Le plateau d'Argentine


Le plateau d'Argentine est remarquable par sa faune, sa flore, sa géologie et son histoire.
Il s'étend sur les communes de Sainte Croix de Mareuil et de La Rochebeaucourt et Argentine.
Le parcours que vous allez effectuer à présent, vous permettra de découvrir la diversité biologique et géologique de cette Zone Natura 2000 qui est la zone de type méditerranéen la plus au nord de la France.
Le site est composé d'un plateau calcaire recouvert de pelouses rases et de bosquets arbres et arbrisseaux. Il est doté d'un patrimoine naturel exceptionnel. Il offre aux animaux et aux végétaux un territoire préservé accueillant des espèces menacées de disparition. A travers cette balade, vous allez en apprendre plus sur la biodiversité et l’usage de ce milieu aux caractéristiques particulières.

A noter :
Ce parcours est accessible avec le car régional 310 qui relie Angoulême et Périgueux (voir accès).
Pour le bon déroulé du parcours, n'oubliez pas d'activer le son de votre téléphone et pour chaque point d'étape avancez-vous jusqu'à ce que la notification se déclenche. Vous avez la possibilité d'écouter le contenu de chaque étape. Cependant, pensez également à regarder le texte, des animations et des liens peuvent vous être proposés.
Aperçu du parcours
Deux guides rien que pour vous !
Bienvenue au plateau d’Argentine !
Avant de commencer, sachez que tout au long de votre visite vous allez suivre la petite Emma et son Grand-père.
Tous deux habitent le village d’Argentine situé plus bas. Vous allez tout au long de cette balade, écouter les anecdotes du Grand-père et cultiver votre curiosité avec Emma.
Au fil de cette promenade et des arrêts qu’ils vont faire, vous allez découvrir le plateau et les différentes espèces animales et végétales qui y vivent. Vous comprendrez aussi, quels enjeux cela implique et comment ce milieu est utilisé par les locaux.
Alors n’attendons plus et partons retrouver nos deux amis !
Deux guides rien que pour vous !
Bienvenue au plateau d’Argentine !
Avant de commencer, sachez que tout au long de votre visite vous allez suivre la petite Emma et son Grand-père.
Tous deux habitent le village d’Argentine situé plus bas. Vous allez tout au long de cette balade, écouter les anecdotes du Grand-père et cultiver votre curiosité avec Emma.
Au fil de cette promenade et des arrêts qu’ils vont faire, vous allez découvrir le plateau et les différentes espèces animales et végétales qui y vivent. Vous comprendrez aussi, quels enjeux cela implique et comment ce milieu est utilisé par les locaux.
Alors n’attendons plus et partons retrouver nos deux amis !
Géologie
Grand-père : « Regarde Emma, nous voici sur le Plateau d’Argentine. C’est un endroit remarquable, il est considéré comme l’ensemble de pelouses calcicoles le plus riche de Dordogne et c’est l’un des sites naturels majeurs du territoire du Parc naturel régional Périgord-Limousin. »
Emma : « Calcicole, ça veut dire que c’est pareil que le calcaire ? »
Grand-père : « Exactement, ce système de végétation se développe sur des roches calcaires et ce calcaire sous nos pieds s’est formé il y a environ 90 millions d’années. Tu vois, il y a très, très, très longtemps les océans recouvraient la Terre beaucoup plus largement qu’aujourd’hui. A une période l’histoire appelée le Crétacé supérieur, à l’endroit où nous sommes, s’étendait un vaste lagon aux eaux turquoises, protégées par une barrière de corail. De nombreux organismes vivants y proliféraient. »
Comme vous venez de l’entendre, la formation du plateau d’Argentine est le résultat d’un long processus géologique. En effet, la période du Crétacé s’est étendue d'il y a environ 145 millions d'années à 66 millions d'années avant notre ère. C’est durant cette période, que les dinosaures régnaient sur la planète, et que des événements géologiques et climatiques importants l'ont façonnée. Le Crétacé supérieur dont parle le Grand-père est la dernière partie de cette période.
