Balade autour du canal de Saint-Astier


Vous êtes à Saint-Astier dont le fondateur Astérius (lumière-astre en latin) est né en 560, à Puy de Font, à une dizaine de kilomètres de là, dans une famille aisée. Bien que païenne, sa famille confie son éducation à un prêtre catholique. Il part ensuite étudier à Angoulême auprès de son ami Saint-Cybard où on lui prédit qu'il deviendra une sorte de guide. Eh bien vous ne devinerez jamais ce qui lui est arrivé ensuite! Un ange lui apparaît et lui conseille de rentrer chez lui pour répandre la bonne parole ce qu'il fait. Plus tard, à la mort de Saint-Cybard, il s'installe en ermite au lieu-dit "La Chapelle des bois" aujourd'hui, à 2km du village.
Un jour, la princesse de Saintonge vient lui demander de l'aide, à force de prières et de cures, Astérius finit par obtenir sa guérison. En remerciement, elle fit bâtir une église et une maison pour ses disciples. A partir de ce moment, sa réputation ne cesse de croitre et de nombreux pèlerins s'installent à proximité de l'ermitage, près de la rivière et forment ainsi le premier village de Saint-Astier. A la mort d'Astérius, en 640, la légende raconte que toutes les cloches des environs se mirent à sonner miraculeusement. Les pèlerins affluent de plus en plus, le village s'agrandit mais il est détruit par les Normands en 849. Il est ensuite reconstruit et une nouvelle église y est consacrée en 1013, dans laquelle on transfère la dépouille d'Astérius. Une communauté de religieux se développe et le village ne cesse de se développer malgré les affres des guerres de religion et les attaques répétées des protestants.
L'église est agrandie aux XVème et XVIème siècles avec la construction de son imposant clocher, bien visible dans la vallée. Aujourd'hui encore, Saint-Astier accueille de nombreux pèlerins qui cheminent sur la Voie de Vézelay.
Outre l'église, la commune abrite de jolies maisons anciennes, à colombage, ainsi que les châteaux de Puyferrat, Labattut et Crognac.
Après ce petit retour dans l'histoire, Dorie vous propose de découvrir une autre histoire, celle des bords de la rivière Isle en compagnie d'un ingénieur du XIXème siècle.
Les conseils de Dorie : Pour une bonne utilisation de l'application, penser à déclencher l'audio en appuyant sur l'icone. Si vous voulez refaire un parcours ou une étape, penser à réinitialiser en haut à droite du téléphone.
Aperçu du parcours
Bienvenue à Saint-Astier
Bonjour, je suis Sylvie Ninet, je suis nouvelle élue à Saint-Astier et j'ai à cœur de vous faire découvrir une belle promenade.
Idéalement située au cœur de la vallée de l’Isle, à 100 km à l’Est de Bordeaux et 20 km à l’Ouest de Périgueux, la ville est accessible par l’autoroute A89 Bordeaux-Genève. Egalement bien desservie en train par la ligne Bordeaux-Brive, Saint-Astier dispose d’atouts majeurs pour le développement de son activité économique.
C’est une ville de caractère, profondément ancrée dans l’histoire du Périgord, fière de son patrimoine historique. Elle possède de nombreux monuments inscrits ou classés à l’inventaire des monuments historiques : son’église millénaire fortifiée, des maisons à colombages, des châteaux comme par exemple le châteaux de Puyferrat, la chartreuse de Fareyrou mais également, vous pourrez découvrir la chapelle des bois et bien d’autres encore.
Chaque jeudi matin, le marché investit les rues et les places de Saint-Astier avec ses couleurs et senteurs alléchantes. Il est reconnu comme l’un des plus importants de la Dordogne, c’est le rendez-vous incontournable des Astériens.
Mais la ville est surtout construite au bord de l’Isle que vous pouvez découvrir en empruntant la vélo-route voie verte qui se déploie le long de la rivière sur une centaine de kilomètres.
Maintenant, je vous invite à suivre M. Thénard, ingénieur du XIXème siècle, qui va vous transporter à son époque et vous présenter les ouvrages qui ont façonné le paysage et modifié le quotidien des astériens.
Bienvenue à Saint-Astier
Bonjour, je suis Sylvie Ninet, je suis nouvelle élue à Saint-Astier et j'ai à cœur de vous faire découvrir une belle promenade.
