Dorie
Dorie
6,5km
3h

Chemin de meunier à Valojoulx

Histoire
Histoire

Situé dans la vallée de la Vézère, le village de Valojoulx se niche près de Montignac-Lascaux où se trouve la célèbre grotte du même nom. Le village attire les visiteurs pour du tourisme vert grâce à son relatif isolement, ses sentiers de randonnée, sa campagne paisible, sans oublier la qualité architecturale du bâti du centre-bourg.

Valojoulx est situé sur le ruisseau du Turançon, affluent de la Vézère, d’environ 5km de long. La commune possède encore plusieurs moulins qui restent privés et non ouverts à la visite.

Grâce à Dorie et au chemin de meunier de Valojoulx, vous pourrez apprendre leur histoire, au fil de l’eau.

N’oubliez pas d’aller demander votre diplôme à la mairie (ouvert mardi et vendredi) après votre parcours.

Envie de découvrir le parcours ?

Pour une immersion totale, téléchargez notre app et commencez le parcours dès maintenant !

Télécharger dans l'App StoreDisponible sur Google Play
Mode de mobilité
À pied
À cheval
Publics
En famille
Infrastructure
Commerces locaux
Accessibilité
Animaux

Aperçu du parcours

Étape 1

Bienvenue à Valojoulx

Vous êtes garés sur le parking de la salle des fêtes, près du Turançon, le ruisseau que vous allez suivre de près ou de loin pour découvrir les moulins de Valojoulx.

Prenez le temps d'admirer le bâti du bourg, vous y trouverez une très joli bâtisse à gauche en sortant du parking vers le village, transformée aujourd'hui en chambres d'hôtes ainsi qu'un très beau porche en pierres, la fontaine aux oiseaux qui trône sur la place sans oublier l'église dont Dorie vous parlera à la fin du parcours.

A présent, c’est Nathalie Manet-Carbonnière, maire du village vous présente sa commune, qui vous présente sa commune.

Petit village rural de la vallée de la Vézère en rive gauche, entre Montignac et Les Eyzies, qui compte 330 habitants. La commune est en partie couverte par la forêt et elle est traversée par un très beau ruisseau : le Turançon sur lequel il y a 5 moulins. Aucun d’entre eux n’est en fonction mais la commune a travaillé à la mise en valeur du patrimoine meunier et meulier avec l’Association des Moulins du Périgord Noir. Une boucle pédestre, accessible aux familles, a été créée et permet de remonter presque à la source du Turançon, située dans des zones humides, propriété de la Fédération de pêche, sur lesquelles un travail de protection a été réalisé avec des inventaires floristiques et faunistiques. Des panneaux de médiation y ont été installés.

Cette boucle fait 8 kilomètres mais peut être raccourcie si on choisit de faire simplement l’aller-retour jusqu’aux étangs. Sinon après les étangs elle se poursuit en montant sur les plateaux pour revenir au village et permet d’avoir une vue plongeante sur le bourg et sur les toits de l’église du XIIème siècle, entièrement restaurés.

La commune mène une action de renaturation du ruisseau depuis plusieurs années et parallèlement, elle a installé un maraîcher sur ses berges et aujourd’hui, dans le bourg, vous pouvez trouver une petite cabane qui est en réalité une boutique de producteurs, avec environ une trentaine de producteurs pour l’alimenter dont le maraîcher du village. Valojoulx possède également une ferme pédagogique, ouverte toute l’année, qui accueille des groupes d’enfants et d’adultes mais également toutes les personnes qui visitent la commune. Sophie, la propriétaire de cette ferme a une association appelée « Roule ma poule » propose également des balades à dos d’ânes. Elle fait un vrai travail de sensibilisation aux animaux mais également à la nature donc une médiation environnementale.

