Dorie
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1,4km
1h

Saint-Amand-de-Coly : plus beau village de France

Histoire
Village de Saint-Amand
Histoire
Village de Saint-Amand

Anciennement Saint-Amand-de-Coly, ce village vient de loin. En effet, selon les légendaires, c'est au milieu du VIe siècle, à l'époque du roi mérovingien Clothaire 1er, qu'Amand, un jeune noble d'origine limousine, suit Sore l'Arvenne et Cyprien pour embrasser avec eux la vie monastique.

Après avoir longtemps séjourné parmi les serfs de la villa mérovingienne de Genouillac qui deviendra Terrasson, ils prononcèrent leurs vœux et décidèrent de se séparer, préférant la vie solitaire des ermites. Amand, pour sa part, trouva une grotte à sa convenance, non loin de Genouillac en un lieu qui deviendra Saint-Amand de Coly. Il y apporta la parole de l'évangile à une population asservie qui fit de lui un Saint. Amand dut mourir à la fin du VIe siècle. Ainsi, à Saint-Amand, comme dans bien d'autres localités, l'humble abri d'un ermite et le tombeau d'un Saint furent le commencement d'un monastère et d'un village. C'est l'histoire de ce village au fil des siècles que Dorie vous propose de découvrir accompagnée de la gargouille de son abbaye.

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Aperçu du parcours

Étape 1

Bienvenue à Coly/saint-Amand

Bienvenue à Saint-Amand de Coly, l’un des plus beaux villages de France de Dordogne, aujourd’hui le chef-lieu d’une commune nouvelle Coly-Saint-Amand, fruit de la fusion avec la commune voisine de Coly.

Le village porte le nom d’Amand, un ermite d’origine limousine qui vivait au VIème siècle, venu évangéliser la population de cette partie de la vallée du Coly. Il vécut dans une grotte à proximité de laquelle se développa le village. Il est probable qu’un premier oratoire fut édifié à cette époque et la présence d’un premier monastère est mentionnée dans un document de la bibliothèque vaticane, daté de 1047.

La construction de l’abbatiale a commencé au début du XIIème siècle pour se terminer au début du XIIIème siècle.

Aujourd’hui c’est un village typique du Périgord Noir aux toits de lauzes et aux murs en calcaire blond, témoins d’un passé riche et prestigieux. Le dynamisme de sa population et de ses associations en fait un territoire actif qui a su maintenir son école publique et développer de nombreuses activités ouvertes à tous : les marchés de producteurs de pays (MPP) chaque mardi de l’été, plusieurs festivals proposant du spectacle de rue, du théâtre, de la musique classique.

En venant à Saint-Amand, vous vous immergerez dans l’histoire, la nature et les traditions du Périgord Noir. Nous sommes fiers de vous accueillir et partager avec vous notre territoire et nos secrets. Bonne visite !

Découvrez Coly-Saint-Amand en images

Étape 1

Bienvenue à Coly/saint-Amand

Bienvenue à Saint-Amand de Coly, l’un des plus beaux villages de France de Dordogne, aujourd’hui le chef-lieu d’une commune nouvelle Coly-Saint-Amand, fruit de la fusion avec la commune voisine de Coly.

Le village porte le nom d’Amand, un ermite d’origine limousine qui vivait au VIème siècle, venu évangéliser la population de cette partie de la vallée du Coly. Il vécut dans une grotte à proximité de laquelle se développa le village. Il est probable qu’un premier oratoire fut édifié à cette époque et la présence d’un premier monastère est mentionnée dans un document de la bibliothèque vaticane, daté de 1047.

La construction de l’abbatiale a commencé au début du XIIème siècle pour se terminer au début du XIIIème siècle.

Aujourd’hui c’est un village typique du Périgord Noir aux toits de lauzes et aux murs en calcaire blond, témoins d’un passé riche et prestigieux. Le dynamisme de sa population et de ses associations en fait un territoire actif qui a su maintenir son école publique et développer de nombreuses activités ouvertes à tous : les marchés de producteurs de pays (MPP) chaque mardi de l’été, plusieurs festivals proposant du spectacle de rue, du théâtre, de la musique classique.

En venant à Saint-Amand, vous vous immergerez dans l’histoire, la nature et les traditions du Périgord Noir. Nous sommes fiers de vous accueillir et partager avec vous notre territoire et nos secrets. Bonne visite !

