Entre 2 gares: le chemin des abbayes


2 ou 3 jours autour des abbayes de Saint-Avit-Senieur et Cadouin, des bastides et des légendes du Périgord.
Au départ de la gare de Lalinde, partez à la découverte de la légende d'Avitus et de deux abbayes inscrites sur la liste du Patrimoine Mondial de l'Humanité au titre du bien en série "Chemins de Saint Jacques".
A Cadouin deux possibilités :
- remonter dans le train au Buisson de Cadouin pour revenir à Lalinde (+ 6 km)
- prolonger votre voyage d'une journée en rentrant à pied depuis Cadouin jusqu'à Lalinde (une vingtaine de km).
Vous profiterez de votre randonnée pour découvrir le patrimoine local, et quelques légendes dont celles qui se racontent sur le chemin d'Amadour® que vous allez suivre depuis Naussannes sur plus d'une vingtaine de kilomètres.
Pour trouver votre hébergement, vous reporter à l'onglet "services" de Dorie, où vous trouverez diverses propositions allant du gîte d'étape à la chambre d'hôtes.

Aperçu du parcours
Gare de Lalinde
Bienvenue à Lalinde et sur le chemin des deux abbayes.
Vous vous trouvez au départ de ce parcours de 2 ou 3 jours selon vos envies. Le départ de la gare permet un retour rapide depuis la gare du Buisson de Cadouin qui se trouve à l'arrivée du chemin, mais vous pouvez également rentrer à pied si vous le souhaitez et si vous avez le temps.
Voir les horaires en gare du Buisson de Cadouin
Vous avez de bonnes chaussures? de l'eau en quantité suffisante? Vous avez hâte de profiter des paysages périgourdins? Alors c'est parti. Vous allez tourner à droite dos à la gare et vous diriger vers Lalinde. Et n'oubliez pas d'écouter les histoires que Dorie a à vous raconter tout le long du chemin en appuyant sur le picto audio quand vous arrivez sur un point d'intérêt.
Je vous attendrai à l'entrée du canal pour vous parler de la bastide de Lalinde qui vaut bien un petit détour, qui peut en plus vous permettre de boire un café ou de vous ravitailler.
Suivez moi, nous voici partis pour quelques kilomètres le long du canal.
Gare de Lalinde
Bienvenue à Lalinde et sur le chemin des deux abbayes.
Vous vous trouvez au départ de ce parcours de 2 ou 3 jours selon vos envies. Le départ de la gare permet un retour rapide depuis la gare du Buisson de Cadouin qui se trouve à l'arrivée du chemin, mais vous pouvez également rentrer à pied si vous le souhaitez et si vous avez le temps.
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Vous avez de bonnes chaussures? de l'eau en quantité suffisante? Vous avez hâte de profiter des paysages périgourdins? Alors c'est parti. Vous allez tourner à droite dos à la gare et vous diriger vers Lalinde. Et n'oubliez pas d'écouter les histoires que Dorie a à vous raconter tout le long du chemin en appuyant sur le picto audio quand vous arrivez sur un point d'intérêt.
Je vous attendrai à l'entrée du canal pour vous parler de la bastide de Lalinde qui vaut bien un petit détour, qui peut en plus vous permettre de boire un café ou de vous ravitailler.
Suivez moi, nous voici partis pour quelques kilomètres le long du canal.
La bastide de Lalinde
Lalinde est la première bastide anglaise bâtie en bordure de rivière en 1267 par Henri III Plantagenêt. La charte de fondation de la ville, octroyant des libertés et des privilèges aux futurs habitants, fut toutefois dressée à Londres le 26 juin 1267, par le prince Edouard, fils ainé d’Henri III. De la ville forte qu’elle fut jadis, il ne reste que quelques vestiges : des remparts côté rivière, la porte principale dite porte de Bergerac, et une porte remblayée, près du pont, appelée porte de Saint-Front. Durant la Guerre de Cent Ans et les Guerres de Religion, Lalinde est au cœur des conflits. Ses fortifications reposent sur des remparts au Sud et au Nord avec une enceinte complexe comprenant plusieurs lignes successives défensives qui s’appuient sur un ensemble de fossés. L’importance du dispositif est inhabituelle et fait de Lalinde une bastide très particulière.
L’intérieur de la ville a gardé l’aspect régulier du tracé des bastides, avec des rues perpendiculaires, une place centrale et une halle du XIXème qui a remplacé l’ancienne halle du XVème siècle. Lalinde tient son charme de sa position en bordure de la rivière Dordogne. Le canal de dérivation et son bassin, agrémentent le côté nord de la ville et permettent aux marcheurs de faire de longues randonnées sur les chemins de halage. Créé par les hommes pour contourner un obstacle de la nature, il était voué à servir la batellerie. Vaincue par le chemin de fer et la route, celle-ci finit par disparaître.
Aujourd'hui la ville de Lalinde située sur l'axe Bergerac / Sarlat a conservé une tradition d'accueil et abrite de nombreux commerces. Chaque jeudi matin dans les rues, en face de la mairie et sur la place centrale, la Bastide de Lalinde accueille son marché traditionnel où l'on peut se ravitailler en produits régionaux : canard, oies, poulet, fraises, vins... sans oublier l'artisanat d'art, le textile, les souvenirs.
Le canal
Trois rapides meurtriers verrouillaient le port de Lalinde. Le Grand Thoré en amont, les Pesqueyroux et la Gratusse en aval étaient redoutés des marins. C’est pour cette raison que les pouvoirs publics décidèrent de creuser un canal long de 15 km de Mauzac à Tuilières pour les éviter. Décidés en 1838, les travaux furent achevés en 1843. Pour alimenter la prise d’eau du canal, on avait construit à Mauzac un barrage sur la Dordogne. Le vaste plan d’eau bordé de quais accueillait désormais les «couraux», bateaux qui naviguaient sur cette partie de la rivière, en attente devant l’écluse d’entrée amont.
