Dorie
Dorie
13,2km
4h
5.0

Etape 2 de Domme à Beynac

Histoire
La Roque Gageac
Histoire
La Roque Gageac

Envie d’explorer le Périgord pendant plusieurs jours ? Suivez Dorie dans les pas de Harrison Barker, voyageur anglais du XIXe siècle qui a écrit la chronique de ses aventures en Dordogne dans son livre « Two Summers in Guyenne, chronicle of the wayside and waterside ».

Dorie vous propose une immersion de 5 jours le long de la Vallée Dordogne.

Pour cette étape entre Domme et Beynac, attention les yeux! si cette étape est courte, c’est sans doute la plus emblématique de cet itinéraire! Vous allez traverser 4 « plus beaux villages de France », longer la Dordogne et ses plages sous les falaises qui sont autant d’occasions de faire des pauses! Une petite boucle vous est proposée sur le parcours à Castelnaud, qui permet de se rendre sur un des plus beaux points de vue sur la vallée. A l’ombre des chateaux, Harrison Barker se prend à rêver des chevaliers et de la vallée au moyen âge.

Point de départ : Place de la Rode à Domme, pensez à consulter la rubrique "Accès" pour voir les possibilités de venir ou repartir en transports en commun

Villages traversés : Cenac, La-Roque-Gageac, Castelnaud-la-Chapelle, Beynac

Arrivée : Beynac

Distance totale : 12 km

Difficulté : aucune

Conseils de Dorie : Dorie vous conseille de garder à portée de mains un maillot de bains et une serviette, car si la chaleur est au rendez-vous, des plages irrésistibles vous permettront de vous rafraichir sur ce trajet en bord de rivière. Attention cependant, les baignades ne sont pas surveillées et en milieu naturel avec les risques que ça représente (pierres glissantes, courants, rochers dans la rivière etc.).

A noter : Tout au long de votre balade, en vous servant de la carte, vous pourrez voir où se situent les services de proximité comme les offices de tourisme, les restaurants ou les hébergements ainsi que informations pratiques comme les toilettes ou les lieux de pique-nique. Vous pouvez également retrouver toutes ces informations dans les onglets « info » et « écotourisme », nous vous conseillons fortement d’y jeter un œil pour faire vos réservations avant de partir.

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Mode de mobilité
À pied
Publics
En famille
Infrastructure
Commerces locaux
Restaurants
Office de tourisme
Accessibilité
Animaux

Aperçu du parcours

Étape 1

Place de la Rode

Vous voici au départ de cette deuxième étape sur le chemin de Harrison Barker en vallée Dordogne. La randonnée qui s'annonce est facile, et principalement en bord de rivière.

L'étape étant courte, nous vous proposons à Castelnaud, une promenade pour sortir momentanément de l'itinéraire de H. Barker, vous diriger vers le village et vous rendre sur un point de vue accessible seulement à pied qui vaut le détour!

En attendant, j'espère que vous avez bien profité de la bastide de Domme et du point de vue incroyable qu'offre la promenade de la Barre, située en haut du village, sur la vallée Dordogne.

Vous êtes donc sur la place de la Rode, mot qui signifie en occitan, la langue vernaculaire du Périgord: la roue. En effet c'est sur cette place que les personnes condamnées étaient mises au supplice, attachées à une roue, frappées puis écartelées... la justice d'alors était pour le moins radicale.

Vous allez sortir de la bastide par la Porte Delbos, une des portes percée dans la fortification, qui donnait vraisemblablement sur un bois si l'on en croit son nom, "del bos" signifiant "du bois" en occitan. C'est d'ailleurs dans ce bois qu'auraient été pendus lors de la guerre de Cent ans les "traitres" qui avaient livré la bastide aux anglais, quand cette dernière a été reprise par les français. Je vous l'ai dit, la justice était expéditive en ces temps là.