Lorsque l’aire marine a disparu, les coquilles d'animaux marins tels que les mollusques ou les crustacés se sont brisées et se sont fragmentées, formant ainsi des débris qui se sont accumulés. Leur richesse en calcium a contribué à la formation des roches calcaires du plateau d'Argentine et de la région de Mareuil. Ici, il s’agit de calcaire rudiste en référence à une variété de coquilles de mollusques bivalves du même nom qui s’est éteinte au Crétacé. Ecoutons le Grand-père nous en dire un peu plus sur ce mollusque.
Grand-père : « Les rudistes avaient des coquilles caractéristiques en forme de cône ou de tube, parfois massives. Ces coquilles étaient composées de deux valves inégales, l'une plus petite que l'autre. Les rudistes étaient attachés aux fonds marins, souvent en groupes denses, formant des récifs. Leur mode de vie et leurs coquilles distinctives ont laissé une empreinte significative dans les formations calcaires, contribuant à ce que l'on appelle le calcaire rudiste. »
Emma : « Et que s’est-il passé après ? »
Grand-père : « Toutes ces évolutions géologiques ont transformé le paysage. Peu à peu, l'air marine a disparu, et ces changements ont marqué la transition vers des milieux terrestres. »
Emma : « Et donc la prairie calcaire ? »
Grand-père : « Oui, et on parle aussi de pelouses sèches. Mais suis-moi, nous allons voir de plus près de quoi il s’agit. »
La flore
En avançant sur le chemin, Emma découvre les pelouses sèches qui sont une des spécificités du site. C'est l'occasion de questionner son grand-père sur la flore de ce lieu.
Emma : « Grand père, pourquoi l'herbe est-elle si rase? »
Grand-père : « C'est ce que l'on appelle une pelouse sèche. Le sol est très caillouteux et lorsqu’il pleut, l’eau s’écoule et s’infiltre rapidement dans le calcaire. On dit que c’est un sol pauvre, et tu sais peu de végétaux sont capables de résister à ses conditions extrêmes de sécheresse. »
Emma : « On voit pourtant des forêts de l'autre côté du vallon, pourquoi ici peu de plantes poussent? »
Grand-père : « C'est une très longue histoire. Ici aussi il y avait des arbres mais dès la préhistoire, les premiers éleveurs ont commencé à défricher le plateau. Pendant des siècles, l’homme a ramassé le bois et fait paitre ses moutons modifiant de façon durable la flore et la faune du plateau. »
Comme l’explique le grand-père, si à l’origine le plateau était recouvert par la forêt, l’installation des civilisations durant le néolithique, a considérablement modifié les paysages. En quête d’espaces ouverts pour leurs troupeaux et de petits bois pour le feu, les premiers éleveurs ont modifié le site créant cette pelouse sèche que vous avez sous vos yeux. De plus, l’activité humaine n’a pas cessé et même si aujourd’hui le site n’a rien de naturel à proprement parler, c’est certainement un véritable espace doté d’une grande et rare biodiversité.
Emma : « Dis grand-père, quand je suis venu au printemps dernier, il y avait des fleurs multicolores partout, est ce que tu en connais? »
Grand-père : « J'en connais quelques-unes oui, il n’existe pas moins de 340 espèces végétales à fleurs sur le plateau. 14 d'entre elles bénéficient d'une protection nationale, régionale ou départementale. Par exemple, la très discrète sabline des chaumes, omniprésente ici, ne se développe qu'à de rares endroits en France. Il y a aussi une variété de tulipes sauvages qui poussent sur le site et qui est extrêmement rare, même en Dordogne.»