Voici le témoignage d'un voyageur anglais qui, à la fin du XIXème siècle, rencontre un gabarrier.
"L’aubergiste était un ancien batelier de la Dordogne qui avait conduit plus d’un chargement de vin flottant. Mais c’était avant que le phylloxera eut dévasté les vignes. En gagnant de nouveau le bord de la rivière, j’aperçus que la descente des auvergnats avait commencée. Tous les gens qui vivent sur le bord de la haute Dordogne, soit qu’ils appartiennent au Puy-de-Dôme, au Cantal ou à la Corrèze, sont appelés Auvergnats en Périgord, ou plutôt ceux d’entre eux qui descendent le courant avec leur petite barque chargée de bois, quand les pluies d’automne ont commencé et qu’il y’a assez d’eau dans la rivière pour faciliter la navigation. Quelquefois, dans leur désir d’échanger leur bois contre de l’argent, ils partent un peu trop tôt et, fourvoyés par une augmentation temporaire du courant, ils échouent après peu de jours de navigation. J’ai vu une de ces barques enfoncées sur un banc de sable au milieu du courant tandis que les rapides voisins l’inondaient avec un mugissement qu’on pouvait entendre à un ‘mile’ de distance. Ces bateaux sont bons seulement pour un seul voyage qui est le premier et le dernier. Les hommes reviennent, mais pas les bateaux qui sont vendus à Libourne, comme bois de chauffage, lorsqu’on a débarqué leur chargement. (…) Le voyage annuel dans le Bordelais leur procure le moyen de revoir les vieux amis qu’ils ont rencontrés pendant des années dans les auberges du bord de l’eau où ils ont abordé pour la nuit, car la descente de la Dordogne dans l’obscurité est trop dangereuse. Le batelier prend de gros risques pour bien peu de chose lorsqu’il part pour son voyage annuel. Quand il a vendu son bois il est impatient de partir, loin du danger, aussi vite que possible.(…)
Nul doute que les aménagements comme ce canal, aussi important soient ils, devaient rassurer un peu les personnes qui se risquaient dans cette aventure! Et les bords de ce canal offrent désormais un lieu de promenade agréable, qui vous permet de rejoindre Varennes pour terminer votre randonnée.
Les moulins de Couze
Vous voici arrivé dans le charmant village de Couze-Saint-Front, construit sur les rives de la rivière Couze à sa confluence avec la Dordogne. Ce lieu exceptionnel est devenu dès le XVème siècle, le berceau de la papèterie dans le Sud-Ouest. L’industrie du papier est très ancienne en Périgord, et s’est développée dans le sud sur le bassin de la Dordogne autour de Couze et dans le nord sur les bassins de l’Isle et de l’Auvézère.
Elle s’est développée de la fin du XVème siècle et au XVIème siècle le long des cours d’eaux réputés pour la régularité de leur débit et la qualité de leur eau peu acide et sans dépôt minéral. Les moulins à papier ont fait la richesse du village de Couze.
A votre arrivée à Couze vous apercevez une église. Il s'agit de l'ancienne église du 12ème siècle de Couze, dédiée alors à Saint-Etienne. Elle se trouve sur le domaine de Prats Dumas, une entreprise qui fabrique du papier depuis le 13ème siècle. A l'époque en Angleterre on achète du papier de basse qualité pour faire les comptes qu'on appelle "papier de Bordeaux". Le commerce état assuré par la rivière avec Bordeaux, il est probable que ce papier venait de Couze. Comme il est dit sur le site de l'entreprise Prats Dumas: "Le compte-rendu d’une procédure judiciaire de 1470 confirme l’existence d’un moulin à papier à Couze en 1309. Il y est question d’un acte de transaction d’un « déjà vieux » Moulin des Barreaux anciennement appelé Moulin Servil ou Serval."
Au XVIIème siècle avec la révocation de l'édit de Nantes, les maitres papetiers Huguenots fuient en Hollande, laissant leur famille convertie s'occuper des moulins. Une grosse partie de la production de papier part alors en Hollande: c'est le début du "papier de Hollande" aux armes d'Amsterdam qui va être fabriqué par certains moulins de la Couze dont le moulin Barreaux. L'Histoire et la production papetière semblent étroitement liées, car après la Révolution, la première constitution est écrite en partie sur du papier fabriqué au moulin Barreaux, qui en garde précieusement une version originale. Puis certains moulins papetiers déclinent au XIXème siècle, et d'autres se modernisent. M. Prat, qui est propriétaire du moulin des Barreaux, expérimente avec un pharmacien de Bergerac un nouveau type de filtre pour les préparations médicinales. Le moulin des Barreaux devient alors une référence des papiers filtres et prend le nom de Prat Dumas qu'il porte encore aujourd'hui. Voir une video de la papèterie Prat Dumas
Le moulin de la Rouzique également situé dans le village date lui du XVIème siècle. Attesté en 1532, c’est un ancien moulin à blé, devenu moulin à papier au XVIIIe siècle. Il a fonctionné jusqu’en 1983, avant d’être transformé en musée pour être ouvert au public. Le moulin et son système hydraulique sont inscrits aux monuments historiques depuis 1981. Le petit étendoir, sous la falaise, a conservé son système d'acheminement ferroviaire par wagonnets à voie étroite. En 1709, un document envoyé par le prieur de Couze à l'Archevêque de Bordeaux énumère 12 moulins dont 11 servaient à la fabrication du papier : ceux du Port, de la Rode, Del Chay, Sous le Roc, Del Pon de Merle, de la Rouzique, de Laroque, des Valette, de la Mouline, des Barreaux Vieux et de la Vernelle. Les moulins du Port et de la Roche cumulaient le rôle de moulin à blé et de moulin à papier. Voir une video de présentation du moulin de la Rouzique
Le Moulin de Laroque, moulin du XIIIème siècle, perpétue la fabrication de papier à la main. Plus de 150 papiers différents pour peindre, écrire, sont à disposition de tous les talents. Ce moulin bénéficie d’un Label d'état "Entreprise du patrimoine vivant" pour l’excellence des savoir-faire français. Le moulin est l'un des plus grands centres de papier pour les artistes d'Europe. La visite guidée des ateliers est proposée tous les jours.
