Dorie
Dorie
3,3km
2h

la voie verte en noir et blanc de Bergerac au barrage

Histoire
Histoire

La ville de Bergerac a été marquée par l'activité batelière, qui a laissé des traces dans l'aménagement de la rivière, mais également sur les pellicules des photographes qui ont immortalisé certaines scènes liées à cette activité.

Plus de chemin de halage aujourd'hui, mais une voie verte, et cette dernière permet de faire une randonnée le long de la Dordogne à pied ou à vélo pour confronter son regard de promeneur du XXIème siècle à celui des photographes du début du XXème siècle. Et en 100 ans, il se passe des choses!

Entre le quai Cyrano au coeur du vieux Bergerac, jusqu'au barrage du Grand Salvette, revivez et regardez les photographies de l'âge d'or de la batellerie, les parties de pêche au saumon, les tribulations d'un navigateur solitaire autour du monde et d'autres histoires qui vous accompagneront sur tout le parcours.

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Mode de mobilité
À vélo
À pied
Publics
En famille
Infrastructure
Commerces locaux
Restaurants
Office de tourisme
Accessibilité
Accès chaise roulante
Accès poussettes
Animaux
Autre
Dordogne sans Pétrole

Aperçu du parcours

Étape 1

Départ

Vous êtes bien arrivés au parking? Vos vélos sont déchargés ou vos chaussures de sport sont enfilées, vous allez partir pour une randonnée le long de la Dordogne, au départ du port de Bergerac, jusqu'au barrage situé en aval.

Cette randonnée s'effectue entièrement sur voie verte, ce qui signifie que le vélo sera le moyen de déplacement privilégié, même s'il est possible de circuler à pied sur la voie verte.

Si vous êtes prêts, il faut maintenant vous diriger vers le lieu de départ de ce parcours qui va vous amener à la découverte de Bergerac aujourd'hui, mais également de Bergerac en noir et blanc, un voyage dans l'espace et le temps!

Étape 1

Départ

Vous êtes bien arrivés au parking? Vos vélos sont déchargés ou vos chaussures de sport sont enfilées, vous allez partir pour une randonnée le long de la Dordogne, au départ du port de Bergerac, jusqu'au barrage situé en aval.

Cette randonnée s'effectue entièrement sur voie verte, ce qui signifie que le vélo sera le moyen de déplacement privilégié, même s'il est possible de circuler à pied sur la voie verte.

Si vous êtes prêts, il faut maintenant vous diriger vers le lieu de départ de ce parcours qui va vous amener à la découverte de Bergerac aujourd'hui, mais également de Bergerac en noir et blanc, un voyage dans l'espace et le temps!

Étape 2

Le quai "Cyrano"

Vous êtes maintenant au Quai Cyrano, départ de notre balade en noir et blanc sur la voie verte. Ce quai qui donne sur la rivière est large et vous remarquerez le sol pavé qui témoigne d'une certaine prospérité. Il s'agissait du port de Bergerac.

En effet, cette prospérité de la vallée de la Dordogne est due en partie à l’activité batelière qui se développe à partir du XIIIe siècle. ` Au XIXe siècle d’importants ouvrages furent mis en service en Bergeracois pour permettre son développement et le transport de marchandises sur la rivière Dordogne.

Ce furent entre-autres : Le nouveau port de Bergerac en 1842. Le barrage éclusé du Grand Salvette en 1852.

Ils ont permis un fort développement de la batellerie jusqu’à la fin du XIXe siècle, date à laquelle la concurrence du chemin de fer et de la route a amorcé son déclin.

Dorie vous propose de partir sur la voie verte jusqu’au barrage et de retrouver la grande activité qui régnait sur le port et le long de la rivière au travers des photographies de l’époque.

Étape 3

Vue sur le port

Descendons vers l’angle droit du port et retournons-nous vers cette grande esplanade récemment baptisée Quai Cyrano, qui accueille aujourd’hui spectacles et animations diverses pendant la saison estivale.