Emma : « Tu ne m'a pas parlé des orchidées, qui décorent les prés de rose, de différents bleus, de blanc, de jaune lorsque le printemps arrive. »
Grand-père : « Tu as bien regardé la nature quand tu es venu au mois de mai. En effet, il y a au moins 25 espèces d'orchidées qui poussent dans ces dures conditions. C'est sans compter celles qui s'hybrident et c'est très courant chez les orchidées. Elles ont au fil du temps modifié leurs fleurs pour attirer de nombreux insectes qui, en les butinant mélangent les caractéristiques des parents. Cela devient très difficile pour les botanistes de les reconnaitre. »

La singularité des espèces végétales présentes sur le plateau a très rapidement suscité l’intérêt des naturalistes. Dès la fin du XIXe siècle, ils ont inventorié toutes ces espèces ce qui a confirmé la grande valeur patrimoniale de ce site. Vivre dans la sécheresse nécessite une adaptation et pour cela chaque plante à son stratagème.
Les orpins, installés dans les microfissures des roches, s’adaptent à tout type de sol. Leur système d’accumulation d’eau, leur permet de résister avec une grande facilité à la sécheresse.

Les stratégies du thym serpolet ou de l’origan sont plus subtils. Ces végétaux sont dotés de systèmes de rafraichissement, que vous sentirez peut-être puisque ces plantes libèrent des huiles essentielles.

Enfin, d’autres végétaux comme le fumana couché, limite au maximum la surface d’évaporation de ses feuilles qui sont souvent enroulées sur elles-mêmes.

Décidément, le plateau d’Argentine regorge de richesses et l’ensemble des espèces semblent s’être bien adaptées à ce climat peu fertile. Si vous souhaitez en découvrir davantage, je vous invite à utiliser l’outil « découvrir le paysage » ainsi, vous pourrez voir d’autres espèces et découvrir leurs particularités et, peut-être en verrez vous sur votre chemin.
Ensuite, nous poursuivrons avec Emma et son grand-père, qui continuent leur promenade sur la pelouse sèche d'Argentine, en direction des quelques arbres et arbrisseaux, qu'ils aperçoivent un peu plus loin.
Contenus additionels


Les truffes
Emma et son grand père cheminent sur le plateau.
Emma : « Dis Grand-père est ce que l'on va voir des mines de diamants ? »
Grand-père : « Il n'y a pas de mines sur le plateau, il n'y a rien d'autre que du calcaire, de l'argile et des silex. »
Emma : « Pourtant la semaine dernière, avec le voisin tu parlais de diamants noirs ! »
Ce qu'Emma appelle le diamant noir, et ce quelle croit être une pierre précieuse vous fait probablement sourire. Mais si vous êtes de Dordogne ou si vous faites partie de ses nombreux amateurs, vous connaissez surement la truffe noire du Périgord.
Si son surnom est le diamant noir c’est qu’il y a bien une raison. Fierté gastronomique du Périgord noir, la truffe a un parfum et un gout inégalables. Mais ce nom provient aussi de sa forme, et ça, je vais laisser le Grand-père vous l’expliquer.
Grand-père : « La truffe est le fruit d'un champignon souterrain qui s’épanouit aux pieds de certains arbres, les chênes pubescents, les chênes verts et les noisetiers. Ce champignon est composé de fins filaments invisibles à l'œil nu. A la fin du printemps, sur ces filaments, il va apparaitre de minuscules perles noires qui vont grossir tout l'été, et à l’automne former des tubercules de la taille d'une petite pomme de terre. Leur peau couverte de petites verrues les fait ressembler à des diamants, d'où le nom de diamant noir du Périgord. »
Emma : « D'accord je comprends mieux, mais est ce que l'on trouve des truffes partout ? »
Grand-père : « Comme je te l’ai dit, les truffes ne poussent que sous certains arbres, ici se sont des chênes et des noisetiers. Ensuite, il faut un sol calcaire où l'eau ne stagne pas mais où, sous des cailloux reste un peu d'humidité. Puis, c’est un véritable travail d’équipe entre l’arbre et le champignon. Le champignon aide les racines de l’arbre à extraire les sels minéraux du sol, et en échange l'arbre permet au champignon de prendre dans sa sève, notamment des sucres pour faire grossir son fruit. »
Emma : « Mais si elles poussent sous terre comment fais-tu pour les trouver ? »
Grand-père : « Le "cavage", c'est à dire la récolte des truffes est compliqué. Moi j'utilise le chien du voisin qui a été dressé pour chercher le champignon. Autrefois, on utilisait davantage la truie. Les cochons ont l'habitude de fouiller le sol pour trouver à manger et ils sont gourmands. On peut aussi en trouver quand la météo est bonne en pistant une variété de mouches qui ne pond que dans les truffes. »
Comme vous l’explique le Grand-père, avoir des truffes demande de réunir beaucoup de conditions, et les trouver, demande de la patience et une méthode particulière. Mais au fait, savez-vous comment les truffes sont-elles arrivées en Dordogne ? Alors une idée ?