Grâce à Dorie et au chemin de meunier de Valojoulx, vous pourrez apprendre l'histoire des moulins, au fil de l’eau. Maintenant, on attache ses lacets, on prend une gourde et on se dirige non pas vers un premier moulin mais vers la place du village. N’oubliez pas d’aller demander votre diplôme à la mairie (ouvert mardi et vendredi) après votre parcours.

Étape 1

Bienvenue à Valojoulx

Vous êtes garés sur le parking de la salle des fêtes, près du Turançon, le ruisseau que vous allez suivre de près ou de loin pour découvrir les moulins de Valojoulx.

Prenez le temps d'admirer le bâti du bourg, vous y trouverez une très joli bâtisse à gauche en sortant du parking vers le village, transformée aujourd'hui en chambres d'hôtes ainsi qu'un très beau porche en pierres, la fontaine aux oiseaux qui trône sur la place sans oublier l'église dont Dorie vous parlera à la fin du parcours.

A présent, c’est Nathalie Manet-Carbonnière, maire du village vous présente sa commune, qui vous présente sa commune.

Petit village rural de la vallée de la Vézère en rive gauche, entre Montignac et Les Eyzies, qui compte 330 habitants. La commune est en partie couverte par la forêt et elle est traversée par un très beau ruisseau : le Turançon sur lequel il y a 5 moulins. Aucun d’entre eux n’est en fonction mais la commune a travaillé à la mise en valeur du patrimoine meunier et meulier avec l’Association des Moulins du Périgord Noir. Une boucle pédestre, accessible aux familles, a été créée et permet de remonter presque à la source du Turançon, située dans des zones humides, propriété de la Fédération de pêche, sur lesquelles un travail de protection a été réalisé avec des inventaires floristiques et faunistiques. Des panneaux de médiation y ont été installés.

Cette boucle fait 8 kilomètres mais peut être raccourcie si on choisit de faire simplement l’aller-retour jusqu’aux étangs. Sinon après les étangs elle se poursuit en montant sur les plateaux pour revenir au village et permet d’avoir une vue plongeante sur le bourg et sur les toits de l’église du XIIème siècle, entièrement restaurés.

La commune mène une action de renaturation du ruisseau depuis plusieurs années et parallèlement, elle a installé un maraîcher sur ses berges et aujourd’hui, dans le bourg, vous pouvez trouver une petite cabane qui est en réalité une boutique de producteurs, avec environ une trentaine de producteurs pour l’alimenter dont le maraîcher du village. Valojoulx possède également une ferme pédagogique, ouverte toute l’année, qui accueille des groupes d’enfants et d’adultes mais également toutes les personnes qui visitent la commune. Sophie, la propriétaire de cette ferme a une association appelée « Roule ma poule » propose également des balades à dos d’ânes. Elle fait un vrai travail de sensibilisation aux animaux mais également à la nature donc une médiation environnementale.

Grâce à Dorie et au chemin de meunier de Valojoulx, vous pourrez apprendre l'histoire des moulins, au fil de l’eau. Maintenant, on attache ses lacets, on prend une gourde et on se dirige non pas vers un premier moulin mais vers la place du village. N’oubliez pas d’aller demander votre diplôme à la mairie (ouvert mardi et vendredi) après votre parcours.

Étape 2

Le Moulin de Lagorce

Il y a peu d’éléments sur ce moulin, néanmoins, on sait que les habitants des villages du Castang, du Fraysse, de La tempeyre allaient y moudre leur grain en empruntant un chemin à travers bois.

Ce moulin a dû arrêter son activité avant la guerre car Maurice Gaillard n’a aucun souvenir de l’avoir vu en activité, contrairement aux autres. Il a en revanche la mémoire d’avoir vu la levée remplie d’eau. Ce moulin était appelé Moulin de Lainé et dépendait d’une maison importante de Valojoulx car chaque château ou chaque maison bourgeoise possédait son moulin.

Ce moulin n’était plus habité de jusqu’à ce qu’un couple de parisien en tombe amoureux, le restaure et l’habite encore depuisune quarantaine d'années.