Tous ces moulins ont pu fabriquer du papier grâce à la qualité des eaux de la Couze. Monsieur Guerin, paysan retraité est également poète et aime les mots, principalement en occitan. Il nous dit ici son amour de la rivière Couze sur les bords de laquelle il a grandi. Si vous n'êtes pas locuteur occitan, vous pouvez avoir une version filmée et sous titrée en appuyant sur le bouton vidéo.
Varennes église et rétable Avitus
Le nom de Varennes est issu de l’occitan « varenas » qui signifie "terrains sablonneux" ou "terres gagnées sur l’eau". Le territoire de Varennes fut occupé dès l’époque gallo-romaine. Le village est traversé par le ruisseau du Couzeau qui se jette en cascade dans la Dordogne au lieu-dit « le Port », ce qui tend à témoigner de la présence d’un endroit d’embarquement et débarquement pour les gabarres, ces bateaux à fond plat qui assuraient le transport de marchandises jusqu’à la Gironde à une époque où les routes étaient peu carrossables.
Mais Varennes a une importance particulière pour notre histoire d’Avitus. En effet, l’église construite à l’époque romane, l’église Saint Avit, abrite des traces du passage probable d’Avitus dans le village. L’histoire d’Avitus est étroitement liée à celle des Wisigoths. Mme Feuille habitante de Varenne a écrit un livre sur ce peuple. Retrouvons là dans l’église pour savoir qui étaient ces wisigoths.
Les wisigoths cétait une peuplade qui venait de scandinavie. Pour quelle raison ils sont partis en masse on ne sait pas, j’imagine à titre personnel que des volcans s’étaient mis en éruption et qu’ils ont du partir car ils ne pouvaient plus vivre ou survivre. Donc ils ont fait le tour de la Germanie et ils se sont retrouvés dans ce qu’on appelle la Panonie, les grandes plaines d’Europe centrale. Là ils ont trouvé des chevaux qu’ils n’avaient pas dans leur lointaine contrée du nord. Ils en ont mangé, puis dressé et ont constitué une cavalerie très efficace qui leur a permis de se défendre et à l’occasion d’attaquer pour pouvoir survivre, et ils se sont mis au service de l’armée romaine comme auxiliaires, et l’armée romaine faisait appel à eux quand ils en avait besoin car elle était très efficaces.
C’est dans ce contexte qu’apparait la lignée des Avitus, dont Saint Avit, que nous allons suivre sur ce chemin. Saint Avit serait né à Varennes vers 480. Citons le livre de mme Feuille: "il aurait reçu une bonne éducation ainsi qu'une solide instruction. On remarque sa piété et la douceur de son caractère dès son plus jeune âge", avant de remarquer que saint Avit a été vénéré par les nombreux croyants et pèlerins en route vers Saint Jacques de Compostelle qui venaient se recueillir devant sa sépulture.
Avant de quitter l’église, retrouvons madame Feuille, car Avitus se trouve ici, dans le chœur de l’église, représenté sur le retable.
Il est représenté dans l’église en soldat, en officier de l’armée romaine mis au service des wisigoths. Donc il a l’aste, cette grande perche avec un pic au bout, qui est l’arme des wisigoths et une hache, arme plutôt franque qu’il a peut être volée ? et Secondin qui hors de son travail de "cursus publicus" où il gouvernait tout ce qui avait trait au courrier de l’empereur, ce qui lui rapportait de l’argent, était poète. On retrouve dans une église à vienne, qui a été longtemps la capitale des Gaules, l’église des macchabées , des plaques de marbre gravées sur lesquels ils étaient cités : il y avait Secondin, Sidoine Appolinaire, et Constance. Ils étaient reconnus comme les poètes officiels de la ville de Vienne ce qui veut dire qu’ils étaient riches et reconnus. On nous le montre avec une robe marron. Quel scandale… le marron voulait dire que l’on renonçait à la vie, alors que lui devait avoir des robes somptueuses. Il tenait une lyre, le symbôle des poètes qui s’accompagnaient de musique en lisant leurs textes. La Guerre de Cent ans n’a pas fait bcp de mal aux églises car ils étaient tous chrétiens.
Maintenant que nous avons fait connaissance avec Varennes, les wisigoths et Avitus, prenons le chemin qui va nous amener dans les terres. Pour les amateurs de toponymie, vous pouvez comprendre la signification du nom des hameaux traversés sur cette étape en cliquant sur le lien dans la version texte.
Lanquais
Sur votre droite en arrivant, le vue sur le village de Lanquais peut donner une idée de sa physionomie avant que la route ne le traverse, avec ses maisons serrées autour de l'église romane. Une légende veut que le célèbre Saint Front, contemporain d'Avitus, soit né ici à Lanquais. Il semble que le secteur était propice à la sainteté!
