironde, et qui a traversé le nord du Lot et Garonne. Ce chemin dont il vous faudra suivre le balisage jusqu’à Saint-Avit-Sénieur, s’appuie sur la légende d’Amadour, un compagnon du Christ qui aurait débarqué avec sa femme Sainte-Véronique à Soulac, fuyant les persécutions chrétiennes en Orient. A la mort de sa femme dont les reliques sont conservées à Soulac et à Bordeaux, Amadour part évangéliser le sud-ouest et s’installe en ermite dans les falaises du canyon de l’Alzou pour vénérer une vierge noire, créant une première communauté dans le lieu qui deviendra Rocamadour.
Le moulin de la Justice
Alors la côte? pas trop difficile? je suis certain que vous serez contents de faire une petite halte après ce raidillon qui laisse des traces dans les jambes.
Profitons de ce moment de pause et en reprenant votre souffle, remarquez le fut du moulin à vent qui se trouve en haut de la colline que vous avez vaillamment gravie.
Son nom est le « moulin de la Justice ». Généralement, ce nom de « justice » était attribué aux endroits où se trouvaient les fourches patibulaires. Ces dernières étaient des sortes de gibets plus ou moins importants selon les droits de justice du seigneur, où étaient exécutés et exposés les corps des condamnés.
Elles étaient habituellement placées sur une hauteur près d’un axe de circulation pour être bien en vue, ce qui semble correspondre au lieu où se trouve le moulin. Imaginez-vous il y a quelques siècles passer sur la route entre Issigeac et Beaumont et lever la tête pour voir des corps pendus se balancer sous le gibet…
Mais ces points hauts étaient également intéressants pour une activité moins effrayante. En effet, exposés aux vents, ils étaient adaptés à l’installation de moulins à vent. Généralement ces moulins venaient en complément de moulins à eau. Ici, un moulin se trouve en contrebas sur le ruisseau de Naussannes. Il est donc fort possible que le moulin à eau situé sur un petit ruisseau, cessait de travailler quand le niveau d’eau n’était pas suffisant, et le meunier avait alors la possibilité de poursuivre son travail au moulin à vent.
Aujourd’hui ne subsiste que le fut, qui était arrimé solidement au sol pour résister à la force des ailes qui tournaient en période de vent. Ces ailes permettaient, par un système d’engrenages, de faire tourner les meules qui broyaient les céréales, comme vous le montre la vidéo disponible en haut du bloc texte.
La bastide "anglaise" de Beaumont
Cherchez bien dans l’église, regardez sur les murs, il y a un message, le Coulobre, le serpent dragon… Il se disait que la contrée était infestée de serpents gigantesques et de dragons…
Nous avons croisé à Naussannes un projet de bastide qui n’a pas abouti. A Beaumont, le projet de bastide anglaise a été mené à son terme. Fondée en 1272, Beaumont fut l’une des plus importantes bastides du Périgord. La monumentalité de son église fortifiée, l’une des plus importantes du Périgord, nous rappelle que cette région fut le théâtre de très nombreux conflits durant la guerre de 100 ans. Beaumont en apporte le témoignage car, hormis son église, on découvre aussi des remparts relativement bien conservés. Créée en 1272 par Edouard Ier, roi d’Angleterre, à partir de terres données par le seigneur de Biron, l’abbé de Cadouin et le prieur de St Avit, cette cité présente le plan caractéristique des bastides avec une place centrale bordée de cornières ou galeries (ici sur trois côtés), et des rues (les « charretières » et les « traversières ») se coupant à angle droit.
Les habitants de cette bastide bénéficiaient d’un statut exorbitant du droit commun : une charte de coutumes fut accordée très tôt aux habitants qui bénéficiaient ainsi de franchises avantageuses puisqu’ils étaient propriétaires de leurs terres et que, ni le bayle, représentant le roi, ni les consuls (édiles de l’époque) ne pouvaient arrêter un habitant de la localité ou se saisir de ses biens.