Étape 3

Le Moulin de Madame

Dorie a rencontré Maurice Gaillard, habitant Valojoulx au lieu-dit « Le Caillou » et qui a connu les moulins en activité et Roland Pouget, doyen de la commune qui raconte le moulin pendant la guerre. (Histoire étangs Pouget) Roland Pouget raconte qu’il n’a vu fonctionner que le Moulin de Madame en tant que tel, sur les 5 moulins de Valojoulx. Il se souvient que même pendant la guerre, les gens allaient faire moudre le grain clandestinement. Ils y allaient la nuit, avec un sac sur le dos d’un âne. C’était très risqué car il y avait les Allemands plus le risque de tomber sur des collaborateurs ! D’ailleurs, il y a eu un fusillé, une personne de Thonac (village voisin) qui avait ravitaillé le maquis. Cela aurait dû être le beau-frère de Roland mais comme il était d’origine suisse, il a été incarcéré à Périgueux et c’est le Monsieur de Thonac qui a été fusillé à Valojoulx. Il s’agissait d’une partie de la Division Das Reich.

Maurice Gaillard nous raconte maintenant la vie plus paisible d’après-guerre au moulin et sur la commune

Le Moulin de Madame était encore en activité dans les années 48/50. Il se souvient que le grain était amené au moulin dans un sac et qu’il revenait chercher la farine quelques jours plus tard. Maurice raconte se rappeler de la pièce où travaillait le meunier qui était pleine de poussière et où les meules tournaient jour et nuit tant qu’il y avait de l’eau. Le dernier meunier de ce moulin était Emile Marchadou, dit « Milou ». C’était une personne très accueillante qui vivait au rythme de son moulin, jamais pressé, toujours quelque chose à raconter. Il était fin chasseur et sûrement pêcheur car il devait profiter des truites et des vairons qu’il y avait dans le ruisseau, à ce moment-là.

media

Avant la guerre, le meunier passait de fermes en fermes avec sa mule pour récolter le grain puis il ramenait le son et la repasse d’un côté et la farine blanche de l’autre. La mule de Milou faisait même parfois le trajet, seule, elle connaissait par cœur. Tous les hameaux étaient habités et tout le monde faisait son pain, il reste encore quelques fours en service dans certaines propriétés. Plus tard, en temps normal, le grain était amené par l’agriculteur, avec un cheval et une charrette mais, pendant la guerre, il fallait se cacher, aussi les hommes allaient au moulin la nuit et transportaient les sacs de grains sur leur dos. Dans les années 52/53, c’est la minoterie Hamelin, située au Lardin, qui reprend la licence du moulin car à l’époque, il fallait une licence administrative pour moudre le grain. Le moulin a été transformé en restaurant gastronomique « Chez Doston », on pouvait y pêcher sa truite, le chef la préparait et on pouvait manger sa pêche !

Étape 4

Le moulin du Treuil

Le moulin du Treuil fait partie intégrante du complexe piscicole sur lequel vous êtes arrivés. Il est aujourd’hui en bon état mais ce n’était pas le cas avant sa restauration. Longtemps laissé à l'abandon, il a été restauré dans les années 1980. Jean-Pierre Mège, dit Milou, premier gardien du lieu, recruté par la Fédération de Pêche pour assurer le poste de pisciculteur et entretenir la propriété, nous raconte son histoire.

media

Dans les années 77, la Fédération de pêche par le biais de Monsieur Montépin, ancien percepteur de Montignac achète 23 hectares de vallée. Le projet de 3 communes (Valojoulx, La Chapelle Aubareil et Montignac) était de faire un complexe touristique avec un grand étang de 15 hectares, un hôtel sur les rochers que vous apercevez. La Fédé fait d'abord réaliser une digue « test » mais on est situé dans une ancienne vallée glacière où il y a 18 mètres de profondeur de tourbe, or la tourbe étant un matériau compressible. La première digue s'est enfoncée malgré la réalisation d’un moine en béton au milieu de celle-ci et le projet tombe à l’eau ! Pour autant, la Fédération de pêche, grâce à Monsieur Montépin, percepteur et Monsieur Dupuy, marchand de bois à La Bachellerie, réussit à convaincre tous les propriétaires de vendre pour faire les étangs de Valojoulx et dans les années 1980, le grand étang de 6,5 Ha est réalisé.

