Les tourbières de Vendoire




Situées au nord-ouest de la Dordogne à un jet de pierre de la Charente voisine, le site des tourbières de Vendoire, est un lieu étonnant, à la fois riche en biodiversité et en histoire. Il joue un rôle essentiel dans l’équilibre de l’écosystème local, en abritant une grande diversité d’espèces animales et végétales, parfois rares ou protégées.
Au fil de ce petit parcours d’un kilomètre, vous suivrez Dorie, qui vous guidera à travers les grandes étapes de l’histoire de la tourbière, depuis sa formation jusqu’à son exploitation par l’homme. Vous découvrirez les fonctions écologiques précieuses qu’elle remplit, mais aussi les conséquences que peut entraîner sa dégradation. Vous apprendrez aussi que ce site a été un véritable refuge pour les habitants, notamment durant des périodes difficiles comme la Seconde Guerre mondiale.
Enfin, pensez à ouvrir l’œil et à tendre l’oreille. Vous aurez aussi la chance d’observer quelques espèces typiques de la tourbière, et d’en apprendre plus sur leur vie et leur adaptation à cet environnement si particulier.
Consignes du site :
- Chien tenu en laisse
- Feu et camping interdits
- Cueillette et capture interdites
- Interdit à tout véhicule (motorisé ou non)
- Baignade interdite
Aperçu du parcours
Bienvenue
Bienvenue aux tourbières de Vendoire !
Avant de commencer notre parcours, j’ai une petite question pour vous. Pour arriver ici vous avez suivi des petites routes jusqu’à ce cul de sac. Peut-être avez-vous l’impression d’être arrivés dans un lieu perdu au milieu de nulle part ? C’est qu’on n’arrive pas ici par hasard ! Il faut quitter les sentiers battus, et une fois sur place, on se demande un peu où l’on a mis les pieds... pourtant le dépaysement ne fait que commencer.
Au fil de notre balade, vous allez découvrir les particularités et toute l’importance de ce site. Vous verrez aussi à quel point sa bonne gestion est essentielle, car sans cela, les conséquences pourraient être graves pour l’écosystème et même pour nous.
Allez, dirigeons-nous vers la maison des tourbières, il est temps de commencer notre balade !
Bienvenue
Bienvenue aux tourbières de Vendoire !
Avant de commencer notre parcours, j’ai une petite question pour vous. Pour arriver ici vous avez suivi des petites routes jusqu’à ce cul de sac. Peut-être avez-vous l’impression d’être arrivés dans un lieu perdu au milieu de nulle part ? C’est qu’on n’arrive pas ici par hasard ! Il faut quitter les sentiers battus, et une fois sur place, on se demande un peu où l’on a mis les pieds... pourtant le dépaysement ne fait que commencer.
Au fil de notre balade, vous allez découvrir les particularités et toute l’importance de ce site. Vous verrez aussi à quel point sa bonne gestion est essentielle, car sans cela, les conséquences pourraient être graves pour l’écosystème et même pour nous.
Allez, dirigeons-nous vers la maison des tourbières, il est temps de commencer notre balade !
Premier coup d’œil sur les tourbières
Maintenant que nous avons quitté le parking, entrons dans le vif du sujet. Pour cela, je vous invite à avancer jusqu’au ponton d’accueil pour jeter un premier regard sur le site.
Ici le paysage des tourbières se dévoile, insolite, avec l’eau omniprésente dans laquelle se reflètent les couleurs du ciel et de la végétation. Mais comment cette sorte de labyrinthe aquatique a pu se constituer ?
Pour comprendre la formation des tourbières de Vendoire, il faut remonter environ 10 000 ans en arrière, à la fin de la dernière période glaciaire.
À cette époque, le sol était constitué de sables, de graviers et d'une couche d'argile imperméable. La rivière Lizonne débordait régulièrement, et comme la pente du terrain était très faible, l’eau stagnait. Elle ne pouvait pas s’évacuer, piégée au-dessus de cette couche d’argile.
Peu à peu, des plantes aquatiques, des mousses et d’autres végétaux sont morts et se sont accumulés dans cette eau stagnante. À cause du manque d’oxygène, du climat plus frais et de l’acidité du sol, ces végétaux ne se sont pas complètement décomposés.
C’est ainsi que la tourbe s’est formée, lentement, au fil des siècles. Grâce à l’eau chargée en minéraux qui nourrissait la zone, d’autres mousses et herbes ont continué à pousser et à s’accumuler, ce qui a progressivement élevé le niveau de la tourbière.