Bref, Beaumont prospéra harmonieusement, en dépit de la guerre franco-anglaise. Il faut avouer que la ville resta essentiellement sous domination anglaise, ce qui lui épargna les mises à sac répétées chaque fois qu’un des belligérants reprenait le territoire perdu. Les Français reprirent définitivement la ville en 1442. De cette période troublée, comme des guerres de Religion qui causèrent quelques dommages un siècle plus tard, l’église du XIIIème dédiée à Saint-Laurent et Saint-Front, est un bon témoignage du temps. De style gothique, cette « forteresse » flanquée de quatre tours présente un chemin de ronde au-dessus des murs gouttereaux. Ce chemin de ronde donne accès à des logements militaires au-dessus des transepts et à une vaste salle d’armes au-dessus du chevet. Autre dispositif militaire, une bretèche avec assommoir défend une des portes sud. La présence d’un puits à l’entrée de la nef indique que cet édifice était conçu pour tenir un siège assez long.
Une particularité du village de Beaumont aujourd’hui est de bénéficier de commerces où l’on parle occitan. Saurez-vous commander votre sandwich ou votre repas en Oc ? voici quelques conseils, et surtout, quelques mots pour y arriver, une sorte de kit de survie en milieu occitan.
Salut à tous : adiu brave monde (adïw bravé moundé)! Soyez les bienvenus : chabatz d'entrar (tsoba d'éntra) Comment ça va?: coma quo vai? (koumo ko vaï) S'il te plait : si te platz (shi té pla) Merci: mercés (mérsheï) J'ai soif: ai set! (èï shé) J'ai faim: ai fame (èi fome) A table : a taula (o tawlo) Boire: beure (béwré) Manger: minjar (mïnndza) Qu'est ce que c'est? : Qu'es quo? (Kéï ko?)
L'abbaye d'Avitus, Saint-Avit-Sénieur
Avitus arriva devant le « mont Dauriac » qui était recouvert d’idoles hérétiques, (donc peuplé de chrétiens ariens), il pria Dieu ensuite et en une seule prière, la force de Dieu fit effondrer les idoles païennes des hérétiques… Il s’installa ensuite à cet endroit pour évangéliser le pays.
Extérieur église avec M. Treneule
Intérieur église avec M.Treneule

En arrivant à Saint-Avit-Sénieur et en découvrant sa haute église aux allures de château fort, on se doute que le village doit avoir une histoire mouvementée. M. Tréneule, habitant de Saint-Avit est passionné par cette histoire qu’il raconte lors de visites estivales théâtralisées. Pour Dorie, il raconte son village et son église. Si vous souhaitez des explications plus détaillées sur l’abbaye, rendez vous dans le bloc texte de l’appli pour écouter M. Tréneule devant l’église, dans l’église, et dans le cloitre.
M. Tréneule nous explique l'histoire du village connue, beaucoup d'archives ayant brulé dans des incendies au cours des conflits. Trop petite pour accueillir les pèlerins en route pour Compostelle qui venaient se recueillir sur les reliques du saint, l'église fut reconstruite au XIIème. Une communauté de chanoines réguliers s’y installa, ce qui explique la présence exceptionnelle de Geoffroy-du-Loroux, archevêque de Bordeaux et ancien chanoine régulier, en 1141 pour la consécration d’un des autels. Comme la plupart des édifices religieux du Périgord, l’abbaye eut à souffrir des différents conflits. Les Anglais sont responsables de la destruction du chœur pendant la guerre de 100 ans. Quant aux Huguenots, ils saccagèrent totalement l’abbaye et détruisirent le clocher nord en 1577. Au XVIIème siècle, le cloître et les bâtiments conventuels se sont effondrés et ont été arasés.
L’intérieur de l’église abbatiale de Saint-Avit-Sénieur est remarquable par bien des aspects. Les peintures murales qui reposent essentiellement sur un treillis décoratif, proposent un faux appareil allongé avec au centre de petites fleurs à 5 pétales. Mais ce sont surtout les trois tentures peintes ornant les quatre arcs de la deuxième travée qui retiennent l’attention. Ces motifs sont exceptionnels, tout comme le Saint-Christophe portant le Christ, peint sur le pilier entre la 1ère et la 2ème travée.
"Cafourches" et croyances
Vous arrivez maintenant à un carrefour. Avez vous remarqué qu'à certains carrefour se trouvent des croix? Il faut dire que les anciens croyaient que le diable pouvait se trouver là pour vous tenter et vous mettre dans la mauvaise direction.
Et ceux qui empruntaient le mauvais chemin se retrouvaient au fin fond des bois, où il pouvait parfois se passer des drôles de choses au dessus de leurs têtes.
