Le village d'Argentine
Le village d’Argentine est doté d’un important patrimoine qui a traversé les siècles, et qui fut le témoin de nombreux évènements.
Au Moyen Age, le village s’est animé autour de la puissante famille Villebois et de son château qui deviendra un point stratégique durant la guerre de Cent Ans. Plus récemment, pendant la Seconde Guerre mondiale, la ligne de démarcation passait à proximité du village divisant ainsi le territoire en deux.
Suivez Dorie à travers cette balade qui vous fera découvrir l’histoire du village d’Argentine ainsi que les nombreuses légendes que renferment ses monuments.

A noter :
Ce parcours est accessible avec le car régional 310 qui relie Angoulême et Périgueux (voir accès).
Pour un bon déroulement de la visite, n’oubliez pas d’activer le son de votre téléphone et à chaque point d’étape avancez-vous jusqu’à ce que la notification se déclenche. Vous avez la possibilité d'écouter le contenu de chaque étape. Cependant, pensez également à regarder le texte, des animations et des liens peuvent vous être proposés.
Aperçu du parcours
Deux guides rien que pour vous !
Bienvenue chers explorateurs!
Aujourd’hui c’est une balade autour de l’histoire que nous allons faire ensemble, et pour cela, nous allons nous rendre un peu plus bas au village d’Argentine.
Avant de commencer, sachez que tout au long de votre visite, vous allez suivre la petite Emma et son grand-père. Tous deux habitants du village d’Argentine situé plus bas, vous allez tout au long de cette balade, écouter les anecdotes du grand-père et cultiver votre curiosité avec Emma.
Au fil de cette promenade et des arrêts qu’ils vont faire, vous allez découvrir le village d’Argentine et les nombreuses légendes du territoire.
Alors n’attendons plus et partons retrouver nos deux amis !
Deux guides rien que pour vous !
Bienvenue chers explorateurs!
Aujourd’hui c’est une balade autour de l’histoire que nous allons faire ensemble, et pour cela, nous allons nous rendre un peu plus bas au village d’Argentine.
Avant de commencer, sachez que tout au long de votre visite, vous allez suivre la petite Emma et son grand-père. Tous deux habitants du village d’Argentine situé plus bas, vous allez tout au long de cette balade, écouter les anecdotes du grand-père et cultiver votre curiosité avec Emma.
Au fil de cette promenade et des arrêts qu’ils vont faire, vous allez découvrir le village d’Argentine et les nombreuses légendes du territoire.
Alors n’attendons plus et partons retrouver nos deux amis !
Scout un jour scout toujours
Emma et son Grand-Père débutent leur balade et arrivent au reposoir.
Emma : « Quel est cet étrange monument ? Est-il ancien? »
Grand-Père: « Ce monument comme tu le dis date des années 1970. C'est un reposoir construit par un groupe de scouts. Après une longue marche, tu t'assois ici en profitant du calme du site avant de reprendre ton chemin. »
Emma: « Je croyais que l'on allait voir des choses très anciennes sur notre route. »
Grand-Père: « Ce n'est que le début de notre promenade, tu verras des constructions récentes et d'autres qui sont là depuis des millénaires. »
En effet, ce lieu est chargé d'histoire. Plusieurs peuples se sont croisés et succédés sur ce chemin en y apportant leurs cultures. Ainsi, une multitude de légendes se sont mélangées tout au long des siècles sur ce plateau.
Parmi les peuples ayant foulé le territoire, il y a les néandertaliens, d'anciens cousins de l'homme, qui sont les premiers occupants du plateau dont nous avons des traces. Les hommes ont pris leur place. Ils chassaient le bison sur la steppe glaciale qui recouvrait la région. On a trouvé un menhir couché dans un champ, placé par les premiers agriculteurs. Ces derniers ont taillé des roues pour écraser le grain et creuser des silos pour le conserver.
Nous supposons aussi que les Gaulois ont profité de ce plateau calcaire qui surplombe la vallée fertile de la rivière Nizonne. Nous n'avons pas de traces de ces derniers, mais au début du parcours, nous avons marché sur deux routes romaines: une rejoignait la route de Bordeaux à Rouen, et l'autre était l'axe très important entre Saintes et Arles.
