Dorie
Dorie
1,1km
30min
5.0

Les cloches maudites

Histoire
Histoire

La Dordogne est bien connue pour son patrimoine, sa gastronomie, et sa nature généreuse qui en font un endroit agréable pour vivre ou passer ses vacances.

Mais elle a aussi sa part d’ombres, et c’est dans ce Périgord des croyances, des légendes et des histoires sombres que Dorie vous emmène aujourd’hui.

Sur les rives de la Dronne, au XVIIe siècle, la vie paisible des habitants du village de Fargeas, aujourd’hui nommé Abjat-sur-Bandiat, a été bousculée par un évènement tragique mêlant histoires d’amours, trahisons et phénomènes étranges.  

Dorie vous propose de partir à l’aventure, et de vous conduire au Saut du Chalard à l’endroit même où cette terrible histoire a pris fin… enfin c’est ce que l’on croit…

Ouvrez grands vos yeux, et surtout tendez l’oreille ! Il se pourrait que vous entendiez des sons un peu particuliers…

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Mode de mobilité
À pied
Publics
En famille
Accessibilité
Animaux

Aperçu du parcours

Étape 1

La Dame de Fargeas

Notre histoire débute en 1640 au village de Fargeas, aujourd’hui nommé Abjat-sur-Bandiat.

Dans ce village, vivait une jeune femme à la beauté incroyable. Elle s’appelait Claire, et fut nommée ainsi car sa peau était d’une telle blancheur, que lorsqu’elle buvait du vin, on pouvait voir le liquide couler dans sa gorge. Il faut dire qu’à l’époque, la mode n’était pas au bronzage, mais c’est plutôt la pâleur de la peau qui était recherchée.

Évidemment, bon nombre de prétendants se présentèrent à elle en espérant obtenir sa main. Jusqu’au jour où la renommée de sa beauté arriva aux oreilles d’un seigneur de Thiviers du nom de Vaucocour.

Le seigneur voulut absolument épouser Claire, et s’empressa de la demander en mariage, mais cette dernière avait déjà promis sa main à un jeune habitant du village qu’elle aimait, et elle refusa.

Fou de rage, Vaucocour insista pour la prendre de force. Mais il fut bien obligé de battre en retraite, car les gens du village de Fargeas s’opposèrent fermement à un tel comportement vis-à-vis de leur petite protégée.

Une rumeur se répandit un jour, selon laquelle le seigneur reviendrait pour enlever Claire. Cette idée mit les habitants en colère, et tous se mobilisèrent, s’armèrent de haches, de fourches et de bâtons, et durant plusieurs jours et plusieurs nuits, se relayèrent pour défendre leur village et la belle Claire.

Mais cela a-t ’il suffit face au cruel seigneur ?

Vous mourrez d’envie de connaitre la suite n’est-ce pas ? Et bien il falloir patienter et marcher pour pénétrer dans la forêt qui a été témoin de cette histoire et a encore bien des choses à nous raconter.

Étape 1

La Dame de Fargeas

Notre histoire débute en 1640 au village de Fargeas, aujourd’hui nommé Abjat-sur-Bandiat.

Dans ce village, vivait une jeune femme à la beauté incroyable. Elle s’appelait Claire, et fut nommée ainsi car sa peau était d’une telle blancheur, que lorsqu’elle buvait du vin, on pouvait voir le liquide couler dans sa gorge. Il faut dire qu’à l’époque, la mode n’était pas au bronzage, mais c’est plutôt la pâleur de la peau qui était recherchée.

Évidemment, bon nombre de prétendants se présentèrent à elle en espérant obtenir sa main. Jusqu’au jour où la renommée de sa beauté arriva aux oreilles d’un seigneur de Thiviers du nom de Vaucocour.

Le seigneur voulut absolument épouser Claire, et s’empressa de la demander en mariage, mais cette dernière avait déjà promis sa main à un jeune habitant du village qu’elle aimait, et elle refusa.

Fou de rage, Vaucocour insista pour la prendre de force. Mais il fut bien obligé de battre en retraite, car les gens du village de Fargeas s’opposèrent fermement à un tel comportement vis-à-vis de leur petite protégée.

Une rumeur se répandit un jour, selon laquelle le seigneur reviendrait pour enlever Claire. Cette idée mit les habitants en colère, et tous se mobilisèrent, s’armèrent de haches, de fourches et de bâtons, et durant plusieurs jours et plusieurs nuits, se relayèrent pour défendre leur village et la belle Claire.

Mais cela a-t ’il suffit face au cruel seigneur ?

Vous mourrez d’envie de connaitre la suite n’est-ce pas ? Et bien il falloir patienter et marcher pour pénétrer dans la forêt qui a été témoin de cette histoire et a encore bien des choses à nous raconter.

Étape 2

La terrible bataille !

Maintenant que nous sommes dans la forêt, écoutons l’histoire qu’elle nous raconte.

Un soir, tandis que la lune éclairait de sa lumière blanche le village protégé par une armée d’habitants prêts à en découdre, on entendit les cavaliers du seigneur de Vaucocour.

