Ecrin de nature et d'histoire de l'ilot du Duellas




Entre rivière, patrimoine et création artistique, le moulin du Duellas vous invite à une balade hors du temps. Installé sur un îlot au cœur de la vallée de l'Isle, ce moulin rappelle l'époque où les gabares descendaient la rivière chargées de marchandises. Canaux et ouvrages hydrauliques témoignent encore aujourd'hui de cette activité qui a marqué le territoire. En suivant le sentier qui entoure l'îlot, découvrez un environnement riche en biodiversité et laissez-vous surprendre par les œuvres inspirées par l'eau qui ponctuent la promenade. Une invitation à observer, ressentir et comprendre ce paysage singulier, où l'histoire des hommes dialogue avec celle de la nature. Une courte balade accessible à tous, à explorer en compagnie de Dorie.
A noter :
Le parcours est accessible par le train en prenant le TER qui relie Bordeaux et Périgueux et en descendant à Montpon. Ensuite, un itinéraire vélo de 10 km, vous permet de vous rendre au point de départ du parcours.
Photos des œuvres d'art : Margot Murat Dessins, illustrations : Pierre, du Syndicat Mixte du Bassin de l'Isle

Aperçu du parcours
Bienvenue au moulin du Duellas
Bienvenue au moulin du Duellas. Posez un instant vos affaires et laissez vos yeux balayer le paysage : pas de lotissement, pas d’enrobé brillant, juste des prairies, des arbres, et le murmure proche de l’Isle.
Le nom Duellas a une petite histoire : il renvoie sans doute à la duelle ou douelle, la lame de bois d’une barrique. Il y avait, parait-il, trois tonneliers dans ce hameau avant le phylloxéra dans la deuxième moitié du XIXème siècle. C’est un clin d’œil discret à l’artisanat ancien du lieu.
Le moulin que vous voyez est posé sur un îlot de six hectares, créé quand on a creusé un canal pour raccourcir la boucle de l’Isle et créer le barrage. Pour relier l’îlot à la rive, on a construit un pont-levis : imaginez-le basculant, laissant passer les gabares, puis redescendant pour permettre l’accès aux charrettes venant livrer le blé.
Concrètement, le pont se levait grâce à un réservoir d’eau rempli à la pompe manuelle. Deux bras, appuyés sur les piliers que vous pouvez encore voir, étaient reliés d’un côté au réservoir par des chaînes, de l’autre au tablier du pont. Par effet de balancier, le réservoir plein faisait basculer les bras et le pont se levait ; il suffisait ensuite de vider le réservoir pour que le pont redescende à sa place.
Quand vous serez prêts, dirigez-vous donc vers ce pont qui est désormais définitivement baissé ; vos pas vont vous conduire dans un paysage où histoire meunière, nature et sculptures se répondent.
Juste après la traversée, vous trouverez un panneau de présentation du moulin. Il résume l’histoire et la vie du lieu. Prenez le temps de le lire si vous le souhaitez : les informations présentées vous aideront à mieux comprendre les bâtiments et les traces industrielles que l’on verra ensuite.