Comme le montre la photo d’époque, cette esplanade était garnie de marchandises prêtes à être embarquées. Au milieu du XIXe siècle, la rivière assurait près des deux tiers du trafic entre Bergerac et le Bec d’Ambès qui marque l'entrée dans l'estuaire de la Gironde. À partir de 1860, plus de 200 000 tonnes y transitaient chaque année.

Ce sont bien sûr du vin et d’autres productions locales comme des céréales ou du tabac, mais aussi du bois, du papier, des pierres de construction ou des peaux. Les productions des territoires en amont transitaient aussi par Bergerac comme les charbons des mines d’Argentat, les productions des forges de la Vézère ou les fromages d’auvergne.

Avançons maintenant de quelques mètres sur le quai pour examiner de plus près les bateaux et leur chargement

Étape 4

Gabares et couraux

Qui dit "port" dit bateau. Mais ce n'est pas à Bergerac que vous trouverez les majestueux voiliers qui sont souvent associé à l'image des ports maritimes. En effet les bateaux ici sont adaptés à la rivière, et portent un nom différent selon leur physionomie.

Bien que l’usage ait élargi le nom de « gabare » à toutes les embarcations navigant sur la Dordogne, ce sont principalement des couraux, bateaux à sole (fond plat) et faible tirant d’eau, qui y circulaient.

La gabare était un bateau plus court et plus ventru, à quille, qui ne pouvait naviguer que sur la Basse-Dordogne de Bergerac à Libourne et Bordeaux.

Le courau traditionnel doté d’un long aviron de gouverne et transportant 25 à 50 tonnes a évolué au XIXe siècle vers les petits et grands couraux « modernes » dotés de gouvernails et pouvant transporter jusqu’à 100 tonnes.

Examinons maintenant le chargement de ce courau amarré au quai Salvette de Bergerac.

Un tonneau de vin de Monbazillac est supporté par le mat de charge et il est guidé par le batelier jusqu’à son emplacement dans la cale. En retrait, une autre batelier actionne le treuil pour le chargement. Sept autres tonneaux attendent leur tour sous le regard d’un passant. Des sacs ont été déjà chargés à la poupe du bateau. Peut-être des céréales ?

Faisons quelques pas de plus sur le quai et un bond en avant d’une trentaine d’années…

Étape 5

Un navigateur solitaire

Nous sommes sur l’ancien quai Salvette rebaptisé quai Louis Bernicot en hommage à ce navigateur injustement méconnu.

Ce capitaine au long cours retraité de la marine marchande s’ennuie dans sa belle chartreuse du Bignac près de Bergerac. Il y vit reclus et prépare minutieusement un voyage autour du Monde en solitaire qu’il accomplira d’août 1936 à mai 1938 sur un petit cotre de 12,50 mètres, l’Anahita, qu’il a fait construire pour l’occasion.

Ce sera le deuxième français après Alain Gerbault en 1929 à accomplir cet exploit.

En novembre 1938, il accoste à l’endroit où nous sommes où il est accueilli par la municipalité qui lui rend un juste hommage.

Faisons quelques dizaines de mètres sur le quai et retournons nous vers le port.

Contenus additionels

Quiz
Remonter le temps
Étape 6

Le temps du déclin

La fin du XIXe siècle marque le début du déclin de la batellerie. Dès 1850, le transport routier est en pleine évolution.

Depuis Bordeaux, le chemin de fer atteint Bergerac en 1872, Souillac en 1898.

Un déboisement massif entraine à partir de 1870 une réduction d’activité des bateliers, aggravée entre 1880 et 1890 par la crise du phylloxéra qui divisera par cinq la superficie du vignoble.

Le trafic fluvial cessera en Haute Dordogne dès 1914 et à la fin de la 2e guerre mondiale pour la Moyenne et Basse Dordogne.