Puis vous allez descendre de la colline vers la rivière où se trouvait le port où était embarqué le vin de Domme et où je vous retrouverai. C'est parti pour cette troisième étape sur le chemin de Harrison Barker!

Contenus additionels

Quiz
Remonter le temps
Étape 1

Place de la Rode

Vous voici au départ de cette deuxième étape sur le chemin de Harrison Barker en vallée Dordogne. La randonnée qui s'annonce est facile, et principalement en bord de rivière.

L'étape étant courte, nous vous proposons à Castelnaud, une promenade pour sortir momentanément de l'itinéraire de H. Barker, vous diriger vers le village et vous rendre sur un point de vue accessible seulement à pied qui vaut le détour!

En attendant, j'espère que vous avez bien profité de la bastide de Domme et du point de vue incroyable qu'offre la promenade de la Barre, située en haut du village, sur la vallée Dordogne.

Vous êtes donc sur la place de la Rode, mot qui signifie en occitan, la langue vernaculaire du Périgord: la roue. En effet c'est sur cette place que les personnes condamnées étaient mises au supplice, attachées à une roue, frappées puis écartelées... la justice d'alors était pour le moins radicale.

Vous allez sortir de la bastide par la Porte Delbos, une des portes percée dans la fortification, qui donnait vraisemblablement sur un bois si l'on en croit son nom, "del bos" signifiant "du bois" en occitan. C'est d'ailleurs dans ce bois qu'auraient été pendus lors de la guerre de Cent ans les "traitres" qui avaient livré la bastide aux anglais, quand cette dernière a été reprise par les français. Je vous l'ai dit, la justice était expéditive en ces temps là.

Puis vous allez descendre de la colline vers la rivière où se trouvait le port où était embarqué le vin de Domme et où je vous retrouverai. C'est parti pour cette troisième étape sur le chemin de Harrison Barker!

Contenus additionels

Quiz
Remonter le temps
Étape 2

Le port de Cenac et la Dordogne

Vous êtes maintenant à Cenac, vous avez traversé le pont et vous voici au bord de la Dordogne que vous allez suivre pendant toute cette étape.

En pénétrant en Périgord, la Dordogne rencontre des sols calcaires qu’elle va entailler, contourner pour former ses fameux cingles (boucles). Les chênes verts bordent le haut de falaises parfois abruptes, comme celles des « Pendoilles » ou de La Roque Gageac que vous allez croiser. Parfois, la rivière trouve d’autres passages et forme des bras morts, les ’couasnes’ prisées pour la pêche. Vous longerez une couasne juste avant d’arriver à Castelnaud, et selon la saison, vous pourrez remarquer la surface de l’eau couverte de lentilles vertes.

Le village de Cenac servait de port et c’est ici qu’était embarqué le vin de Domme pour être descendu par voie fluviale vers le Gironde. Harrison Barker croise un gabarrier reconverti en tenancier d’auberge. Il s’entretien avec lui et nous livre un témoignage de ce métier.

*"L’aubergiste était un ancien batelier de la Dordogne qui avait conduit plus d’un chargement de vin flottant. Mais c’était avant que le phylloxera eut dévasté les vignes. En gagnant de nouveau le bord de la rivière, j’aperçus que la descente des auvergnats avait commencée. Tous les gens qui vivent sur le bord de la haute Dordogne, soit qu’ils appartiennent au Puy-de-Dôme, au Cantal ou à la Corrèze, sont appelés Auvergnats en Périgord, ou plutôt ceux d’entre eux qui descendent le courant avec leur petite barque chargée de bois, quand les pluies d’automne ont commencé et qu’il y’a assez d’eau dans la rivière pour faciliter la navigation.

