L'industrieuse Mucidan






Mussidan avait une situation privilégiée entre Périgueux, Bergerac, Bordeaux et Ribérac au carrefour de plusieurs voies de communication terrestres et fluviales.
Sa position sur l’Isle lui fournit la force motrice du courant puis de l’électricité pour ses machines. A partir de savoir-faire locaux, des artisans vont se muer en entrepreneurs dynamiques. Ils inventèrent de nouveaux systèmes, déposèrent des brevets et développèrent leurs ateliers en usines spécialisées.
La ville ainsi se modernisa rapidement, s’agrandit avec l’arrivée des employés des usines et devint un petit bassin industriel entre 1860 et 1970. Vous ne nous croyez pas ! Suivez Dorie sur la trace des vestiges de « l’industrieuse Mucidan », comme on disait au XIXe s., et à la rencontre des témoins de cette époque.
A noter :
Le parcours est accessible en train en prenant le TER qui relie Bordeaux et Périgueux.
Aperçu du parcours
Bienvenue à Mussidan
Vous êtes maintenant au parking situé devant le parc Voulgre.
Dorie vous invite à (re)découvrir Mussidan lors d'un parcours semi-urbain. Si vous êtes prêts à vous plonger dans cette** industrieuse Mucidan** comme on le disait et l'écrivait à l'époque (hé oui, Mussidan s'écrivait parfois avec un C et parfois avec 2 s et un T à la fin), il va falloir traverser le parc pour vous diriger vers la chartreuse dans laquelle est installée le musée André Voulgre.
Tout le long de cette balade, vous rencontrerez des **témoins de l'époque **où les industries se développaient dans une petite ville prospère. Et le premier personnage que vous allez rencontrer arrive en 1901 à Mussidan par le train.
Allez le rejoindre, il vous attend...
Bienvenue à Mussidan
Vous êtes maintenant au parking situé devant le parc Voulgre.
Dorie vous invite à (re)découvrir Mussidan lors d'un parcours semi-urbain. Si vous êtes prêts à vous plonger dans cette** industrieuse Mucidan** comme on le disait et l'écrivait à l'époque (hé oui, Mussidan s'écrivait parfois avec un C et parfois avec 2 s et un T à la fin), il va falloir traverser le parc pour vous diriger vers la chartreuse dans laquelle est installée le musée André Voulgre.
Tout le long de cette balade, vous rencontrerez des **témoins de l'époque **où les industries se développaient dans une petite ville prospère. Et le premier personnage que vous allez rencontrer arrive en 1901 à Mussidan par le train.
Allez le rejoindre, il vous attend...
Le musée André Voulgre
Arrivez jusqu'au musée et retrouvez Eugène Le Roy, écrivain périgourdin connu pour son roman "Jacquou le Croquant". En 1901, il entreprend un voyage à travers le Périgord: quelles sont ses impressions en arrivant à la gare de Mussidan?
« Mussidan est à mon avis une des plus jolies petites villes du Périgord et celle qui a le plus l’air de ville. Elle a de belles promenades et sa situation, au confluent de la Crempse et de l’Isle, est très heureuse. En dépit de son ancienneté, la ville est neuve, on n’y voit point de restes de murs d’enceinte, ni d’anciennes portes, ni même de vieilles maisons. »
Eugène Le Roy, Carnets de notes d'une excursion de Quinze jours en Périgord, 1901.
« Je vous présente le docteur André Voulgre. C’est lui qui rassembla dans sa chartreuse la collection d’objets et de livres retraçant l’évolution de notre Périgord face à cette modernité déferlante ! Si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à pousser ses portes. Vous n’en serez pas déçus pardi ! »
Docteur André Voulgre : « Merci, cela sera avec plaisir que je vous ouvrirai les portes de mon musée. Vous y découvrirez la Chartreuse, ma demeure, exposant l’évolution de l’Art de vivre en Périgord, ainsi qu’une dizaine de salles retraçant la modernisation des savoir-faire au XIXe et XXe siècle dans la vallée de l’Isle. Mais pour l’heure, partez découvrir Mussidan avec Monsieur Eugène Le Roy.»
Les maisons des patrons
Eugène Le Roy : «Vous voyez, nous voilà sur la Route de Bordeaux. N’est-ce pas une entrée de ville digne d’accueillir les visiteurs de marque arrivant de la capitale du Sud-Ouest ? Voyez comme ces grandes avenues bordées de belles demeures et immeubles modernes relient la ville à sa gare. Une foule d’ouvriers, employés, voitures hippomobiles et tombereaux, tels les mouvements des abeilles autour d’une ruche, vont et viennent et animent chaque jours ces artères. »