Grand-Père: « Tu vas aller de surprises en surprises en découvrant tout ce qui s’est passé à Argentine. Continuons notre balade, j’ai beaucoup de choses à te montrer. »
Drôles de pierres
Emma : « Grand-Père, est ce que tu sais à quoi servaient ces grosses pierres? »
Grand-Père : « La pierre creusée qui ressemble à un abreuvoir est un sarcophage. Elle servait à enterrer les morts, coutume réservée à une certaine élite de la population de l'empire romain et du début du moyen âge. Il y a les restes de plusieurs cimetières à Argentine, c'est un très ancien lieu d'habitation et de nombreuses générations s'y sont succédées. »
Emma: « Et la grosse pierre carrée à quoi servait-elle? »

Grand-Père: « C'est un pied de croix. Dans le trou central, il y avait une croix en bois de plantée. Dans les campagnes, les croix étaient souvent installées aux croisements des chemins, aux limites des paroisses. Elles permettaient, en plus de leur symbolique, d'orienter les pèlerins car nous n'en avons pas encore parlé, mais nous sommes aussi à proximité d'un chemin de pèlerinage vers st Jacques de Compostelle. Aux cours des siècles, des milliers de pèlerins l'ont emprunté. »
Emma: « Comment se déplaçaient tous ces gens ? »
Grand-Père: « Jusqu'à la guerre de 1914/1918 et avant le développement du train, la majorité des gens voyageait à pied. A l'époque, les chars tirés par des bœufs permettaient de transporter les marchandises. La Rochebeaucourt avait un marché aux bœufs connu depuis l'époque des romains. »
Emma : « Ce devait être de longs voyages! »
En effet, ces voyages étaient longs et parfois dangereux. Au moyen âge, à cause des guerres entre seigneurs, il y avait de nombreux rodeurs sur les chemins et même des loups. Jusque dans les années 1900, une centaine de ces animaux était tuée chaque année dans les forêts des alentours.
Emma : « Est-ce qu’il y a eu des guerres ici ? »
Grand-Père: « Oui bien sûr ! Au bout du chemin, il y a les restes d'un château entouré de légendes. Depuis son emplacement, il dominait et contrôlait la vallée avec ses gués et ses ponts qui permettaient de traverser la rivière. C'était un endroit très convoité. Les seigneurs de Villebois et de La Rochebeaucourt se sont battus pour le conserver. Puis les Angoumois s'y sont intéressés ainsi que les Limougeauds et les Périgourdins, sans oublier les Anglais pendant la guerre de 100 ans. »
Emma : « Cela fait beaucoup de prétendants! »
Grand-Père: « Tout à fait et nous n'avons pas évoqué les envahisseurs Vikings et Sarrasins. Plus récemment, n'oublions pas les Allemands pendant la guerre de 1939/ 1945, tu pourras lire quelques explications sur leurs présences plus loin sur le chemin. »
Emma et son Grand-Père avancent sur le chemin.
De l'eau !
Emma: « Ça je sais ce que c'est, c'est un puits! »
Grand-Père: « Et non, c'est une citerne. L'eau de pluie qui ruisselle sur la route est récupérée pour remplir la citerne. A côté, tu peux voir un abreuvoir où l'on reversait cette eau collectée pour faire boire les bêtes. »
Emma : « Il n'y avait-il pas d'autres moyens pour avoir de l'eau? Tu m’as dit que beaucoup de gens habitaient ici. »
Grand-Père: « La nappe phréatique est malheureusement trop profonde pour creuser des puits. Aussi, toutes les fermes ont une ou deux citernes pour récupérer la précieuse eau pluviale. Elle servait pour les animaux, le jardin et les usages domestiques. »
Avant que l’eau courante soit installée au début des années 1960, les villageois utilisaient les nombreuses sources sur le pourtour du plateau. En bas des ruines du château, ils se servaient dans la rivière, la source et la fontaine qui servaient également de lavoir. De l’autre côté du village, il y a trois autres fontaines où les habitants allaient également se servir.