Jean-François Gareyte de l'Agence Culturelle Départementale nous fait part ici de croyances périgourdines à ne pas écouter à la nuit tombée :-)
Le spectaculaire château de Bannes
Le temps passe, on oublie Avitus et on parle de Saint-Avit. Il passe par un endroit magnifique avec un château, la forteresse de Bannes. A proximité du château au dessus de la Couze vivait un serpent dragon tellement grand qu'il pouvait boire l'eau de la rivière tandis que l'autre partie de son corps était encore dans sa grotte en haut de la falaise. Ce serpent terrorisait tellement le territoire qu'il fallait un grand homme pour en venir à bout. Saint Avit encore une fois par ses prières et peut être un peu avec la magie, arriva à trancher la gorge du monstre en un coup d'épée. C'est ainsi que la région fut débarrassée de cette créature.
Selon la tradition locale, Avitus aurait fait halte à Bannes et y aurait pris un compagnon avant de se faire ermite. Dominant la vallée de la Couze, Bannes fut en même temps un ancien repaire noble et une petite paroisse. Son nom peut ramener au gaulois « Bana » (corne) ce terme désignant alors le promontoire escarpé sur lequel fut édifié le château.
Cependant, aucune mention du château n'apparaît avant le 14e siècle. Pris et ruiné en 1442, au cours d'un épisode de la guerre de Cent, il fut reconstruit par Brandelis-de-Gontaud-Biron, aidé de son frère Armand-de-Gontaud, évêque de Sarlat. Les travaux se déroulèrent de 1510 à 1515. Son décor intérieur est en grande partie conservé : escaliers, nombreuses cheminées, fresques...
C'est l'un des châteaux de la Renaissance les plus célèbres du Périgord. Une vaste barbacane dérasée commande l'approche de la forteresse, dont l'accès se fait par un pont-levis et un châtelet, en avant d'une courtine couronnée par un chemin de ronde sur mâchicoulis. La cour intérieure s'inscrit au milieu de pavillons dissymétriques, compénétrés par des tours rondes et des tourelles d'escalier. La tour dite de Henri IV conserve un décor peint. Un pigeonnier circulaire du 18e siècle est situé en contrebas du château.
Vous allez maintenant longer cette vaste propriété qui occupe tout le fond de vallée pour arriver au village de Bayac.
Le village de Bayac
Après avoir longé la propriété de Bannes, le chemin débouche sur une petite route. Vous arrivez à Bayac. De l’autre côté de la Couze, le site préhistorique de La Gravette révèle une production quasi industrielle d’outils. Ce site donnera son nom à une culture de paléolithique supérieur européen : le Gravettien. Le château de Bayac sur la gauche en montant la côte qui mène au bourg, est un ancien repaire noble relevant de la châtellenie de Couze. Le logis moderne s’appuie sur une tour circulaire à mâchicoulis, ornée d’une lucarne Renaissance, et sur une imposante tour carrée, également à mâchicoulis. Les Huguenots, conduits par Chaus-de-Monsac, l’assiègent en 1580 et tuent le seigneur des lieux, Pierre de Bosredon. A la fin du XVIIIe siècle, il est la propriété de Charles-Joseph-de-Losse. L’église paroissiale Saint-Pierre-ès-Liens de Bayac, édifiée sur une éminence, présente une façade originale dont le décor évoque l’architecture néo-classique de la fin du XVIIIe siècle. A l’origine de fond roman et attestée en 1122, l’église doit sa forme actuelle au comte Charles-Antoine-de-Losse. Maire de Bayac et propriétaire du château, ce dernier acquiert en 1839 l’église et le cimetière. Il met en culture le terrain du cimetière et fait démolir l’église, qu’il reconstruit la même année : la date en est gravée au-dessus de la porte de la façade occidentale. La porte d’entrée de l’église est surmontée d’un oculus. Le clocher-mur en pierre de taille comporte deux baies jumelles en plein cintre ouvrant dans un fronton en demi-cercle. Le registre inférieur est percé d’une porte en plein cintre à laquelle on accède par un escalier. Le comte Charles-Antoine-de-Losse restaura également le château de Bayac au XIXe siècle.
