Creyssac : une source pour les lavandières
Dans le petit village de Creyssac une source surgit de terre en bouillonnant et donne naissance au ruisseau du Bulidour qui alimente rapidement un très beau lavoir. Cette résurgence profonde vient des calcaires turoniens, avec une eau ancienne et fraiche, d’une température constante autour de 16°.
Pour contribuer à la préservation de ce patrimoine fragile, accédez-y à pied ou à vélo en vous laissant guider par l'appli à pied ou à vélo en visitant la rubrique "accès"
Aperçu du parcours
Bienvenue à Creyssac
Bienvenue à Creyssac, modeste commune à l'écart des axes de circulation située au bord de la Dronne. Au "Gué de l'Eperon" indiqué dans le bourg se trouve une halte nautique.
Comme beaucoup de villages en Val de Dronne, l'église romane à coupole trône au milieu des maisons. Son clocher récent indique que de nombreux ajouts et restaurations ont eu lieu au 19è siècle, le bâtiment originel étant en mauvais état, peut être suite à des destructions pendant les guerres de Religion.
Elle a donc été reconsacrée en 1878, mais a connu ensuite beaucoup de vicissitudes: en 1911 un ouragan renverse la croix surmontant le clocher occasionnant des dégâts considérables, en 1913, c'est la foudre qui frappe l'église abimant la charpente et la toiture, en 1914, la foudre retombe sur l'église et déclenche un feu, en 1922 c'est un nouvel ouragan qui endommage le clocher (par compassion l'architecte abandonne ses honoraires à la commune), en 1982, une tempête entraine à nouveau des dommages, et en 1989, après un nouvel impact de foudre, un paratonnerre est enfin installé.
Cette petite commune rurale a profité de la présence d'un petit ruisseau long de 700 mètres naissant tout près de l'église, pour aménager un lavoir et faciliter ainsi le travail des blanchisseuses.
C'est donc une toute petite promenade entre la naissance du ruisseau et le lavoir à laquelle vous convie Dorie aujourd'hui, qui ne nécessite pas d'équipement particulier. Commençons par descendre le long de la route vers la résurgence.
Bienvenue à Creyssac
Bienvenue à Creyssac, modeste commune à l'écart des axes de circulation située au bord de la Dronne. Au "Gué de l'Eperon" indiqué dans le bourg se trouve une halte nautique.
Comme beaucoup de villages en Val de Dronne, l'église romane à coupole trône au milieu des maisons. Son clocher récent indique que de nombreux ajouts et restaurations ont eu lieu au 19è siècle, le bâtiment originel étant en mauvais état, peut être suite à des destructions pendant les guerres de Religion.
Elle a donc été reconsacrée en 1878, mais a connu ensuite beaucoup de vicissitudes: en 1911 un ouragan renverse la croix surmontant le clocher occasionnant des dégâts considérables, en 1913, c'est la foudre qui frappe l'église abimant la charpente et la toiture, en 1914, la foudre retombe sur l'église et déclenche un feu, en 1922 c'est un nouvel ouragan qui endommage le clocher (par compassion l'architecte abandonne ses honoraires à la commune), en 1982, une tempête entraine à nouveau des dommages, et en 1989, après un nouvel impact de foudre, un paratonnerre est enfin installé.
Cette petite commune rurale a profité de la présence d'un petit ruisseau long de 700 mètres naissant tout près de l'église, pour aménager un lavoir et faciliter ainsi le travail des blanchisseuses.
C'est donc une toute petite promenade entre la naissance du ruisseau et le lavoir à laquelle vous convie Dorie aujourd'hui, qui ne nécessite pas d'équipement particulier. Commençons par descendre le long de la route vers la résurgence.
Une source avec des bulles
Ne plongez pas tout de suite dans les eaux claires de la résurgence, mais commençons par nous plonger ensemble dans un document du 19è siècle conservé aux archives, cité par M. Simon dans sa monographie de Creyssac. On peut y lire :
« Creyssac, dont les villages dominent le bourg comme un vaste amphithéâtre est une commune arrosée au sud est et au sud par la Dronne, et à l’ouest par l’Euche. Une source très abondante qui porte le nom de « Bullidour » jaillit tout près du chef-lieu, et dans son court trajet jusqu’à la Dronne forme néanmoins un ruisseau dont les eaux claires et limpides faisaient tourner naguère un moulin aujourd’hui en ruines. »
Vous vous trouvez donc ici à la naissance d’un ruisseau. Comme beaucoup de sources en Dordogne, celle-ci a pris le nom de « Bullidour », nom issu de l’occitan et signifiant « qui bouillonne ». Et effectivement, si les circonstances sont favorables, l’eau arrivant sous pression des entrailles de la terre crée des remous plus ou moins importants quand elle rencontre les eaux calmes de la surface, allant parfois jusqu'à former une sorte de champignon d'eau comme vous pouvez le voir dans la vidéo..
Il faut dire que ce milieu aquatique est très particulier car il est exclusivement alimenté par des eaux profondes et très anciennes (plusieurs milliers d’années) qui remontent des calcaires sous-jacents du Crétacé et du Jurassique.
