Promenade autour d'un moulin bateau


La Dronne fait partie des grandes rivières du département de la Dordogne.
Pourtant, elle n’a pas connu le développement du commerce par bateau, comme l’Isle, la Dordogne ou la Vézère. En l’absence de navigation, les moulins se sont développés tout au long de la rivière et ont jeté des seuils sur son cours pour alimenter les roues hydrauliques.
Si vous avez déjà fait du canoë sur la Dronne, vous avez certainement passé un certain nombre de seuils, assez nombreux sur la rivière !
Certains de ces moulins se sont installés très tôt sur la rivière, et on en retrouve des traces à l’époque médiévale dans les cartulaires des abbayes. L’ancien « moulin du Pont », aujourd’hui Maison de la Dronne, en fait partie.
Cet ancien moulin à farine datant du XIIème siècle a été reconverti en usine électrique en 1907.
Autour de ce bâtiment à l’architecture typique des moulins bateau de la Dronne, vous pourrez observer les aménagements de la rivière en restant au sec grâce à des passerelles, mais également les mécanismes, la roue, ou encore l’intérieur du moulin lorsqu’il est ouvert. Voir horaires
A noter :
Ce parcours est accessible avec le car régional 313 qui relie Ribérac et Périgueux (voir accès).
Aperçu du parcours
Bienvenue
Vous sentez la fraicheur de la rivière Dronne qui coule derrière la chapelle ? Si vous venez en été, il y a certainement des baigneurs qui s'égayent dans l'eau, car ce lieu est un endroit de baignade apprécié.
Surprenant comme implantation pour une chapelle ? Elle a été construite en 1890 à la suite du rétablissement d’un ancien pèlerinage voué à Notre Dame de l’Assomption. Sur la cloche est gravée en latin : "je vous appelle à la pitié, je vous conduis vers le Ciel".
Il va maintenant falloir remonter la rivière un peu en amont pour se rendre au moulin. Vous ne savez pas marcher sur l’eau ? Pas de problème, des passerelles permettent d’enjamber la rivière facilement. Attention cependant en cas de pluie, le bois peut être glissant.
Si vous êtes prêts, vous pouvez remonter vers la route bordée de platanes, et accéder à la Maison de la Dronne.
Bienvenue
Vous sentez la fraicheur de la rivière Dronne qui coule derrière la chapelle ? Si vous venez en été, il y a certainement des baigneurs qui s'égayent dans l'eau, car ce lieu est un endroit de baignade apprécié.
Surprenant comme implantation pour une chapelle ? Elle a été construite en 1890 à la suite du rétablissement d’un ancien pèlerinage voué à Notre Dame de l’Assomption. Sur la cloche est gravée en latin : "je vous appelle à la pitié, je vous conduis vers le Ciel".
Il va maintenant falloir remonter la rivière un peu en amont pour se rendre au moulin. Vous ne savez pas marcher sur l’eau ? Pas de problème, des passerelles permettent d’enjamber la rivière facilement. Attention cependant en cas de pluie, le bois peut être glissant.
Si vous êtes prêts, vous pouvez remonter vers la route bordée de platanes, et accéder à la Maison de la Dronne.
Le moulin bateau
Vous êtes sur l'accotement du pont routier qui traverse la rivière, et vous bénéficiez ici d'une belle vue sur la maison de la Dronne et sa roue. Bien entendu vous pouvez continuer à avancer et vous éloigner de la route en tournant en droite pour plus de confort.
La maison de la Dronne s’est donc installée dans le moulin du XIIème siècle que vous avez en face de vous. ! Construit tout à la fois près d'un pont Gallo-Romain et d'un gué, ce Moulin a une forme de bateau typique des moulins de la Dronne. Avez-vous remarqué cette forme particulière, avec la proue triangulaire pour offrir le moins de prise au courant ?
Ce moulin s’est d’abord appelé le « moulin de Perdux ». Non qu’il se soit égaré sur un bief qui ne soit pas le sien, mais il tirait ce nom d’un ancien archiprêtre de « Pardoux », dont la chapelle du XIXème siècle bâtie au bord de l’eau garde le nom un peu déformé, « Notre Dame de Perdux ».
