Chemin de meunier à Vézac




Située dans la vallée de la Dordogne la petite commune de Vézac est située aux portes de Sarlat.
Vézac bénéficie d’un **splendide panorama **sur les nombreux châteaux environnants : Castelnaud, Fayrac, Beynac, les Milandes ou encore Marqueyssac.
Mais la commune possède également encore **plusieurs moulins le long de ses deux ruisseaux **du Treuil et du Pontou, dont les moulins du Trel, de l’Evêque et de Caillou.
Le chemin des meuniers de Vézac vous emmènera entre** plaine et coteaux** à la découverte de ces moulins et des paysages de la vallée Dordogne .
Vous emprunterez les mêmes sentiers que les habitants de Vézac autrefois, lorsqu’ils se rendaient au moulin pour faire moudre le grain ou broyer des cerneaux de noix, en passant par la gare d’où partaient pour Bordeaux les meules extraites de Cénac ou de Domme, ou par le lavoir de Lagudal qui n'a peut être pas toujours été si calme qu'aujourd'hui.
N'oubliez d'aller demander votre diplôme à la mairie ou au Moulin de l'Evêque, après le parcours
Aperçu du parcours
Bienvenue à Vezac
Votre chemin de meunier débute ici et vous permettra de bénéficier des points de vue sur les châteaux de la vallée qu’offre le village, de son église romane et de son patrimoine bâti et naturel tout le long de cette randonnée.
Alors on attache les lacets, on prend une gourde et on se dirige non pas vers un premier moulin mais vers l’église et la Maison forte de Soulvignac, qui fut sans doute construite au Moyen Age. Elle fut le fief d’une riche famille vassale des seigneurs de Beynac.
Remarquez en passant devant le manoir la grosse meule à dépiquer le grain, qui tournait grâce à la traction animale avant de poursuivre vers l’ancienne gare de Vézac.
Bienvenue à Vezac
Votre chemin de meunier débute ici et vous permettra de bénéficier des points de vue sur les châteaux de la vallée qu’offre le village, de son église romane et de son patrimoine bâti et naturel tout le long de cette randonnée.
Alors on attache les lacets, on prend une gourde et on se dirige non pas vers un premier moulin mais vers l’église et la Maison forte de Soulvignac, qui fut sans doute construite au Moyen Age. Elle fut le fief d’une riche famille vassale des seigneurs de Beynac.
Remarquez en passant devant le manoir la grosse meule à dépiquer le grain, qui tournait grâce à la traction animale avant de poursuivre vers l’ancienne gare de Vézac.
Le chemin de fer et la gare de Vezac
Vous allez maintenant traverser la voie de chemin de fer. A quelques mètres devant vous se trouvait une gare dont les infrastructures sont toujours en place. N'hésitez pas à faire un petit aller/retour pour la voir!
Cette gare est directement liée à l’histoire meunière de la vallée, et bien au-delà ! en effet, les meules fabriquées dans les carrières de Cenac au pied de Domme étaient transportées jusqu’à cette gare, puis embarquées à bord des trains grâce à la gue qui est encore sur place pour être transportées partout en France. La présence d’une grue n’est pas incongrue quand on pense qu’une meule d’un diamètre de 120 à 220 cm d’une épaisseur de 30 cm pouvait peser entre 800 kg à plus d’une tonne.
L’embranchement de la voie ferrée a pris dans les archives le nom « d’embranchement de la Ferté Sous Jouarre ». En effet, ce village de la Seine et Marne situé à 600 km de Vézac a, depuis le 16eme siècle, développé une importante industrie de pierres meulières qui sont expédiées dans le monde entier. Certaines sociétés de la Ferté investissent dans des carrières pour bénéficier de suffisamment de matière première. Les carrières de Domme sont donc achetées, et les blocs de pierre extraits sont embarqués dans la gare de Vezac pour être expédiées à la Ferté sous Jouarre.