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Étape 2

Une gargouille médiévale

Après Monsieur le Maire, c'est à mon tour de vous souhaiter la bienvenue à St Amand de Coly ! Ce petit village, niché au fond d’une vallée, est un peu éloigné des routes touristiques, mais je suis très content que tu vous ayez pris le temps de vous y arrêter. Oh, j'oublie les bases de la politesse !Je suis la gargouille de St Amand. Je suis la seule ! L’unique ! Je suis postée sur l'abbatiale, en haut d’un mur, dans un petit coin.

Pourrez-vous me trouver ? Venez faire le tour de l’église par la gauche pour me saluer.

Il faut être attentif pour m'apercevoir, en revanche, moi je vois tout ou presque ! Aussi, attention aux bêtises. Ca y est, vous me voyez? Levez bien la tête, je suis entre le mur du chœur et de la chapelle nord, à côté de la gouttière moderne qui m’a remplacée. J’ai l’air effrayé, mais rassurez-vous, je suis très contente de vous rencontrer ! Etant au plus proche du bâtiment, il n’a donc plus aucun secret pour moi ! Je suis là depuis depuis le Moyen-Âge et autant vous dire que j’en ai vu des choses et, que j’en connais un rayon sur le village! Ça vous dit une petite visite personnalisée? Venez découvrir l'histoire de de cette imposante abbatiale! Retrouvons nous à l’intérieur. L'abbatiale de Saint-Amand-de-Coly, telle que vous la voyez aujourd’hui, appartient à un enclos monastique construit vers la fin du Moyen-âge, entre le XIIème et le XIVème siècle. 2 siècles de construction qui se ressentent, tout autour de nous, dans les détails de son architecture.

Les détails sculptés, dans toute l’abbatiale, sont assez dispersés et on n’y retrouve pas la continuité ordonnée à laquelle on aurait pu s’attendre. Un seul chapiteau sculpté, une seule gargouille (moi!), quelques modillons, des motifs différents sur la base des colonnes et sur les frises ornementales…

Ça vous semble surprenant ? Je peux vous assurer que j’en ai vu passer, moi, des générations d’artisans ! Tailleurs de pierre, maçons, charpentiers, couvreurs, peintres… chacun apportant connaissance et créativité, nous réservant une compilation artistique qui se révèle au fil de la visite.

D’ailleurs, le tailleur de pierre qui m’a sculptée était vraiment talentueux, car je suis la plus belle sculpture de l’église. Mais ça, ce n’est que mon avis !

On trouve aussi, dans cette église, des impasses architecturales. Par exemple, dans le haut du mur à gauche de la porte principale, une porte s’ouvre sur le vide. Si vous vous dirigez vers le sud du transept, vous pourrez y voir une coursive, au-dessus de ces nombreuses colonnettes. C’était un passage pour accéder à l’étage du cloître.

La période de construction de l’abbaye correspond aussi à une période de transition dans l’art architectural, passant petit à petit de l’art roman au style gothique. Ainsi, si l'austérité première de l’ensemble fait tout de suite penser à un édifice roman, un connaisseur à l'œil avisé reconnaîtra certains détails soulignant le style de transition vers l’architecture gothique. Comme en témoignent la croisée d’ogive qui nous surplombe dans le choeur, et les arcs brisés à la croisée du transept.

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Étape 3

Une maison spéciale

Après avoir exploré l'abbatiale et admirer ces .........................

Le bâtiment dans lequel vous venez d’entrer est appelé la maison des gardes. Bien que cette maison ait été construite plus tardivement, sans doute au XVIème siècle, elle nous donne de précieux indices sur les ressources naturelles alentours. En effet, les artisans du Moyen Âge utilisaient les matériaux disponibles directement sur place pour la construction des bâtiments.

Ainsi, pour la construction des toits, les couvreurs utilisaient des lauzes, les charpentiers du chêne, les forgerons du minerai de fer…

Les lauzes sont des pierres calcaires épaisses et taillées sur-mesure pour être insérées dans une charpente robuste faite de chêne et de châtaignier et ce, sans utiliser de mortier.

Vous avez probablement remarqué que la charpente est très inclinée ? Cette forte inclinaison permet de renvoyer le poids sur les murs, qui sont épais de 50 cm jusqu’à 1 mètre. Une toiture en lauze peut peser entre 500 et 800 kg au mètre carré ! Aujourd'hui, les couvertures en lauze sont très coûteuses et le métier de "lauzier" se fait rare.