Des traces de ce moulin apparaissent dans le cartulaire de l’abbaye de Chancelade, située à l’ouest de Périgueux. Il était important à l’époque médiévale de posséder un moulin, et les moines ou moniales déployaient de grands efforts pour les acquérir ou obtenir des droits sur eux, que ce soit par donation ou par achat. Les anciennes abbayes que renferme l'actuel département de la Dordogne n'ont pas été les dernières à entrer dans ce mouvement !
Avant 1168, les seigneurs de Saint-Astier cédèrent donc à l’abbaye Chancelade des droits sur ce moulin. On garde trace vers 1189 d’un acte de générosité des trois frères de Fayolle, qui offrirent deux setiers de froment à porter au moulin afin que les religieux aient une « honnête et générale pitance », où figuraient du pain, de l'huile, des œufs, des fromages ou des poissons.
Moulin blanc à mouture de céréales, le moulin était flanqué à son origine de deux roues à aubes, alimentées par un canal. Il ne reste qu’une roue aujourd’hui que vous pouvez voir près de la porte d’entrée du site. Vous pouvez vous approcher d’elle, pour vous rendre compte de son gabarit. Imaginez quand il y en a deux comme ça qui tournent, la puissance qui peut être exploitée !
Vous êtes également passé sur le canal ou bief qui alimente le moulin pour arriver jusqu’au bâtiment. C’est le bras sur lequel les barques sont posées, le cours naturel de la rivière est situé de l’autre côté du seuil. Le seuil est le petit barrage sur lequel l’eau tombe en cascade. Si parfois les seuils contrarient un peu le kayakiste pressé, il n'en demeure pas moins utile, car il a pour fonction d’envoyer une partie de l’eau de la rivière vers les roues des moulins.
Très largement remanié au XVIII° siècle, le bâtiment est rebaptisé comme beaucoup de moulins dans sa situation « le Moulin du Pont » puis le « moulin de Montagrier » après la Révolution! Aujourd’hui le moulin situé en rive droite de la Dronne est toujours sur la commune de Montagrier.
Au début du XX° siècle, le Moulin, à nouveau baptisé « du Pont », entame une importante métamorphose avec l'ajout d'un bâtiment annexe, une surélévation et la suppression des roues pour accueillir une toute nouvelle production. C’est le petit bâtiment que vous pouvez découvrir derrière le moulin, accessible par une petite passerelle.
Avec la mise en place d’une turbine, il permettra aux villages de Tocane et Montagrier d'être classés dans les 2900 premières communes de France à découvrir l'électricité. De l’année 1907 à laquelle débute la production d’électricité, elle se poursuivra jusqu'en 1957 : une énergie toute propre et locale!
Aujourd’hui, comme la plupart des moulins de la vallée, le moulin du Pont a cessé son activité. Il connait une dernière métamorphose et un dernier changement de nom en « maison de la Dronne », accueillant maquettes et outils pédagogiques pour expliquer le fonctionnement d’un moulin.
Ouvert au public de mai à septembre, des animations hebdomadaires proposent des activités de découverte à un public familial, ainsi que des animations culturelles ponctuelles et des balades en barque. Sur place : tables de piquenique ; TERRA AVENTURA. Site labellisé « Dordogne en Famille »
Un peu de technique...
A quoi pouvait donc servir cette étrange machine se trouvant en face de vous ?
Dans une centrale hydro électrique, l’eau fait tourner des turbines qui entrainent elles-mêmes des alternateurs produisant l’électricité. Le courant alternatif obtenu change de sens à une fréquence régulière de 50Hz, soit 100 inversions par seconde) définie par la vitesse de rotation de l’alternateur et de la turbine.
Cette fréquence doit rester rigoureusement stable, quelle que soit la demande en électricité des consommateurs. Lorsque la demande augmente, la fréquence ralentit et réciproquement, comme celle d’un cycliste qui pédale moins vite dans les montées. La fonction du régulateur est donc de maintenir la vitesse de rotation de la turbine parfaitement constante.