La nature a su faire avec ce qu’elle avait, et créer un écosystème unique, riche et surprenant.
Avant de poursuivre, je vous propose de répondre à une question. Arriverez-vous à trouver la bonne réponse ? Pour cela, rendez-vous dans le quizz en haut de l’étape.
Puis, on se retrouvera dans quelques centaines de mètres, pour que je vous parle de l’exploitation de la tourbe.
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L’exploitation de la tourbe
Vous avez remarqué comme c’est agréable de se balader ici ? C’est paisible, n’est-ce pas ?
On a du mal à imaginer qu’il y a encore moins de cent ans, les gens venaient ici uniquement pour exploiter le site et extraire la tourbe. En effet, les premières extractions de tourbe sont datées du Moyen Âge, et elles se sont poursuivies jusque dans les années 50. Mais pour quelle raison ?
La réponse est plutôt simple : on venait y extraire la tourbe, qui servait de combustible pour se chauffer.
Mais extraire la tourbe n’était pas une tâche facile. Avant toute chose, il fallait vider l’eau qui stagnait dans la tourbière. Pour cela, les habitants creusaient un réseau de fossés qui permettait d’assécher temporairement le sol. Une fois la terre prête, les ouvriers, appelés tourbiers, découpaient des blocs de tourbe d’environ 1,20 m de long sur 10 cm de côté. Pour cela, ils utilisaient un louchet, un outil bien particulier en forme de grand couteau plat. À Vendoire, trois briques successives pouvaient être extraites au même endroit, soit jusqu’à 3,60 m de profondeur. Ces briques étaient ensuite mises à sécher sur place, parfois pendant plusieurs jours.
Puis venait le moment du transport. Cette étape était majoritairement pratiquée par des femmes. À l’aide de brouettes, la tourbe séchée était acheminée vers un lieu de stockage, souvent à proximité. Une fois sèche, la tourbe avait perdu environ les trois quarts de son poids.
À Vendoire, on pouvait extraire jusqu’à 4 000 briques par jour, ce qui représente 12 tonnes de tourbe humide, soit 4 tonnes de tourbe sèche. Cette activité a duré jusqu’aux années 1950, avant de disparaître peu à peu, remplacée par d’autres sources d’énergie plus modernes.
Aujourd’hui, le regard que nous portons sur les tourbières a bien changé. Témoins du passé, nous savons qu’elles jouent un rôle crucial pour l’avenir de la planète. En effet, à surface égale, elles stockent dix fois plus de carbone qu’une forêt. Ce sont donc de véritables puits de carbone naturels, indispensables dans la lutte contre le changement climatique.
Elles agissent aussi comme une éponge géante. Lorsqu’il pleut, elles absorbent d’énormes quantités d’eau, ce qui permet de limiter les risques d’inondation en aval. Et pendant les périodes de sécheresse, elles la relâchent doucement, soutenant ainsi les cours d’eau et les écosystèmes. Mais pour qu’elles puissent continuer à remplir ces fonctions vitales, encore faut-il en prendre soin. Pendant longtemps, les tourbières ont été considérées comme des zones inutiles, humides, insalubres. Alors, on les a asséchées, exploitées, transformées. Le drainage et les extractions intensives ont perturbé leur fonctionnement naturel, entraînant la disparition progressive de leur biodiversité.
Il est donc indispensable que les tourbières soient considérées comme des trésors vivants, fragiles et précieux. Si on les respecte et qu’on les protège, elles continueront à rendre d’immenses services, pour des générations à venir.
Avant de poursuivre, je vous propose de répondre à un petit quizz. Nous nous sommes rendu compte que lorsque nous exploitons une tourbière, une quantité énorme du CO2 qu’elle stocke est alors relâchée, mais combien de tonnes cela représente chaque année dans le monde ? Arriverez-vous à trouver la bonne réponse ? Pour cela, rendez-vous dans le quizz en haut de l’étape.
Puis, on se retrouvera dans quelques centaines de mètres, pour que je vous parle de la faune et la flore typique qui habitent le site.
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Les habitants des tourbières
Dans cet écosystème humide et fragile, faune et flore cohabitent dans un équilibre aussi délicat que fascinant.
Parmi les habitants les plus étonnants de la tourbière, on trouve l’Azuré de la Sanguisorbe, un petit papillon bleu protégé, aujourd’hui en voie de disparition. Sa survie dépend d’un trio improbable : une plante, une fourmi et une formidable adaptation.