Au centre de Bayac, une croix toute simple, en pierre, a résisté aux divers travaux d’aménagement de la voirie, et se dresse sur le bord de la route. La croix, image du Christ, symbole du christianisme, sanctifie les carrefours et sauvegarde voyageurs et pèlerins. Placée aux limites de la paroisse ou à l’entrée des villages, elle protège les populations rurales.
Les moulins de la Couze
Vous voici arrivé dans le charmant village de Couze-Saint-Front, construit sur les rives de la rivière Couze à sa confluence avec la Dordogne. Ce lieu exceptionnel est devenu dès le XVème siècle, le berceau de la papèterie dans le Sud-Ouest. L’industrie du papier est très ancienne en Périgord, et s’est développée dans le sud sur le bassin de la Dordogne autour de Couze et dans le nord sur les bassins de l’Isle et de l’Auvézère.
Elle s’est développée de la fin du XVème siècle et au XVIème siècle le long des cours d’eaux réputés pour la régularité de leur débit et la qualité de leur eau peu acide et sans dépôt minéral. Les moulins à papier ont fait la richesse du village de Couze.
A votre arrivée à Couze vous apercevez une église. Il s'agit de l'ancienne église du 12ème siècle de Couze, dédiée alors à Saint-Etienne. Elle se trouve sur le domaine de Prats Dumas, une entreprise qui fabrique du papier depuis le 13ème siècle. A l'époque en Angleterre on achète du papier de basse qualité pour faire les comptes qu'on appelle "papier de Bordeaux". Le commerce état assuré par la rivière avec Bordeaux, il est probable que ce papier venait de Couze. Comme il est dit sur le site de l'entreprise Prats Dumas: "Le compte-rendu d’une procédure judiciaire de 1470 confirme l’existence d’un moulin à papier à Couze en 1309. Il y est question d’un acte de transaction d’un « déjà vieux » Moulin des Barreaux anciennement appelé Moulin Servil ou Serval."
Au XVIIème siècle avec la révocation de l'édit de Nantes, les maitres papetiers Huguenots fuient en Hollande, laissant leur famille convertie s'occuper des moulins. Une grosse partie de la production de papier part alors en Hollande: c'est le début du "papier de Hollande" aux armes d'Amsterdam qui va être fabriqué par certains moulins de la Couze dont le moulin Barreaux. L'Histoire et la production papetière semblent étroitement liées, car après la Révolution, la première constitution est écrite en partie sur du papier fabriqué au moulin Barreaux, qui en garde précieusement une version originale. Puis certains moulins papetiers déclinent au XIXème siècle, et d'autres se modernisent. M. Prat, qui est propriétaire du moulin des Barreaux, expérimente avec un pharmacien de Bergerac un nouveau type de filtre pour les préparations médicinales. Le moulin des Barreaux devient alors une référence des papiers filtres et prend le nom de Prat Dumas qu'il porte encore aujourd'hui. Voir une video de la papèterie Prat Dumas
Le moulin de la Rouzique également situé dans le village date lui du XVIème siècle. Attesté en 1532, c’est un ancien moulin à blé, devenu moulin à papier au XVIIIe siècle. Il a fonctionné jusqu’en 1983, avant d’être transformé en musée pour être ouvert au public. Le moulin et son système hydraulique sont inscrits aux monuments historiques depuis 1981. Le petit étendoir, sous la falaise, a conservé son système d'acheminement ferroviaire par wagonnets à voie étroite. En 1709, un document envoyé par le prieur de Couze à l'Archevêque de Bordeaux énumère 12 moulins dont 11 servaient à la fabrication du papier : ceux du Port, de la Rode, Del Chay, Sous le Roc, Del Pon de Merle, de la Rouzique, de Laroque, des Valette, de la Mouline, des Barreaux Vieux et de la Vernelle. Les moulins du Port et de la Roche cumulaient le rôle de moulin à blé et de moulin à papier. Voir une video de présentation du moulin de la Rouzique
Le Moulin de Laroque, moulin du XIIIème siècle, perpétue la fabrication de papier à la main. Plus de 150 papiers différents pour peindre, écrire, sont à disposition de tous les talents. Ce moulin bénéficie d’un Label d'état "Entreprise du patrimoine vivant" pour l’excellence des savoir-faire français. Le moulin est l'un des plus grands centres de papier pour les artistes d'Europe. La visite guidée des ateliers est proposée tous les jours.