Vous serez également accueilli par la première œuvre du parcours, une sculpture en bois. Écoutez les mots de l’artiste Margot Murat : « c’est la première sculpture des esprits de la rivière. C’est cette sculpture qui ouvre le chemin, c’est la protectrice du lieu et symbole du rapport que l’on a à l’eau, parfois desctructrice, mais au pouvoir vivifiant. On le retrouve dans la face avant qui exprime la douceur, mais en faisant le tour on peut voir que la cascade se termine en un nœud tortueux. »
Franchissez ensuite une nouvelle passerelle pour vous diriger vers le moulin.
Bienvenue au moulin du Duellas
Bienvenue au moulin du Duellas. Posez un instant vos affaires et laissez vos yeux balayer le paysage : pas de lotissement, pas d’enrobé brillant, juste des prairies, des arbres, et le murmure proche de l’Isle.
Le nom Duellas a une petite histoire : il renvoie sans doute à la duelle ou douelle, la lame de bois d’une barrique. Il y avait, parait-il, trois tonneliers dans ce hameau avant le phylloxéra dans la deuxième moitié du XIXème siècle. C’est un clin d’œil discret à l’artisanat ancien du lieu.
Le moulin que vous voyez est posé sur un îlot de six hectares, créé quand on a creusé un canal pour raccourcir la boucle de l’Isle et créer le barrage. Pour relier l’îlot à la rive, on a construit un pont-levis : imaginez-le basculant, laissant passer les gabares, puis redescendant pour permettre l’accès aux charrettes venant livrer le blé.
Concrètement, le pont se levait grâce à un réservoir d’eau rempli à la pompe manuelle. Deux bras, appuyés sur les piliers que vous pouvez encore voir, étaient reliés d’un côté au réservoir par des chaînes, de l’autre au tablier du pont. Par effet de balancier, le réservoir plein faisait basculer les bras et le pont se levait ; il suffisait ensuite de vider le réservoir pour que le pont redescende à sa place.
Quand vous serez prêts, dirigez-vous donc vers ce pont qui est désormais définitivement baissé ; vos pas vont vous conduire dans un paysage où histoire meunière, nature et sculptures se répondent.
Juste après la traversée, vous trouverez un panneau de présentation du moulin. Il résume l’histoire et la vie du lieu. Prenez le temps de le lire si vous le souhaitez : les informations présentées vous aideront à mieux comprendre les bâtiments et les traces industrielles que l’on verra ensuite.

Vous serez également accueilli par la première œuvre du parcours, une sculpture en bois. Écoutez les mots de l’artiste Margot Murat : « c’est la première sculpture des esprits de la rivière. C’est cette sculpture qui ouvre le chemin, c’est la protectrice du lieu et symbole du rapport que l’on a à l’eau, parfois desctructrice, mais au pouvoir vivifiant. On le retrouve dans la face avant qui exprime la douceur, mais en faisant le tour on peut voir que la cascade se termine en un nœud tortueux. »
Franchissez ensuite une nouvelle passerelle pour vous diriger vers le moulin.
M.Serventie et la légende du Duellas
Face au moulin au bout de l’îlot, un banc vous invite à vous asseoir. Prenez un moment pour regarder : la rivière se divise en deux devant vous, les arbres de la ripisylve se dressent sur les berges et se reflètent par touches dans l’eau.
Si vous êtes là en été, vous distinguerez peut‑être la gabare du Duellas sous les frondaisons ; l’hiver, elle est mise à l’abri. Profitons de ce banc pour raconter la vie d’un homme qui a marqué ce lieu : Roger Servantie, le dernier gabarier de l’Isle.

Chez les Servantie, la batellerie est une affaire de famille. Le grand‑père naviguait déjà en 1850, et le père, en plus d’être gabarrier, c’est‑à‑dire pilote, construisait aussi des gabares. Les fils, Roger et Pierre, furent vite initiés à la manœuvre de ces bateaux. Pour réaliser son rêve, Roger travailla d’abord en cimenterie afin de réunir l’argent nécessaire à la construction de sa propre gabare. La nouvelle embarcation reçut le nom de « Roger Madeleine ». Pourquoi ce nom ? Parce que Roger et Madeleine, mariés en 1930, firent leur voyage de noces… sur le bateau, lors de sa mise à l’eau.
De 1930 à 1933, Roger navigua en halage. En effet Zouzou, un superbe percheron tractait la gabarre en empruntant le chemin en bord de rivière : le fameux chemin de halage. Quand le chemin changeait de rive, il fallait parfois charger le cheval sur une barque et le faire traverser à la godille, autrement dit en manœuvrant le bateau à la rame, ce qui explique pourquoi les sabots des chevaux de halage n’étaient pas cloutés : les clous auraient abîmé le bois.