Saint Front va avoir un rôle important dans le dénouement de notre histoire, mais vous le découvrirez plus tard. Pour l'instant, profitez de la beauté des lieux.
En faisant un rapide aller retour sur l'allée cavalière face à vous, vous pouvez apercevoir la vaste grange dîmière du XVème siècle qui témoigne par ses dimensions de l'abondance des récoltes à l'époque, le moulin du château situé un peu plus loin au bord du ruisseau, et la silhouette massive du château de Lanquais.
Repère noble, le château de Lanquais (en occitan Lencais) fut depuis au moins le XIVème siècle le siège d’une châtellenie composée de 4 paroisses. L’une d’entre elle était Varennes, mais celle-ci, jusqu’à la Révolution est plus connue sous le nom de Lencaisset, c’est-à-dire, le petit Lanquais, preuve que les deux localités étaient étroitement liées.
Le château est parfois surnommé le « Louvre inachevé du Périgord », car on raconte qu’une équipe fut détachée du chantier du Louvre par Henri II pour transformer la demeure et en faire un palais à l’italienne, ce qu’ils n’auraient pas eu le temps de faire entièrement. Le château mélange le style médiéval d’un château fort, avec des parties de style Renaissance et d’autres du XIXème, époque où le château avait une vocation agricole.
La forêt
La place de la forêt reste très réduite dans le Bergeracois qui est une région viticole. Cependant ils sont présents sous forme de petits bois, régulièrement répartis sur le territoire. Les feuillus sont prépondérants et sont dominés par les chênes. Quelques plantations de pins sont également à noter.
Sur le chemin d'Avitus et sur les coteaux de Lalinde où vous vous trouvez, les boisements deviennent plus présents au contact du Périgord Noir tout proche. Certains lieux-dits gardent dans leur nom une trace de l'histoire de cette forêt, comme le hameau de La Fage traversé avant de rentrer dans la forêt. Ce nom nous renvoie à l'époque où le Périgord abritait de nombreuses forêts de hêtres (en occitan "faja"), essence devenue beaucoup plus rare même si on la rencontre encore sur certains versants de collines exposés au nord.
Un autre hameau derrière vous porte l'étrange nom de "Loïs Delbos" que vous avez traversé. Ce nom rappelle l'identité à peine francisée d'un ancien occupant des lieux, "Lois Del Bosc". Ce nom de famille très courant en sud-Périgord est l'équivalent du français Dubois, ce qui convient tout à fait a fait au cas présent.
Une maison se trouve sur le chemin à environ 500m devant vous aux "Fumades". Ce nom est représentatif de l'époque où les défrichements par le feu constituaient l'un des moyens habituels pour gagner des terres agricoles sur les forêts.
Les forêts à l'époque d'Avitus servaient de refuge aux reclus, aux fuyards et inspiraient de la crainte, renvoyant les hommes à un monde sauvage et non domestiqué, avec des créatures de légende qui y circulaient. Pendant longtemps, les périgourdins pensaient que le lébérou hantait ces forêts. Vous n'avez jamais entendu parler du lébérou? Cette créature fantastique est très populaire en Dordogne et en Limousin. Personne maudite ou ayant fauté, elle devient mi-homme mi-bête en revêtant une peau de lapin ou de loup. Elle doit pour se libérer de son sort passer devant 7 fontaines ou 7 chapelles avant que le jour ne se lève. Souvent très fatiguée par ses courses nocturnes, la bête saute sur le dos des passants qui doivent le porter jusqu'au matin. Si les fontaines n'ont pas été visitées au matin, le lébérou reste lébérou et la personne qui le porte le devient à son tour. S'il redevient un humain dans la journée, le lébérou est quand même reconnaissable à son air fatigué, et parcequ'il sert la main la paume tournée vers le bas. Personne ne sait pas s'ils ont réellement disparu des forêts périgourdines. Certains pensent que quelques lébérous errent encore dans nos forêts à la recherche d'un dos accueillant!

Le village de Monsac
Le village de Monsac a une tradition de bataille, il se dit que l'église de Monsac a été détruite pendant la guerre de Cent ans, et le village a vu passer des combats, depuis très très longtemps peut être depuis l'époque d'Avitus. Ce dernier été enrôlé dans une armée pour partir à la bataille. Le roi d'Aquitaine, Alaric, est menacé sur sa frontière nord par de dangereux barbares brutaux, les Francs. En 507 Avitus rejoint donc l'armée du roi d'Aquitaine et il participe à la bataille de Vouillé. Le roi des Francs Clovis arrive à mettre son épée dans le crane du roi des Aquitains. C'est un désastre complet pour l'armée des Aquitains qui est détruite, et Avitus est capturé et emprisonné, terrible épreuve pour lui.
Monsac est un village de caractère qui présente de nombreuses maisons traditionnelles préservées. Le château situé sur un promontoire en fond de vallée, relevait de la seigneurie de Beaumont. Bâti par les Anglais au début du XIVème siècle pour défendre la frontière de Guyenne contre le royaume de France, il a survécu à toutes les guerres, même s’il eut à subir des affres de la guerre de 100ans. Mâchicoulis, fossé, meurtrières et arbalétrières témoignent de son passé de château fort.
M.Gauthier était agriculteur à Monsac, et il a habité le château dont sa famille était propriétaire. "Le château a été vendu comme bien public à la Révolution et a été acheté par deux agriculteurs. Un charroyait les pierres jusqu'à Bayac avec ses boeufs et son tombereau, et notre famille avait repris l'autre moitié du château qui était un bien agricole, on y faisait sécher le tabac dans les greniers et on montait les escaliers avec le tabac sur le dos. Chaque exploitation avait sa plantation de tabac, parfois même plusieurs, ça permettait d'avoir un salaire pour chacun. Le chêtaau était entouré de larges fossés mais il n'y avait pas d'eau. Son entrée fait face aux bois et au chemin qui va à Beaumont."