Le calcaire n’est pas seulement utilisé pour la couverture mais également pour la construction des murs, bâtis en pierres taillées, ou pour les sculptures, comme la gargouille.

Au Moyen Age, le village de Saint-Amand possédait beaucoup d’ateliers d’artisans, tels que tailleurs de pierres, maçons, charpentiers et couvreurs ou même forgerons. Ces artisans travaillaient avec des matériaux naturels qui, comme je l’ai dit plus tôt, étaient disponibles à proximité comme l’argile, la pierre calcaire, ou le bois (en particulier chêne, châtaignier, noyers ou platanes).

Moins nombreux aujourd'hui dans le village, Tu pourras y trouvez 4 types d’artisanats : un coutelier/forgeron, une potière/céramiste, des dinandiers qui fabriquent des objets en cuivre, ainsi qu’une artiste vitrailliste.

Étape 4

Mais que s'est-il passé?

Après avoir découvert les matériaux et les artisans qui ont façonné Saint-Amand de Coly, approchons maintenant du transept pour observer une trace bien particulière, témoin des heures sombres de l'histoire du village.

Avez-vous remarqué cette trace sur le mur du transept ? Juste en dessous du vitrail ! Laissez moi vous raconter cette histoire :

Les faits se sont déroulés pendant les guerres de religions, au XVIème siècle, alors que les murs d’enceinte étaient déjà en mauvais état. Un chef protestant, Jean de Cugnac, est venu piller l’église avec ses hommes.

L’abbé de Saint-Amand résidait à quelques kilomètres de là et quand il apprit la nouvelle, il rassembla en hâte quelques troupes et vint porter secours au sénéchal déjà sur place. Après quelques jours de siège, il s’avéra que l’on ne délogerait jamais l’occupant sans artillerie.

L’abbé lui-même est donc parti pour Brive chercher quelques canons. Mais alors qu’il passait devant le château de Coly, une troupe armée de Huguenots le prit d’assaut et faillit l'emporter. Il se sortit de justesse de cette embuscade et revint, comme promis, avec l’artillerie qui chassa la troupe de Jean de Cugnac. Ils avaient déjà fait bien des dégâts dans l’église. Pour le déloger, l’abbé fit tirer des boulets sur le mur devant vous, ce qui a ouvert une grande brèche. Celle-ci a ensuite été rebouchée. La marque, en forme de poire, est encore bien visible.

Mais holalala ! Qu’est-ce que j’ai eu peur ce jour-là ! Tous les murs ont tremblé !

Sur ce mur, il y a une autre des bizarreries architecturales dont je vous ai parlées. Au-dessus du vitrail, l’arc polylobé, finement taillé, est unique. Il s'agit d'un décor hérité de l’architecture omeyyade de Cordoue qui fut transmis à l'architecture romane du nord de l'Espagne. De là, il se répand dans l'architecture romane française par le biais de l'influence des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Aujourd'hui il n’y a plus que cet arc, quelques modillons et le Vieil hôpital pour nous rappeler que Saint-Amand était bien un lieu d’accueil sur les routes de pèlerinage.

Étape 5

Des périodes de tension

Nous sommes au début du XIIème siècle quand l’abbé Guillaume entreprend de construire cette abbatiale monumentale sur la base d’une première abbaye, bien plus modeste, déjà consacrée à l’ermite Amand. Différencions bien l’abbaye : enclos monastique contenant les différents bâtiments conventuels, à l’usage des religieux; et l’abbatiale : l’église appartenant à cette abbaye.

La première trace écrite d’un monastère précédant celui du XIIème siècle que vous visitez aujourd’hui, date de 1047 et c’est également l’une des seules.

Cette période très animée, entre les XIIème et XIVème siècle, a vu passer la Guerre de 100 ans, ainsi que de nombreux autres conflits entre seigneurs rivaux, qui ont poussé l’abbaye à se doter d’éléments de défense. Saviez-vous que l’abbé avait un pouvoir équivalent, sinon supérieur à tout autre seigneur laïc ? En effet, il possédait non seulement le pouvoir judiciaire comme tout seigneur mais également le pouvoir spirituel, au cœur de la vie courante du Moyen-Age. L’abbaye était donc un lieu de pouvoir, qu’il fallait à tout prix protéger …

De larges murs pourvus de chemins de ronde et de tours entouraient et protégeaient l'ensemble des bâtiments conventuels.