Idéalement située au cœur de la vallée de l’Isle, à 100 km à l’Est de Bordeaux et 20 km à l’Ouest de Périgueux, la ville est accessible par l’autoroute A89 Bordeaux-Genève. Egalement bien desservie en train par la ligne Bordeaux-Brive, Saint-Astier dispose d’atouts majeurs pour le développement de son activité économique.
C’est une ville de caractère, profondément ancrée dans l’histoire du Périgord, fière de son patrimoine historique. Elle possède de nombreux monuments inscrits ou classés à l’inventaire des monuments historiques : son’église millénaire fortifiée, des maisons à colombages, des châteaux comme par exemple le châteaux de Puyferrat, la chartreuse de Fareyrou mais également, vous pourrez découvrir la chapelle des bois et bien d’autres encore.
Chaque jeudi matin, le marché investit les rues et les places de Saint-Astier avec ses couleurs et senteurs alléchantes. Il est reconnu comme l’un des plus importants de la Dordogne, c’est le rendez-vous incontournable des Astériens.
Mais la ville est surtout construite au bord de l’Isle que vous pouvez découvrir en empruntant la vélo-route voie verte qui se déploie le long de la rivière sur une centaine de kilomètres.
Maintenant, je vous invite à suivre M. Thénard, ingénieur du XIXème siècle, qui va vous transporter à son époque et vous présenter les ouvrages qui ont façonné le paysage et modifié le quotidien des astériens.
Courant d'histoire et trait d'union
Bonjour je suis Monsieur Thénard, ingénieur du XIXème siècle. Ce sont nous, les ingénieurs qui avons transformé toute une partie de Saint-Astier, en organisant les travaux pour faire arriver ici, un pont, la navigabilité de l’Isle et le chemin de fer.
Je vais vous accompagner sur un peu plus de 3 km pour découvrir les travaux importants de ce siècle. Il faut imaginer qu'à cette époque, même les routes étaient rares et ressemblaient plutôt, dans le meilleur des cas, aux chemins forestiers d’aujourd’hui. Le goudronnage des routes n’est arrivé qu’après 1930, voire 1960 pour les villages.
Nous avons construit ce pont en 1832 qui a facilité les échanges commerciaux et sociaux, devenant un point central de la vie locale. Il offre également un point de vue remarquable sur la rivière Isle, un élément vital pour l’essor économique et culturel de Saint-Astier. Vous voyez cette grosse maison à gauche en descendant, eh bien à mon époque c'était une auberge. Les voyageurs arrivaient par le bac et passaient souvent par cette maison, nous-mêmes y prenions des repas. Après la construction du pont, l’aubergiste se plaint auprès de la mairie pour la perte de sa clientèle.
Sur les traces des lavandières et du bac
Nous voici maintenant arrivés devant l'ancêtre de la machine à laver le linge. Oui c'est sûr, la machine à laver devant laquelle vous vous trouvez aurait du mal à rentrer dans votre appartement ou votre maison. Pourtant, c'est bien ici que le linge était lavé et/ou rincé avant l'arrivée des machines à laver modernes, dans la seconde moitié du récent XXème siècle.
A mon époque, si vous aviez du linge à laver, il fallait vous rendre directement à la fontaine ou sur les berges de la rivière sommairement, ou pas du tout aménagées, et vous débrouiller à poser les genoux au sol et atteindre l'eau; on peut imaginer les conditions de travail difficiles pour les lavandières à cette époque!
Résultat d'une prise de conscience en faveur de la salubrité publique, des bassins généralement rectangulaires sont délimités, puis sont dallés et cimentés pour faciliter le nettoyage
Une margelle située au niveau du sol permettait à la lavandière de placer sa « caisse » en bois pour éviter de mettre les genoux directement sur le sol. Les lavandières venaient y laver le linge tout en échangeant des nouvelles, rendant cet espace vivant et social.
C'est également à cet endroit qu'était le bac, sorte de barque plate qui permettait la traversée des marchandises et des personnes. Il s'est arrêté de fonctionner lorsque nous avons construit le pont. Peu à peu les espaces pour laver le linge vont être aménagés.