On ne sait pas comment les blocs étaient acheminés depuis la carrière jusqu’à la gare, bien que la charrette semble le moyen de transport le plus évident, mais surtout, on ne sait pas si les blocs étaient expédiés bruts, et retravaillés à la Ferté par les ouvriers nommés là-bas « les mains bleues » à cause de la couleur du silex dont les éclats pénétraient la peau, ou s’ils étaient envoyés déjà taillés en meules.
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Moulin du Trel
Le moulin du Trel n’a pas été installé ici hier ! En effet il existait déjà au Moyen Age et appartenait aux seigneurs du château de Beynac.** C’était alors un moulin dit « banal »**, mais attention, ce mot n’avait pas alors la signification que nous connaissons aujourd’hui.
En effet, le fait qu’on moulin soit banal signifiait qu’il appartenait à un seigneur, ici celui de Beynac, qui en avait financé la construction et l’équipement et qui en attendait un revenu. Les habitants étaient donc obligés de venir moudre le grain ou broyer le cerneau dans le moulin banal, et en contrepartie, le seigneur gardait une partie de la farine et de l’huile.
Le bief qui alimente le moulin a été creusé à la main dans la roche. Profond de 2,50 m, il permet d’accumuler une réserve d’eau suffisante pour faire tourner le moulin même en période estivale.
L’eau actionne une roue verticale à « augets » de 4,50m et d’un poids de 4 tonnes, véritable moteur du moulin qui actionne une meule verticale grâce à un système d’engrenage. Avec ces meules, on pressait des noix pour obtenir de l’huile, destinée à l’alimentation mais également à l’éclairage et on faisait de la farine.
Après une période de sommeil commune à beaucoup de petits moulins qui n’ont pas pu résister face à la concurrence des grands moulins industriels, une famille décide de remettre celui du Trel en marche. C’est ainsi qu’aujourd’hui, après de gros travaux de rénovation, ce moulin re fabrique de l’huile, de noix bien sûr, mais pas que ! Il fabrique également de la noisette et des olives.
Poussez la porte du moulin : le meunier vous fera visiter gratuitement l’Atelier, et vous fera découvrir dans un cadre où les senteurs d’huile de noix se mêle au son du ruisseau, ses méthodes de fabrication… tout un savoir-faire !
Pour assister à la fabrication, il vous accueille les Lundi, Mercredi et Vendredi.
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Une falaise et des rapaces
Le Périgord possède un patrimoine naturel aussi unique qu’exceptionnel. Le climat et la diversité des paysages permettent chaque année à des millions d’oiseaux migrateurs de faire étape dans la région. Tous ces oiseaux jouent un rôle important dans l’équilibre des éco systèmes.
En face de vous, le** rocher des rapaces** porte bien son nom.
Il n’est pas rare d’y voir tournoyer le Milan Noir, ce vautour de la vallée Dordogne qui se nourrit de petits mammifères ou de grandes sauterelles. Il voisine avec le **faucon pèlerin **qui a la réputation d’être l’oiseau le plus rapide du monde, mais aussi la chevêche d’Athena, de la famille des hiboux et d’autres chouettes comme la Dame Blanche ou la chouette effraie.
Si la situation de ces espèces de rapaces est en amélioration, leur situation reste fragile.
Le rocher des rapaces est couronné d’une végétation tout particulière au Périgord noir, composée de chênes verts repérables à leur couleur vert foncé.
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Le ruisseau du Treuil
Nous longeons depuis un petit moment le ruisseau du Treuil. Il n’a pas toujours porté ce nom ! il ne nommait avant le ruisseau d’Abonnat, du nom de la forêt qui le domine. Le Treuil pourrait faire référence au nom occitan de "pressoir". Ce ruisseau parcourt seulement 2,5 km avant de se jeter dans le ruisseau de Pontou que nous allons rejoindre tout à l’heure.