Les analyses de cette eau révèlent une bonne qualité physico-chimique, et avec des températures très stables entre 14 et 16 °C, les eaux sont chaudes l’hiver et fraîches l’été !
Cette source donne donc naissance à un court ruisseau long de 700 mètres, qui rejoint la Dronne et gonfle ses débits en période estivale. Le ruisseau est une zone de refuge pour la faune en période de hautes eaux de la Dronne et source d’apports en eaux fraiches pour la Dronne en période estivale.
Ce milieu très favorable pour la faune aquatique, et pour l’espèce emblématique des eaux claires et vives : la truite, qui avait dans les parages un grand renom.
Enfin, le document du 19è siècle mentionné dans la monographie du village nous fait part d’une étrange croyance des creyssacois d’après laquelle « on ne prendrait que des brochets borgnes à la fontaine du Bullidour ».
Une machine à laver rustique
Oui c'est sûr, la machine à laver devant laquelle vous vous trouvez aurait du mal à rentrer dans votre appartement ou votre maison. Pourtant, c'est bien ici que le linge était lavé et/ou rincé avant l'arrivée des machines à laver modernes dans la seconde moitié du récent 20è siècle. Le lavoir devant lequel vous vous trouvez est dominé par l’imposante stature d’un château du 19è siècle, bâti sur un repaire médiéval. Ce dernier fût démantelé lors de la Révolution en 1793, à la demande des commissaires de la République du district de Riberac, lors d’un recensement des demeures ayant appartenu à des privilégiés. Seule la chapelle a subsisté, dans laquelle on continua à célébrer des messes les dimanche et jours de fêtes.
Mais revenons au bâtiment bâti en rive droite du Bulidour qui se trouve devant nous.
A la fin du XIXème siècle, rares étaient les communes à posséder un lavoir aménagé. Imaginez vous à cette époque, vous avez du linge à laver. Il faut alors vous rendre directement à la fontaine ou sur les berges de la rivière sommairement, ou pas du tout aménagée, et vous débrouiller à poser les genoux au sol et atteindre l'eau; on peut imaginer les conditions de travail difficiles pour les lavandières à cette époque!
Peu à peu les espaces pour laver le linge vont être aménagés, résultat d’une prise de conscience en faveur de la salubrité publique. Des bassins généralement rectangulaires sont délimités, puis sont dallés et cimentés pour faciliter leur nettoyage. Une margelle située au niveau du sol permettait à la lavandière de placer sa « caisse » en bois pour éviter de mettre les genoux directement sur le sol.
A Creyssac, le lavoir est modifié et aménagé en 1893. Jusqu’alors, la commune ne possédait qu’un lavoir découvert, et les blanchisseuses étaient exposées à la pluie, au vent, aux intempéries.
Les représentants de la commune, conscients de ce problème décident donc d’améliorer significativement le lavoir, et vont pour cela demander une aide financière au sous-Préfet de Ribérac. Suite à l’attribution d’une aide de 70 francs, le conseil municipal note dans sa délibération sa décision de « construire seulement 2 murs à la place de 3, les 2 murs qui abriteront les laveuses du vent du nord ».
Mais ces lieux servaient occasionnellement pour d'autres activités, qui ont moins de rapport avec la salubrité. Dans son histoire de Creyssac, M.Simon note que le lavoir a fait fonction en 1905 d’atelier de distillerie pour les produits alcooliques de la commune, ce qui, note l’auteur, n’a sans doute pas été sans poser de nombreux problèmes compte tenu de son utilisation parallèle par les ménagères.
Avant de repartir de Creyssac
Voilà, vous êtes déjà au bout de cette petite promenade dans le bourg de Creyssac. Si vous le souhaitez, vous pouvez poursuivre le parcours en continuant sur la route vers le Gué de l'Eperon, où se trouve la halte nautique du village, au bord de la Dronne.
Vous avez donc pu voir une résurgence, et comprendre comment celle ci alimente un ruisseau qui vient lui même alimenter la rivière. Si vous êtes un habitué des baignades dans la Dronne, vous avez trouvé une explication de cette fraicheur. En effet la rivière est alimentée en eau par un réseau de résurgences qui apporte ses eaux fraiches sortant directement des entrailles de la terre. Heureusement, la rivière arrive à se réchauffer au delà des 16° de l'eau du Bulidour!
Une descente en canoë avec Dorie entre Bourdeilles et le gué de l'Eperon à Creyssac vous permettra de découvrir la rivière dans une de ses partie la plus sauvage.
En attendant, de retour chez vous, ayez une pensée pour les lavandières de Creyssac et le ruisseau du Bulidour et ses 14/16° quand vous viderez votre panière de linge dans la machine à laver, en remerciant les différents inventeurs qui nous permettent de rester au sec et au chaud pour laver notre linge!
Activités annexes
Accéder au parcours
Vélo
Bourdeilles [04 km]
Paussac [5,5 km]
Zone humide du Roc [7 km]
Vallée du Boulou [8,5 km]
La maison de la Dronne [10 km]
Atiers (Tocane) [11km]
Point de vue Montagrier [12 km]
Moulin à vent [15,5 km]
Coteau sec Breuilh [17 km]
La Double (Jemaye) [40 km]
Tourbières Vendoire [44 km]