Roger arrêta le transport de marchandises en 1957. Sa gabare acheminait surtout des matériaux lourds, comme le gravier, et les dimanches elle devenait un bateau de promenade pour emmener les habitants de Périgueux en balade. Plus tard, Roger supervisa la construction de la gabare actuelle, « Le Duellas », qui se trouve en face de vous. Une borne d’amarrage sur le site rappelle sa mémoire. Il est décédé en 2001, à l’âge de 91 ans.
Quand vous serez prêts, levez‑vous et continuez le sentier : d’autres histoires et d’autres œuvres vous attendent sur l’îlot.
Un peu d'archéologie visuelle - le travail de l'eau
Vous venez de passer le barrage sur votre droite, la première pièce du puzzle du Duellas. Mis en service en 1831, il barre la rivière sur 69 mètres. Il est taillé en pierres blanches. On l’appelle un barrage « à pertuis » : imaginez un jeu de pelles que l’on manipule pour mettre le bief en chômage.
Derrière le moulin, vous pouvez observer les mécanismes du moulin, et faire un peu d’archéologie visuelle. Plusieurs éléments laissent deviner les aménagements qui ont été faits sur ce moulin. En effet il est facile de deviner les piliers sur lesquels reposait le projet lié au premier moulin installé ici en 1841 : une filature à chanvre, qui ne verra jamais le jour.
Il y avait au départ** 8 paires de meules** pour l’usine et 16 rouets sur le modèle de celui que vous voyez posé dans un angle de mur. Ces rouets ont la particularité d’être horizontaux contrairement à la très grande majorité des roues qui en Dordogne sont verticales et sont alimentées par l’eau qui arrive par le dessus.
Ces rouets horizontaux étaient installés dans des sortes de puits qui concentraient l’énergie de la chute d’eau. Le débit de la chute était également contrôlé grâce à une pelle réglable. Lors de la reconstruction, il ne resta plus que deux rouets avec deux meules pour moudre le grain. La meule du bas immobile se nomme la dormante, et celle du haut entrainée par la force de l’eau tourne sur elle-même et se nomme la courante. Le mouvement ainsi généré permettait de moudre les céréales entre les deux pierres.

Deux autres rouets restant de la filature servaient également à la scierie. Cette dernière a été mise en place en 1907, et un pignon supplémentaire a été rajouté à l’arbre de transmission pour augmenter la force de l’eau. Les engrenages étaient constitués en partie de métal et en partie de bois, le bois permettant un fonctionnement moins bruyant.
Au début du XXème siècle, la scierie est rajoutée à la minoterie, ainsi qu’une paire de meules disposée à l’extérieur pour concasser ou moudre des céréales pour les animaux des fermes alentours.
La scierie a officiellement fermé en 1950, mais les bancs de coupe et les courroies restent visibles : pendant des années encore, les habitants sont venus scier leurs planches ici, avec un geste hérité de plusieurs générations.
Quand vous serez prêts, nous quittons le moulin pour explorer l’îlot. Sur le chemin, le syndicat mixte du bassin de l’Isle vous parlera de la trame verte et des zones humides, et les sculptures vous proposeront un regard sensible. Levez les yeux, touchez du regard les traces du passé, avant de partir sur le chemin.
L’odonate et le Berc’eau
Un peu plus loin, au bord de l’eau, l’attention se tourne vers un tout autre monde, celui des insectes ailés**** : la demoiselle appelée caloptéryx éclatant. Écoutez ce portrait naturaliste par Maëva du Syndicat Mixte du Bassin de l’Isle: « Le caloptéryx éclatant vit le long des rivières, ruisseaux et fossés bien ensoleillés, bordés de végétation aquatique. Les mâles sont territoriaux et effectuent de véritables parades aériennes pour séduire les femelles et défendre leur zone de ponte. La femelle pond ses oeufs dans les plantes aquatiques et les larves se développent parmi les racines et la végétation immergée pendant un à deux ans, avant de devenir adultes. Les adultes se nourrissent d'insectes capturés en vol, tandis que les larves sont de redoutables prédateurs d'invertébrés aquatiques. Les odonates, qui regroupent libellules et demoiselles, sont d'excellents indicateurs de la qualité de l'eau. Leurs larves vivent dans l'eau et les adultes chassent des insectes au-dessus des rivières, jouant un rôle important dans l'équilibre des écosystèmes aquatiques. Ces espèces dépendent en partie de la trame bleue. En effet, les adultes pondent leurs œufs sur des plantes aquatiques immergées et leurs larves vivent plusieurs mois dans l'eau avant de devenir ailées. Quand les cours d'eau sont fragmentés, pollués ou artificialisés, les habitats du calopteryx se raréfient. Des berges végétalisées et des eaux propres connectées favorisent sa reproduction et la présence d'autres espèces aquatiques. »