Comme le montre cette photo de 1911, les quais de Bergerac se vident, quelques bateliers se reconvertissent dans l’extraction et la vente sur les quais de graviers issus du fond de la rivière.

Avançons d’une centaine de mètres et retournons-nous à nouveau pour envisager l’ensemble du panorama.

Étape 7

Morceaux d'histoires

La rue de l’Intendance qui surplombe ici la voie verte tient son nom de l’ironie populaire. C’était en effet autrefois un cloaque infect aux effluves pestilentiels et les marins du port la nommèrent ainsi par opposition au beau cours de l’Intendance de Bordeaux ou se trouvait l’hôtel des Intendants de Guyenne.

Avez vous remarqué la maison de style Empire au pied de laquelle nous sommes passés? elle domine le quai avec sa terrasse. Elle a été construite vers 1800 pour Pierre-Thomas Gimet, négociant en grains à l’emplacement de la faïencerie Bonnet.

Jetons maintenant un coup d’œil au pont de pierre qui traverse la rivière. Depuis le XIIIe siècle, les ponts qui sont construits sont régulièrement endommagés ou emportés par les crues. La Dordogne peut être bien rude quand elle sort de son lit...

En mars 1783, une nouvelle crue emporte définitivement l’ancien pont dont on aperçoit encore la culée sur la rive opposée, à droite de l’actuel ouvrage.

Celui-ci ne fut mis en service qu’en 1825 et pendant 42 ans la traversée de la rivière se fit avec des bacs, ce qui était régulièrement le cas depuis le XIIIe siècle.

Continuons notre parcours sur 300 m environ jusqu’au Sport Nautique.

Étape 8

Le Sport Nautique de Bergerac

La construction du barrage du Grand Salvette, achevée en 1852, eut pour résultat immédiat la création d’un magnifique bief de 13 km depuis le village de Tuilière en amont: un magnifique terrain de jeu!

Cela permettra en 1860 la création et le développement du club d’aviron, le Sport nautique de Bergerac.

C’est la plus ancienne association sportive de Dordogne et elle compte à ce jour 107 titres nationaux dans la discipline. Elle a compté dans ses rangs nombre d’athlètes internationaux et plusieurs podiums olympiques ou mondiaux.

Prochaine étape, un peu avant le barrage du Grand Salvette dans 1,7 km.

Étape 9

La remonte

Peu avant votre arrivée au barrage, vous verrez à gauche en contrebas un grand panneau qui indique la limite de navigation et des bouées jaunes qui la matérialisent en travers de la rivière.

Un chemin vous permet de descendre au bord de l’eau.

C’est là qu’était amarré le petit courau de la photo sur fond de barrage et d’écluse. Les rives n’étaient pas bordées d’arbres comme aujourd’hui afin de permettre le halage de la navigation de remonte par des bœufs.

La remontée jusqu’à Castillon se faisait à la voile ou avec la marée.

De Castillon à Lalinde, le halage était organisé en relais ou « tires » de 5 à 8 km. À partir de Lalinde, ceux-ci étaient plus rapprochés en raisons des difficultés du terrain.

Les bateaux étaient moins chargés que pour la descente et remontaient les denrées coloniales rapportées de Bordeaux : thé, café, épices, mais le gros du trafic était constitué de cargaisons de sel à destination du Quercy et du Limousin.

Continuons et dépassons le barrage pour examiner l’ouvrage depuis l’aval.

Étape 10

Le barrage éclusé

Mis en service en 1852, le barrage avait pour objet de transformer cette partie de la Dordogne en un bassin profond afin de faciliter la navigation et le chargement et déchargement des marchandises. En raison du déclin de la batellerie, il n’y aura contribué qu’à peine plus d’un demi-siècle.

L’opérateur de cette photographie de 1907 se trouve sur le guideau, sorte de jetée aujourd’hui démolie de 152 m et terminée derrière le photographe par une tour supportant un drapeau ou un fanal.

À gauche du guideau se trouve l’écluse, à droite l’échelle à poisson.