L’église mentionnée dès 1286, incendiée pendant la guerre de 100 ans a été reconstruite au XIXème siècle pour être nommée « église Saint-Martial ». Saint-Martial était l’évêque de Limoges durant la seconde moitié du IIIème siècle, et c’est lui qui aurait évangélisé le sud-ouest, ce qui lui a valu le surnom d’apôtre d’Aquitaine. L’église offre un clocher-mur à une arcade, abritant la cloche et surmonté d’une croix. Sa chaire est une œuvre d’art réalisée par un menuisier local en 1873. Aujourd’hui, la vie du village tourne autour de l’école et de son milieu associatif dynamique. Vous n’aurez pas manqué l’ancienne forge qui a été réhabilitée grâce à des passionnés et dans laquelle ont lieu des démonstrations du travail du fer. M Gauthier: autrefois nous avions une équipe de foot, et après des équipes de basket masculines et féminines. Le club des jeunes était renommé. L'amicale laïque organise lotos, brocantes, réveillons...
A la sortie du village (direction le château), vous ne manquerez pas la statue de Saint-Martial dans une niche surplombée d’une croix.
La Dame blanche de Naussannes
Oratoire de Naussannes de Notre Dame de Lourdes, des dames blanches à la Sainte Vierge… Avitus est libéré, il est devenu un bon chrétien, ce qui prouve qu’il ne l’était pas avant.
La commune porte le nom de « Nauçanas » en occitan, et garde probablement la mémoire d’une personne nommée Navicius, propriétaire fortuné de l’époque gallo-romaine. L’église de Nausannes a été édifiée au XIIème siècle. C’était la chapelle d’une ancienne commanderie hospitalière qui était présente ici. Un château féodal postérieur à l’installation des hospitaliers se trouvait au sud du bourg dans le hameau de Montgueyral. Il n’en reste que des ruines.
Un acte daté du 7 mars 1273 témoigne du don de terrain à Edouard 1er par deux frères, Pierre et Amanieu-de-Machinon, afin qu’il y construise une bastide sur la colline appelée « Puoch de Pico ». Situé au lieu-dit « le Pic », à 2 km au sud-ouest de Naussannes. Cette bastide, devait, avec Beaumont, Monpazier et Molières assurer la défense des terres appartenant au roi d'Angleterre. Cette bastide n'a pas dû être construite car il n’y en a aucune trace. Le Pic a été une paroisse mais l'église et le cimetière ont aujourd'hui disparu.
Vous retrouvez dans le village de Naussannes le « chemin d’Amadour » qui arrive de Soulac-Sur-Mer en Gironde, et qui a traversé le nord du Lot et Garonne. Ce chemin dont il vous faudra suivre le balisage jusqu’à Saint-Avit-Sénieur, s’appuie sur la légende d’Amadour, un compagnon du Christ qui aurait débarqué avec sa femme Sainte-Véronique à Soulac, fuyant les persécutions chrétiennes en Orient. A la mort de sa femme dont les reliques sont conservées à Soulac et à Bordeaux, Amadour part évangéliser le sud-ouest et s’installe en ermite dans les falaises du canyon de l’Alzou pour vénérer une vierge noire, créant une première communauté dans le lieu qui deviendra Rocamadour.
Le moulin de la Justice
Alors la côte? pas trop difficile? je suis certain que vous serez contents de faire une petite halte après ce raidillon qui laisse des traces dans les jambes. Profitons de ce moment de pause et en reprenant votre souffle, remarquez le fut du moulin à vent qui se trouve en haut de la colline que vous avez vaillamment gravie. Son nom est le « moulin de la Justice ». Généralement, ce nom de « justice » était attribué aux endroits où se trouvaient les fourches patibulaires. Ces dernières étaient des sortes de gibets plus ou moins importants selon les droits de justice du seigneur, où étaient exécutés et exposés les corps des condamnés. Elles étaient habituellement placées sur une hauteur près d’un axe de circulation pour être bien en vue, ce qui semble correspondre au lieu où se trouve le moulin. Imaginez-vous il y a quelques siècles passer sur la route entre Issigeac et Beaumont et lever la tête pour voir des corps pendus se balancer sous le gibet… Mais ces points hauts étaient également intéressants pour une activité moins effrayante. En effet, exposés aux vents, ils étaient adaptés à l’installation de moulins à vent. Généralement ces moulins venaient en complément de moulins à eau. Ici, un moulin se trouve en contrebas sur le ruisseau de Naussanes. Il est donc fort possible que le moulin à eau situé sur un petit ruisseau, cessait de travailler quand le niveau d’eau n’était pas suffisant, et le meunier avait alors la possibilité de poursuivre son travail au moulin à vent. Aujourd’hui ne subsiste que le fut, qui était arrimé solidement au sol pour résister à la force des ailes qui tournaient en période de vent. Ces ailes permettaient, par un système d’engrenages, de faire tourner les meules qui broyaient les céréales, comme vous le montre la vidéo disponible en haut du bloc texte.