Avancez maintenant sur le sentier : la silhouette de bois de l’œuvre « Berce Eau » apparaît bientôt. Regardez‑la comme une halte poétique sur le thème de l’eau et de la naissance. Écoutez l’artiste parler de sa sculpture :
« Le berc’eau c’est une ode à la vie, c’est le premier passage qui nous mène vers la naissance. On retrouve la rondeur de la goutte d’eau, du ventre féminin également, et du fait d’avoir ce bébé à l’intérieur que l’on voit sur une facette de la sculpture. C’est se rappeler aussi de cette première naissance et de ce chemin qui se créé, d’une boucle de la vie. Cette goutte d’eau c’est ce qui nous unit tous, et peut être que la première mère, c’est la mer »

Prenez le temps de faire le tour de la sculpture : la rondeur, le détail du bébé sculpté sur une face… laissez ces images rejoindre le murmure de l’eau. Puis reprenez la marche, en restant attentif aux signes du vivant autour de vous, car vous n’êtes pas seuls à vous déplacer dans ces paysages, ce qui est expliqué sur le panneau « corridors écologiques et biodiversité ».
Du bateau au vélo: l'Isle une route vivante
Vous êtes maintenant sur la passerelle de la véloroute voie verte qui enjambe la vallée de l’Isle. En venant ici, vous avez pris la mesure de l’îlot sur lequel est installé le moulin. La vallée de l’Isle a toujours été un axe de circulation important entre le Périgord et le Bordelais. Peut-être êtes-vous arrivés par l’autoroute A89 ou par la ligne de chemin de fer ? ce sont des infrastructures relativement récentes qui viennent immédiatement à l’esprit.
Mais depuis l’Empire Romain, c’est la rivière Isle qui est utilisée comme voie de communication entre l’amont, Périgueux et l’aval, Bordeaux. A l’époque, on naviguait exclusivement dans le sens de la rivière, et les bateaux étaient démontés et le bois revendu quand ils arrivaient à destination.
Au fil des siècles, l’aménagement et la navigabilité ont été constamment améliorés. La construction des premiers moulins remonte au haut Moyen-âge, à partir du 9ème siècle, pour répondre aux** besoins en nourriture et en énergie** d’une population en extension. La navigation sur l’Isle joue alors un rôle important, en effet les gabares s’arrêtent aux différents moulins à eau pour échanger les marchandises.
L’Isle est classé rivière navigable par ordonnance royale à la fin du 17ème siècle. Au 18ème siècle, de nombreux canaux et écluses furent construits pour faire face au transport important de marchandises. On navigue alors dans les 2 sens grâce au halage et aux écluses qui permettent (tel un ascenseur) de franchir les dénivelés des barrages.
L’ouverture de l’Isle à la navigation dans sa forme moderne est inaugurée le 19 novembre 1837, les ouvrages actuels datent principalement de la fin du XVIIIème et début du XIXème siècle.
Petit à petit, l’arrivée du chemin de fer, des routes et des camions aura raison de la batellerie sur l’Isle.
Cependant, la voie verte qui emprunte en partie les chemins de halage et reste donc au plus près de la rivière grâce à des passerelles comme celle sur laquelle vous vous tenez en ce moment, permet de redécouvrir le patrimoine lié à cette activité.
Ainsi, la rivière retrouve sa fonction d’axe de communication entre les territoires mais transformée : la mobilité douce, le vélo, fait revivre ces trajectoires anciennes sous une autre forme. Prenez un moment pour regarder la vallée : imaginez les gabares halées autrefois, puis remplacez-les par un cycliste qui file sur la voie verte — la continuité du lieu est toujours là, simplement adaptée au temps présent.
L'enfant de la rivière et la loutre
Vous approchez maintenant d’un arbre proche de l’eau : perché dans ses branches, un enfant sur une balançoire regarde la rivière. Peut‑être a‑t‑il posé son vélo non loin, appuyé contre le tronc. Installez‑vous un instant, laissez votre regard suivre son balancement ; la scène invite au sourire et à la rêverie.
Margot nous présente son œuvre : « c’est le symbole de la curiosité et de la joie. Il nous reconnecte à l’enfant qui vit en nous et qui pouvait rester des heures sur une balançoire. C’est le symbole de tous ces passages et apprentissages que l’on a pendant l’enfance et qui font les fondements de la vie future. Elle est là pour faire sourire mais aussi pour inciter la personne qui la regarde ce qu’il en est de cette joie au cœur que nous avions enfant »