L’église elle-même est fortifiée : on aperçoit encore les pierres soutenant des hourds en bois, aujourd’hui disparus, sur chacune des façades du bâtiment. Le haut des murs, près du toit de lauzes, est crénelé à l’ouest, face à la colline qui constitue le point faible de l’abbaye. Il existe d’ailleurs des escaliers menant à des plateformes à l’est et au sud du toit, servant à la défendre depuis le haut.

Je suis sûr que les tours et chemins de ronde n’ont aucun secret pour vous, on les retrouve sur de nombreux châteaux forts, mais laissez-moi vous décrire ce qu’est un hourd, dont cette abbatiale était ceinte. Il s’agissait d’un cabanon de bois peu profond, au plancher percé, qui reposait sur les ensembles de 3 pierres que l’on nomme des « corbeaux » ! Vous pouvez les deviner tout autour de l’église, juste sous les ouvertures qui leur donnaient accès. Et non, ce ne sont pas des fenêtres!

Les hourds permettaient aux défenseurs de surplomber l’assaillant et de voir le pied des murs sans se mettre en danger. De là, ils pouvaient tirer des flèches, jeter des pierres, etc.

Étape 6

Le diamand noir du Périgord

Après ces murs fortifiés qui nous racontent le Moyen Age, quittons un instant les pierres de l'Abbaye pour découvrir une autre richesse du Périgord, bien plus discrète mais tout aussi célèbre : la truffe noire.

Vous avez déjà probablement aperçu de nombreuses truffières en parcourant les routes du Périgord, n’est-ce-pas ? Mais savez-vous ce qu’est une truffe ? C’est un champignon à fructification souterraine : c’est-à-dire que, contrairement au cèpe, la truffe se développe dans le sol, au printemps, entre avril et juin. Il en existe plusieurs espèces, celle du Périgord Noir se nomme “Tuber melanosporum”. C’est au XXème siècle que l’on a découvert que les truffes naissaient du mariage entre le mycélium et les racines de certains arbres.

Aujourd'hui, la truffe est vue comme un produit de luxe, mais ça n'a pas toujours été le cas. En effet, au Moyen Age, elle était mal vue, décrite comme étant “maléfique” car là où elle poussait, des ronds d’herbes mortes se formaient au pied des plants. Il s’agit en réalité d’un herbicide que la truffe sécrète naturellement dans les sols mais, à l’époque on disait que la truffe était empoisonnée. Le clergé recommandait alors de ne pas la consommer.

Cependant, au XVIème siècle, sous François 1er, la truffe apparaît sur toutes les tables et y est très consommée. Elle commence alors à prendre beaucoup de valeur et à être appelée “Diamant Noir”.

Aujourd’hui, le prix de la truffe noire "Tuber Melanosporum" varie entre 500 et 1000€ le kg.

Elle ne consomme en générale pas brute, en raison de son goût très fort. Enfin, c’est qu’on raconte, parce que moi, en tant que sculpture de pierre, je n’y ai jamais goûté, tu imagines !

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Étape 7

Une architecture réfléchie pour une vie en communauté

Il faut maintenant continuer votre chemin tout droit et vous diriger à droite pour atteindre l'endroit de l'ancien enclos monastique. Après cette escale gourmande autour du diamant noir du Périgord, revenons au cœur de l'abbaye pour découvrir le quotidien, très réglé, des chanoines qui vivaient entre ces murs.

Comme vous pouvez vous en douter, la vie communautaire dans une abbaye médiévale était très codifiée : de nombreuses règles venaient rythmer la vie des religieux.

Le plus haut effectif connu à Saint-Amand est de 25 chanoines. Ici, chacun avait un rôle à tenir.

Ce sont des chanoines qui s’occupaient de faire l’office et de gérer la vie religieuse du village et de ses 19 prieurés. Si la différence entre le moine et le chanoine réside en grande partie dans la participation du chanoine à la vie communautaire, à l’extérieur du monastère et à sa fonction de prêtre, il n'en reste pas moins que sa dévotion à la foi devait se faire en cercle restreint dans le calme et le recueillement.

L’enclos monastique était donc séparé en deux parties bien distinctes : une partie strictement réservé aux religieux et une partie accessible aux visiteurs.

Cette abbaye, en tant qu’institution, était riche et importante : ses dimensions imposantes sont le reflet de sa puissance et de sa richesse. La porte de Salignac, en face de vous, permettait l'entrée des chariots apportant les redevances en nature, dues au monastère. La dîme payée par les paysans était déjà une source de revenus importante et l'abbaye percevait également les revenus des prieurés. Pour autant, les chanoines respectant la règle de Saint-Augustin, faisaient vœu de pauvreté et ne possédaient rien.