Quelquefois, dans leur désir d’échanger leur bois contre de l’argent, ils partent un peu trop tôt et, fourvoyés par une augmentation temporaire du courant, ils échouent après peu de jours de navigation. J’ai vu une de ces barques enfoncée sur un banc de sable au milieu du courant tandis que les rapides voisins l’inondaient avec un mugissement qu’on pouvait entendre à un ‘mile’ de distance Ces bateaux sont bons seulement pour un seul voyage qui est le premier et le dernier. Les hommes reviennent, mais pas les bateaux qui sont vendus à Libourne, comme bois de chauffage, lorsqu’on a débarqué leur chargement. (…)

Le voyage annuel dans le Bordelais leur procure le moyen de revoir les vieux amis qu’ils ont rencontrés pendant des années dans les auberges du bord de l’eau où ils ont abordé pour la nuit, car la descente de la Dordogne dans l’obscurité est trop dangereuse. Le batelier prend de gros risques pour bien peu de chose lorsqu’il part pour son voyage annuel. Quand il a vendu son bois il est impatient de partir, loin du danger, aussi vite que possible.(…)*

Ayez une pensée pour ces bateliers en passant sous les falaises des « pendoilles » à la forme particulière que vous verrez bientôt sur l’autre rive. D’après la tradition locale, leur étrange nom viendrait des mariniers qui se pendaient sur les arbres en haut de la falaise après avoir perdu leur bateau avec le chargement contre les rochers qui affleurent à cet endroit dans la rivière.

Étape 3

La Roque Gageac

Voici comment Harrison Barker décrit la Roque Gageac à son arrivée : « Après avoir franchi quelques milles j’arrivai à la Roque-Gageac, un village au pied d’une longue suite de rochers, aux contours fantastiques, non loin de la Dordogne. Beaucoup de maisons, qui se dressent le long de ces rocs semblent avoir escaladé la pierre calcaire au ton chaud, sous l’abri de la corniche et de la voûte façonnée par la main du sculpteur temps, bravant les tempêtes des siècles et le danger d’être précipité dans la vallée par quelque chute d’énormes blocs de pierres

Le village a vraisemblablement été édifié suite aux raids vikings sur la vallée aux IXème et Xème siècles, quand la population a voulu se protéger à l’abri d’une falaise fortifiée. Un fort troglodytique dominant un castrum dans la partie haute du bourg actuel permettait un contrôle de la rivière, et les maisons nobles ou de chevaliers dominaient un agglomérat de maisons construites face à la rivière dans la partie basse. La Roque-Gageac offre une ouverture sur la riche rivière Dordogne. L’activité portuaire, le passage sur le fleuve et la pêche ont fait la richesse de la cité jusqu’à l’arrivée du phylloxera, puis des routes et du train.

Dans le village une plaque commémore un triste évènement qui va bouleverser pendant plusieurs années la petite cité des bords de la Dordogne. Le 17 janvier 1957, un pan entier de la falaise se détache vers 10 heures du matin et écrase la partie ouest du village, qui est coupé en deux. Trois victimes seront retrouvées dans les gravats. Habitués à affronter les épreuves, les habitants vont peu à peu reconstruire la partie du bourg endommagé. Lorsqu’Harrison Barker passe à la Roque, l’accident ne s’est pas encore produit. Cependant, à proximité de cet endroit, il assiste à un spectacle qui le laisse dubitatif :

"A un endroit découvert, formant une petite place, un homme et une femme étaient en train, chacun au bout d’une planche de retenir un cochon, sur laquelle on l’avait étendu malgré lui ; tandis qu’un troisième personnage tenait en main un couteau près pour le sacrifice. Et le lieu choisi pour l’exécution était juste en face d’un antique et intéressant calvaire protégé par un toit à pignon que surmontait un grossier crucifix gothique. Je ne jetai qu’un coup d’œil sur la pale statue et les fleurs placées devant elles. Rien qu’un simple coup d’œil, parce que l’égorgement de cette victime et l’attente d’un instant avant de voir gicler le rouge flot de sang détournèrent mon attention. Voilà un spectacle poétique qu’offre la romantique contrée des troubadours… »