L’enfant sur la balançoire l’a peut-être aperçue un soir, furtivement, car c’est un animal excessivement discret. A défaut de la voir vous-même, écoutez l’histoire de la loutre, discrète invitée des berges avec Pierre, du Syndicat mixte du Bassin de l’Isle.
« La loutre d’Europe est un mammifère semi aquatique qui vit le long des rivières, des zones humides et des étangs. Excellente nageuse, elle chasse principalement des poissons, mais aussi des amphibiens et des crustacés. Très discrète elle sort surtout la nuit et laisse peu de traces de sa présence. Pour vivre et se déplacer, la Loutre d’Europe a besoin de cours d’eau propres et poissonneux. Elle parcourt parfois plusieurs dizaines de kilomètres de rivière. Si les milieux aquatiques sont fragmentés (routes, barrages, berges bétonnées…) ses déplacements deviennent dangereux, voire impossible. La trame bleue désigne l’ensemble des rivières, ruisseaux, zones humides et berges végétalisées connectés entre eux. Pour la Loutre d’Europe, cette continuité est essentielle : elle lui permet de circuler, de se nourrir, de se reproduire et de recoloniser de nouveaux territoires en toute sécurité. Préserver des berges naturelles, limiter la pollution et restaurer les zones humides permet de maintenir une trame bleue fonctionnelle. En protégeant ces milieux, on aide la loutre… mais aussi de nombreuses autres espèces dépendantes de l’eau. »

Après ces mots, prenez un instant pour regarder la rive : des indices discrets peuvent trahir sa présence ; petites pistes dans la boue, restes de poissons sur une pierre plate.
La loutre parcourt parfois plusieurs kilomètres ; protéger la continuité des berges ici, c’est maintenir un passage sûr pour elle et pour de nombreuses autres espèces.
La source
Vous marchez à proximité d'un petit boisement alluvial et de la ripisylve du site du Duellas, entre la rivière et la prairie toute proche. Un panneau en bord du chemin vous présente les zones humides et toute leur diversité ; prenez un temps pour lire et regarder autour de vous. Restez attentif : juste à votre droite, lovée dans les branches protectrices d’un arbre, se cache une source sculptée dans le bois. On peut facilement la manquer si l’on avance trop vite. Approchez‑vous doucement, regardez le creux de l’arbre : la sculpture s’y blottit comme dans un cocon.
Écoutez maintenant les mots de l’artiste qui ont guidé cette création : « La source c’est des amoureux, et ça met à l’honneur l’essence de la vie. Quoi de plus bouleversant et vivifiant que l’amour un sentiment très personnel mais en même temps universel. Elle est installée dans un cocon au creux de cet arbre où les amoureux peuvent s’unir et symbolise la famille qui jaillira de ce cocon d’amour. C’est ce creux-là dans cet arbre-là qui m’a donné envie de créer ces amoureux pour créer une unicité entre la sculpture, l’arbre, et ces départs de branches qui symbolisent l’arborescence que peut être une famille ».
Laissez les images se déposer : la source comme métaphore d’un commencement, l’arbre qui protège, les branches qui deviennent une famille. Écoutez le vent dans les feuilles, respirez, ce petit arrêt relie l’intime à la nature.
Quand vous serez prêts, reprenez le chemin le long de la lisière : d’autres sculptures et panneaux vous attendent pour prolonger cette promenade entre art et nature.
Les différentes zones humides et "la Contemplation"
Avancez doucement le long du sentier : à votre droite la rivière, à votre gauche prairie et lisière forestière. Ici, vous marchez au bord d’une zone humide bien précise. Observez sa couleur, sa texture, les herbes qui s’inclinent au vent. une zone humide peut tout à fait présenter un autre visage : plus ou moins gorgée d'eau selon la période, davantage boisée ou non, aux végétations variées… Elles peuvent également être utilisées pour le pâturage. Écoutez maintenant une description qui rassemble les différentes formes que peuvent prendre ces milieux et la fonction qu’elles remplissent.
« Il existe de nombreuses zones humides différentes, parmi elles nous retrouvons : - les mégaphorbiaies, ces végétations de hautes herbes installées en bordures de cours d'eau et en lisières de forêt humide qui sont soumises à des crues temporaires. Elles peuvent s'étendre à partir du potentiel de semences qu'elles possèdent sur des prairies anthropiques où la gestion a cessé. Elles se transforment petit à petit avec le développement d'arbustes et d'arbres de forêt.Ce sont donc des milieux les plus souvent fugaces, mais qui peuvent subsister en lisières et au bord de chemin.