Des poulies entrainées par la turbine à travers des courroies de cuir font tourner le régulateur. Sa vitesse est donc proportionnelle à la vitesse de la turbine, lisible sur le compte tours. En fonction de cette vitesse, le régulateur actionne légèrement des vannes qui règlent le débit d’eau dans la turbine. Il adapte ainsi constamment la vitesse de la turbine à fréquence invariable de 50 Hz : lorsqu’elle ralentit, les vannes s’ouvrent pour redonner plus d’eau et inversement.
Le régulateur que vous avez sous les yeux a été breveté par la maison Simgrün à Epinal. Il repose sur un système hydraulique complexe utilisant de l’huile sous pression. Il a été construit par les Constructions Electriques de France, entreprise très présente dans le sud ouest au début du XXème siècle. Cette société bâtit sa fortune sur l’électrification du chemin de fer, qui entraine la construction de locomotives électriques, la création de réseaux électriques, et la construction de nouvelles centrales hydroélectriques.
Fondée en 1918 à Tarbes et Vénissieux avec des capitaux anglais, elle est intégrée à Alsthom en 1932.
Le moulin électrique
Vous êtes maintenant devant l’extension qui a été réalisée au XIXème siècle pour accueillir la turbine. Avec la mise en place de cette turbine, le moulin permettra aux villages de Tocane et Montagrier d'être classés dans les 2900 premières communes de France à découvrir l'électricité.
De l’année 1907 à laquelle débute la production d’électricité, elle se poursuivra jusqu'en 1957 : une énergie toute propre !
Alors comment fonctionnait cette turbine ? Vous avez vu la roue du moulin sur le côté du bâtiment : elle est verticale comme sur la plupart des moulins du Val de Dronne. Dans le sud de la France, certains moulins employaient une roue horizontale avec le même principe de fonctionnement que la roue verticale.
La turbine est une adaptation de cette roue horizontale, mue également par la force de l’eau.
Pour empêcher que le rotor tourne tout le temps, une cloche est disposée dessus. Sans eau, la turbine reste immobile, à l’arrêt. Avec un volant, le meunier soulevait cette cloche laissant l’eau pénétrer vers le rotor ; Il se met alors à tourner entrainant toute la mécanique. Plus la cloche est levée, plus la vitesse de rotation du rotor est grande.
Ici, à la maison de la Dronne, la turbine est une « Hercule progrès » fabriquée au XIXème siècle. Avec les problèmes écologiques que connait le XXIème siècle, se pourrait-il que les moulins du Val de Dronne se remettent un jour à faire de l’électricité ?
Retour à la chapelle
Vous voici de retour au parking, peut être aurez vous envie de vous tremper les pieds dans cette rivière aux eaux fraiches? Ou peut être de découvrir les moulins vus depuis la rivière en canoë? Ce sera bientôt possible avec Dorie qui vous fera découvrir la rivière entre Tocane saint Apre et Ribérac...
En attendant, en rentrant chez vous ou à votre location, ayez une pensée pour ces moulins du Val de Dronne. Elle vous accompagnera depuis le moment où vous entamez une baguette de pain, jusqu'au moment où vous appuyez sur l'interrupteur pour allumer la lumière...
C'est dire l'importance qu'avaient ces moulins pour le quotidien des habitants, avant l'arrivée très récente d'autres moyens de production permettant de fournir farines et électricité en masse...
Mais qui sait? peut être que ces moulins retrouveront un jour une utilité, car leur fonctionnement écologique et local est bel et bien compatible avec l'air du temps!
Activités annexes
Accéder au parcours
À pied
l'arrêt de car de Tocane "Boulevard C.Roby" jusqu'à la chapelle Notre Dame de Perdux (1 km)
Depuis l'arrêt, longer l'école maternelle et se diriger dans le camping. Longer le stade et se diriger vers le petit parking en castine et prendre le chemin le dans l'allée des platanes qui va en direction du moulin. Ensuite, aller à gauche pour vous rendre à la chapelle Notre Dame de Perdux.
Train
Ribérac ou Périgueux
Ligne régionale 313 Ribérac Périgueux. https://transports.nouvelle-aquitaine.fr