C’est au 16e siècle qu'un roi de France ramène la truffe à la cour. Cependant, c’est un siècle plus tard, au 17e, que la truffe arrive en Dordogne.
Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que la truffe connaissance un grand succès. L’engouement était tel, que dans certaines régions du Périgord, chaque maison avait sa propre truffière, et certains propriétaires avait jusqu’à 1 000 kilos de truffes. Avant la Première Guerre mondiale, la Dordogne commercialisait environ 40 000 tonnes de truffes par an. Le Département était le troisième plus gros producteur de truffes, derrière le Lot et le Vaucluse.
Aujourd’hui, la production a nettement diminué, mais rassurez-vous, nombreux sont les adeptes et les passionnés, et l’histoire de la truffe n’est pas prête de se terminer.
Emma : « J'espère que c'est bon et que cela mérite tous ces efforts. »
Grand-père : « A la maison, il y en quelques-unes que j'ai conservé. On va demander à ta grand-mère de te faire des pâtes à la périgourdine, tu pourras juger par toi-même. »
Avant de partir, je vous propose également de tester vos connaissances. Je vous ai dit tout à l’heure, que la truffe était arrivée en France grâce à un roi, mais lequel ? Pour répondre à cette question, je vous propose de faire le quizz en haut de l’étape.
Et nous, on se retrouve un peu plus loin pour la suite de notre expédition avec Emma et son Grand-père.
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Le lavoir
Blottie sous l’ancienne voie ferrée et sortant de la falaise, à l’abri d’un petit bois, voici la fontaine de Boudoire. Tourmentée par les évolutions du climat, elle ne laisse maintenant s’échapper en été, qu’un joli filet d’eau qui va se perdre dans les champs voisins, oubliant d’alimenter un peu plus bas, les lavoirs de Seguignas et de Fieux qui se régalaient il y a de cela peu, de son eau douce et potable !
Grand-père : « Cette fontaine que nous avons sous nos yeux, ma petite Emma, a fait le bonheur de nombreuses personnes jusque dans les années 40. Bien sûr, tu es trop jeune pour avoir connu cela, mais l’eau potable que l’on trouve de nos jours partout en France, et qui est si facile d’accès, ne l’a pas toujours été. Avant, c’était grâce aux fontaines comme celle-ci que l’on pouvait avoir de l’eau pour nous et nos animaux. Les habitants du village d’Argentine et des fermes voisines venaient avec leurs charrettes chargées de tonneaux, tirées par des chevaux ou des bœufs, pour y puiser leur eau potable. En plus de cela, ils collectaient l’eau de pluie soit dans des citernes enterrées pour l’usage courant de la maison, soit dans des mares pour y faire boire le bétail. Mais dis-moi, sais-tu comment, et surtout où, était lavé le linge ? »
Emma : « En écoutant ce que tu me racontes, grand-père, je dirai que l’on lavait le linge ici. Mais je me demande bien comment ? »
Grand-père : « Effectivement, le linge était bien lavé dans des lieux comme celui-ci, aussi nommé fontaine- lavoir ! A cette époque, c’étaient les femmes, les lavandières, qui profitaient de ce bel écrin pour venir laver le linge de la maison. A genoux, elles jetaient le linge dans l’eau, le tordaient puis le battaient avec un battoir en bois afin de l’essorer. »
Le développement et la modernisation de la commune, entraînèrent une industrialisation de la distribution de l’eau potable, avec la création d’une station de pompage qui œuvra de 1950 à 1990. Si vous le souhaitez, après avoir écouté l’audio de cette étape, une vidéo au-dessus du texte vous présente le travail des femmes lavandières.