Milou a donc emménagé dans le moulin, devenu son logement de fonction, malgré son état de délabrement, surtout au niveau de la toiture. Un tiers de la toiture en lauzes était détruit, il n’y avait pas d’électricité, il a vécu dans le fournil mais c’était très bien et il dit même que c’était les plus beaux moments de sa vie !

La Fédération de pêche fait appel à des artisans locaux afin d’effectuer des travaux de maçonnerie, de charpente et de couverture. Quant à Milou, à temps perdu, il s’emploie à refaire tous les joints (intérieurs et extérieurs) du moulin et du fournil. Il construit le hangar que vous pouvez voir et de nombreux ouvrages de pêcheries (moines, etc..). Les toitures étaient toutes couvertes en lauzes à l’époque et pour les démonter il fallait grimper sur une échelle de 8 mètres de haut et les lauzes étaient descendues à terre une par une !

Au fil du temps, le lieu s’est transformé : à l’époque 18000 truites étaient élevées dans le grand étang, soit une dizaine de tonnes plus les productions des petits bassins : brochets, black-bass, etc… L’étang supérieur a été créé en 1989, ce complexe piscicole est connu et reconnu dans le monde de la pêche.

Puisqu’on parle de moulin, quel est le cours d’eau concerné ?

Il s’agit du Turançon qui traverse la commune sur environ 6 kilomètres avant de se jeter dans la Vézère, au niveau d’un autre moulin, celui de La Querrerie. Il prend sa source sur la commune voisine de La Chapelle-Aubareil : la source des Mazeaux.

Étape 5

Les étangs

Aujourd’hui et depuis octobre 2008, suite au départ en retraite de Milou, c’est Louis Mazzoli, dit « Luigi » qui habite le moulin avec sa famille et œuvre à ce poste. Il nous raconte comment fonctionne la pisciculture, gérée par le Fédération de pêche de Dordogne.

Vous êtes maintenant au milieu du site de 24 hectares, entre les deux grands étangs, vous pouvez voir des petits bassins de production dans lesquels sont produits essentiellement des blackbass. Le Blackbass est un poisson qui est arrivé en France depuis une centaine d’année et qui s’est bien développé depuis l’après-guerre. C’est un poisson très intéressant halieutiquement pour les jeunes pêcheurs : très marrant et dynamique, très bien intégré dans les eaux locales, qui malheureusement se réchauffent avec le dérèglement climatique. Le black-bass devient très coquin en vieillissant. Dans les grands étangs, la production est plus ouverte : puisque au-delà de la production de black-bass, il est exercé le grossissement de carpes et il y a également des tanches et des gardons.

media

Le site est géré par la Fédération de pêche et est financé par les pêcheurs grâce aux cartes de pêche et les poissons repartent dans les secteurs du département qui en ont besoin. C’est un soutien pour des zones plus sensibles ou qui ont subi des crues ou des pollutions, par exemple.

Sur le site, on produit des bébés et Luigi va dynamiser les premiers maillons de la chaine alimentaire afin que chaque année, ces bébés puissent grossir avant la vidange des bassins. Les étangs de Valojoulx sont vidangés tous les ans : les grands étangs à l’automne et les petits bassins entre le mois de septembre et le mois d’octobre. Les petits bassins sont donc en eau entre avril et octobre, la production est donc relativement courte. Des couples de géniteurs black-bass sont installés dans ces petits bassins (2 ou 3 couples selon l’espace), tout doit être bien installée afin qu’ils puissent se reproduire. Lorsque les bébés naissent, ils restent dans ces mêmes bassins jusqu’en septembre/octobre puis l’eau est abaissée tranquillement, sur 2/3 jours. Il y a environ 2 à 3000 bébés black-bass nés par bassin et ils vont réensemencer les secteurs qui en ont besoin.