Comme sur le chemin que vous suivez depuis le début de cette randonnée, le sous sol du Périgord est composé à 60% de roches calcaire. L’eau a creusé dans ces roches des cavités, des failles, des fissures aussi appelées réseau karstique. Elle circule donc dans ce réseau jusqu’à ressortir en créant une source comme celle que vous avez croisé. Cette eau va être propice au développement d’une riche végétation, dont les orchidées sauvages constituent une curiosité au printemps.
Vous allez maintenant prendre la direction du bois d’Abonnat, qui n’était autre que la réserve de chasse des seigneurs de Beynac. Si aujourd’hui vous pouvez y pénétrer sans problème, il valait mieux avoir une autorisation à l’époque si l’on ne voulait pas rencontrer de sérieux problèmes.
Cette forêt est constituée de chênes, chênes verts, fragons, charmes, chataigniers et **robiniers **(faux acacias) et est toujours très giboyeuse. Saurez-vous repérer la trace des animaux qui la fréquentent ?
Le lavoir de Goudal
Voici une nouvelle illustration du phénomène karstique : ici, l’eau qui alimentait** le lavoir de Goudal** sortait directement du rocher.
Aujourd’hui la source s’est un peu tarie, et le lavoir n’étant plus utilisé** la nature reprend ses droits**. Si les salamandres tachetées, qui sont l’emblème de Sarlat, ont ici remplacé les lavandières, il faut imaginer que ce lavoir a été autrefois un endroit plein de vie où l’on se rencontrait, où l’on prenait des nouvelles des uns et des autres.
Les lavoirs ont été mis en place en Dordogne à la fin du 19ème, début du 20ème siècle pour des questions d’hygiène. En effet, avant l’installation de ces bassins en pierre, la lessive se faisait directement dans la rivière ou à l’endroit ou coulait la source. On peut facilement imaginer la difficulté et l’inconfort qu’il y avait pour faire les lessives dans ces conditions.
Voici comment un anglais qui voyage en bateau sur la Dordogne à la fin du 19ème siècle décrit son arrivée dans le village de Saint Cyprien : « Là sur les rochers au milieu de l’eau, je reconnus un corps humain supporté par deux jambes nues dans la posture d’une personne s’apprêtant à plonger, attitude peu gracieuse mais fréquente au bord des rivières en France : deux ou trois femmes rinçaient leur linge ».
Au-delà de l’aspect esthétique de la posture, ce témoignage montre à quel point cet exercice en milieu naturel pouvait être pénible ! Les lavoirs vont donc amener un peu de confort, avec des bacs maçonnés ou taillés dans le rocher, et des pierres de lavage, encore visibles sur le lavoir de Goudal, qui permettaient de rincer plus facilement son linge.
Il y a fort à parier que la femme du meunier du moulin voisin de l’Evêque a dû s’user les genoux sur ce lavoir pour laver les habits blancs qui constituent le vêtement de travail de cette profession !
Moulin de l'Evêque
Le premier moulin de cette promenade appartenait au seigneur de Beynac ; Saurez-vous deviner à qui appartient le moulin que vous allez découvrir maintenant ? Question un peu trop facile… effectivement il appartenait au 18ème siècle aux Evêques de Sarlat. Donc les personnes qui venaient moudre leur grain ici devaient payer un droit aux Evêques de Sarlat ! Ce droit dit de banalité sera supprimé à la Révolution.
Il tombe alors dans le domaine public, est racheté par Monsieur Géraud de La Roque-Gageac en 1791. Plusieurs propriétaires se succèdent et le moulin reste en activité jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale pour être laissé à l’abandon pendant de nombreuses années.
Le Moulin de l’Evêque date du 14eme siècle. Les meules qui écrasent le grain sont en pierre. Une d’elles a été extraite de la Plaine de Bord à Domme. L’autre a été fabriquée à La Ferté sous Jouarre, le village de Seine et Marne grand producteur de meules qui a été évoqué à la gare.
L’actuel propriétaire a consacré 20 ans à sa restauration. Le moulin remis en marche, Elie le meunier aux habits blancs et sa femme Pierrette ont recommencé à moudre une** vingtaine de kilo de grains **à destination des agriculteurs locaux qui font leur pain et leurs pâtisseries avec leurs propres céréales.