Derrière le mur en surplomb, des travaux archéologiques ont fait apparaître une possible maison de deux étages. La présence d’éléments de confort ( latrines individuelles, fenêtres travaillées, évier et cheminée) en fait certainement un espace d’accueil pour les hôtes de marque. Ces travaux ont également permis de retracer l’abbaye dans son intégralité telle qu’elle aurait pu être au sommet de sa puissance. Une restitution modélisée en trois dimensions qu’il est possible de voir à l'accueil patrimoine.

Aujourd’hui, il ne reste presque plus rien de l’intérieur de l’enclos monastique : tous les bâtiments, détruits au fil des siècles, ont servi de carrière de pierres et sont maintenant ensevelis sous le remblais sur lequel a été construite l’école.

Étape 8

Deux séchoirs

Après avoir découvert l'organisation rigoureuse et l'histoire du monastère, faisons maintenant un pas vers l'extérieur pour voir comment deux anciens séchoirs, témoins du savoir-faire agricole du Périgord ont retrouvé une nouvelle vie.

Deux anciens séchoirs ont été ici réhabilités : l’un en salon de thé, l’autre en salle des fêtes et cantine communale.

Le premier était un séchoir à noix. Vous savez certainement que la culture de la noix est très répandue en Périgord ! Après leur récolte à la main, en octobre, on étalait les noix sur un plancher fait de lattes permettant de laisser passer l’air, tout en protégeant les noix du soleil, des intempéries ou des oiseaux, puis on les remuait à intervalle régulier (quelques semaines tout au plus).

Le séchage est une étape primordiale à leur conservation.

Une fois sèches, on "naillait" les noix, c‘est-à-dire qu’on cassait la coque et on récupérait le cerneau, que l’on pouvait déguster tout de suite, ou qu’on amenait ensuite au moulin pour en faire de l’huile.

Aujourd'hui, les étapes sont les mêmes mais avec des machines (pour ramasser, pour trier) et des fours souvent électriques ou à gaz pour les faire sécher.

Le second séchoir servait pour le tabac. La tabaculture a véritablement fait partie du paysage périgourdin entre les XIXème et XXème siècles. Ramené d’Amérique du Sud par des explorateurs au XVème siècle, la culture du tabac se diffuse, d’abord comme médicament (oui, oui !), puis sa consommation se démocratise.

Aujourd'hui, il reste peu d'agriculteurs producteurs de tabac. Plusieurs facteurs ont mis fin à cette culture. Parmi eux, la sensibilisation et la politique menée pour réfréner la consommation du tabac.

Saviez-vous que la dernière usine de transformation de tabac en France se situait à Sarlat ! Elle a fermé définitivement en 2019.

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Étape 9

La maison romane

Poursuivons noter visite en descendant la rue jusqu'à la Maison romane. Après ces séchoirs, témoins du savoir-faire agricole périgourdin, revenons maintenant sur plusieurs siècles d'histoire pour suivre le lent déclin de l'abbaye et comprendre comment elle a peu à peu changé de visage.

Vers 1420, ne restent dans le monastère plus que 3 chanoines et quelques novices. Les devoirs religieux ont du mal à être maintenus tant les revenus de l'abbaye sont faibles. Les conflits de la guerre de Cent Ans ont dévasté la région et les chanoines, devant la misère des gens réduisent de moitié les redevances. L'entretien général est abandonné. C’est là que j’ai commencé à voir l’état de l’abbaye se dégrader progressivement.

Malgré une période d'accalmie et un semblant de renaissance au milieu du XVIème siècle, (une douzaine de chanoines réintègre les lieux), l’abbaye périclite. Les guerres de religions et la mise au pouvoir d’abbés de la Commende, parfois peu scrupuleux, en furent la cause.