-Les forêts alluviales sont composées d'arbres, d'arbustes et de plantes herbacées de sous-bois. Elles se développent le long de cours d'eau. Ces forêts jouent un rôle essentiel dans la régulation des crues, la filtration de l'eau et l'accueil d'une biodiversité remarquable, abritant de nombreuses espèces d'oiseaux, de mammifères, d'amphibiens et d'insectes. Et enfin les tourbières en France. On trouve essentiellement des tourbières dans les zones montagneuses et les grands marais tourbeux. Elles sont constituées de tourbes, une roche organique issue de la dégradation incomplète de débris végétaux dans un système de gorge et d'eau qui peut atteindre 20 mètres de profondeur.
- Les tourbières***** peuvent naître des eaux souterraines, de surface ou encore de ruissellement. Les tourbières peuvent naître des eaux souterraines, de surface ou encore de ruissellement. Elles peuvent être acides ou basiques, pauvres ou riches en éléments minéraux. Les tourbières ne représentent que 0,2% de la superficie du territoire métropolitain.* »

Laissez ces images se poser : les megaphorbiaies qui ondulent en crue, la forêt alluviale qui filtre et retient l'eau, la tourbière, si rare, qui accumule le temps qui passe. Ces milieux sont fragiles, mais essentiels pour retenir l’eau, nourrir la vie et protéger des inondations.
Face à la rivière, vous apercevez une sculpture posée sur un banc. Interrogez‑vous : le personnage sculpté connaît‑il vraiment toutes ces particularités ? Approchez‑vous et laissez l’œuvre répondre par son silence. Écoutez les mots de Margot qui accompagnent « la Contemplation » : « le temps qui passe, ce vieux sage posé sur son banc qui réfléchit, se remémore, et attend. Il est entre deux temps de sa vie. Et ce vieux sage c’est aussi l’enfant qui jouait sur la balançoire, qui a grandi, découvert la vie, qui s’est découvert lui au fil du temps et qui contemple maintenant l’horizon en se rappelant et en attendant quelque part la suite. »

Prenez le temps d’un regard silencieux : observez la rivière, les berges végétalisées, les insectes qui frôlent la surface. La sculpture et le paysage se répondent : l’une évoque le temps qui passe, l’autre montre le passage des eaux et des saisons.
La nymphe des eaux, et histoire de la perception des zones humides
Au bout du chemin, la silhouette que vous apercevez impose le silence. C’est la "Nymphe de la rivière" : une présence à la fois timide et puissante, tournée vers l’eau. Approchez‑vous lentement, faites le tour si vous le pouvez, et notez comment la sculpture joue avec la lumière et le mouvement des feuilles.
« La nymphe symbolise le dernier passage entre le visible et l’invisible. Les nymphes vivent cachées et sont très timides, comme celle-ci cachée derrière sa chevelure. Elle a quand même un compagnon, comme ce petit poisson qui sort de sa chevelure, qui peut également faire penser à la cascade d’eau qu’on voit au début et au courant. La nymphe est comme un guide pour ceux qui traversent la rivière de l’autre côté.»