Quand le chemin de fer révolutionne la ville
Vous êtes à présent sur la passerelle, construite en février 2015 pour permettre la continuité de la voie verte de la vallée de l'Isle. D'ici, vous pouvez voir le pont de chemin de fer. J'étais toujours ingénieur et le chemin de fer a été construit seulement 20 ans après le canal, et nous n’imaginions pas les conséquences que la construction de cette ligne allait avoir sur l’activité batelière. Cette ligne reliait Périgueux à Coutras, vers Bordeaux, à partir de 1857. Il n’y avait qu’une voie avec croisement à Montpon. Cela changeait complètement la vitesse de déplacement. On passait de 10km/h environ, avec les chevaux, à la « vitesse folle » selon le mot d’un journaliste présent à bord, de 35 ou à 45km/heure. Bien sûr, il s’agissait d’un train à vapeur qui nécessitait une réserve d’eau qui se trouvait à Saint-Astier. C'est la première étape du projet de relier Bordeaux à Lyon sur 550km.
Je vous partage quelques dates qui m'ont marqué !
Le 20 juillet 1857 : le train d'ouverture part de Coutras à 5 h 5, composé de 9 wagons, Il arrive à Périgueux à 10 h 38 après arrêt dans les huit stations intermédiaires. Le 26 juillet 1857 c’est l’ inauguration à Périgueux, en présence de Messieurs MAGNE, devenu Ministre des Finances, né à Périgueux, représentant l'Empereur, du Directeur Général des Chemins de Fer et des Ponts et Chaussées, du Maire, et du Cardinal.
Je me rappelle que ce jour-là un Banquet de 34 plats (!!!) a été servi avec des discours, feux d'artifice, concert. . . L'exploitation commence dès minuit.
L'arrivée du chemin de fer a eu un véritable impact sur le développement local. La ligne Coutras vers Bordeaux/Périgueux en 1857 a transformé l’économie en facilitant le transport des marchandises et des voyageurs, marquant le début d’une ère industrielle florissante. En effet, le train joignait Bordeaux à l’ouest et Périgueux, puis Limoges, Brive et Agen. Périgueux devint un centre important avec la création de plusieurs lignes : en 1860,Périgueux - Brive, en 1862, Périgueux - Limoges et en 1863, Périgueux- Agen.
L'arrivée du chemin de fer a eu une conséquence devenue permanente : l’uniformisation de l'heure sur l'ensemble du territoire national. Elle est imposée par la loi du 14 mars 1891 fixant l'heure légale en France métropolitaine et en Algérie à l'heure du temps moyen de Paris. Avant cette loi, il y avait dans les gares l’heure locale et l’heure de Paris. Cette harmonisation est l'un des marqueurs de l'adaptation de la France à la révolution industrielle et économique en cours à cette époque.
Et enfin, avec la Loi du 9 mars 1911, la France adopte l'heure du méridien de Greenwich, ainsi que le découpage de la journée en 24 heures au lieu de deux fois 12 heures
Tous ces changements ont attiré de nouvelles populations et favorisé la modernisation des infrastructures.
La maîtrise des eaux en mouvement
Ce canal que nous avons construit, encore nous, les ingénieurs. Il a été inauguré en 1837 et a permis d’éviter deux moulins situés dans la commune. De plus, il économise la construction d’une écluse.
Observez l’écluse qui a été installée et son rôle crucial pour faciliter le transport fluvial. Ces canaux et ces écluses, construits pour la navigation avant l’arrivée du chemin de fer, étaient des prouesses techniques améliorant le commerce et le transport. Ils symbolisent également l’ingéniosité humaine pour dompter et exploiter les ressources naturelles.
A droite, vous pouvez deviner la maison de l’éclusier qui assurait, à toute heure, la manœuvre des portes de l’écluse.
Juste à côté de l’écluse, dont les dimensions sont de 4.5m de large sur 24 m de long avec un dénivelé de 2.91m, se trouvait, à mon époque, un embarcadère qui permettait de charger la chaux ou décharger le charbon.
C’est aussi à cet endroit que fut installée par Monsieur Deffarges, en 1905, une turbine pour produire de l’électricité qui alimentait le centre de Saint-Astier.
Contenus additionels


Les sentiers d'hier à aujourd'hui
Ici, on se trouve sur la digue constituée des déblais du canal. Celle-ci servait de chemin de halage, où des animaux de trait (principalement des chevaux ou des boeufs) tiraient les bateaux avant l'arrivée du moteur. Mais savez-vous que la traction fut humaine avant d’être animale ?!