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Au XVIIIème siècle, un syndicat est créé par la population contre la négligence du dernier abbé de Saint-Amand. L’église menace de s'effondrer, les cloches sont fêlées, le sol doit être repavé : l’abbé est sommé de payer les réparations. Finalement, l’abbaye est rattachée au collège de Sarlat en 1746, le monastère est déserté et l’église abbatiale devient paroissiale. A la fin du XVIIIème siècle, vous le savez, la Révolution gronde, les pouvoirs divins et les marques de toute servitude féodale sont supprimés à travers la France. Les archives sont brûlées, les monuments symboliques sont vendus et démantelés. Fort heureusement pour moi, personne ne m’a abîmée ! Pendant cette période, les terres et les murs de l’abbaye sont rachetés par un particulier, et se retrouvent quelques décennies plus tard, en possession de la mairie, qui projette de construire l’école à l’intérieur même de l’enceinte de l’ancienne abbaye. Le futur président de la Société Historique et Archéologique du Périgord, le docteur Galy, intervient pour tenter de couper court au projet, en vain. L’école est construite en 1880, elle est toujours en fonction aujourd’hui. J’aime bien les cris des enfants en récréation, ça me change du silence contemplatif et des pépiements d'oiseaux.

En plus de détruire un symbole, les démolitions initiées par les révolutionnaires permettent de se servir des bâtiments effondrés comme carrières, faciles d’accès et à moindre coût, on y récupère des pierres pour reconstruire les villages.

Regardez cette drôle de maison en face de vous, on dirait un savant assemblage de pièces détachées. Il s’agit en fait d’une vraie maison médiévale sur laquelle une seconde maison (sur la gauche) est venue se greffer un peu plus tard. Les arcades bouchées aujourd'hui abritaient à l’époque des échoppes rendant la rue très vivante, j’aurai bien aimé m’y promener moi aussi !

C’est aussi un témoin du rehaussement de la voirie à travers les siècles.

Étape 10

Un bâtiment pour de drôles d'oiseaux

Après avoir retracé le déclin de l'abbaye, observé les traces de son passé dans les maisons alentours, arrêtons-nous maintenant devant un autre témoin du temps : un pigeonnier, vestige d'un élevage aujourd'hui méconnu.

Vous êtes devant un pigeonnier, vestige d’un type d’élevage peu connu : celui des pigeons. Il reste pourtant quelques pigeonniers dans le paysage périgourdin. Ces structures permettent aux pigeons de vivre en sécurité, à l’abri des prédateurs.

Alors à votre avis, pourquoi élevait-on ces oiseaux ?

Pour plusieurs raisons :

- pour leur viande

- pour leurs excréments

- pour les utiliser comme messagers !

Durant la première guerre mondiale, 60 000 pigeons furent utilisés pour transmettre des messages qu'on coinçait dans des bagues accrochées à leurs pattes. Le plus célèbre s’appelle Vaillant et un film d’animation lui est même dédié !

Donc même si les pigeons ont parfois mauvaise réputation, surtout en ville où ils sont considérés comme étant sales et envahissants, il ne faut pas oublier qu’ils ont participé à l’effort de guerre !

Et moi, je les aime bien parce que quand ils viennent se poser à côté de moi, ça me fait un peu de compagnie.

Ce pigeonnier faisait partie d’une maison bourgeoise, qui s’élevait sur les ruines de l’ancien hôpital.

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Étape 11

Le vieil hôpital

Vous êtes maintenant au Vieil Hôpital. Comme son nom l’indique, il servait à accueillir et soigner les malades. Mais pas que ! Il accueillait également les pauvres et les pèlerins, Saint-Amand étant un lieu de pèlerinage majeur et un centre religieux très important. Le Vieil Hôpital a été construit à partir de 1381, par l'abbé de l’époque Raymond Vignerot, en témoignent les caves qui en sont les seuls éléments subsistants du XIVème siècle.

Les dépenses de la construction du bâtiment étant excessives, Raymond a alors demandé l’aide du Pape Clément VII. Celui-ci accordait 100 jours d’indulgence à tous ceux qui apporteraient un soutien financier ou une aide sur le terrain. L’indulgence, c’est une réduction de peine donnée par l’Eglise pour alléger les conséquences d’un péché déjà pardonné.

Contrairement à ce que certains peuvent penser, les soins existaient déjà au Moyen Age. En effet, les abbayes possédaient des traités de médecine d’auteurs antiques, comme Hippocrate et Galien qui permettaient aux religieux de mettre en pratique leur savoir auprès des malades.

En cas de maladie, des saignées étaient pratiquées afin d’évacuer “l’excès d’humeur”.

Les plantes étaient couramment utilisées pour guérir les maladies. Les abbayes possédaient toujours un jardin de plantes médicinales et au fil du temps, les religieux ont pu obtenir une large connaissance des vertus de chaque plante.

Au Moyen Age, la notion d’hygiène n’existait pas. Cependant on stérilisait quand même les instruments de chirurgie et les pansements par de l’eau bouillante, ce qui limitait les infections.