La bastide de Beaumont
Cherchez bien dans l’église, regardez sur les murs, il y a un message, le Coulobre, le serpent dragon… Il se disait que la contrée était infestée de serpents gigantesques et de dragons…
Nous avons croisé à Naussannes un projet de bastide qui n’a pas abouti. A Beaumont, le projet de bastide anglaise a été mené à son terme. Fondée en 1272, Beaumont fut l’une des plus importantes bastides du Périgord. La monumentalité de son église fortifiée, l’une des plus importantes du Périgord, nous rappelle que cette région fut le théâtre de très nombreux conflits durant la guerre de 100 ans. Beaumont en apporte le témoignage car, hormis son église, on découvre aussi des remparts relativement bien conservés. Créée en 1272 par Edouard Ier, roi d’Angleterre, à partir de terres données par le seigneur de Biron, l’abbé de Cadouin et le prieur de St Avit, cette cité présente le plan caractéristique des bastides avec une place centrale bordée de cornières ou galeries (ici sur trois côtés), et des rues (les « charretières » et les « traversières ») se coupant à angle droit.
Les habitants de cette bastide bénéficiaient d’un statut exorbitant du droit commun : une charte de coutumes fut accordée très tôt aux habitants qui bénéficiaient ainsi de franchises avantageuses puisqu’ils étaient propriétaires de leurs terres et que, ni le bayle, représentant le roi, ni les consuls (édiles de l’époque) ne pouvaient arrêter un habitant de la localité ou se saisir de ses biens. Bref, Beaumont prospéra harmonieusement, en dépit de la guerre franco-anglaise. Il faut avouer que la ville resta essentiellement sous domination anglaise, ce qui lui épargna les mises à sac répétées chaque fois qu’un des belligérants reprenait le territoire perdu. Les Français reprirent définitivement la ville en 1442. De cette période troublée, comme des guerres de Religion qui causèrent quelques dommages un siècle plus tard, l’église du XIIIème dédiée à Saint Laurent et Saint Front, est un bon témoignage du temps. De style gothique, cette « forteresse » flanquée de quatre tours présente un chemin de ronde au-dessus des murs gouttereaux. Ce chemin de ronde donne accès à des logements militaires au-dessus des transepts et à une vaste salle d’armes au-dessus du chevet. Autre dispositif militaire, une bretèche avec assommoir défend une des portes sud. La présence d’un puits à l’entrée de la nef indique que cet édifice était conçu pour tenir un siège assez long.
Une particularité du village de Beaumont aujourd’hui est de bénéficier de commerces où l’on parle occitan. Saurez-vous commander votre sandwich ou votre repas en Oc ? voici quelques conseils, et surtout, quelques mots pour y arriver, une sorte de kit de survie en milieu occitan.
Salut à tous : adiu brave monde (adïw bravé moundé)! Soyez les bienvenus : chabatz d'entrar (tsoba d'éntra) Comment ça va?: coma quo vai? (koumo ko vaï) S'il te plait : si te platz (shi té pla) Merci: mercés (mérsheï) J'ai soif: ai set! (èï shé) J'ai faim: ai fame (èi fome) A table : a taula (o tawlo) Boire: beure (béwré) Manger: minjar (mïnndza) Qu'est ce que c'est? : Qu'es quo? (Kéï ko?)
La Couze
Alors que vous allez passer sur le "pont Roudier", nom qui évoque "la roue" en occitan, vous longez la petite rivière Couze. Monsieur Guerin, paysan retraité est également poète et aime les mots, principalement en occitan. Il nous dit ici son amour de la rivière Couze sur les bords de laquelle il a grandi. Si vous n'êtes pas locuteur occitan, vous pouvez avoir une version filmée et sous titrée en appuyant sur le bouton vidéo ou vous pouvez lire le texte traduit dans le bloc texte de l'application. Laissez vous aller à un petit moment de rêverie et laissez vous bercer par la voix de M. Guerin.
"Sur l'arc en ciel du matin qui inonde d'eau les chemins il n'y a pas plus beau que ma Couze. Ainsi s'en va la Couze de Saint-Pardoux et Vielvic jusqu'à Couze combien de maisons, combien de châteaux se reflètent dans la Couze? Ainsi s'en va la Couze. Combien de moulins ont fait la farine, ont fait de l'huile tic tic tac, ainsi s'en va la Couze Et cette petite usine, qui de la terre ferrugineuse de notre côteau et du bois de la Béssede, a fait des boulets de canons, des marmites et des tourtières, ainsi s'en va la Couze. Et l'autre qui de la laine des moutons a tricoté pou faire des chaussettes, des mitaines et des tricots, et tic tic tac, ainsi s'en va la Couze. Et ces moulins qui ont travaillé le chiffon, le tissu, la paille, pour faire le papier, Tic tic tac, ainsi s'en va la Couze dans la Dordogne. Par un matin de printemps, assis sur une touffe d'herbe, je regarde pousser l'herbe sur le bord de la Couze. La brebis y bêle, la vache y meugle, sur un tas de fagots, le coq chante à s'en faire péter le gosier. C'est la plus belle saison, c'est le printemps. Tic tic tac s'en va la Couze. La laboureur s'arrête, ses boeufs lèvent la tête, pour écouter ce vacarme. Tic tic tac ainsi s'en va la Couze. Combien d'amoureux se sont dit "oui" un soir sur le bord de la Couze? Tic tic tac ainsi s'en va la Couze. Un beau soir d'hiver quand je m'en irai pour l'éternité, dans mon cœur j'emporterai ma Couze, Tic tic tac, ainsi s'en va la Couze...
Saint-Avit-Sénieur
Avitus arriva devant le « mont Dauriac » qui était recouvert d’idoles hérétiques, (donc peuplé de chrétiens ariens), il pria Dieu ensuite et en une seule prière, la force de Dieu fit effondrer les idoles païennes des hérétiques… Il s’installa ensuite à cet endroit pour évangéliser le pays.