Il décrit également une grotte dont l’entrée se trouve sous le niveau de l’eau et dans laquelle rentrent les enfants en plongeant, se guidant pour ressortir aux rayons de soleil. Un soir une enfant pénètre dans la grotte « éclairée par la faible lueur empruntée à l’eau. Il s’y attarda jusqu’à ce que le soleil, continuant sa course, l’angle de réfraction ne change soudainement. L’enfant n’eut pas le courage de plonger dans le sombre abîme, où plus aucun phare ne subsistait pour le guider et où il aurait pu se heurter aux parois. Il passa donc la fin de la journée et la nuit dans la grotte. Lorsque le soleil éclaira à nouveau le passage, le garçon plongea hors de sa prison, et quelques secondes plus tard, il était assis sur la rive et séchait au soleil. » Je ne sais pas pour vous, mais je pense que beaucoup de parents d'aujourd'hui auraient détourné ciel et terre pour retrouver leur enfant. Il semble que ces derniers étaient moins anxieux à l'époque...

Poursuivons le parcours en traversant le village et en retrouvant les bords de la Dordogne. Vous remarquerez le séchoir à tabac, culture importante dans la plaine, la couasne que vous remontez vers le ruisseau de « la Bulide », résurgence qui sort du sol en bouillonnant que vous franchissez en marchant sur des cailloux. Rendez-vous au pont de Castelnaud où une grimpette vers un magnifique point de vue vous est proposé si vous en avez envie.

Étape 4

Castelnaud et les châteaux de la vallée

Du haut de sa colline, le château de Castelnaud vous accompagne alors que vous arrivez par les bords de la Dordogne. La vallée Dordogne offre avec ses falaises et collines surplombant la rivière, des sites de défense et de contrôle des axes de communication.

Les Seigneurs Périgourdins de langue d’Oc refusent l’autorité des Rois de France et d’Angleterre lors de la guerre de Cent ans qui se déclenche lors du remariage d’Alienor d’Aquitaine avec Henri II Plantagenêt, Roi d’Angleterre. A l’issue de la croisade des albigeois, ils devront finalement se soumettre à l’un ou l’autre des rois.

Après les guerres de religion entre catholiques et protestants, avec l’arrivée de la Renaissance et les progrès de l’artillerie, le souci de défense diminue. Les nouvelles idées poussent les seigneurs à aménager de nouvelles bâtisses où ils concèdent à la défense pour l’esthétique et le confort. Les châteaux de la vallée et du Périgord vont tout de même continuer à assurer la protection de leurs occupants pendant les jacqueries et la Révolution avant de s’ouvrir au tourisme au XXème siècle.

Notre voyageur anglais sensible à ce patrimoine médiéval se laisse aller à des rêveries alors qu’il observe le château depuis la rivière.

« Alléché par la fraîcheur de l’air et la gloire sereine du ciel étoilé, je sortis et descendis dans la vallée jusqu’à un endroit où la rivière lèche et use les flancs des rochers, s’élevant de son lit comme une muraille. Je pus voir distinctement et se détachant du ciel, la masse noire du château et de l’église, qui se dressaient au-dessus de ma tête, et de minute en minute vers l’ouest, l’éclair d’un orage lointain faisait briller la sombre maçonnerie et les rochers. Plusieurs siècles auparavant, le roc, la forteresse et l’église ont pu présenter le même spectacle et le même éclairage féeriques. Un Anglais, guerroyant avec le Prince noir, debout, à la même place où je suis (la route à cette époque était probablement un chemin muletier) a pu voir, se dressant contre le ciel, le même tableau qui me fait songer au temps passé. Mais la tranquillité de la nuit d’été peut avoir été troublée par des bruits que l’on n’entend plus à présent. Il est peu vraisemblable qu’un château aussi grand, renfermant autant de soldats en armes et d’officiers qu’on jugeait nécessaires à sa défense et à sa dignité, ait pu être à cette heure matinale plongé dans un silence plus complet que celui qui règne en ce moment dans la vallée de la Dordogne. Sûrement, outre le guetteur de nuit, il devait y avoir des gens respirant la fraîcheur sur le donjon, quelques soldats arpentant le chemin de ronde, bien que des jours pacifiques pussent être revenus sur la malheureuse contrée de la Guyenne, et la clameur des voix retentissantes pouvait descendre jusqu’à la rivière. Mais à présent, le château est tranquille comme son rocher, qui a été battu par les vagues de la mer aujourd’hui disparue, et ceux qui l’habitent sont comme les gardiens d’un cimetière.
Le donjon dont la simple silhouette semble se dresser au milieu des étoiles, ne sert qu’à montrer une de ces nombreuses tombes de la féodalité qui s’élève sur les coteaux au bord de la capricieuse Dordogne, comme les menhirs, monuments des vieilles illusions le long des côtes dentelées de la Bretagne. »