Si les étangs ne sont pas profonds en eau, ils peuvent l’être en vase, il y a surtout de la tourbe alcaline. Au plus profond, il y a 1,40m d’eau ce qui permet d’élever la température, les black-bass affectionnent les eaux plutôt chaudes et cela dynamise le plancton et la richesse des bassins (grenouilles, libellules, etc..). De nombreuses espèces vivent sur le site. La gestion de ces bassins se veut raisonnée et raisonnable : prise en compte des cycles de la nature, fauches tardives, tout n’est pas broyé ou coupé (zones d’herbe rase, zones d’herbe haute) afin de protéger toutes les espèces. De nombreuses espèces sont protégées aussi on vous demande de préserver les animaux et de ne pas ramasser les fleurs afin que la nature soit le plus préservée possible.

Étape 6

La vigne

Vous êtes arrivés au niveau d'une parcelle plantée de vigne. Ici, pas de moulin mais une vigne! Dorie a rencontré Thierry ROULLAND, habitant de la commune, employé municipal et dont la famille vit depuis plus de soixante-dix au lieu-dit "Le Fraysse".

Avant de s'installer agriculteur, le père de Thierry a été métayer chez un autre agriculteur. Si Thierry a peu d'information sur les moulins c'est qu'il ne les a pas connus en activité mais il sait que presque tous ont été transformés en maison d'habitation et qu'un de ces moulins porte encore le nom de son ancien propriétaire : le moulin de Lagorce. Ses aïeux lui ont rapporté que les habitants du Fraysse allaient faire moudre leur grain dans ce même moulin en passant par un chemin qui traversait le lieu-dit "Les Combalous", où vous passerez également.

Il est probable que le grain ait été transporté avec des vaches tirant des carrioles. Il y a une soixantaine d'années, ici, il n'y avait pas de vignes mais des bois. C'est son père qui a fait défriché, le terrain est devenu un pré et il a planté de la vigne sur ces hauteurs cinq ans après. Il possédait des vignes dans le vallon, près de leur lieu d'habitation, mais celles-ci gelaient très souvent et il n'y en avait pas assez. Ici, les cépages sont non greffés donc moins sensibles aux maladies telles que le mildiou ou l’oïdium et autres maladies. Ce sont des cépages anciens qui portaient des numéros : 18000, 26000, 38000... Ils résistent également mieux dans le temps. C'est cette même vigne que vous voyez.

Avant l'apparition du phylloxéra, il y avait de la vigne sur tous les flancs de la commune et à cette époque, il est fort probable que la production de vin était vendue, le vin était transporté par bateaux sur la Vézère. On peut encore trouver aujourd'hui des anciens pieds de vigne dans les bois, qui montent dans les arbres. Aujourd'hui, le fruit des vendanges sert uniquement à la consommation de la famille. S'il y a un surplus, il est cédé au voisinage.

Étape 7

L'église

La place du village était le lieu de rencontre des habitants de la commune. C’était également la place de l’école et même d’un café jusque dans les années 80. Pendant de nombreuses années y a trôné un gros marronnier qui a dû être abattu, au grand dam des habitants. Vous vous demandez certainement ce que représente exactement cette fontaine aux oiseaux implanté au centre de la place !? Il s’agit d’une création artistique réalisée dans le cadre de la rénovation du bourg à l’orée des années 2000. L’idée était de réaffirmer la symbolique de « place du village » comme valeur centrale de la vie communautaire des territoires. Il s’agit de l’œuvre de Renaud Sanson, artiste plasticien, arrivé à Valojoulx en 1981 pour travailler à la réalisation de Lascaux II (1ère reproduction de la grotte de Lascaux) et reconnaissant l’accueil qui lui a été réservé dans le village.