Actuellement, il ne reste plus aucun élément historique de cet hôpital médiéval. Au XVIème siècle est bâtie sur les ruines du Vieil Hôpital une maison bourgeoise qui, sous la propriété des Chanteloube (une lignée de maires de la commune), abritait l’école communale de 1848 à 1880 avant d’être abandonnée au XXème siècle.

Aujourd'hui, grâce à l’association des Amis de Saint-Amand-de-Coly et suite à d’importants travaux de restauration, le Vieil Hôpital est devenu un bâtiment communal abritant des logements ainsi que la salle des archives au premier étage tandis que le rez-de-chaussée sert de bibliothèque et la cave voûtée, de lieu d’expositions et de salle de fêtes.

Étape 12

L'ancêtre de la machine à laver

D’après ce que l'on raconte, ce lavoir servait à laver le linge des résidents de l’hôpital mais avant sa construction, le linge était lavé dans des mares ou des cours d’eau.

C’est au XVII ème siècle qu’apparaissent les premiers lavoirs mais c’est en 1851, sous Napoléon III qu’ils se démocratisent et deviennent gratuits.

Les vêtements y étaient lavés à la main. Seulement, cette pratique est une tâche harassante, particulièrement lorsque l’on voulait laver de grands draps, c’est pourquoi le tour du bassin est un pan incliné qui permettait aux femmes, car c’était un travail réservé aux femmes que l'on appelait alors “lavandières”, de poser le linge puis de le frotter, rendant ainsi le travail moins difficile.

Regarder le fonctionnement d'un lavoir

Des assises permettaient également aux lavandières de se reposer.

Au XIXème siècle les grands draps étaient lavés 1 à 2 fois par an, c’est ce que l'on appelait “la grande buée”, les vêtements et le petit linge étaient quant à eux lavés 1 fois par semaine.

Des plantes telles que la saponaire, qui faisant mousser l’eau, faisaient office de lessive, et la cendre de bois constituait un excellent détachant.

Le lavoir représentait un lieu de vie sociale très actif au sein du village, on y chantait, se racontait des ragots, on s’y retrouvait, rendant ainsi le travail de lessive moins pénible et bien plus supportable.

Le sol autour est pavé afin de pouvoir le laver plus facilement et d’éviter de resalir le linge.

Puis le progrès a permis, en 1851, de créer les premières machines à laver, rendant les lavoirs inutiles.

Après le dégagement de sa source, en 1906, le lavoir est restauré par la commune de Saint-Amand de Coly en 2010.

Étape 13

Bord de route

Après avoir découvert l'histoire du lavoir et de l'eau au cœur du village, remontons le temps pour comprendre d'où viennent ces sources et le paysage calcaire qui façonne encore aujourd'hui Coly et Saint-Amand.

Saviez-vous que la mer venait jusqu’ici ? Il y a 230 millions d’années, vous auriez eu les pieds dans l’eau ! Mais il y a 65 millions d'années, l’eau a commencé à se retirer lorsque les Pyrénées se sont élevées (la Péninsule ibérique est venue percuter la France, ce qui a provoqué une élévation de la terre ). Nous sommes donc dans une région calcaire.

Tout autour de vous, il y a des collines. Nous sommes au bout d’une vallée sèche, qui rejoint le village de Coly.

Un petit cours d’eau discret serpente d’ailleurs jusqu’à Coly, il se nomme "le Gatinou". Mais nous avons aussi d’autres sources d’eau, puisqu’il y a des puits dans le bourg, et un lavoir. Tout ça est alimenté par des réseaux souterrains qui descendent des collines.

Coly est le second village qui fait partie de la commune nouvelle de Coly-Saint-Amand depuis le 1er janvier 2019.

L’abbaye de Saint-Amand est bâtie au XIIème siècle et dans le même temps, le château abbatiale de Coly l’est aussi. Il devient le lieu de résidence de l’abbé, centre administratif où sont traitées les affaires de l’abbaye, lieu de stockage des archives, etc. Vendu pendant la Révolution, le château se divise aujourd'hui en deux parties : l’une privée et restaurée en habitation secondaire, et l’autre, communale, en ruines. Vous pouvez aller visiter les ruines, mais faites très attention où vous mettez les pieds. Actuellement, la commune en assure l'entretien, et de jeunes volontaires œuvrent à sa mise en valeur chaque année.

Étape 14

Point de vue

Poursuivons notre découverte en nous dirigeant vers le parking et voyons comment l'homme a transformé le paysage au fil des siècles, entre cultures, vignes et forêts.