Emma : « Est-ce qu’ils transportaient l'eau dans des tonneaux sur les charrettes tirées par des bœufs? »
Grand-Père: « Oui, puis les bœufs ont été remplacés par des tracteurs. Ton arrière-grand-père me racontait qu'il croisait aussi l'âne Pompom qui transportait ses tonneaux de la fontaine de Boudoire au hameau de Lutardias. Continuons notre chemin, il reste tant de choses à découvrir. »
Les cluzeaux
Emma et son Grand-Père arrivent au croisement avant l'église. Intriguée par les panneaux, Emma descend aux Cluzeaux avec son grand-père. Si le temps le permet, je vous invite grandement à y aller. Sinon, l’outil "explorer mon environnement" vous permet de visualiser le site sans y descendre.
Emma: « Grand-Père, je vois marqué sur cette pancarte, que plus loin dans ce chemin, il y a des Cluzeaux. Quel étrange nom! »
Grand-Père: « Cela vient du vieux français et veut dire "fermer", "clos". Tu retrouves la même origine dans une "écluse", un "enclos", dans le verbe "éclore", ou encore dans le verbe anglais "to Close" qui veut dire fermer. Au départ, les Cluzeaux d’Argentine étaient des abris naturels, puis au fil des siècles l'homme les a agrandis pour en faire des refuges. En descendant dans ces cavités, aux parties les plus étroites, tu pourras voir, creusés dans la roche les systèmes de fermeture des portes qui obstruaient les passages en cas d'alerte. »
Emma: « A oui, c'est vrai tu m’as déjà raconté qu'il y a eu de nombreux conflits dans la région. »
Grand-Père: « En effet, et des endroits comme ceux-ci permettaient aussi aux agriculteurs de mettre à l’abri leurs récoltes, une partie du bétail et surtout de se cacher quand l'ennemi arrivait. »
Emma: « OH OH, le Cluzeau de droite semble bien différent de celui de gauche. Il y a plein de trous creusés dans le sol ! »
Grand-Père: « Ce sont des tombes. Ce Cluzeau était à l’origine identique à l’autre, et au moyen âge, il a été transformé en cimetière. Un gros travail pour l'époque. »
Emma: « Qui était les gens que l'on enterrait ici? »
Grand-Père: « C'est difficile à savoir, il n’y a aucun écrit sur ce cimetière. D'après quelques indices archéologiques, il est possible que cela soit au départ un lieu de sépulture utilisé par des habitants de confession juive qui, à l'époque ne pouvaient pas être inhumés dans les cimetières catholiques. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas comme on l'entend parfois un endroit où l'on enterrait les gens morts de la lèpre ou de la peste. »
Emma: « Quelquefois papa me dit que je suis une petite peste, mais je n'ai tué personne! »
Grand-Père: « C'est une blague, la peste, ou plutôt les pestes sont des maladies très contagieuses qui ont frappées les pays d'Europe, du Moyen Âge jusqu'au milieu du 19ème siècle. Elles sont arrivées avec les marins qui commerçaient avec les pays d'Asie et du Moyen Orient. C'étaient des épidémies terribles qui tuaient beaucoup d'habitants. Les survivants n'avaient pas le temps d'enterrer tous les morts, et donc ils les brulaient. »
Emma: « C'étaient des époques bien rudes. »
Grand-Père: « Oui, tu as raison, mais cela explique aussi pourquoi ce cimetière n’a pas été réservé pour les lépreux et les pestiférés. Une légende de plus sur le plateau d'Argentine. Il est temps de repartir, d'autres histoires t'attendent. »
Emma et son Grand-Père remontent des Cluzeaux et se dirigent vers notre prochaine étape, l'église.
Contenus additionels


L'église Saint Martin d'Argentine
Emma et son Grand-Père arrivent devant l’église qui a été restaurée au début des années 2000. C’est l’occasion pour le Grand-Père de nous raconter une nouvelle légende.