Tous ces moulins ont pu fabriquer du papier grâce à la qualité des eaux de la Couze. Monsieur Guerin, paysan retraité est également poète et aime les mots, principalement en occitan. Il nous dit ici son amour de la rivière Couze sur les bords de laquelle il a grandi. Si vous n'êtes pas locuteur occitan, vous pouvez avoir une version filmée et sous titrée en appuyant sur le bouton vidéo.
La chapelle Saint-Front
Cette chapelle que certains spécialistes font remonter au VIIIème siècle a été maintes fois remaniée. Mais on reconnait dans son nom Saint-Front et le coulobre, qui sont associés, et à l’intérieur, une sculpture du saint homme tient la chapelle dans sa main et terrasse le dragon, comme pour transmettre cette histoire aux générations futures. Il est d’ailleurs dit que cette chapelle avait été implantée ici en remerciement pour Saint Front et pour se garder d’un retour du coulobre.
Le mur sud de la chapelle semble plus récent que le mur nord. La chapelle comporte 2 entrées, une sur le devant et une sur le côté, celle-ci est en arc brisé surmonté d'une petite tête humaine. Les fonds baptismaux à l'origine étaient situés à l'extérieur sous un abri, le baptême devant précéder la 1ere entrée dans l'église.
Deux remarquables chapiteaux encadrent l'entrée du chœur, l'un présente la tentation au Paradis (un serpent, le démon, enlace un arbre chargé de fruits et présente une pomme à Eve, Saint-Front semble observer la scène). L'autre chapiteau côté nord, est situé au sommet d'un reste de colonne, on y voit 3 bêtes monstrueuses, celle du centre a le visage d'un humain représenté avec une double queue et des membres en forme de pattes d'animaux. Cette colonne serait susceptible de représenter 3 léopards (domination anglaise).
La tradition rapporte qu'une grande peau de serpent est restée très longtemps installée sur un mur de la nef en souvenir du dragon vaincu par Saint Front, cette évocation se retrouve aussi dans l'appellation du trou du Coulobre, grotte située sous la chapelle, qui symbolise l'antre du dragon.
Contenus additionels


La bastide "anglaise" de Lalinde
Lalinde est la première bastide anglaise bâtie en bordure de rivière en 1267 par Henri III Plantagenêt. La charte de fondation de la ville, octroyant des libertés et des privilèges aux futurs habitants, fut toutefois dressée à Londres le 26 juin 1267, par le prince Edouard, fils ainé d’Henri III. De la ville forte qu’elle fut jadis, il ne reste que quelques vestiges : des remparts côté rivière, la porte principale dite porte de Bergerac, et une porte remblayée, près du pont, appelée porte de Saint-Front. Durant la Guerre de Cent Ans et les Guerres de Religion, Lalinde est au cœur des conflits. Ses fortifications reposent sur des remparts au Sud et au Nord avec une enceinte complexe comprenant plusieurs lignes successives défensives qui s’appuient sur un ensemble de fossés. L’importance du dispositif est inhabituelle et fait de Lalinde une bastide très particulière.
L’intérieur de la ville a gardé l’aspect régulier du tracé des bastides, avec des rues perpendiculaires, une place centrale et une halle du XIXème qui a remplacé l’ancienne halle du XVème siècle. Lalinde tient son charme de sa position en bordure de la rivière Dordogne. Le canal de dérivation et son bassin, agrémentent le côté nord de la ville et permettent aux marcheurs de faire de longues randonnées sur les chemins de halage. Créé par les hommes pour contourner un obstacle de la nature, il était voué à servir la batellerie. Vaincue par le chemin de fer et la route, celle-ci finit par disparaître.
Aujourd'hui la ville de Lalinde, située sur l'axe Bergerac / Sarlat, a conservé une tradition d'accueil et abrite de nombreux commerces. Chaque jeudi matin dans les rues, en face de la mairie et sur la place centrale, la Bastide de Lalinde accueille son marché traditionnel où l'on peut se ravitailler en produits régionaux : canard, oies, poulet, fraises, vins… sans oublier l'artisanat d'art, le textile, les souvenirs.