Emma : « Dis-moi, grand-père, est ce que je vais pouvoir observer des animaux ici ? »
Grand-père : « Oui bien sûr, parmi les libellules, les abeilles et autres sauterelles ou criquets, la reine de ce lieu est la salamandre tachetée. Ce petit animal d’une couleur jaune et noire fait entre 15 à 20 cm de long. La salamandre, que l’on aperçoit plus facilement au printemps, vit cachée dans la douce humidité des cailloux des berges et des bois creux. Donc si tu veux l’observer, il va falloir être patiente et surtout ne pas faire de bruit afin d’éviter de lui faire peur. »

Emma : « D’accord grand-père, mais est-ce que la salamandre, comme mon amie Dorie la rapiette, peut faire repousser ses membres ? »
Grand-père : « Oui elle le peut, si l’un de ses membres est coupé celui-ci peut repousser. Par contre, la salamandre ne sait pas nager, même si c’est un amphibien comme la grenouille. La salamandre ne s’approche des points d’eau que pour y déposer ses larves. »
A présent, prenez encore quelques instants pour vous rafraîchir auprès de cette fontaine qui, même si elle s’essouffle un peu, a presque retrouvé son visage d’antan grâce aux travaux de rénovation. Avant de poursuivre votre chemin, je vous invite à répondre à un petit quizz sur la salamandre dont la réponse pourrait vous surprendre.
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La faune
En parcourant l'ancienne voie ferrée, Emma et son grand-père longent les falaises arides en contrebas du plateau. C’est l’occasion idéale pour s’arrêter un instant et pour parler de la riche faune qui vit sur le plateau.
Grand père : « Si tu regardes bien, au sommet du bloc rocheux, à la limite de la végétation, tu pourras surement apercevoir un magnifique lézard vert qui musarde au soleil. Les reptiles sont des animaux à sang froid qui adorent se réchauffer sur les grandes dalles calcaires du plateau. Mais comme tout animaux, ils ont aussi leur prédateur comme le circaète jean le blanc, ennemi juré de la vipère aspic. »
Crédit photo : Ellen Le Roy
Le circaète est un grand rapace d’une envergure allant de 160 à 185 cm. Sa tête ressemble à celle d’une chouette et le plumage de son ventre est blanc et parsemé de tâches beiges et marrons. Ses doigts courts et aux griffes acérées sont idéales pour attraper les reptiles. Comme chez la plupart des rapaces, c’est la femelle qui est plus grosse que le mâle. Doté d’une grande variété de végétations, le plateau d’Argentine attire de nombreuses espèces d’oiseaux, notamment des passereaux. Parmi ces espèces, il y a l'alouette des champs, le pipit des arbres, la fauvette pitchou ou encore le pouillot véloce. Mais si vous souhaitez les voir, il faut faire preuve de patience et éviter de faire trop de bruit.
Emma : « Dis-moi, grand-père, tous ces oiseaux ne mangent pas que des reptiles, il me semble que certains mangent des insectes. J'ai remarqué que lorsque l'on marche sur l'herbe le long du chemin, de nombreux papillons de toutes les couleurs et pleins de petits insectes s'envolent sous nos pas. »
Grand père : « Tu as tout à fait raison, sur le plateau ont été repéré des engoulevents d'Europe et des pie-grièche écorcheurs qui sont insectivores. Ces deux espèces d’oiseau ont aussi la particularité d'être protégées au niveau européen. Il y a aussi un nombre incalculable d’insectes dont certains sont aussi de redoutable prédateur. Comme l’empuse, une cousine de la terrible mante religieuse. »
Crédit photo : Cédric Devilleger
La richesse en insectes du plateau d'Argentine est exceptionnelle. On dénombre 71 espèces de papillons de jour. En regardant bien, vous pourrez remarquer les reflets bleutés de l'azuré du serpolet. Ce petit papillon ne pond que dans le thym et l'origan. Il passe l'hiver à l'état de chenille caché dans les fourmilières.