La première villa en venant du musée était la demeure d’un pharmacien de Mussidan. La seconde, cette belle villa des années 1880, était la villa Merville puis Seillan après le rachat de la demeure par Pierre Seillan fondateur de la Société Anonyme des Travaux Métalliques (SATM) avec Deffarges et Renous. La ferme moderne de la Barde, que l’on devine à l’arrière, faisait partie du domaine de la villa Merville/Seillan. Pierre Seillan a même été maire de Mussidan de 1902 à 1904.
la zone industrielle
« Ne nous aventurons pas de l’autre côté de la voie ferrée, un train pourrait nous emporter ! Depuis ici, nous pouvons apercevoir la Zone Activités des Mauries qui regroupe une partie des activités industrielles et commerciales de Mussidan et Saint Médard de Mussidan. Apercevez-vous l’emplacement de l’Industrie Bois et Fer (IBEF) et de l’usine Mussidan-Sièges? »
Peut être les verrez vous en découvrant le paysage?
Contenus additionels


ATEMCO
Un forgeron de Mussidan importa un nouveau procédé anglais de rideaux métalliques en tôle ondulée puis s’associa avec un ingénieur en 1905. La S.A.T.M. (Société Anonyme de Travaux Métalliques) fit construire et s’installa alors dans de grands bâtiments au plus près de la gare.

Avec ses 80 employés et ses bâtiments industriels modernes, elle fut surnommée rapidement « La Grande Boîte ».
La production se diversifie après la Première Guerre mondiale : armoires-vestiaire en tôle, fermeture de grandes dimensions, portes de garages, persiennes… Puis pendant la 2e GM, faute de métal, elle travaille le bois pour produire des habitations en bois pour les réfugiés des bombardements.
Avec les commandes de l'armée américaine après la seconde Guerre mondiale, la SATM grossit encore en emploie alors 175 ouvriers. L’usine produits des fermetures métalliques, des meubles métalliques, du mobilier scolaire.

La production se diversifie ensuite puis se spécialise dans les années 1970 dans la fabrication de bâtiments préfabriqués pour la société de location Algeco sous le nom ATEMCO (Ateliers Mussidanais de Construction).
Pour en savoir plus :
Vers 1870, Pierre Seillan, forgeron dont nous avons vu la villa précédemment, importa à Mussidan un procédé d'origine anglaise pour la fabrication de rideaux métalliques en tôle ondulée et installa son petit atelier de constructions métalliques et serrurerie dans le centre de Mussidan, rue Gambetta à la place de la salle Aliénor actuelle. D’abord associé à Renous, l’atelier P. Seillan devient la société Seillan & Renous puis en 1905 après son association avec M. Deffarges, un ingénieur centralien qui avait aussi une fabrique de rideaux en tôle ondulée installée sur les bords de la Crempse à l’emplacement de la médiathèque actuelle, la société devint Seillan & Renous-Deffarges.
Puis J. Renous & Cie déplace alors l’atelier près de la gare, où il dispose d’un petit dérivé de rail qui rejoint la gare. En 1906, cette usine devient la S.A.T.M. (Société Anonyme de Travaux Métalliques) avec son siège et une deuxième usine à Bègles près de Bordeaux. Elle prend rapidement de l’ampleur. Elle compte environ 80 ouvriers (treize manœuvres, un magasinier, trois mécaniciens, dix-neuf serruriers, huit ajusteurs, huit métallurgistes, un menuisier, quatorze ouvriers, un mouleur, deux tourneurs, un peintre, deux employés de commerce, deux comptables et un employé comptable, une sténo dactylo, deux employés de bureau, deux employés) qui la surnomment d’ailleurs « la grande boite ».
La production se diversifie après la Première Guerre mondiale : armoires-vestiaire en tôle, fermeture de grandes dimensions, portes de garages, persiennes… Puis pendant la 2e GM, faute de métal, elle travaille le bois pour produire des habitations en bois pour les réfugiés des bombardements. Avec les commandes de l'armée américaine après la seconde Guerre mondiale, la SATM grossit encore en emploie alors 175 ouvriers. L’usine produits des fermetures métalliques, des meubles métalliques, du mobilier scolaire. En 1968, la fermeture de l’usine de Bègles et le regroupement des activités à Mussidan, la société devient ATEMCO (Ateliers Mussidanais de Construction). Elle se spécialise dans la production des bâtiments préfabriqués pour la société de location Algeco. L’usine de Mussidan est aujourd’hui une filiale d’OBM Construction.
Le quartier de la gare
Retrouvons Eugène le Roy qui flane du côté de la gare de Mussidan
« Tiens, voilà justement Eugène Massoubre, le rédacteur en chef de l’Écho de Vésone, qui vient d’assister au voyage inaugural de la voie ferrée entre Périgueux et Coutras.»