Un canal pour éviter les rapides
Trois rapides meurtriers verrouillaient le port de Lalinde. Le Grand Thoré en amont, les Pesqueyroux et la Gratusse en aval étaient redoutés des marins. C’est pour cette raison que les pouvoirs publics décidèrent de creuser un canal long de 15 km de Mauzac à Tuilières pour les éviter. Décidés en 1838, les travaux furent achevés en 1843. Pour alimenter la prise d’eau du canal, on avait construit à Mauzac un barrage sur la Dordogne. Le vaste plan d’eau bordé de quais accueillait désormais les «couraux», bateaux qui naviguaient sur cette partie de la rivière, en attente devant l’écluse d’entrée amont.
Voici le témoignage d'un voyageur anglais qui, à la fin du XIXème siècle, rencontre un gabarrier.
"L’aubergiste était un ancien batelier de la Dordogne qui avait conduit plus d’un chargement de vin flottant. Mais c’était avant que le phylloxera eut dévasté les vignes. En gagnant de nouveau le bord de la rivière, j’aperçus que la descente des auvergnats avait commencée. Tous les gens qui vivent sur le bord de la haute Dordogne, soit qu’ils appartiennent au Puy-de-Dôme, au Cantal ou à la Corrèze, sont appelés Auvergnats en Périgord, ou plutôt ceux d’entre eux qui descendent le courant avec leur petite barque chargée de bois, quand les pluies d’automne ont commencé et qu’il y’a assez d’eau dans la rivière pour faciliter la navigation. Quelquefois, dans leur désir d’échanger leur bois contre de l’argent, ils partent un peu trop tôt et, fourvoyés par une augmentation temporaire du courant, ils échouent après peu de jours de navigation. J’ai vu une de ces barques enfoncées sur un banc de sable au milieu du courant tandis que les rapides voisins l’inondaient avec un mugissement qu’on pouvait entendre à un ‘mile’ de distance. Ces bateaux sont bons seulement pour un seul voyage qui est le premier et le dernier. Les hommes reviennent, mais pas les bateaux qui sont vendus à Libourne, comme bois de chauffage, lorsqu’on a débarqué leur chargement. (…) Le voyage annuel dans le Bordelais leur procure le moyen de revoir les vieux amis qu’ils ont rencontrés pendant des années dans les auberges du bord de l’eau où ils ont abordé pour la nuit, car la descente de la Dordogne dans l’obscurité est trop dangereuse. Le batelier prend de gros risques pour bien peu de chose lorsqu’il part pour son voyage annuel. Quand il a vendu son bois il est impatient de partir, loin du danger, aussi vite que possible.(…)
Nul doute que les aménagements comme ce canal, aussi important soient ils, devaient rassurer un peu les personnes qui se risquaient dans cette aventure! Et les bords de ce canal offrent désormais un lieu de promenade agréable, qui vous permet de rejoindre Varennes pour terminer votre randonnée.
Bientôt arrivés
Vous voici arrivés à la fin de ce parcours. Vous tournez maintenant le dos à la Dordogne et vous remontez vers Varennes où votre aventure a commencé. Avitus, Saint Front et les coulobres sont des figures marquantes de la culture périgourdine, et j'espère que ce voyage en compagnie de Dorie vous aura permis de faire mieux connaissance avec eux.
Et si les coulobres symbolisent les hérétiques, n'oubliez pas ce qu'en dit Jean François qui nous a accompagné pendant ce voyage: ces serpents dragons pourraient bien revenir si l'Homme ne respecte pas plus la rivière....
Les coulobres pourraient donc désormais veiller sur la nature et devenir un nouveau mythe, et rassembler les Hommes pour préserver leur cadre de vie plutôt que de les diviser pour leurs croyances. Ca semble être un beau mot de la fin non?
Aussi Dorie va vous laisser ici, vous souhaite une bonne fin de randonnée, un bon retour, et vous dit à bientôt pour de nouvelles aventures!
Activités annexes
Accéder au parcours
À pied
la gare de Lalinde
En sortant de la gare prendre l'avenue du Général Leclerc à droite puis prendre la première rue à gauche. Prendre ensuite la rue de la Passerelle à droite, et poursuivre tout droit au carrefour, longer le canal.
Couze rejoindre directement Varenne (raccourci)
Suivre la route sur la gauche. Avant le pont qui traverse la Dordogne prendre route à gauche dir. Varenne. Passer le moulin de la Rouzique, continuer sur la route et tourner sur le chemin dans un virage à droite après l'écluse routière. Continuer jusqu'à Varenne.