Crédit photo : Nastasia Merceron
Et si vous faites ce parcours en été, vous entendrez surement un chant qui nous est familier. Le chant mélodieux de la cigale de l’orne. Ici, sur le plateau d’Argentine, vous êtes au point nord-ouest le plus haut pour l’entendre en France.
Dans les prairies, vous pouvez entendre les sauterelles et l’oedipode à ailes bleues. C’est un criquet qui, il y a encore quelques siècles ravageait les cultures du sud-ouest. Il y a une légende qui raconte que la dernière grande invasion de criquets, avait été miraculeusement stoppée à la croix dite des sauterelles au 18ème siècle de l'autre côté du plateau.
A présent, continuons tranquillement notre chemin sur la voie ferrée en regardant voler les insectes dans les rayons du soleil.
Les chauves-souris
Emma et son Grand-père poursuivent leur promenade le long de la voie de chemin de fer, et remontent par la petite route vers le plateau.
Emma : « Regarde Grand-père à ta droite, il y a une grotte. On peut la visiter? »
Grand-père : « Oui, bien sûr, mais ce n'est pas une grotte, c'est une carrière. Pendant des centaines d'années, l'Homme a extrait des pierres à Argentine. Il y a de nombreuses cavités comme celle-ci sous le plateau, c'est un vrai gruyère. »
Emma : « Il fait sombre et frais à l'intérieur. C’est quoi ce petit animal qui vient de voler au-dessus de nous? »
Grand-père : « C'est une petite chauve-souris. Il en existe une dizaine de variété sur le plateau. Certaines hibernent au fond des carrières. Elles utilisent ces endroits comme lieux d'habitats le jour et sortent chasser la nuit. »
Emma : « Mais il fait noir, comment voient-elles les insectes et comment les attrapent elles ? »
Grand-père : « Au fil de leur évolution les chauves-souris se sont adaptées à la vie nocturne. Bien qu'elles ne soient pas aveugles, pour chasser et se déplacer dans l'obscurité, elles émettent des ultra-sons par leur larynx et leur bouche et reçoivent les échos dans le pavillon de leurs grandes oreilles. »
Pour vous aider à mieux comprendre comment fonctionne le sonar des chauves-souris, vous pourrez regarder la petite vidéo en haut du bloc texte avant de poursuivre sur la prochaine étape.
Avant cela, savez-vous qu’il y a énormément d’animaux qui vivent en partie ou totalement la nuit ? 30% des vertébrés et 68% des invertébrés ont développé des stratégies de vie nocturne. Par exemple, les hiboux possèdent un masque facial dont les plumes réfléchissent le moindre rayon lumineux vers leurs grands yeux. Ils sont aussi très sensibles aux bruits. Vous avez aussi surement déjà vu les petits vers luisants. Ils s'attirent en émettant de la lumière dans leur abdomen grâce à une enzyme. Puis, en mammifère je peux vous citer les petits loirs qui courent le soir le long des murs.
Emma : « C'est pour ne pas déranger tous ces animaux que tu me demandes d'éteindre la lumière dans la cour? »
Grand-père : « Cela fait aussi économiser de l'électricité, mais bien sur la lumière artificielle perturbe la vie nocturne. A l'entrée de La Rochebeaucourt, tu remarqueras les panneaux du label nuit étoilée qui récompense les villages qui font des efforts pour limiter la pollution lumineuse. La commune est impliquée dans ce projet, elle a notamment changé le type des ampoules et diminué la durée de l'éclairage urbain. Cela favorise la vie des chouettes que tu entant dans le bourg les soirs de printemps. Nous allons continuer notre chemin, nous parlerons de l'exploitation de la pierre lors d'une autre ballade. »
Emma et son Grand-père reprennent leur marche en remontant la petite route.