E.M.: « Quelle journée historique pour le Périgord ce 20 juillet 1857 ! C’est le progrès qui est en marche devant nos yeux. Nous sommes partis de Périgueux il y a de cela une demi-heure, le train précipita sa course. Nous allions avec une vitesse effrayante de 75 kilomètres à l'heure ; c’est que nous descendions la rampe de Saint-Louis ; en pente de 7 millimètres par mètre, et en courbe de 1.200 mètres de rayon ; [...] En sortant de la commune de Saint Front de Pradoux, nous traversâmes la rivière de l'Isle sur un magnifique pont à cinq arches de seize mètres d'ouverture et nous entrâmes dans la station ou plutôt dans la gare de Mussidan. Voyez, Mussidan, est une des jolies petites villes du département ; elle est bien bâtie, située dans, une vaste et riante plaine, au confluent de l'Isle et de la Crempse. Nous n'hésitons pas à croire qu'un grand avenir est réservé à Mussidan. Sa position topographique, entre Ribérac et Bergerac, sur la ligne de Périgueux à Bordeaux, au centre d'un pays fertile en blé, riche en bestiaux, lui assure des avantages que la compagnie du chemin de fer a prévus en donnant à la gare de Mussidan un certain développement. » Eugène Massoubre, Annales agricoles et littéraires, 20-27 juillet 1857, p. 143-144
La gare de Mussidan a été inaugurée le 27 juillet 1857 lors de l’ouverture de la ligne Périgueux-Coutras de la Compagnie de chemin de fer du Paris à Orléans (P.O.).
Contenus additionels