Emma: « A quoi servent les parties en bois dans le clocher? »
Grand-Père: « Ce sont des abat-sons. Comme leur nom l'indique, quand les cloches sonnent, ils rabattent le son du carillon vers le sol ce qui augmente sa portée. »
Emma: « Tu m'as dit que l'église s'appelait St Martin, qui était-il ? »
Grand-Père: « Au départ, c'était un soldat romain qui a rejoint la fois chrétienne et qui a été un des grands évangélisateurs de la Gaule. De très nombreuses légendes sont rattachées à sa vie. On reparlera sûrement de lui dans notre promenade mais tu peux déjà commencer à le découvrir en lisant ce qui est écrit sous le tableau là-bas. »
Emma: « Les vitraux n’ont pas l’air de dater de l'époque de la construction de l'église. »
Grand-Père: « Tu as raison. Les vitraux sont très fragiles et ceux qui restent du Moyen Âge sont très rares. Ceux-ci datent de 2011, ils ont été posés à la fin de la restauration de l'église. Ils n'ont pas tous la même couleur et suivant l'heure à laquelle tu viens, l'église est éclairée en bleu gris le matin et d'un rouge flamboyant quand le soleil se couche. »
Emma: « Ce doit être très beau! »
Avant de poursuivre, je vous propose de regarder une petite vidéo sur les églises romanes et de répondre à un petit quizz sur Saint Martin.
Pour ceux qui comme la petite Emma aiment découvrir les légendes, je vous propose d’écouter l’histoire de la « Belle étoile d’Argentine ». Pour cela, il vous suffit de cliquer sur le lien de l’audio en bas du bloc texte. Ensuite, nous continuerons vers notre prochaine étape.
Contenus additionels


Les genoux de st martin
En sortant de l'église, Emma et son Grand-Père empruntent la ruelle qui descend vers le vallon sous Argentine.
Grand-Père : « Nous allons prendre ce petit sentier, attention à toi, il est étroit, pentu sur la fin et porte un nom particulier : C'est le chemin des Maures. »
Emma : « On va voir des revenants ? »
Grand-Père : « Non, tu ne crains rien. Il ne doit pas son nom à des personnes décédées mais aux Maures, un peuple d'Afrique du nord qui au début du Moyen Âge a envahi l'Espagne, le Portugal et le sud de la France. »
Emma : « Ah oui, je me souviens, à l'école, on a parlé d'eux lors de la bataille de Poitiers. Ils ont fait beaucoup de chemin pour traverser les Pyrénées et arriver là. »
Grand-Père : « Oui, tu as raison et cela me fait penser à une histoire que j’ai souvent entendue. Sais-tu ce qu’est un « maurillon » ?
Emma : « Non je ne sais pas. »
Grand-Père : « C'était un objet utilisé par les paysans, une sorte de panier grillagé, que l’on mettait sur le museau des animaux pour qu’ils ne cherchent pas à manger au lieu de travailler. On raconte, que l’origine du mot « maurillon » proviendrait des Maures qui, quand ils ont franchi la montagne, portaient un casque pour se protéger des chutes de pierres. Ils s’en seraient ensuite débarrassés, et les paysans les auraient récupéré pour s’en servir de muselière pour leurs bêtes. »
Bien sûr, ce que raconte le grand-père est une légende, rien ne prouve que l’origine du mot « maurillon » provient des Maures.
Nos deux amis poursuivent leur chemin et ils arrivent à l’endroit où vous êtes à présent. Regardez sur votre gauche. Voyez-vous les marques dans le rocher ? Si vous ne les voyez pas, aidez vous de la photo dans le bloc texte. Quelque chose me dit que le grand-père a une nouvelle histoire à nous raconter.

Grand-Père : « Nous arrivons à un lieu propice pour une autre belle légende. »
Emma : « Super, j'adore tes histoires ! »
Grand-Père : « Tu vois, ici dans le rocher, tu peux voir la marque de 2 genoux sur la paroi et si tu allais sur l'autre versant du vallon, tu verrais la trace très visible d'un grand fer à cheval. La légende raconte que st Martin arrivait de l'autre côté de la vallée au grand galop sur son cheval en direction d’Argentine. Le chemin était étroit et pour éviter de tomber dans le ravin, le cheval s'est arrêté si brutalement que son sabot est resté marqué dans le rocher. Quand à St Martin, il est passé par-dessus sa monture, et il est tombé de ce côté, là où l'on voit l'empreinte de ses genoux dans la pierre. »
Emma : « Il a dû avoir terriblement mal ! »
Grand-Père : « Ne t’inquiète pas, il s’agit d’une légende. »
Emma et son Grand-Père poursuivent leur marche et arrivent à un chemin rectiligne sur lequel ils s'avancent. Suivons-les, on dirait bien qu’une nouvelle histoire nous attend.