Je vous laisse imaginer la rudesse et la complexité de ce travail de halage. Je pense qu’il est plus agréable de se promener comme vous le faites, sans corde qui vous scie le dos !
Alors si vous le voulez bien, poursuivez tout droit et traversez la route sur le passage piéton pour aller en face sur la voie verte. Pour rester sur les choses agréables de votre siècle, ne manquez pas de vous arrêter à la fromagerie "RIANS" pour un souvenir gourmand. Au XIXème siècle, elle n’existait pas, aussi je préfère laisser le Directeur de la fromagerie vous laisser la présenter.
" Bonjour, je m'appelle Pierre Renaud, je suis le directeur de la fromagerie de Picandine qui est à Saint-Astier. Nous sommes spécialisés en fromages, uniquement de chèvre. Nous sommes sur la commune de Saint-Astier depuis 1995 et depuis, nous fabriquons quasiment les mêmes produits et, en particulier, le Cabécou du Périgord. Sur tous les volumes que l'on fabrique à la fromagerie, le Cabécou du Périgord représente un peu plus de la moitié des fabrications. Nous fabriquons plus de 40 millions de fromages/an ce qui est énorme. La fromagerie de Picandine, c'est d'abord du lait du Périgord. 47 producteurs de lait fournissent toute l'année leur lait à Picandine. Nous collectons environ 10 millions de litres, assez proche de la fromagerie puisque les plus éloignés sont à environ 80 kilomètres. La boutique adjacente à la fromagerie vend énormément de fromage, car c'est très connu localement. Nous y vendons tous les fromages que l'on fabrique : le Cabécou, mais aussi le Picot et le Picolin qui sont des fromages un peu plus gros, qui font 125 ou 160g. et nous avons des plus petits fromages, qui sont des petites pastilles, qui se mettent sur les pizzas, mais aussi des produits locaux."
Et si vous êtes curieux comme moi, sachez que l’usine "SIGNATURE F" a une spécialité peu commune. Elle fabrique des fauteuils pour les cinémas et salles de concert, symbolisant l’équilibre entre tradition artisanale et modernité industrielle. A mon époque, les cinémas n’existent pas encore, donc c’est le Directeur de l’usine qui vous présente son activité.
« Signature F est une entreprise de fabrication de sièges de spectacle, implantée à Saint-Astier depuis 20 ans. L'usine accueille 35 salariés en CDI avec des renforts intérimaires l'été. Sur les 3000m² couverts, nous avons l'administratif, un bureau d'études et 3 ateliers : mécanosoudure pour les piètements des sièges, menuiserie pour l'usinage des dossiers, des assises et des accoudoirs et bien sûr un atelier d'habillage pour la coupe-couture. Nous réalisons de A à Z tous nos sièges qui sont posés par nos équipes, dans les universités, théâtres, salles de conférence ou salles de concert et aussi dans les cinémas, dans toute la France. Nous faisons uniquement des sièges fixés au sol pour les ERP (Etablissements recevant du public). Nous travaillons pour les Collectivités, pour les grandes entreprises, type Bouygues, mais aussi pour des petites salles indépendantes comme les théâtres d'Avignon ou de Paris. C'est nous qui avons refait les sièges du Bataclan, après les attentats. Nous avons aussi réalisé la salle du Palio, à Périgueux ainsi que l'Arena de Bordeaux, à Floirac.
Allons, repartons avant que vous vous endormiez dans un fauteuil moelleux, on a encore du chemin à faire !
L'ingéniosité du réseau hydraulique
Une fontaine située au lieu-dit "Laborie" s’écoule vers le canal en passant sous vos pieds.
Tout cela n’est pas naturel ! il s’agit d’une curiosité pour évacuer l’eau d’une source et du fossé à droite ! En effet, nous avons installé un siphon en bois sous le canal.
Ce siphon a été créé et installé à la demande de Monsieur de Valbrune ( propriétaire de Labatut, situé sur l'autre rive), qui se plaignait de n’avoir plus assez d’eau pour l’usage de sa propriété en été, mais trop en hiver avec des inondations dans ses caves.