les maisons des contremaitres
Eugène Le Roy : «Les champs entre les faubourgs de Mussidan et la Gare se sont rapidement urbanisés. Il fallait bien loger les ouvriers, contremaîtres des usines et les employés de la gare. Essayez de faire la différence entre les maisons de chacun en remontant l’avenue. N’y aurait-il pas là une reproduction des mêmes inégalités qu’autrefois ?
Les seigneurs d’industrie dans les grandes villas ; les contremaîtres/régisseurs dans les jolies maisons et les ouvriers dans les petites cahutes ! Le progrès pour tous mais pas la même part pour chacun !»
Cette belle maison à droite au n°5 était celle de M. Patou, le directeur de l’usine de la SATM dans les années 1930.
les cierges
Eugène Le Roy : « tenez, je vous présente Louis de Lamothe, secrétaire général honoraire de la société d'agriculture de la Dordogne, qui a déjà sillonné le département dans tous les sens. »
Louis de Lamothe : « [Comme vous pourrez le voir, grâce à la gare, à Mussidan,] le commerce de transit et de détails est très actif. On y compte plusieurs fabriques assez importantes, notamment de [singulières] raffineries de cire dans lesquelles on confectionne une foule de cierges et de bougies fort estimés, [mais également] des ateliers très considérables de serrurerie et d’autres construction d’instruments agricoles parmi lesquels il faut citer celui de M. Dudreuil, souvent couronné dans nos expositions départementales [lors des comices].» Louis de Lamothe, Voyages agricoles en Périgord, Annales agricoles et littéraires, tome 42, Dupont éd., Périgueux, 1881, p. 258 :
« Justement nous passons devant une de ses manufactures : celle de Durieux-Servet qui deviendra Deffreix »
Maison Durieux-Servet fondée en 1859 par un des ouvriers de l’atelier Baronnie-Broussard puis Maison Deffreix avec production de cierges, bougies et encaustique installée plus près de la gare que les autres ciergeries. Deffreix s’associe avec Novillard pour reprendre l’atelier Loisy.
Pour en savoir plus : La cire d’abeilles était raffinée et blanchie au soleil pour la débarrasser de son odeur et de sa couleur jaune. Elle servait alors à la fabrication des cierges et des bougies. La cire pouvait aussi être mélangée à de l’essence de térébenthine pour les divers produits d’encaustique destinés aux parquets ou aux chaussures.
usine chaussures Arma
L’industrie de la chaussure s’implanta dans la vallée de l’Isle en 1893 lorsqu’une usine ouvrit ses portes à Neuvic sur l’Isle sur l’îlot de Planèze. Rapidement cette usine dirigée par Léopold Marbot devint l’une des plus importantes de France. Plus de dix fabriques virent ainsi le jour au début du XXe s. entre Montpon et Périgueux dans cette « vallée de la chaussure ».
Ci dessous : outils de modéliste chaussures_usineARMA_1960_Coll.Fargeot

L’une d’elle était l’usine ARMA. En 1920, Jean-Baptiste Ardiller créa un petit atelier de sandalettes avec la technique Kneip au côté de l’épicerie familiale en s’associant avec J. Bleynie, fabricant de chaussures à Bordeaux. Marc Manet et Louis Angoin entrèrent dans la famille Ardiller et l’usine fut installée pour produire les chaussures ARMA avec 100 ouvriers en 1925. En manque de main d’œuvre après la guerre, l’industrie de la chaussure attira les habitants de la vallée créant un mode de vie original entre l’usine et la ferme : les ouvriers-paysans. Sous la direction de M. Chupin, ARMA change de raison sociale avec la chaussure Badine puis vente de l’usine en dépôt de bilan à l’entreprise chinoise GEANT puis fermeture en 1998. Face à la délocalisation massive de l’industrie européenne, toutes les usines de chaussures fermèrent dans les années 1980 sauf Marbot-Bata qui licencia ses derniers ouvriers en 2009, clôturant ainsi un siècle d’industrie du chaussant dans la vallée de l’Isle.
Usine cierges et bougies
Rencontre avec Alice Junière, femme d’industrie, qui dirige l’usine Junière à la mort de son père et de son mari.
Eugène Le Roy « Nous vous disions qu’il y avait un grand nombre de fabrique de cierges à Mussidan. En voilà une autre au coin de cette rue dont on aperçoit la cheminée. Vous la voyez ? Mince, ils ont rasé la cheminée il y a quelques décennies ! Mais voici Alice Mocquet-Junière qui nous en dira plus. »
Alice Mocquet-Junière :
« Après la disparition de mon mari au front en 1918 et la mort de mon père, le fondateur de la ciergerie Junière, en 1921, j’ai repris les rênes de l’usine.
Pendant quinze ans, j’ai continué à développer la plus grosse usine de cierges et bougies de Mussidan. Nous commercialisions la production dans les drogueries, les pharmacies de 30 départements et les grands magasins parisiens ou londoniens.
Avec la généralisation de l’électricité et la création d’usine de cierges autour de Lourdes, l’usine ferma en 1955. »
Les villas des patrons
La maison de style arcachonnaise a été construite par la famille Junière propriétaire de la Ciergerie pour la famille Delbrel.