Chez Fitou
En poursuivant leur chemin, nos deux amis arrivent à proximité d’une maison qui était autrefois une auberge. Lorsque la France a été coupée en deux pendant la Seconde guerre mondiale, cette auberge est devenue un lieu stratégique pour ceux qui souhaitaient passer en zone libre. Mais je ne vais pas vous en dire plus, je vais laisser le Grand-Père vous raconter ce qui s’y est déroulé.
Grand-Père : « Nous sommes ici au lieu-dit « Chez Fitou ». Cette petite maison tout à fait anodine, était en fait, à l’époque de la seconde guerre mondiale, une auberge. »
Emma : « Un endroit bien étrange pour venir manger. »
Grand-Père : « Tu ne crois pas si bien dire. Tu te rappelles de la pancarte, à côté de l’église où figurait une ligne séparant la France sous l’occupation allemande en 2 zones ? »
Emma : « Oui je crois qu’il y avait marqué Zone libre et Zone occupée. »
Grand-Père : « C’est ça ! Figures-toi que nous sommes sur cette limite où patrouillaient les soldats allemands qui surveillaient les passages. Cette ancienne auberge appartenait à Mme Bassoulet. Cette dame très courageuse et son mari, aidaient les français qui fuyaient les occupants allemands. Pendant qu’elle invitait les douaniers, qui faisaient leur patrouille, à boire dans son auberge, son mari aidait ces personnes, venant de Villebois Lavalette par le chemin des Maures, à passer en zone libre pour échapper aux allemands. »
Emma : « C'étaient des gens très courageux ! »
Grand-Père : « Tu as raison Emma mais continuons d’avancer, je vais te parler de la ligne de chemin de fer. »
Le chemin de fer
Grand-Père : « Ce long chemin rectiligne où nous marchons depuis quelques instants ne te parait pas étrange Emma ? »
Emma : « Oui c’est vrai, il est tout droit et file devant nous ! »
Grand-Père: « Eh bien figures-toi qu’ici de 1906 à 1951 environ, ont circulé sur ce chemin les 1ers chevaux vapeurs »
Emma : « Quel drôle de nom pour des chevaux ! »
Grand-Père : « Oui, mais c’est ainsi qu’on désignait les trains de l’époque, loin des TGV que tu connais. En effet ils crachaient de la vapeur et soufflaient de la fumée, comme des chevaux en plein effort, en transportant marchandises et voyageurs. »
Emma : « Comment pouvaient-ils passer dans un espace aussi petit, avec tout leur chargement ? »
Grand-Père : « C’étaient des trains plus étroits que maintenant. Pour créer cette voie, ce fut un long et dur travail. Les ouvriers ont taillé au pic, à la pioche et à la barre à mine dans les rochers du plateau d’Argentine ! »
Emma : « Et jusqu’où allaient les trains Grand-Père ? »
Grand-Père : « Ils reliaient Angoulême et Marmande, et ça 3 fois par jour, en s’arrêtant à Mareuil, La Tour Blanche, Coutures, Ribérac, et d’autres villes encore. »
Emma : « Et pourquoi voit-on plein de petites maisons qui se ressemblent lorsqu’on arrive à un croisement de chemins ? »
Grand-Père : « Ah, Tu as bien observé ! Ces petites maisons comme tu dis, étaient le lieu d’habitation des gardes-barrières. Aujourd’hui, tout est automatisé et lorsqu’une route rencontre un chemin de fer, une lumière clignote pour que les voitures s’arrêtent et laissent passer le train. Mais avant, des personnes étaient chargées de faire ce travail afin d’assurer la sécurité et d’empêcher les collisions au passage des trains. »
Les champignons
Grand-Père : « Viens Emma, ce long chemin nous a donné chaud, je vais te faire découvrir un endroit plus frais et très étonnant. »
Emma : « Brrr grand père il fait froid ici, mais où sommes-nous ? »
Grand-Père : « C’est une carrière souterraine. Depuis longtemps, les habitants du plateau d’Argentine ont tiré profit des richesses cachées sous leurs pieds. Dès leur jeune âge, les hommes de la commune travaillaient dans les carrières qu’ils avaient créées pour extraire la pierre. »
Emma : « Mais comment faisaient-ils ? Ils avaient des machines ? »
Grand-Père : « Et bien non, tu vois ces hommes étaient des « travailleurs de force ». Ils soulevaient de gros blocs de calcaire, parfois plusieurs tonnes, sans utiliser d’explosifs, juste avec des outils comme des barres à mine, des masses et des scies. Mais après la seconde guerre mondiale, les derniers carriers traditionnels ont disparu. Aujourd’hui, on trouve plus de cinquante hectares de galeries souterraines dans les environs. Cette pierre, la pierre de Mareuil est douce au toucher, et elle est toujours utilisée pour construire des maisons et d’autres bâtiments. »
Emma : « Ils ont tout abandonné ? »

Grand-Père : « Oui et non, ces lieux ont trouvé une autre utilité, bien différente, la culture de champignons ! Elle se faisait dans les vides laissés par les carriers une fois l’extraction terminée. Parfois carriers et champignonnistes travaillaient non loin les uns des autres, ces derniers gagnant de l'espace pour les cultures, alors que les autres progressaient dans la pierre. Comme tu peux le constater, l’endroit est humide et frais. A l’intérieur des carrières, la température reste constante. Ce sont des conditions idéales pour la culture des champignons de Paris. C’est au XIXe siècle que commence la reconversion des carrières calcaires en champignonnières. On les appelle alors des caves ».