La femelle papillon pond ses œufs sur la Sanguisorbe officinale, une plante des prairies humides. Une fois écloses, les petites chenilles tombent au sol, où elles sont adoptées par des fourmis Myrmica, trompées par l’odeur imitant celle de leurs propres larves. Emmenées dans la fourmilière, les chenilles passent l’hiver bien au chaud en se nourrissant des larves des fourmis elles-mêmes ! Au printemps, elles se métamorphosent et deviennent papillons, prêts à recommencer ce cycle étonnant.

Cette relation très spécifique rend l’Azuré extrêmement vulnérable. Il ne peut vivre que là où la plante et la fourmi sont toutes deux présentes. C’est pourquoi la gestion humaine des prairies de la tourbière est essentielle pour maintenir ce fragile équilibre.
Mais la tourbière abrite aussi une flore singulière, parfois invisible à première vue. C’est le cas de l’utriculaire, une petite plante aquatique carnivore.

Elle flotte sous la surface de l’eau et capture des proies microscopiques grâce à des vésicules en forme de pièges-aspirateurs. Dès qu’un minuscule animal touche l’un des poils sensibles, il est aspiré en une fraction de seconde, digéré, puis absorbé par la plante. En juillet, de délicates fleurs jaunes s’élèvent au-dessus de l’eau, signalant la floraison de ce végétal discret et rare.
Autre habitante des eaux douces de la tourbière : la characée, une algue verte qui ressemble à une plante. Très sensible à la qualité de l’eau, elle est un excellent indicateur de la bonne santé des milieux aquatiques. Avec ses tiges souples et ses ramifications régulières, elle joue un rôle essentiel dans l’équilibre de l’écosystème.

Mais toutes les espèces ne sont pas aussi bienvenues. L’écrevisse de Louisiane, par exemple, est un véritable fléau pour la tourbière. Originaire du sud des États-Unis, cette grosse écrevisse rouge a été introduite en Europe pour l’élevage avant de s’échapper dans la nature.
Très résistante, elle supporte les variations de température, la pollution, et peut même se déplacer sur terre pour coloniser d’autres points d’eau. Omnivore, elle consomme tout ce qu’elle trouve : végétaux, œufs d’amphibiens, invertébrés. Elle détruit les habitats des espèces locales et concurrence les écrevisses indigènes. Son comportement agressif et sa capacité à creuser des galeries dans les berges fragilisent les milieux humides. Aujourd’hui, sa prolifération menace l’équilibre écologique de nombreux étangs, mares et zones humides, y compris à Vendoire.

Ainsi, dans ce paysage apparemment tranquille, se cache un monde d’interactions complexes, de merveilles naturelles mais aussi de menaces. Préserver la tourbière, c’est protéger un patrimoine vivant d’une richesse inestimable.
Avant de poursuivre, je vous propose de répondre à un petit quizz. Le ragondin est lui aussi considéré comme une espèce invasive, mais pour quelles raisons ? Deux réponses sont attendues et pour y répondre, rendez-vous dans le quizz en haut de l’étape.
Puis, on se retrouvera quelques mètres plus loin, pour notre dernière étape, où je vous parlerai de la gestion du site.
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Protéger les tourbières
Avant de repartir, il est important que je vous parle de la gestion et de la valorisation des tourbières de Vendoire.
Le site est intégré au périmètre Natura 2000 intitulé « Vallée de la Nizonne ». Cette classification vise à protéger des habitats naturels et des espèces rares ou menacées à l’échelle européenne, tout en tenant compte des activités humaines. C’est un outil qui permet de concilier préservation de la biodiversité et développement local durable.
Le site est géré par le Conservatoire d’espaces naturels d’Aquitaine, en partenariat avec la Communauté de communes du Pays Ribéracois et des propriétaires privés. Pour vous donner un exemple concret, les aménagements qui vous ont permis de suivre cette balade font partie des projets qui valorisent et maintiennent l’intérêt écologique et fonctionnel du site.
Retenez que les tourbières sont des milieux uniques et fragiles, véritables refuges pour une biodiversité remarquable. Ici, l’azuré de la sanguisorbe nous rappelle à quel point la nature peut être complexe et délicate, dépendant d’une plante hôte et d’une fourmi bienveillante. La flore particulière témoigne d’un équilibre subtil entre eau, végétaux et micro-organismes.
Mais attention, ces espaces précieux sont aussi menacés par certaines espèces invasives, comme l’écrevisse de Louisiane. Prendre conscience de ces enjeux, c’est déjà agir pour préserver ces écosystèmes millénaires et leur richesse. Nous vous invitons à poursuivre votre découverte et, si l’accueil du site est ouvert, à y poser vos questions, l’équipe se fera un plaisir de vous renseigner.
Merci d’avoir partagé cette balade au cœur des tourbières avec moi. J’espère que vous avez appris plein de choses et que cela vous donnera envie de découvrir les autres richesses du territoire.
Bonne continuation et à bientôt pour un nouveau parcours Dorie !