La nymphe, ici, évoque le passage entre rives, entre générations. Mais elle est aussi un symbole de protection : les zones humides réclament une attention particulière, une défense patiente. Écoutez maintenant un portrait plus vaste de ces milieux et de la manière dont ils ont été perçus à travers l’histoire :
« Les zones humides en Occident ont longtemps été perçues négativement car elles étaient considérées comme dangereuses, incultes, mais également insalubres et pathogènes.
Lieux de créatures mystiques dès l'Antiquité, viviers du paludisme, de la typhoïde ou encore de la fièvre jaune dès la Renaissance, les zones humides ont fortement souffert de leur mauvaise réputation. En France, de nombreux textes législatifs visant à drainer et à sécher ces zones se sont succédées du XVIe au XXe siècle.
Si à partir des années 1970 on commence à reconnaître l'utilité de ces zones, les superficies drainées continuent de progresser. On note toutefois une diminution des surfaces nouvellement drainées à partir de l'entrée en vigueur de la loi sur l'eau de 1992. 64% des zones humides du monde ont disparu depuis le début du XXe siècle. »
Laissez ces chiffres et ces images résonner avec ce que vous voyez autour de vous : la nymphe qui se cache, la rivière qui coule, les herbes qui reprennent leurs droits. Ce lieu est un rappel, fragile et beau, que les zones humides ont été trop souvent méconnues, et qu’elles jouent un rôle crucial pour l’eau, la biodiversité et la résilience des paysages.

Avant de repartir, jetez un regard à la sculpture, puis au cours d’eau. La nymphe garde ce seuil : elle invite au respect et à la vigilance.
Avant de partir
Vous voilà au terme de votre découverte de l’îlot du Duellas.
Depuis votre arrivée sur le parking, vous avez été invités à poser votre regard sur un paysage où la nature, le patrimoine et l’art se répondent. Vous avez franchi l’ancien pont‑levis et croisé la « Gardienne de l’Isle », gardienne totem qui ouvre le chemin. Vous avez approché les pierres du moulin et fait un peu d’archéologie visuelle : piliers, rouets horizontaux, meules dormante et courante, et les traces de la scierie qui raconte le travail du bois jusqu’au milieu du XXe siècle.
Sur l’eau, vous avez rencontré la mémoire des gabares et de la famille Servantie ; sur la berge, la loutre, discrète, et les demoiselles qui dansent au‑dessus du courant nous ont rappelé l’importance d’une trame bleue continue. Les sculptures jalonnant le sentier, l’enfant sur la balançoire, la Source lovée dans l’arbre, le Berc’eau, la Contemplation et enfin la Nymphe vous ont offert autant de lectures humaines et poétiques du lieu.

Avant de partir, écoutons maintenant la responsable de l’accueil du moulin qui fait un état des lieux des animations et de la vie du site tout au long de l’année.
Anaïs, responsable de l’accueil : à voir et à faire au Duellas
Merci d’avoir pris le temps d’écouter et d’arpenter l’îlot. Que vous repartiez à vélo, à pied ou en train, emportez avec vous l’image du moulin posé sur son îlot, la mémoire des gabares, la discrétion de la loutre et la poésie des sculptures.
Bonne route et au plaisir de vous revoir au Duellas.
Activités annexes
Accéder au parcours
Vélo
la gare de Montpon (10 km)
Depuis la gare, aller à droite sur la rue "foix de candalle", puis, prendre à gauche sur la "rue Henri Laborde". Ensuite, prendre à droite sur "rue de Verdun" et continuer tout droit jusqu'à "rue du Maréchal Foch". A l'intersection, prendre à gauche puis droite sur "Avenue Jean Moulin". Enfin, prendre à gauche sur "rue de Chandos" et suivre la vélo route jusqu’au moulin des Duellas. Le parcours débute au parking.
La gare de Mussidan (17 km)
Prendre la rue du Général De Gaulle à droite en sortant de la gare. Passer le passage à niveau puis prendre la première rue à droite. Au rond point, prendre à gauche, puis au cédez le passage à droite. Au rond point suivant traverser en face puis prendre à gauche et longer le parking du supermarché. Prendre la route à droite pour rejoindre le bourg de Saint MArtial d'Artenset. Suivre la véloroute pour arriver au Duellas.