L’église Saint-Laurent a été construite dès le XIIème siècle et elle est attestée dans un « pouillé » (registre ecclésiastique) du XIIIème siècle. Suivez Dorie et entrez dans l’église, elle vaut le coup d’œil et Odile Roux, membre de l’Association des Amis de l’église et du Patrimoine de Valojoulx vous la raconte.

L’église Saint-Laurent de Valojoulx était appelée église de Saint-Pantaléon en 1321. Elle a connu plusieurs périodes de construction, XIIème, XIIIème et XVème siècle période à laquelle elle a été énormément remaniée, suite à un incendie. A son origine, l’église était un prieuré régulier, non conventionnel, rattaché à l’ordre de Saint-Benoît et dépendait en 1365 de l’archiprêtré de Saint-André-d’Allas.

L’édifice comporte une nef dont la plus petite travée sert actuellement de base au clocher qui est couvert en ardoises. Elle est suivie d’un chœur plus étroit, pourvu d’une chapelle. Dans la première travée, s’ouvre une tourelle qui renferme un escalier à vis qui mène au clocher. L’église a été fortement ramaniée au XVème siècle : une porte a été ouverte sur le côté sud au XVIIème siècle, elle donne accès à la nef. Elle est surmontée à l’extérieur par un fronton triangulaire. Le chœur ouvre sur la nef par un arc triomphal en tiers points et se termine par un chevet plat. Sur ce chevet, il devait y avoir une baie rectangulaire qui éclairait une pièce refuge pendant la guerre de 100 ans.

L’église a certainement était peinte et si on est très attentif, on pourra distinguer un bandeau noir sur la façade sud, le noir étant la base des peintures de l’époque. De même que près de la sacristie, on retrouve des traces d’ocre avec des petites fleurs qui datent environ du XIIIème siècle mais qui ont grattées et déshabillées de leurs ornements. On sait que côté sud, il a existé une autre chapelle qui a été détruite lors de la restauration de l’église. A l’époque on ne parlait pas d’association, il s’agissait d’un regroupement de personnes appelé La Fabrique, en charge de la restauration de l‘église. La Fabrique avait demandé des subventions qu’elle n’a pas obtenues, on leur a répondu qu’ils n’avaient qu’à fermer le coin. C’est la raison pour laquelle on peut voir deux arcs-boutants qui soutiennent cette façade. L’Association des Amis de l’église de Valojoulx a été créée en 2007 afin d’assurer la rénovation et la préservation de tout le mobilier intérieur de l’église. En 2016, l’Association des Amis de l’église a restauré la petite vierge du XIXème siècle, qui se trouve dans la sacristie. Elle a aussi replacé tous les objets de culte car aucun n’était à sa place d’origine, que ce soit les statues ou les fonds baptismaux creusés dans une pierre d’un seul bloc au XIXème siècle. media

Elle a également installé un chemin de foi, fabriqué par un prêtre de Limoges, sous forme d’émaux et a participé à la restauration des vitraux grâce à un don de la famille Kitting qui a été à l’origine de la création de l’association. Les vitraux, d’origine mais qui avaient énormément soufferts par les vicissitudes du temps, ont tous été refaits à Bordeaux en 2018. media

La famille Kitting, originaire des Pays-Bas s’était installée au lieu-dit « La Pendule », sur les hauteurs du village. Ils ont expliqué qu’en Hollande, beaucoup d’associations existaient afin de restaurer et sauvegarder les monuments. Grâce à ce don conséquent, les vitraux ont été refaits à l’identique.

