Dans l’antre du Coulobre
La Dordogne est bien connue pour son patrimoine, sa gastronomie, et sa nature généreuse qui en font un endroit agréable pour vivre ou passer ses vacances.
Mais elle a aussi sa part d’ombres, et c’est dans ce Périgord, des croyances, des légendes et des histoires sombres que Dorie vous amène aujourd’hui.
Cette fois ci, nous partons à Lalinde et en partant de la rivière nous allons emprunter un chemin qui monte sur une colline en surplomb du village. Certains prétendent que le nom de Lalinde aurait une origine peu commune : il pourrait s’agir d’une déformation de « Lindwurm », un mot allemand signifiant… «vouivre » ou « dragon ».
Cette explication du nom est contestée, mais qu’elle soit juste ou pas, elle fait référence à un dragon qui aurait vécu ici il y a très longtemps. Et cette bête a tellement terrorisé les périgourdins, que l’on en parle encore aujourd’hui, qu’on montre les traces de son passage et qu’on chuchote son nom pour ne pas qu’il revienne.
Dorie vous propose de partir à l’aventure et de vous immerger dans les lieux où vivait ce monstre. Afin de profiter au mieux de cette expérience, Dorie vous conseille de réaliser ce parcours entre chien et loup, quand les contours des choses perdent de leur clarté.
Ouvrez grands vos yeux et vos oreilles pour regarder et écouter Dorie qui sera votre guide vers l’antre du dragon… suivez ses conseils si vous voulez revenir en un seul morceau !
A noter :
Ce parcours est accessible en train en prenant la ligne qui relie Libourne et Le Buisson, en s'arrêtant à Lalinde (voir accès).
Aperçu du parcours
Lalinde, bastide et port
Lalinde est la première bastide anglaise du Périgord, bâtie en 1267 par Henri III Plantagenêt.
Cette ville fortifiée s’est retrouvée au cœur des conflits lors de la Guerre de Cent Ans et des Guerres de Religion.
Malgré tout, sa position géographique a fait d’elle une ville commerçante et une halte entre Bergerac et Sarlat lorsque le transport fluvial était à son apogée. Retenez bien ce dernier détail, car l’histoire qui va suivre est directement liée à la rivière et aux gabariers qui l’empruntaient. Tout n’était pas rose sur la Dordogne, et parmi les dangers qui attendaient les bateaux, le plus dangereux et le plus redouté se trouvait à Lalinde.
Un peu de patience, vous découvrirez bien assez tôt ce qui s’est produit ici. En attendant, profitez tant que vous le pouvez encore, de la tranquillité que vous offre le village, avant de prendre une direction beaucoup plus inquiétante, vers les collines qui dominent le bourg.
Lalinde, bastide et port
Lalinde est la première bastide anglaise du Périgord, bâtie en 1267 par Henri III Plantagenêt.
Cette ville fortifiée s’est retrouvée au cœur des conflits lors de la Guerre de Cent Ans et des Guerres de Religion.
Malgré tout, sa position géographique a fait d’elle une ville commerçante et une halte entre Bergerac et Sarlat lorsque le transport fluvial était à son apogée. Retenez bien ce dernier détail, car l’histoire qui va suivre est directement liée à la rivière et aux gabariers qui l’empruntaient. Tout n’était pas rose sur la Dordogne, et parmi les dangers qui attendaient les bateaux, le plus dangereux et le plus redouté se trouvait à Lalinde.
Un peu de patience, vous découvrirez bien assez tôt ce qui s’est produit ici. En attendant, profitez tant que vous le pouvez encore, de la tranquillité que vous offre le village, avant de prendre une direction beaucoup plus inquiétante, vers les collines qui dominent le bourg.
La montée jusqu'à l'antre
A présent, il va falloir que vous m’écoutiez bien attentivement.
Vous êtes à l’entrée d’une forêt qui autrefois abritait un monstre qui a terrorisé des générations de bateliers, de paysans, de bergers, de lavandières... et ce monstre avait un nom : on l’appelait d’une voix tremblante le Coulobre.
Le Coulobre s’était installé ici il y a très longtemps, à une époque où pas un seul canoë ne passait sur la Dordogne, où l’électricité n’éclairait pas nos rues, où pas une voiture n’encombrait les routes, qui d’ailleurs n’existaient pas non plus… mais une époque où les bestioles étranges comme le lébérou courraient les campagnes, et les histoires fantastiques circulaient de bouche à oreille, de génération à génération.
A cette époque donc, un monstre gigantesque sévissait dans la vallée. Un monstre comme on en voyait peu, de plusieurs mètres de long, dont le corps, qui inspirait la peur la plus profonde, était un mélange entre une couleuvre et un dragon. C’est pour cette raison que les anciens l’ont nommé le Coulobre qui signifie couleuvre en occitan. Il était capable d’ouvrir une gueule béante et ses crocs acérés lui permettaient de tuer et dévorer ses victimes en une seule et unique bouchée !