En arrivant à Saint-Avit-Sénieur et en découvrant sa haute église aux allures de château fort, on se doute que le village doit avoir une histoire mouvementée. M. Tréneule, habitant de Saint-Avit est passionné par cette histoire qu’il raconte lors de visites estivales théâtralisées. Pour Dorie, il raconte son village et son église. Si vous souhaitez des explications plus détaillées sur l’abbaye, rendez vous dans le bloc texte de l’appli pour écouter M. Tréneule devant l’église, dans l’église, et dans le cloitre.
M. Tréneule nous explique l'histoire du village connue, beaucoup d'archives ayant brulé dans des incendies au cours des conflits. Trop petit pour accueillir les pèlerins en route pour Compostelle qui venaient se recueillir sur les reliques du saint, l'église fut reconstruite au XIIème. Une communauté de chanoines réguliers s’y installa, ce qui explique la présence exceptionnelle de Geoffroy du Loroux, archevêque de Bordeaux et ancien chanoine régulier, en 1141 pour la consécration d’un des autels. Comme la plupart des édifices religieux du Périgord, l’abbaye eut à souffrir des différents conflits. Les Anglais sont responsables de la destruction du chœur pendant la guerre de 100 ans. Quant aux Huguenots, ils saccagèrent totalement l’abbaye et détruisirent le clocher nord en 1577. Au XVIIème siècle, le cloître et les bâtiments conventuels se sont effondrés et ont été arasés.
L’intérieur de l’église abbatiale de Saint-Avit-Sénieur est remarquable par bien des aspects. Les peintures murales qui reposent essentiellement sur un treillis décoratif, proposent un faux appareil allongé avec au centre de petites fleurs à 5 pétales. Mais ce sont surtout les trois tentures peintes ornant les quatre arcs de la deuxième travée qui retiennent l’attention. Ces motifs sont exceptionnels, tout comme le Saint-Christophe portant le Christ, peint sur le pilier entre la 1ère et la 2ème travée.
Carrefours et croyances
Vous vous trouvez à un carrefour de chemins. Jean François nous alerte sur le fait que le diable peut nous tenter et nous faire prendre le mauvais chemin. C'est ce qui explique la présence fréquente de croix aux carrefours en Périgord.
Et si vous vous rompez de chemin, vous allez arriver au milieu des "picadis", des lieux sans trop d'intérêt dans les bois. Et là, attention! les anciens avaient peur de certaines réactions du ciel.
En temps orageux il n'était pas rare d'être témoin de phénomènes étranges, comme un nuage qui allait dans le sens inverse du vent. Puis des bruits se faisaient entendre, de plus en plus forts et venant de la cime des arbres: des sons de cavalcade, de batailles, d'enfants qui pleurent, des sons effrayants qui pouvaient mener à la paralysie du témoin, qui parfois se faisait enlever par cette bête, cette chose, que l'on appelait "la chasse volante".
Cette légende se retrouve chez les occitans, les bretons, les germains et les amérindiens du Quebec...
La bastide de Molières
En quittant Saint-Avit, vous arriverez très vite dans une ancienne bastide anglaise : Molières. Celle-ci ne s’est pas développée au même rythme que sa voisine Beaumont, pourtant construite dans les mêmes conditions. Des caractéristiques notables différencient les 2 cités ; ici, la place centrale est inachevée, il n’y a qu’une seule cornière sur la maison du Bayle et on ne distingue aucune fortification. En fait, le parti pris à l’époque avait été de laisser la défense au château fort construit (mais jamais achevé) au bord du village. Molières rencontre un problème de peuplement liées au transfert de population avec les seigneuries voisines. Les limites territoriales imprécises et l’insécurité du site ne favorise pas l’expansion de la petite cité. Les sièges répétés pendant la Guerre de 100 ans et l’intervention de Montluc pour y déloger les protestants pendant les guerres de religion infligèrent des dommages considérables à la bastide. L'église est de style gothique Plantagenêt. Construite au XIIIème siècle, voûtée d’ogives, un robuste clocher carré la borde au Nord. Un chemin de ronde permettait de communiquer de la tour Nord à la tour Sud, détruite au XIXème siècle. Ces tours servaient de réserve en cas d’attaque. L’église fut ruinée pendant les guerres de religion et de gros travaux ont été entrepris au XIXème siècle. Le château imposant a été édifié par Guilhem de Toulouse, sénéchal du Périgord pour Edouard II d’Angleterre en 1316. A cette époque, Edouard II avait choisi Molières pour en faire une base fortifiée et y asseoir son pouvoir. Mais en 1320, la construction s'arrêt brutalement. La tour au milieu des murs d'enceinte est contemporaine de la création de la bastide.
Ce château est également appelé le château de la Reine Blanche. Selon une légende, la reine Blanche fut enfermée dans le donjon où elle fut tuée. Mais qui était elle? ce serait Blanche de Bourbon, petite fille d'Aliénor d'Aquitaine et femme répudiée du roi de Castille Pierre le Cruel. Il l'aurait envoyée chez un allié à Molières. Elle aurait été emprisonnée ici, puis précipitée dans un puits avec ses bijoux. Des chaines ont effctivement été retrouvées au fond du puits mais pas les bijoux...
L'abbaye de Cadouin
L’abbaye de Cadouin est une abbaye qui a été fondée par un ermite, Géraud de Salles, en 1115. Bâtie à l’abri des regards au cœur de la dense forêt de la Bessède, elle rejoint l’ordre de Cîteaux en 1119.
Mais très rapidement, elle de détache pour fonder un ordre portant son nom, l'ordre ‘cadunien’, et rassembler sous son autorité une dizaine d’abbayes filles. Elle reviendra ensuite dans le giron de Cîteaux, mais en conservant les règles et usages qui définissaient l’ordre cadunien.