Si vous souhaitez voir le village de Castelnaud, inscrit parmi les plus beaux villages de France, passer tout près du château et découvrir un magnifique point de vue, il faut remonter vers le pont et traverser la rivière. Dorie vous accompagne pour une boucle de 3 km, il vous suffit pour cela d’appuyer sur « la boucle de la croix de la Mission » dans vos étapes. Vous retrouverez ensuite le parcours sous le pont de Castelnaud en revenant sur l’étape 2 pour arriver à Beynac

Étape 5

Beynac

Harrison Barker quand il arrive à Beynac tombe sous le charme du village.
« je trouvais la vallée si chaude dans la fournaise implacable de l’été qu’en atteignant Beynac, je n’éprouvai pas le besoin d’aller plus loin. Je pensais m’arrêter là en attendant le retour d’un temps plus frais, et vivre principalement en Dordogne ».

Il remarque également: « Plusieurs familles de différentes parties du Périgord y étaient déjà installées pour y passer une saison d’été moins excitante et moins coûteuse que dans les stations balnéaires, au bord de la rivière. Et là on voyait père, mère fils et fille pataugeant dans l’eau bleue, avec leurs vêtements déposés avec soin en petit tas sur les cailloux du rivage ou sur l’herbe brunâtre près des osiers. Dédaignant la cabine qui, dans les villes d’eau plus à la mode est indispensable, ils s’habillaient et se déshabillaient sans gêne en plein air, tout en appréciant les bienfaisants rayons du soleil, et sans soucis de la toilette, comme des lézards libres de toutes contraintes. Je fus tellement charmé par le spectacle que je me mis à réfléchir sur la rive opposée. Plus je réfléchissais, et plus je m’ancrais dans l’idée de m’attarder dans cet endroit ou la simplicité de vie toute arcadienne était cultivée sans affectation. »

Beynac est un village tourné vers la rivière avec son port, mais également avec un quartier commerçant (la Balme) et de cultures (barri Sarrazi avec la fontaine des maures). Le village est dominé par un château dont les premiers éléments sont construits vers 1050. Après avoir été pris par Richard Cœur de Lion, Beynac prendra le parti de la France. Au XVème siècle, il deviendra une des quatre baronnies du Périgord, puis un marquisat au XVIIème. Son territoire s’étend alors jusque sur la vallée Vézère. Les Seigneurs se convertissent au protestantisme. Le village est coupé en 2 (ceux de la forteresse, ceux du village) en représailles après une révolte de plus de 5000 paysans de la vallée. La lignée des Beynac s’éteint en 1811 en laissant le château comme un témoignage.