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Je vous ai dit que les gabarriers qui pilotaient les bateaux craignaient plus que tout le passage à Lalinde. On les comprend ! Cette bête féroce s’en prenait surtout aux personnes qui fréquentaient la rivière que vous venez de traverser.
Quand une gabarre passait, il sortait brusquement de son antre et laissait glisser son corps le long de la colline jusqu’à la rivière. Il enroulait ensuite le bateau avec sa queue, puis il l’entrainait dans les profondeurs pour noyer les passagers. Une fois cette triste besogne accomplie, il ramenait les pauvres bougres dans son repaire pour les dévorer.
C’est pour cette raison que les gabarriers redoutaient plus que tout le Saut de la Gratusse, un passage très dangereux sur lequel vous êtes passés en empruntant le pont. Cet endroit était le lieu de chasse du Coulobre et les nombreuses pierres affleurant qui faisaient chavirer les bateaux lui facilitaient la tâche !
Etes-vous sûr de vouloir poursuivre ? On raconte que le Coulobre vivait dans une grotte sous la chapelle qui se situe un peu plus haut. Aujourd’hui encore on nomme cette grotte le trou du coulobre. Alors soyez prudent en montant et surtout regardez bien où vous mettez les pieds, et évitez de faire trop de bruit… on ne sait jamais.
La fin du cauchemar ou pas...
Je tiens à saluer votre courage, vous êtes passé devant la grotte du Coulobre sans encombre… Peu de personnes osent s’aventurer jusqu’ici. C’est qu’il faut monter pour arriver là ! et maintenant vous pouvez voir, tout en bas, la rivière qui coule.
Elle parait bien loin cette rivière que vous avez traversée il y a quelques minutes. Hé bien le coulobre pouvait se déplier pour boire l’eau de la Dordogne alors que sa queue était encore ici, en haut, au niveau de la chapelle où vous vous trouvez.
Je vous l’avais bien dit, c’était un monstre gigantesque ! sa puissance était telle que lorsqu’il buvait il déplaçait de gros blocs de pierre. On raconte même que c’est lui qui aurait créé le saut de la Gratusse en buvant. Quoiqu’il en soit, ce dragon terrorisait toute la contrée, et il fallait trouver un moyen de s’en débarrasser. Et qui, à part un être doté de pouvoir particuliers pouvait chasser ce monstre ? les habitants se réunirent et une idée germa.
Un groupe se mit en chemin, remonta la Dordogne, puis un bout de l’Isle et se dirigea vers Périgueux. Là ils réclamèrent l’aide de l’Evêque, évangélisateur du Périgord, Saint Front. Ce dernier suivit les habitants jusqu’à la tanière du coulobre. Devant les habitants terrifiés, Saint Front se mit en prières et ordonna au dragon de retourner d’où il venait. Le coulobre résista bien sûr, mais la puissance de l’homme saint était supérieure, et le dragon s’envola vers d’autres territoires à l’ouest.
Vous en doutez ? Ecoutez ce que dit l’Evêque Sebalde, Eveque de Périgueux vers l’an 900 dans sa vie de Saint Front : « ayant passé la Dordogne à pied sec, Front alla à la tanière de la couleuvre, fit le signe de croix et commanda à la bête de ne passer à aucun lieu où il y eut des hommes et des femmes. Le monstre s’abîma dans l’eau et alla incontinent jusqu’à l’océan d’où il était venu ».
Si vous ne me croyez pas, j’espère que vous croirez cet homme d’église ! Et s’il fallait une autre preuve, elle se trouve en face de vous et s’appelle Saint-Front-de-Colubri.

Cette chapelle que certains spécialistes font remonter au VIIIe siècle a été maintes fois remaniée. Mais on reconnait dans son nom Saint Front et le Coulobre, qui sont associés, et à l’intérieur, une sculpture du saint homme tient la chapelle dans sa main et terrasse le dragon, comme pour transmettre cette histoire aux générations futures. Il est d’ailleurs dit que cette chapelle avait été implantée ici en remerciement pour Saint Front et pour se garder d’un retour du Coulobre.

Car vous l’avez lu et entendu comme nous, le Coulobre est retourné d’où il était venu, mais il n’est pas dit qu’il était mort. Il faut peut-être prendre le message laissé par cette petite chapelle comme un avertissement : attention à ne pas faire de mal à sa rivière ! sinon le Coulobre reviendra, et ce sera cette fois pour de bon…
Contenus additionels


Accéder au parcours
Train
Libourne ou Le Buisson
À pied
la gare au départ du parcours (500 m)
Tourner le dos à la gare et aller à droite sur l'Avenue du Général Leclerc. Traverser l'Avenue et prendre la route sur votre gauche puis se diriger à gauche vers la passerelle. Prendre la passerelle et continuer tout droit jusqu'au parking où débute le parcours.