Puis elle a été habitée par deux directeurs de la SATM. D’abord par Michel Schneerson, fils d’Isaac Schneerson, le fondateur du Centre de Documentation Juive Contemporaine et du Mémorial du Martyr juif Inconnu, dans les années 1930 jusqu’en 1948.
Puis la villa a été occupée par M. Ferris, un autre directeur de la SATM à partir des années 1950.
La villa Devise : belle demeure moderne de Roger Devise, patron de l’usine de Longua à Saint Medard de Mussidan avec parquets en bois en feuilles de fougères de la fin du XIXe s.-début du XXe s.

Les Charmettes ou la villa Martin à gauche au 35 rue de Héros de la Résistance : grande demeure des années 1920 de la famille Martin, patrons de l’usine de Trépointes.

La rue de Beaupuy
Eugène Le Roy "La rue Beaupuy était la route de Bergerac qui traversait un des faubourgs de la ville de Mussidan au XVIIIe s. Au début du XXe siècle, ce quartier populaire accueillait aussi bien les belles demeures de médecins, de notaires, les grandes maisons à étages de comptables ou de fonctionnaires que les petites maisons basses des ouvriers et artisans."
cires du sud ouest
Georges Mercier né en 1879, est d’abord ouvrier chez Baronnie et Broussard avant de fonder son propre atelier en 1921 à l’angle des rues Saint Agnan-Route de Bergerac avec une machine à vapeur. Il fabriquait des cierges, des bougies et de l’encaustique vendu sous la marque Kolugi.
Pendant la seconde guerre mondiale, il se diversifia en produisant du savon avec de l’argile de Beauronne, des briques de résines pour la construction, des pneus increvables… Lui succédèrent son gendre et son petits fils Martin.

En 1955, une SARL regroupe les anciens établissements Mercier, Mocquet-Junière et Mazeau de Périgueux au 27 route de Bergerac sous le nom de Société Nouvelle des Cires du S.O. Avec 30 employés, elle produisait des cierges pour les paroisses de France et les villes religieuses comme Lourdes ou Lisieux.
Elle ferme en 1984. C’était la dernière usine de cierges de Mussidan.
trepointes
M. Musc, implante un atelier de trépointes, accessoire pour la fabrication de chaussures, à Saint Louis en l’Isle. Face au développement de la production en se spécialisant dans la trépointe, il déménage la production à Mussidan, rue Saint Agnan.
Il décède jeune et sa femme, fille Mercier, se remarie. L’établissement Martin emploie alors 90 employés.

La trépointe est une pièce en cuir d’ornement et de renforcement de la chaussure. Elle constituait la partie essentielle de la chaussure pour qu’elle soit étanche. Mais, la simplification des chaînes de fabrication de chaussures diminua la quantité des trépointes utilisées dans la fabrication des chaussures dans les années 1980.
usine gerbaud
Cette usine est le résultat de la fusion des scieries Gerbaud et du Pic dans le quartier de l’église. Henri Gerbeaud acheta également la scierie Seyrat.
La cheminée de la machine à vapeur alimentant les scies est construite en 1904. En 1931, un incendie détruit une partie des bâtiments qui sont reconstruits et modernisés en 1936. Georges Gerbaud, fils du fondateur, est maire de Mussidan de 1955 à 1965.
L’usine de caisses ferme en 1959.
remorques simon
Charles et Camille Simon, deux frères, inventèrent un système de freinage des remorques automobiles et créaient un atelier rue Gambetta.

Une douzaine d’employés spécialisés y travaillaient : forgerons, ajusteurs, soudeurs, autres métallos et un spécialiste du bois. En 1941, un incendie dans la scierie mitoyenne détruit l’atelier Simon qui est reconstruit.
Après guerre, en plus des remorques automobiles, le catalogue s’étoffe de remorques agricoles. La production perdure jusqu’en 1989.
usine de canadiennes et distillerie Alary
Au début de l’année 1940, les frères Gilfriche, Roger et Marc, implantent un atelier de confection de vêtements militaires dans les bâtiments laissés libres après la fusion de l’atelier de construction métallique Deffarges avec celui de Pierre Seillan.
Cette manufacture produit alors des blousons, canadiennes et autres vestes cirées militaires. En 1943, la manufacture déménage rue des Arzens pour fabriquer en plus des jouets bourrés en tissus. [Elle emploie alors nombres de réfugiés dont des juifs ainsi mis à l’abri.]
Après l’armistice, la production s’oriente alors vers des articles vestimentaires civils, des accessoires de sport puis des casques en lièges recouverts de cuir pour vélomoteurs. A partir des années 1960, la manufacture produit les casques Saint Christophe en polyester pour motos. L’usine devient **SIMPRON **dans le même local, puis déménagement en 1975 à la Zone Industrielle pour produire des blousons, casques et gants jusqu’en 1978 à l’emplacement des ateliers de Mussidan Sièges.
Ci dessous, casque type Saint Christophe fabriqué à Mussidan