Cet ensemble est depuis 1966 remplacé par une usine hydro-électrique qui intègre une passe à poissons à bassins successifs (partie droite surmontée d’une potence jaune). D’une puissance de 1,5 MW, sa production est distribuée très localement dans le Bergeracois.

Franchissons maintenant le pont métallique sur le Caudeau et arrêtons-nous un instant en haut de l’escalier en pierre qui descend vers la berge.

Étape 11

La pêcherie du barrage

Jusqu’au XIXe siècle, les produits de la pêche occupaient une place considérable dans l’alimentation quotidienne des riverains de la Dordogne.

Les poissons migrateurs comme l’esturgeon, le saumon, l’alose, la lamproie ou l’anguille étaient pêchés tout au long de la rivière. La construction des barrages de Mauzac et Bergerac au XIXe siècle, puis Tuilière début XXe a presque fait disparaitre ces espèces de la Dordogne en empêchant la remontée des poissons qui allaient frayer en amont. Les dispositifs de type échelle à poissons conçus alors étaient inefficaces.

Depuis les années 1980, une prise de conscience a permis la mise en place de dispositifs de franchissement plus efficaces et l’association MIGADO travaille sur des programmes de restauration des espèces avec entre-autres le transport de saumons en « Aquabus » pour leur permettre de franchir les obstacles de la Garonne.

Mais retournons en aval du barrage où nous attendent les pêcheurs et leur filet rempli de saumons.

La pêcherie du barrage a pu poursuivre son activité jusqu’à la moitié du XXe siècle. La plage que vous voyez en contrebas de l’escalier était le lieu de départ des bateaux. Vous pouvez y accéder par l’escalier ou par une rampe quelques mètres plus loin.

La technique de pêche était celle de l’escave, grand filet tenu à une extrémité par un homme déposé sur la rive opposée, le bateau à l’autre extrémité lui faisant opérer une vaste mouvement tournant.

La maison du pêcheur située en contrehaut abritait les professionnels titulaires de la concession de pêche ainsi que leurs salariés. Un atelier permettait le conditionnement du poisson avant la commercialisation.

Le produit de la pêche était réservé en priorité à la Poissonnerie du barrage installée dans la vieille ville depuis 1892 et dont l’activité s’est poursuivie pendant 120 ans au sein de la même famille.

Continuons encore sur 150 m afin de prendre un peu de hauteur et appréhender ce paysage cher au poète Jacques Le Lorrain

Étape 12

Un dernier coup d'œil panoramique

De ce point culminant, un vaste panorama s’offre au regard : d’un côté le barrage et son écluse que nous venons de quitter. De l’autre, la courbe élégante de la Dordogne filant vers Franchemont et Prigonrieux.

C’est à cet endroit que le poète bergeracois Jacques Le Lorrain venait chercher l’inspiration et rencontrer sa muse, Églantine de Valrose dont la petite maison, aujourd’hui disparue, surplombait la rivière.

Avant de repartir vers Bergerac jetons un dernier coup d’œil nostalgique vers le barrage, vers ce courau chargé de vin de Bergerac sortant de l’écluse et se dirigeant vers Bordeaux pendant qu’une paire de bœufs repart vers son étable après avoir accompli son travail de halage.

Activités annexes

Nous vous proposons de découvrir des lieux d'intérêt situés à proximité de votre itinéraire. Vous pourrez les retrouver sur la carte du parcours qui vous guidera.

Accéder au parcours

À pied

Gare de Bergerac
Face à la gare prendre le Cours Alsace Lorraine. Au rond point continuer en face rue Sainte Catherine; Au rond point suivant, poursuivre sur la Grand Rue, et bifuquer sur la droite en direction du CIVRB et du quai Cyrano.

Vélo

Gare de Bergerac
En sortant de la gare prendre le cours Alsace Lorraine, puis la rue Sainte Catherine. Suivre ensuite la direction du Vieux Bergerac, du CIVRB et du quai Cyrano.