L’eau passe donc sous le canal par un tuyau souterrain pour rejoindre la rivière, témoignant du savoir-faire en ingénierie hydraulique de nos équipes.
Certes, il a été changé. Mais il existe toujours, et rend toujours service.
L'héritage des ponts d'antan
Vous arrivez à un petit pont surélevé. C’est le seul qui subsiste dans sa forme du XIXème siècle.
Nous l'avons construit à la demande de 2 propriétaires terriens pour l’usage de leur ferme ou de leur moulin. Il a une longue et drôle d’histoire!
C’est l’aboutissement d’une longue revendication de deux propriétaires qui voulaient un pont pour se rendre de l’autre côté du canal. L’un, M. Mazeau de Laborie, pour emmener ses vaches paître de l’autre côté du canal. L’autre, M. Jean-Baptiste Numa-Gadaud, qui fut maire de Saint-Astier, conseiller général et médecin à Périgueux, mais aussi propriétaire de la maison et du moulin de Crognac, qui voulait un passage pour aller vers son moulin. Cela a duré 13 ans, entre les négociations, les projets et les procédures jusqu’à la cour de cassation. Ce pont permet d’évoquer ici les différentes techniques de construction des ponts que nous avons proposées pour franchir le canal.
Finalement, après toutes nos propositions, un pont fixe fut finalement choisi en 1841, après de nombreuses contestations et jugements, témoignant de la complexité des travaux publics à cette époque.
Puy l'Astier, sentinelle des rives
Admirez ce château, témoin de l’histoire locale. Cette fois-ci, je ne suis pour rien dans sa construction. Il a été édifié au Moyen Âge. Le château de Puy L’Astier servait de point stratégique pour surveiller la vallée et protéger les habitants contre les invasions. Il possédait également un moulin.

Son architecture imposante rappelle la puissance des seigneurs locaux et leur rôle dans l’organisation territoriale. Mais c’était une autre époque, très ancienne celle-là. Aujourd’hui le château est toujours habité, mais n’a plus de fonctions défensives, et ce n’est plus un seigneur qui y habite, mais un particulier.
J’aime la vie de château, mais celui-ci est privé, et on ne peut pas le visiter. Aussi je vous suggère de reprendre le cours de notre promenade.
L'énergie au fil de l’eau
Ici, on voit très bien le barrage ou la chaussée (terme employé par les spécialistes des moulins) du moulin de Crognac. De mon temps, on appelait ça une usine. Au premier plan, il s'agit du pertuis qui permettait de faire passer des petits bateaux en l'absence d'écluse ou de vider le bief, si nécessaire Une demande d'écluse avait été faite en 1902 par les producteurs de chaux afin de remonter leur production depuis l’usine, ou pour faire venir le charbon. Mais nous, les ingénieurs avions refusé ce projet. Ils avaient donc dû aller, comme les autres, à l'écluse du canal ou bien continuer à charger et décharger à la gare dès 1857. A partir de 1902, le tonnage partant par train est devenu supérieur à celui chargé sur les bateaux.
Ce moulin qui produisait comme la plupart, de la farine et de l'huile de noix, a brulé en 1920. Il fut alors mis hors d'usage. Il a été ensuite transformé en restaurant mais celui-ci n'a pas tenu très longtemps.
Le moulin reste un témoignage vivant de l’importance des ressources naturelles pour la subsistance et le développement. Tout moulin dépend de la hauteur de la chute et du volume d’eau qui y passe d’où l’importance de bien entretenir le barrage.
Les rives du temps : Le domaine Labattut et son histoire
De l'autre côté du canal, vous apercevez le Château Labattut. Il appartenait à la famille Valbrune, des propriétaires terriens qui ont beaucoup œuvré pour la construction du pont ou la modernisation de l’agriculture. A cette époque, le château était flanqué de 4 tours et entouré de fossés.
A mon époque, Jean-Baptiste DE VALBRUNE est maire de Saint-Astier (de1816 à 1829). Il défend âprement ses propriétés en faisant des réclamations ou des procès comme celui qui concerne le pont amont du canal. Son fils, Joseph Benjamin de Valbrune, fait ses études à Périgueux, Bordeaux et Paris. Il vient se fixer comme médecin à Saint-Astier de la Compagnie de Chemin de fer Paris-Orléans. Yvan de Valbrune, son fils, était passionné d'histoire locale et archiviste à Périgueux. Il sera secrétaire puis président du comice agricole, conseiller d’arrondissement et maire-adjoint de Saint-Astier.