Emma : « Mais il fait noir dans cette cave. N’est-ce pas un problème ? »
Grand-Père : « Pas du tout. L’obscurité n’est pas un obstacle car le champignon n’a pas besoin de lumière pour pousser. Cette activité a permis à la vie des anciennes carrières de perdurer encore des dizaines d’années. Malheureusement, elle demandait beaucoup de main d’œuvre et a fini par décliner sous la pression de la concurrence étrangère. Elle disparaît de la commune en 1985. »
Comme nous l’explique le Grand-Père, le champignon de Paris est cultivé ici, et plus généralement en France depuis le XIXe siècle. Aujourd’hui c’est le champignon le plus connu au monde et aussi le plus consommé.
Mais ce champignon a vu le jour bien avant le XIXe siècle et les premières traces remontent très loin dans le temps. En France, c’est vers 1670 que La Quintinie, jardinier du roi Louis XIV commence à cultiver ce champignon en plein air dans les jardins du château de Versailles. Puis, le maraicher Chambry transfère cette culture dans des carrières au Sud de la capitale. Bien plus tard, sous Napoléon 1er la culture de ce champignon fut développée dans les catacombes de Paris, ce qui lui valut le nom de champignon de Paris.
Mais comme je vous l’ai dit tout à l’heure, les origines de ce champignon sont bien plus anciennes. Alors selon vous, quel est le pays d’origine des champignons de Paris ? Pour répondre à cette question, rendez-vous dans le quizz.
Nos deux amis ont presque fini leur promenade, suivons-les sur leurs derniers mètres.
Contenus additionels


C'est déjà fini
C’est ici que nous quittons Emma et son grand-père que nous avons pu suivre tout au long de cette balade enrichissante. Allez à droite pour retourner au parking.
Avant cela, sachez que si cette promenade vous a plu et si vous souhaitez découvrir la richesse environnementale du plateau d’Argentine, un autre parcours en compagnie de nos deux amis est disponible. Vous pourrez ainsi, les suivre à travers une balade au cœur de la nature, et observer les nombreuses espèces végétales et animales du plateau d’Argentine.
Bonne continuation à vous et à bientôt !
Activités annexes
Accéder au parcours
À pied
l'arrêt de car "LA ROCHEBEAUCOURT BOURG" jusqu'au plateau d'Argentine (2 km)
Depuis l’arrêt de Car dans la direction Périgueux Angoulême sur la route principale, traverser et prendre la « rue du Château » en face. Passer devant l’église et continuer. Sur la place de la mairie se diriger en face à gauche pour prendre la « rue des Alouettes ». Arriver sur la route principale, prendre à gauche et continuer tout droit sur la Route de Ribérac. Poursuivre à gauche sur la D12 PRUDENCE. Dans le virage, prendre à gauche sur la route du plateau d'Argentine puis, prendre directement le chemin d'en face. Arrivé à l'intersection, prendre à gauche pour rejoindre le parking du plateau.
Train
Périgueux ou Angoulême
Ligne régionale 310 Angoulême Périgueux. https://transports.nouvelle-aquitaine.fr