La distillerie Maison Allary est fondée en 1860 en bordure de Crempse. Utilisant la force du ruisseau, elle se dota également d’une machine à vapeur pour distiller les fruits de la vallée. Elle produit ainsi de** nombreux alcools** en suivant le développement des cafés et bistrots : cognac et liqueurs, Vallombreuse, anisette, Curaçao, apéritif GoW aux agrumes, eau et vin de noix, crème de cacao-chouva, liqueur de dessert Raspail, fruits confits...
La famille Allary habitait au 1er et 2ème étage du grand immeuble de la distillerie. Racheté dans les années 1930 par Raoul Grassin puis plusieurs familles avant les Paul. La distillerie ferma en 1986.
Ci dessous un bocal de cerises de la distillerie

les axes de communication
Eugène Le Roy : « Les voies de communications ont joué un rôle essentiel dans l’industrialisation de la vallée de l’Isle. C’est elles qui permirent aux usines de s’approvisionner et de vendre leurs produits toujours plus loin**. Mais qui de mieux pour en parler que l’ingénieur des Arts et métiers, M. l’agent-voyer en chef du département de la Dordogne : M. Augustin Sinsou ! »
Augustin Sinsou : « Bien le bonjour ! J’ai effectivement amélioré et développé pendant 40 ans les routes de la Dordogne pour en faire ce beau réseau irrigant tous le département. La route Nationale de Périgueux, que vous voyez, a été en grande partie gagnée sur la rivière en rognant la falaise en 1840.

Mais en regardant la rivière vous me faîtes repenser à mes premières amours : la navigation de l’Isle.
La rivière Isle fut mise en navigation entre 1820 et 1837 avec son système d’écluse et de maisons éclusières. Le pont en pierre actuel remplaça en 1840 celui construit en 1820 un peu en amont.

Au même moment la route royale fut aménagée le long de l’Isle et deviendra la Route Nationale 89. La construction des deux lignes de chemin de fer en 1857 et 1890 révolutionna encore le transport des marchandises et des passagers.
Mais les moyens de transport les plus modernes chassent les moins commodes et les plus rapide sur le même territoire. Les écluses de l’Isle ne furent plus entretenues après 1957 face au progrès du chemin de fer et du transport par route. La voie de chemin de fer Bergerac-Angoulême dut aussi fermer par tronçons entre 1942 et 1951 face au développement du transport par camions et autocars.

Tiens, voyez André Rigaillaud, le fils du notaire, en train de photographier tout ce qui bouge… tant que c’est mécanique et moderne !»

André Rigaillaud : « Bonjour M. Sinsou. Et oui, c’est le progrès. Mussidan fourmillait alors de voitures hippomobiles, automobiles, gabares, bateaux à vapeur, trains de marchandises et de passagers et même avions !»

usine et cité ouvrière Gabillou
L’ancien moulin à farine et à huile installé sur l’Isle à la Biterne est remplacé à la fin du XIXe s. par des usines qui alimentaient également Mussidan en électricité dès 1895. Ainsi, une scierie, une unité de broyage-pulvérisation de terres réfractaires et une usine de constructions métalliques de Lacout et Seyrat s’implantèrent à cet emplacement.
Ces usines sont rachetées en 1915 et l’importante usine de la société des Tissages Mécaniques de Mussidan fut ainsi créée à Sourzac en 1920 pour produire de la toile de ligne pour la table et la toilette pour le marché des grandes administrations, compagnies de transport transatlantique et des sociétés hôtelières. En 1930, elle faisait tourner 150 métiers à tisser et produisait annuellement 1.200.000 mètres de toile.