Labattut a aussi marqué l’histoire en août 1944, car c’est depuis ses terres qu’un canon de 75, datant de 1918 a tiré sur la garnison allemande qui occupait les carrières sous la colline, carrières qui abritaient une usine fabriquant des pièces d’avion pour l’Allemagne.
Plus près de notre époque, Labattut a appartenu à un propriètaire belge qui arrivait ici en hélicoptère.
Aujourd’hui le domaine abrite des chambres d’hôtes et des suites.
L’eau, moteur d’industries et d’innovations
Vous êtes maintenant sur la plate-forme du moulin de Saint-Astier qui a eu de nombreux usages. En effet, les propriétaires successifs ont produit de la farine ou des farines, de l’huile de noix, des pièces de bois, du textile, des chaussures et de l’électricité. Vous comprenez maintenant pourquoi on appelait ces moulins « les usines » ? Vers 1900, une petite turbine actionnée par une roue verticale, produisait de l’électricité, grâce à la force hydraulique, pour l’éclairage. Au début du XXème siècle, le moulin devint un atelier de chaussures pour la marque Marbot. En 1913, Georges Sicaire s'y installa et créa une usine qu'il développa, qui comptera jusqu'à 200 ouvriers, pour fabriquer des chaussures de la marque "l’Astérienne" qui deviendra "Aster". L'usine disparaît dans un incendie en 1944 et est transférée à Saint-Germain du Salembre.
Et ce n’était qu’un des 4 moulins de Saint-Astier (avec Puy-Astier, Crognac, celui-ci et Puyolem) Il y avait aussi celui de La Massoulie situé sur le territoire de Saint-Léon.

Ces moulins étaient les premières structures offrant une force suffisante, avec l’énergie hydraulique ou parfois celle du vent, pour actionner des meules ou des machines. Si beaucoup ont aujourd’hui perdu leur fonction, ils sont toujours présents le long des cours d’eau et sont souvent devenus de simples lieux d’habitation.
Avant de partir
Bon j'ai encore à faire le long du canal, mais je pense que vous allez retourner vers votre automobile, ou vers la gare, pour repartir. J'espère que vous aurez apprécié cette balade en ma compagnie. Je vous laisse ici et, si vous voulez poursuivre votre exploration de Saint-Astier, l'Office de Tourisme vous donne quelques conseils. Bon retour!
Félicitations pour votre parcours découverte avec l'application Dorie! Nous espérons que cette expérience ludique vous a été agréable et qu'elle vous a permis de mieux connaître notre commune. Sachez que vous pouvez poursuivre cette découverte en empruntant le circuit "Cœur de ville" ou en suivant le jeu de piste "Sur les traces d'Astérius". A noter que Saint-Astier est aussi connu internationalement pour 2 savoir-faire réputés : la formation au maintien de l'ordre et la production de chaux naturelle pure. Le Centre National d'Entrainement des Forces de Gendarmerie, créé en 1969, accueille et forme chaque année plus de 10000 stagiaires, venus de toute la France : des compagnies de gendarmerie mobile, des militaires, et même des délégations étrangères. Le site, immense, qui surplombe la ville, dispose entre autre de plusieurs pistes d'audace et d'un village factice d'entraînement. Bon, ce site est rarement accessible. Quant à la production de chaux, qui a débuté au milieu du XIXème siècle, elle se poursuit de nos jours, sous l'égide d'une entreprise familiale. Une nouvelle unité de production décarbonée est en cours de réalisation afin de pérenniser l'activité, tout en devenant un modèle d'industrie durable. La qualité de la chaux hydraulique naturelle pure de Saint-Astier est en effet très prisée dans le bâtiment, pour la construction et la restauration des monuments historiques. Au fil de l'extraction du calcaire, d'impressionnantes galeries souterraines se sont formées. Il est possible de les visiter en été, les réservations se font auprès de l'Office de Tourisme.
Alors, poussez la porte! Notre équipe se fera un plaisir de vous accueillir et de vous aider à sélectionner les visites et activités qui vous plaisent, pour prolonger votre séjour et savourer pleinement les richesses de notre territoire. A très bientôt!