La vie de l’abbaye de cadouin va connaître une nouvelle mutation avec l’arrivée d’un « suaire du Christ » ramené de la première croisade : cette pièce de lin de 3 mètres de long bordée de 2 bandes va la mettre au centre d’un pèlerinage important. Ce suaire va connaître de nombreuses péripéties au cours des siècles. Il est transporté à Toulouse pendant la guerre de Cent Ans en 1392 où il attire 30 000 pèlerins.
Pendant ce temps, Cadouin vit une autre transformation : sans le suaire, le village se meurt, et les moines sont chassés une première fois de l’abbaye. Finalement le suaire revient à Cadouin en 1463 grâce à l’intervention de Louis XI. Les pèlerinages reprennent alors. Le suaire est considéré comme une relique de premier plan et Rabelais en parle dans son Gargantua.
Mais une fois de plus, l’histoire va contrarier ce renouveau, qui atteint son apogée en 1562. Les guerres de religion violentes dans cette partie du Périgord principalement acquise aux huguenots, voient des destructions dans l’église et le cloître de Cadouin. Le suaire est caché pendant une longue période et re-apparait quand l’église est re-ouverte au culte en 1797.
Le pèlerinage est relancé par l’Evêque de Périgueux en 1866, et il va attirer un grand nombre de pèlerins. Le suaire est descendu une fois par an le jour de l’ostension, et les aléas de l’histoire ne vont plus interrompre la ferveur. Les Caduniens ont organisé leur vie, leur commerce au rythme des processions qui convergent vers l’abbatiale. En 1903 la foule de 20 000 pèlerins est si compacte que la procession autour du village ne peut avoir lieu.
En 1933 le pèlerinage est suspendu après l’analyse du suaire qui démontre qu’il a été fabriqué au 11ème siècle pour un Vizir égyptien. Ce qui était considéré comme ornement apparaît comme une écriture copte ancienne exprimant des louanges à Allah et au Vizir Al Afdal. Le suaire cesse alors d’être vénéré comme relique du christ, et le pèlerinage s’interrompt brutalement.
Depuis, le tissu a perdu toute notoriété mais a été classé monument historique, les moines ont définitivement quitté l’abbaye, le pèlerinage a cessé laissant le village dans son isolement premier.
Le Conseil général de la Dordogne, la communauté de communes et la commune récupèrent alors les bâtiments monastiques et sauvegardent ce précieux patrimoine, qui est inscrit en 1999 sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO au titre du Bien en série Chemins de Compostelle. Bien que n'étant pas directement sur une grande voie jacquaire, la qualité de la relique que possédait Cadouin a détourné nombre de pèlerins vers Saint Jacques qui venaient vénérer le suaire. Aujourd'hui, Cadouin se trouve sur le "chemin d'Amadour" qui relie Soulac-sur-Mer à Rocamadour dans les pas du fondateur de la cité quercynoise. Ce chemin relie 10 sites inscrits à l'UNESCO au titre des chemins de Saint Jacques dont l'abbaye voisine de Saint-Avit-Sénieur, et croise 4 grandes voies jacquaires, remettant ainsi l'abbaye de Cadouin sur un grand itinéraire pédestre entre pèlerinage et découverte.
Depuis Cadouin, vous avez maintenant le choix de suivre Dorie jusqu'à la gare du Buisson de Cadouin (6km), ou de rentrer à pied jusqu'à Lalinde sur un chemin d'une vingtaine de kilomètres en téléchargeant la trace GPS (attention ce chemin emprunte plusieurs boucles de randonnées mais ne dispose pas de balisage spécifique, donc la trace GPS est fortement conseillée. Si vous n'en disposez pas, munissez vous d'une application de randonnée ou d'un lecteur de traces GPX).
Gare du Buisson
Vous voici maintenant arrivés au Buisson de Cadouin où vous pouvez prendre le train direction Bordeaux pour revenir à Lalinde. En partant du Buisson, le train va couper 2 cingles, sortes de boucles prononcées faites par la Dordogne ramenant à l'image du coulobre, ce serpent mythique évoqué par Jean François au début de cet itinéraire. Donc vous allez passer 4 fois au dessus de la Dordogne en très peu de temps, avant de longer cette dernière et d'arriver à Lalinde n quart d'heure plus tard.
Nous espérons que vous avez passé un bon moment avec Dorie sur les chemins et dans les villages du Périgord.
Vous avez sur ce chemin découvert des bastides, des abbayes inscrites à l'UNESCO au titre des chemins de Saint Jacques, découvert des légendes, des villages et des beaux chemins dans des paysages préservés. Sur ce chemin des deux abbayes, vous avez ouvert une page du chemin d'Amadour. Peut être voudrez vous poursuivre en vous rendant à Rocamadour? Dans ce cas vous pouvez vous munir du guide du chemin d'Amadour aux éditions Sud Ouest ou vous rendre sur le site www.chemin-amadour.fr où vous trouverez toutes les informations utiles.
Dorie vous laisse donc ici, vous souhaite un bon retour et vous dit à bientôt pour de nouvelles aventures!
Activités annexes
Accéder au parcours
Train
Gares entre Bordeaux et Sarlat
Le chemin des deux abbayes est accessible directement depuis les gares de Bordeaux, Cenon, Libourne, Saint Emilion, Castillon la Bataille, Lamothe Montravel, Velines, St Antoine de de Breuilh, Sainte Foy la Grande, Gardonne, Lamonzie Saint Martin, Bergerac, Mauzac, Tremolat, Le Buisson, Siorac, Saint Cyprien, Sarlat.
la gare du Buisson jusqu'à Lalinde
Pour rentrer à Lalinde en train (trajet direct) depuis le Buisson de Cadouin.