Une petite cité ouvrière est même construite à Gabillou pour loger les ouvriers selon les conceptions paternalistes de l’époque.

Toute cette activité économique dans la vallée ne manqua pas de créer des conflits entre les « patrons » et les ouvriers surtout en mai-juin 1936 : grèves, occupation d’usines et lock-out.

L'usine ferma en 1972.
Après le travail
Les allées Chastanet, bordées de tilleuls, étaient un lieu de promenade couru le long de la Crempse, depuis le buste en bronze d’Auguste Chastanet jusqu’ à la confluence avec l’Isle et aux haras.
Ci dessous l'allée des Tilleuls

Il faut imaginer que le contournement routier de Mussidan n'existait pas encore à l'époque, ce qui rendait cette promenade bucolique!
Ci dessous la section cycliste

Il faut reconnaître que le niveau de vie général des habitants a fortement progressé entre 1850 et 1950. Le bien-être et les temps de loisirs n’ont cessé que croître. Il n’y a qu’à regarder le développement du sport, de la pratique de la musique et des activités de détente.
Ci dessous l'union musicale de Mussidan
Sur ces allées, se trouvaient également les bains-douches publics dont on aperçoit encore la cheminée. La modernité c’était aussi l’hygiène bon marché pour les ouvriers dont les maisons n’avaient pas de salles de bains.
Atelier Rousseau et Baronie-Broussard
Depuis 1818, la maison Rousseau, rue de Gorry, produisait des cierges et bougies fort estimés par le clergé du département. En 1841, on parle de l’atelier Rousseau et Baronnie-Broussard suite à des mariages. Hector Broussard, était « négociant cirier » dans la première moitié du 19e s.
« La Fabrique » se trouvait dans le parc de la demeure de Vallombreuse des Barronnie-Broussard à la confluence l’Isle et de la Crempse construite en 1848 (aujourd'hui office notarial).
Avec l’arrivée du chemin de fer, les ouvriers de cet atelier créèrent à leur tour de nouvelles fabriques pour donner naissance à une industrie du cierge et de la bougie qui fit la renommée de la ville.
En 1920, l’atelier Mercier succède à Baronnie et Broussard.
Avant de repartir
*Eugène Le Roy *

« Nous voilà presque arrivés au terme de notre promenade sur l’industrieuse Mucidan. Nous n’avons découvert qu’une toute partie du patrimoine industriel de Mussidan et de la vallée de l’Isle ! Si le travail ne manque pas dans la vallée, les conditions de travail restent néanmoins très pénibles et cela ne manque pas de générer grèves et revendications."
Cette industrialisation, fruit de la modernisation et de l’exploitation de ce territoire, a amené le progrès à la vallée de l’Isle. Mais, aujourd’hui, après 50 ans de désindustrialisation, il ne reste que quelques petites unités de production en activités à Mussidan : Atemco, Mussidan-Sièges, Inov-fruits, la fonderie Pervieux, la chaudronnerie SODIPIA et Composite Industrie du Périgord… Aujourd’hui, l’industrieuse Mussidan a laissé la place à une paisible petite ville de campagne blottie au bord de l’Isle et entourée des forêts de la Double et du Landais, comme aux origines.
*Sources:
- Archives municipales
- Archives départementales
- Archives du musée
- Publicités de presse
- Cartes postales du musée, des ADD24 et de la SHAP
- Corinne Marache, Les Métamorphoses du rural
- Photographies d’objets des collections du musée fabriqués par les usines
Lien opensetreetmap : http://umap.openstreetmap.fr/fr/map/anonymous-edit/845504:V2VtEC6YIuxnk1v1MtmAvlq8hU4 *
Activités annexes
Accéder au parcours
À pied
La gare au départ du parcours (1 km)
Tourner le dos à la gare et aller à gauche sur "avenue du général De Gaulle". Tourner à droite sur "rue Pierre Seilhan puis à gauche "rue du Maréchal Joffre". Enfin, traverser l'avenue Georges Clemenceau et continuer tout droit jusqu'au parking où débute le parcours.
Train
Ligne de train Bordeaux-Périgueux