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Les moutons
A présent, Emma et son grand-père ont quitté la moiteur des carrières, pour retourner sur le beau plateau d’Argentine.
Après une dernière « grimpette », son grand-père va lui parler d’un animal qui nous est familier, car il est aussi notre ami en peluche...le mouton !
Cependant, le troupeau de moutons n’est pas présent toute l’année dans ce champ et selon la période où vous faites ce parcours vous avez plus ou moins de chance de pouvoir les apercevoir. Mais ne vous inquiétez pas, cela ne vous empêchera pas de comprendre la suite de l’histoire.
Grand père : « Nous arrivons à la fin de notre promenade et je vais te parler des moutons que tu affectionnes tant. Les moutons que l’on voit souvent dans nos champs font partie des premiers animaux qui ont été domestiqués par l’homme. Dans les grottes préhistoriques comme nos Cluzeaux situés dans le village, des ossements de moutons y furent retrouvés. En plus, élever des moutons est une activité assez simple et ils nous fournissent tant de choses : lait, cuir, laine et viande. Auparavant, peu de champs étaient clôturés comme celui-ci. C’est pour cela que la présence constante d’un berger était nécessaire, et c’était bien souvent la femme, la bergère ! Pendant ce temps elle s’occupait de filer la laine, et de tricoter toutes sortes de vêtements pour l’hiver. »
Emma : « Le berger, s’il restait toute la journée pour surveiller son troupeau, comment faisait-il quand il pleuvait ? »
Grand père : « En cas de forte pluie ou de vents violents, le berger allait s’abriter dans de petites cavités creusées dans la roche ou il se construisait une cabane, appelée borie, avec les pierres sèches trouvées alentours.»

En Dordogne, les moutons appartiennent tous à la race périgorde , plus ou moins améliorée par les métis, une race espagnole introduite en France depuis 50 ans.
Les terrains pauvres du Périgord, souvent appelés « picadies », font de notre département au XIXe siècle, un des plus gros lieux de production. La laine fut longtemps un élément prépondérant pour la fabrication de vêtements ou de chaussons. Puis la qualité gustative de la viande du mouton commença à intéresser et fut même labellisée.
Fin
C’est ici que nous quittons Emma et son grand-père que nous avons pu suivre tout au long de cette balade enrichissante. Poursuivez tout droit puis, allez à droite pour retourner au parking.
Avant cela, sachez que si cette promenade vous a plu et si vous souhaitez découvrir l’histoire du village d’Argentine, un autre parcours en compagnie de nos deux amis est disponible. Vous pourrez ainsi, les suivre à travers une promenade remplie d’histoire et de légendes, et croyez-moi, ce village a beaucoup de choses à vous raconter.
Bonne continuation à vous et à bientôt !
Activités annexes
Accéder au parcours
Train
Périgueux ou Angoulême
Ligne régionale 310 Angoulême-Périgueux / Arrêt "LA ROCHEBEAUCOURT BOURG" / Horaires ligne: https://transports.nouvelle-aquitaine.fr
À pied
l'arrêt de car "LA ROCHEBEAUCOURT BOURG" jusqu'au plateau d'Argentine (2 km)
Depuis l’arrêt de Car dans la direction Périgueux Angoulême sur la route principale, traverser et prendre la « rue du Château » en face. Passer devant l’église et continuer. Sur la place de la mairie se diriger en face à gauche pour prendre la « rue des Alouettes ». Arriver sur la route principale, prendre à gauche et continuer tout droit sur la Route de Ribérac. Poursuivre à gauche sur la D12 PRUDENCE. Dans le virage, prendre à gauche sur la route du plateau d'Argentine puis, prendre directement le chemin d'en face. Arrivé à l'intersection, prendre à gauche pour rejoindre le parking du plateau.