Aussitôt, le jeune promis de Claire pris le commandement de la petite armée de villageois, et ordonna l’attaque ! S’en suivit une violente bataille ! Les cris des blessés s’entendaient à plusieurs lieux, jusqu’à l’endroit où vous vous trouvez, et les chiens hurlaient à la mort.

Puis, après des heures de combat sanglant, la bataille s’arrêta lorsque le seigneur fut étendu raide mort sur l’herbe. Ses hommes prirent alors la fuite.

Avant que le jour ne soit levé, un trou fut creusé dans le lit du Bandiat, et on y jeta le corps sans vie de Vaucocour. Les habitants recouvrirent le cadavre d’un énorme bloc de pierre en disant cette phrase : « Vaucocour ei sous lu pount dé la Charello inté o deurt et deurmiro d’enquéro ! »

Ce qui signifie : « Vaucocour est sous le pont de la Charelle où il dort et dormira encore »

La jeune Claire fut très attristée en apprenant que son amant avait lui aussi perdu la vie durant la bataille. A partir de ce moment, elle couvrit sa tête du « moutchadou » noir des veuves. Et quelques années plus tard, elle mourut de chagrin.

Mais cette histoire ne se termine pas là. Le roi de l’époque, Louis XIII eut vent de l’affaire, et sa réaction fut d’une grande cruauté.

Continuons notre chemin, en nous dirigeant toujours vers la rivière, et vers le lieu où se déroule l’épilogue de cette histoire.

Étape 3

La légende est née…

Je dois bien reconnaitre que jusqu’à présent, mon histoire n’est pas très gaie, et malheureusement, les évènements tragiques ne se sont pas arrêtés après la bataille.

Quand le roi fut averti qu’un puissant seigneur venait d’être assassiné, il décida que les habitants de Fargeas, méritaient une punition exemplaire.

L’assassin de Vaucocour fut écartelé, il s’appelait « Lo piti peï do Rêlé ». Ensuite, tous les suspects furent condamnés à la pendaison ou aux galères. Les marchés furent supprimés, et les nouveaux impôts furent très lourds.

Suite à cela, de nombreux habitants quittèrent le village et se rendirent à Saint Saud, Miallet, Milhaguet ou dans les environs. Mais leur réputation les précédait, ils étaient pointés du doigt comme des lépreux et des pestiférés.

Et comme si tout ceci ne suffisait pas, le roi ordonna l’enlèvement des cloches de l’église du village. Abjat, privé du secours du Bon Dieu, disparaîtrait.

Mais la tâche ne fut pas si simple. On eut beaucoup de peines pour descendre les cloches et pour les placer sur un chariot. Les routes étaient mauvaises et cela ne facilita pas le transport. Quand le convoi arriva ici, au Saut-du-Chalard, une cloche se détacha, roula et tomba au fond de la rivière.

Depuis ce jour, les Abjacois vinrent en pèlerinage, en souvenir de leur cloche et de leur village, et se penchaient sur l’eau de la cascade en implorant « Souno ! Souno ! Par tous damnas d’Abjat » (sonne sonne pour tous les damnés d’Abjat).

Et un beau jour… Alors que l’eau de la Dronne grondait en cascades sur les rochers, s’éleva un son faible, et de plus en plus puissant, qui enfla jusqu’à couvrir le bruit de l’eau en remontant des profondeurs du saut du Chalard! La cloche répondait enfin à leurs prières, la malédiction sur le village d’Abjat allait disparaitre !

Et la cloche en sonnant révéla aux habitants d’Abjat un autre secret. Le seigneur de Vaucocour avait pris la forme d’un énorme « singliant rousseu » (chinglio rousséou), un cingle, cette couleuvre jaune-roux qui siffle d’une manière si effrayante ! Dans le pays, on savait déjà que les âmes des méchants étaient punies de cette manière. On dit que plus d’un paysan a pris peur en voyant le cingle et en essayant de le tuer. Le cingle de Vaucocour serait aussi gros qu’un pieux et se cacherait dans les broussailles au pont de la Charelle où son corps avait été précipité.

Et si en remontant du saut du Chalard, vous décidez de faire un tour dans le village d’Abjat, jetez un coup d’œil dans le clocher. On dit que la belle Claire de Fargeas ré apparait régulièrement sous la forme d’un grand oiseau blanc et vient observer la quiétude du village et ses habitants, qui vivent désormais au rythme des nouvelles cloches.

Ainsi se termine l’histoire de la belle de Fargeas. Se termine ? pas exactement. Aujourd’hui encore, les habitants d’Abjat, si vous êtes suffisamment proches d’eux, vous le diront en chuchotant : chaque jeudi saint à 14h la cloche du Saut du Chalard se remet à sonner, pour montrer qu’elle est toujours là et qu’elle veille sur le pays.

Alors serez-vous assez courageux pour revenir ?

En attendant, si j’étais à votre place, je tendrai quand même l’oreille, on ne sait jamais…