media Autrefois, les autels tournaient le dos aux paroissiens, aujourd’hui ils leur font face et l’association a fait creuser le dessus de celui de l’église par un employé communal très minutieux afin de remettre la pierre que vous pouvez observer. A l‘intérieur se trouve une relique, pas encore identifiée et très petite. media L’église appartient à la commune et la mairie a restauré toutes les toitures, entre 2017 et 2023, qu’elles soient en lauzes ou en ardoises, comme celle du clocher. Quelques années auparavant, la commune avait fait poser des abat-sons (sorte de madriers) sur le clocher, afin d’abaisser le son des cloches pour ne pas trop déranger les habitants du bourg. Aujourd’hui, il y a environ 4 messes par an dans cette église et les offices de mariages, baptêmes et enterrements y sont également célébrées. Une anecdote à propos d’un des prêtres de cette église : un curé de l’époque du XVème siècle a commandé une chasuble, il a alors endetté la commune, la chasuble n’est jamais arrivée et il est mort sans.

Faites-en le tour et soyez attentifs, vous y verrez de remarquables modillons sur la façade, uniques représentations décoratives de la période romane.

Étape 8

Avant de partir

La particularité concernant le moulin de la Mailleraie, il n’a pas été utilisé comme moulin à moudre le grain. C'est une ancienne carderie de laine, les agriculteurs amenaient la laine des moutons pour qu’elle soit cardée au moulin. Après la laine, le moulin travaillait le chanvre. En 1938, la carderie n’était plus en fonctionnement mais il restait encore l’arbre de transmission et 3 ou 4 petites cardeuses de laine à l’étage du moulin. A l’époque il y avait des petits troupeaux de moutons (10/15 moutons) dans toutes les fermes. Ce moulin est repris par la coopérative de Salignac et devient une laiterie. A cette date, c’est Roland Pouget, aujourd’hui doyen de la commune, qui est le premier laitier. A l’époque il récoltait 150 litres de lait dans ses tournées de ramassage sur la commune. A l’époque, aucun agriculteur ne faisait des vaches laitières, ils avaient des vaches pour faire des veaux et à ce moment-là, elles avaient un peu de lait mais quand le veau était vendu, très vite il n’y en avait plus. Il y avait donc très peu de lait. Roland Pouget a quitté la laiterie pour aller travailler ailleurs car à l’époque il fallait ramassé le lait 7jours/7, il n’y avait pas de jours de repos ni de congés, sauf en cas de maladie. Et parfois, le malade était licencié. De plus, les camions n’étant pas frigorifiés, le laitier partait à 3h du matin pour sa tournée et l’été, il était de retour vers 8 heures pour que les ouvriers puissent faire le fromage. C’est au moment de l’installation de la laiterie que les gens se sont mis à élever des vaches laitières. Le lait est alors collecté sur la commune de Valojoulx et dans toutes les communes environnantes (Tamniès, Marquay, Plazac, Auriac-du-Périgord, etc…) pour être transporté en Charente, cela jusqu’à la fermeture de la laiterie. A l’époque, il y avait 4 laitiers et Maurice Gaillard faisait les remplacements. La laiterie a fonctionné entre 1938 et 1962. Pendant la guerre, Madame Evard s’y installe, après avoir fréquenté l’Ecole Nationale de l’Industrie Laitière (ENIL). Le moulin fabrique alors les véritables camemberts de Valojoulx, appelés d’abord « Le corbeau et le renard » ainsi que du beurre. Une autre laiterie avait déjà l’antériorité de la même appellation pour son fromage aussi celle de la Mailleraie a dû changer et le fromage s’est appelé « Les deux Compères » puis ensuite, il a encore changé de nom. Les fromages étaient commercialisés à Périgueux, Sarlat et Brive. Ils pouvaient même être expédiés aux halles lorsqu’il y avit une surproduction mais cela était très rare. L’ancien Moulin de la Mailleraie est aujourd’hui transformé en un ensemble de gîtes de tourisme. On peut encore y voir les anciennes pierres de taille datant du XVIIème siècle. Ancienne carderie puis fromagerie, entrepôt de lait, source d’adduction d’eau potable de la commune puis restaurant avant de devenir cet ensemble lié au tourisme vert.

Accéder au parcours