Un des aspects peu connus des châteaux de la vallée Dordogne, est que beaucoup des seigneurs qui les occupaient étaient cathares. En effet, nombre de ces derniers refusent l’autorité du Pape et des catholiques. Les chrétiens se plaignent et demandent à Simon de Montfort de venir châtier les coupables, qui « volaient et pillaient les églises, dépouillaient les pèlerins... » selon le chroniqueur Pierre de Vaux-Cernay dans son Histoire des Albigeois. La croisade fait donc route vers la vallée en 1214, non sans difficultés. Simon de Monfort se plaint par exemple des attaques du seigneur de la Roque Gageac. Au souvenir du sort de d’Algays, seigneur cathare de Biron qui fut écartelé au pied de son château, le seigneur de Domme fuit, suivi par Bernard de Casnac le seigneur de Castelnaud et Alix de Turenne son épouse.

Simon de Montfort va s’installer sur le plateau de Domme, place stratégique pour surveiller le pays. Il démantèle le château de Montfort, installe une garnison à Castelnaud et menace le seigneur de Beynac: soit il rend le fruit de ses larcins, soit les tours de son château seront démontées. Mais ce dernier réussit à sauver son château en faisant appel au Roi de France auquel il était resté fidèle face aux anglais. Selon les chroniqueurs catholiques de la croisade, les 4 châteaux (Domme, Montfort, Castelnaud, Beynac) étaient considérés comme « la retraite de la tyrannie et de l’hérésie » pendant plusieurs années. L’un d’entre eux, Pierre de Vaux-Cernay, parle même, à propos de la vallée Dordogne de «** l’Arca satanae », l’arche de satan** dans son Histoire de la Croisade.

Mais Harrison Barker de son côté se plait beaucoup à Beynac, et, comme nous l'avons vu, il se met en quête d'une maison à louer pour rester un peu dans le village.

« J’ai loué une petite maison, bâtie en partie sous un haut rocher, et sur le rebord du mur intérieur d’un château féodal, qui a été modifié et arrangé dans les temps anciens sous la pression de deux forces : le temps qui ruine, et l’éternel effort de chaque génération pour arriver à son idéal de confort et d’élégance. Mais le grand et vieux Donjon dresse encore sa masse rectangulaire derrière la vieille maçonnerie qu’il domine, et quand le soleil couchant le frappe de ses rayons, ses pierres, naguère grises, montrent leur patine brillante de six ou sept siècle. Peu de temps après, lorsque le soleil poursuit sa course, les créneaux et les mâchicoulis prennent une couleur étincelante et dorée, qui contraste avec le bleu profond du ciel. Entre la face du rocher et la rivière, il y’a juste l’espace nécessaire à une route, qui, à cette époque de l’année, est étroite et poussiéreuse. Mais souvent en hiver elle disparait sous l’eau. Sur la rive opposée, au-dessus d’un accotement incliné, rempli de cailloux jaunes et bordé d’une ligne irrégulière d’osiers, s’étendent des prairies d’un vert intense au printemps. Elles reprendraient leur fraîche couleur si la pluie venait à tomber ; mais à présent elles sont de couleur brune, et les moutons à longues queues, qui errent en faisant sonner leur clochette, aiment à paître auprès de la Dordogne, où ils peuvent mouiller leur bouche en s’imaginant qu’ils sont en train de brouter de l’herbe fraîche. Par-delà la vaste prairie, tout à fait au pied d’une haute colline boisée qui marque la limite de la vallée, est un château moderne. Mais l’architecte a pris son modèle dans le passé, à l’époque où les châteaux étaient plus pittoresques que confortables. Lorsqu’on voit les tours, couleur d’ambre, à travers les brouillards d’une matinée estivale, se détachant sur le fond de la colline boisée, on croirait que c’est un château où le Tasso ou Spenser auraient voulu placer une enchanteresse, dont les ruses, combinées avec l’influence indolente de la vallée aurait pris au piège quelques chevaliers pèlerins se rendant à Rocamadour.»

Activités annexes

Nous vous proposons de découvrir des lieux d'intérêt situés à proximité de votre itinéraire. Vous pourrez les retrouver sur la carte du parcours qui vous guidera.

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