Vous vous doutez qu’au Moyen-Âge, le paysage devait être très différent ! Hormis les infrastructures telles que les routes, ou les lignes électriques, le paysage naturel a lui aussi beaucoup évolué.

A l’époque médiévale, on déboise beaucoup car il faut faire de la place pour les cultures. On aménage même les collines avec des cultures en terrasse. C’est-à-dire qu’on venait creuser les pans de la colline et on les aménageait en plateformes, avec des murs de soutènement sous chacune d’entre elles. Cela ressemblait à des marches d’escalier qui permettaient de cultiver sur un sol plat.

Au XVème siècle, de nombreuses vignes parsèment le paysage, mais donnent un vin de qualité moyenne. Les grands crus sont produits dans le Bergeracois, là où la nature du sol et le climat conviennent mieux aux vignes.

Dans la seconde partie du XIXème siècle, le phylloxera précipite le déclin de la viticulture. Ce petit insecte ravageur cause la perte de plusieurs milliers d’hectares et la viticulture périgourdine ne se redressera que très lentement et de manière très localisée : dans le bergeracois et le dommois.

Les vignes à l’abandon, les coteaux voient la végétation renaître et la couverture forestière se fait alors de plus en plus dense.

L’exode rural a fait dramatiquement diminuer la population de Saint-Amand : le bourg et les hameaux alentours comptaient plus de 1000 habitants en 1850. En 2011, il y en avait environ 350. Désormais, avec la réunion de Saint-Amand et de Coly en la commune nouvelle de Coly-Saint-Amand, nous comptons un peu plus de 600 habitants.

Aujourd’hui, dans le bourg de St Amand, les bois ont réinvesti les collines. Quelques champs cultivés et des prés en pâture sont toujours visibles. Mais ce qui attire véritablement les visiteurs, c'est le patrimoine bâti du village, qui n’a désormais plus aucun secret pour vous !

Je vous propose de revenir à notre point de départ. Avant de partir, ne manquez pas d'observer le paysage et de vous repérez avec la table d'orientation.

Étape 15

Avant de partir

Après avoir exploré comment la nature et les hommes ont façonné le paysage de Saint-Amand au fil des siècles, revenons maintenant à un monument emblématique qui a failli disparaître, mais qui, grâce à la ténacité de Jean Carrier et à l'implication des habitants a retrouvé sa splendeur

Mais à m’écouter on pourrait croire que cette abbaye n’a fait qu’aller de mal en pis ! Or aujourd’hui elle n’est pas si terrible et c’est en grande partie grâce à vous, qui la visitez et participez à sa renommée mais aussi et surtout grâce à un homme : Jean Carrier.

Quand il est arrivé ici en 1866 en tant que curé, l’abbatiale n’avait pas la belle allure que l'on peut voir aujourd’hui. Sa toiture et sa charpente étaient en très mauvais état, à tel point que l’eau de pluie s'infiltrait à l’intérieur ! C’était donc humide, glacial et sombre, puisque toutes les ouvertures étaient bouchées par du branchage et de la maçonnerie. Et jusqu’à 10 mètres de remblais recouvrait ses murs extérieurs : elle était à moitié enterrée ! J’ai moi-même failli avoir de la terre plein la bouche. Quelle vision désolante !

Jean Carrier s’est donc donné pour mission de la faire renaître de ses cendres. Les habitants l’ont beaucoup aidé. Ils ont repoussé le remblais. Cela représentait quelques milliers de mètres cubes. Ils ont creusé le sol autour de l’abbatiale sur près de 6 mètres de large puis construit un mur pour contenir les sédiments…

Jean Carrier a même fait installer de nouveaux vitraux. Et afin d’assurer à ce bâtiment toutes les attentions nécessaires dans le futur, il l’a fait classer aux Monuments Historiques en 1886.

Et bien voilà ! Notre visite se termine là. J’espère vous avoir éclairé sur l’histoire de Saint-Amand de Coly. Ce fut un plaisir pour moi de vous guider et je vous remercie d’être venus jusqu’ici.

A bientôt !

N'hésitez pas à vous rendre au Point d'informations Patrimoine, près de la mairie, pour en apprendre encore davantage sur le village.

Activités annexes

Nous vous proposons de découvrir des lieux d'intérêt situés à proximité de votre itinéraire. Vous pourrez les retrouver sur la carte du parcours qui vous guidera.

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