C’est alors qu’advint la pandémie de COVID, les confinements et une demande de farine qui explose. Dès lors **l’activité du moulin est relancée **et la famille mise à contribution pour sortir jusqu’à **150 kilo de farine bio, locale et à l’ancienne **par jour !
Comme au moulin du Trel , n’hésitez pas à pousser la porte du moulin pour rencontrer la famille Coustaty qui vous parlera avec passion de ce moulin et du métier de meunier !
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Le ruisseau du Pontou
Vous longez maintenant le deuxième ruisseau qui arrose la commune de Vezac et qui permet de faire fonctionner les moulins comme celui de l’Evêque que vous venez de voir.
Ce ruisseau prend sa source dans la commune de Saint-André-d’Allas elle-même située en Dordogne, et** parcourt 8,5 km avant d’accueillir les eaux du Treuil **et de se jeter dans la Dordogne.
Selon Elie, le meunier du moulin de l‘Evêque, le Pontou n’est pas très long mais ne sèche jamais. Ce qui lui permet de moudre été comme hiver. Le ruisseau a également permis une irrigation des cultures dans la vallée, où la terre est grasse et fertile, ce qui se vérifie dans le paysage autour de vous, nettement moins boisé qu’en hauteur.
Le Pontou est également classé en** deuxième catégorie piscicole**. Il accueille principalement des vairons, des goujons et des truites que l’on peut pêcher aux appâts naturels ou au lancer.
Le moulin Caillou
Vous arrivez devant le dernier moulin du parcours qui porte l’étrange nom de moulin de Caillou. Très ancien, **il existait déjà au 15ème siècle **sous le nom de moulin de Calhau peut être le nom de l’ancien meunier ? En effet beaucoup de moulins prenaient le nom des propriétaires, ce qui est flagrants sur certains parcours comme celui de la vallée de l’Inval à Borrèze par exemple.
Comme le moulin de l’Evêque, il fonctionnait grâce à l’énergie des eaux du Pontou. Il possédait deux paires de meules qui servaient à faire de la farine de blé et de maïs.
Ce genre de moulin commença à disparaitre lors de la première guerre mondiale pour cause de pénurie de main d’œuvre. La Révolution industrielle va sonner le glas de ces moulins… seules les usines capables d’investir dans de nouveaux équipements (la turbine et les appareils à cylindre) vont se maintenir face à un marché devenu national.
Jusqu’en 1991, les meuniers qui vendaient leur contingent, c’est-à-dire leur droit de mouture, étaient obligés de retirer les meules, ce qui est arrivé à de très nombreux moulins en Périgord.
Ce n’est pas le cas du Moulin de Caillou qui a gardé ses meules, mais qui a désormais changé de vocation.
Avant de repartir
Vous êtes bientôt de retour à votre point de départ à la gare de Vézac. Vous avez découvert trois des moulins qui se trouvaient sur les ruisseaux du Treuil et du Pontou qui arrosent la commune. L’activité meunière, dans beaucoup de villages du Périgord, a laissé un patrimoine qui aurait pu disparaitre.
En effet après la fermeture et la désaffection de la plupart des moulins en Dordogne après le 18ème siècle, ce patrimoine meunier va être délaissé par la recherche historique.
Il faudra attendre les années 1980 pour que les premiers inventaires du patrimoine meunier soient réalisés. En Dordogne, des associations comme l’Association Périgourdine des Amis des Moulins ou en Périgord noir l**’Association des Moulins du Périgord Noir**, œuvrent à la valorisation de ce patrimoine, et certains moulins renaissent grâce à des propriétaires passionnés, comme c’est le cas à Vézac.
Par votre visite à ces moulins et l’intérêt que vous leur portez, vous contribuez donc à leur sauvegarde ! N'oubliez pas de passer à la mairie ou de revenir au Moulin de l'Evêque pour obtenir votre diplôme!


